III. Vertèbres lombaires (fig. 6, C
Le corps est très volumieux ; le trou rachidien triangulaire ; les lames étroites, épaisses. L’apophyse épineuse est rectangulaire, horizontale, forte, comprimée latéralement. Les apophyses articulaires sont verticales; les supérieures ont des facettes articulaires concaves, regardant en arrière et en dedans, et sont pourvues en arrière d’un tubercule saillant, tubercule apophysaire (13), qui représente la véritable apophyse transverse lombaire ; les inférieures ont des facettes convexes regardant en dehors et en avant. Les apophyses transverses, mieux appelées costiformes, car elles sont en réalité les analogues des cotes, sont longues et minces. Les échancrures inférieures des pédicules sont plus prononcées que les supérieures.
Le tableau suivant résume les principaux caractères différentiels des vertèbres des diverses régions.
CüLO^•^E VERTÉBRALK
§ III. — Caractères spéciaux de quelques vertèbres
Dans chaque région, certaines vertèbres se distinguent par dos caractères particuliers et méritent à cause de cela une description spéciale. Ces vertèbres sont : la première vertèbre cervicale ou atlas, la deuxième ou axis, la septième ou proéminente, puis, parmi les vertèbres dorsales, les première, dixième, onzième et douzième et enfin la cinquième lombaire.
Son corps est remplacé'par une simple lame, arc antérieur de l'atlas, qui présente en avant un tubercule mousse, tubercule antérieur de l’atlas, en arrière une facette ovalaire, concave, articulée avec l’apophyse odontoïde de l’axis. Le trou, très large, est occupé dans sa moitié antérieure par cette apophyse odontoïde, véritable représentant du corps de l’atlas, mais détaché de lui et soudé à la deuxième vertèbre cervicale. L’apophj'se épineuse manque et est remplacée par un tubercule rudimentaire, tubercule 'postérieur de l’atlas. Les apophyses articulaires sont très volumineuses et constituent ce qu’on appelle les masses latérales; les facettes articulaires inférieures, à peu près planes, circulaires, regardent en dedans et en bas, et s’articulent avec l’axis ; les supérieures, oblongues, elliptiques, concaves reçoivent les condyles de l’occipital. Les apophyses transverses, placées en dehors des apophyses articulaires, sont unituberculeuses à leur sommet, et percées d’un trou qui se continue en dedans, derrière l’apophyse articulaire supérieure, avec un canal horizontal aboutissant à l’échancrure supérieure de la vertèbre. Il n’y a pas d’échancrure inférieure.
2° Axis (2)
Son corps est surmonté d’une apophyse haute de 0'",015 environ, apophyse odontoïde (ôSoç, dent; ecSoç, forme), qui est reçue dans la partie antérieure de l’anneau de l’atlas, dont elle représente le corps. Cette apophyse, rétrécie à son insertion au corps de l’axis, col de l’apophyse odontoïde, présente sur sa face antérieure une facette convexe, articulée avec la facette concave de l’are antérieure de l’atlas, et, sur sa face postérieure, une autre facette convexe, articulée avec un ligament, le ligament transverse. Le corps de l’axis offre en avant deux dépressions séparées par une saillie médiane, verticale, à base inférieure; le trou rachidien a la forme d’un cœur de carte à jouer ; l’apophyse épineuse, très for^e, présente, exagérés, les caractères distinctifs des apophyses épineuses cervicales. Les facettes articulaires supérieures, situées sur les côtés de l’apophyse odontoïde, sont circulaires et regardent en haut et en dehors; les apophyses transverses sont petites, unituberculeuses, creusées en gouttière; il n’y a pas d’échancrures supérieures. Les autres caractères sont ceux des vertèbres cervicales.
3 Septième vertèbre cervicale ott proéminente
Son apophyse épineuse est forte, unituberculeuse, longue, et proè’mine à la partie inférieure de la nuque; ses apophyses transverses sont unituberculeuses
(1) Elle est nommée ainsi parce qu’eile supporte la tête comme le géant mythologique Atlas supportait le ciel.
(*l De axis, axe.
Beaunjs et Boicn.ii
34 OSTÉOLOGIE
à leur sommet ; quelquefois leur branche antérieure détachée forme une véritable côte rudimentaire.
4’ Première, dixième, onzième et douzième vertèbres dorsales
1° Première vertèbre dorsale. — Elle présente de chaque côté de son corps une facette complète supérieure pour la première côte, et en bas un quart de facette pour la deuxième.
2“ Dixième vertèbre dorsale. — La demi-facette costale inférieure manque.
3“ Onzième vertèbre dorsale. — Son corps n’a qu’une seule facette costale ; son apophyse transversc, très courte et offrant trois' tubercules à son sommet, n’a pas de facette articulaire.
4“ Douzième vertèbre dorsale. — Elle a une seule facette costale sur les côtés de son corps, et pas de facette articulaire sur son apophyse transverse. Celle-ci est excessivement courte et présente un tubercule supérieur et postérieur analogue des apophyses transverses dorsales et des tubercjles apophysaires lombaires, un tubercule antérieur et inférieur, très petit, analogue des apophyses costiformes lombaire, et un troisième tubercule intermédiaire aux deux précédents.
5' Cinquième vertèbre lombaire
La face inférieure de son corps et très oblique en avant et en bas ; les apophyses articulaires inférieures sont très écartées ; les apophyses transverses s’élargissent à leur partie inférieure.
ARTICLE 11 - FAUSSES VERTEBRES
1 Sacrum (i) (fig. 8, .X, B)
Le sacrum est un os impair, large, ayant la forme d’une pyramide aplatie d’avant en arrière, situé entre les os iliaques à la partie postérieure et supérieure du bassin. Il présente une base, un sommet, deux faces et deux bords.
Sa base large offre à peu près l’aspect de la face supérieure d'une vertèbre lombaire ; sur la ligne médiane on trouve une facette ovalaire articulée avec la cinquième vertèbre lombaire et dont le bord antérieur convexe forme la saillie du promontoù'e ; en arrière de cette facette l’ouverture triangulaire du canal sacré ; sur les côtés deux saillies, apophyses articulaires supérieures (2) et les échancrures des trous de conjugaison ; enfin, tout à fait en dehors, deux surfaces triangulaires (A, 3) séparées par un bord mousse de la face antérieure.
Le sommet (A, 6) est tronque, sous forme de facette ovalaire articulée avec le coccyx.
La face antérieure (A) est concave, mais de telle façon que, l’incurvation augmentant des deux extrémités vers le milieu, l’os offre là comme une sorte d’inflexion brusque ; cette incurvation est plus prononcée chez la femme que
(*) De
COLONNE VERTÉBRALE 35
chez l’homme. Sur cette face on remarque huit trous, trous sacrés antérieurs (5), disposés en deux rangées longitudinales plus écartées à la partie supérieure ; ces trous, qui diminuent de grandeur de haut en bas, sont nettement circonscrits en dedans, se continuent en gouttière en dehors, et donnent accès dans le canal sacré. Les trois premiers trous de chaque côté sont réunis par trois saillies transversales, traces de la soudure des pièces du sacrum ; la quatrième crête (4) passe au-dessous des deux derniers trous sacrés.
Fio. 8. — Sacrum et coccyx (').
La face postérieure (B), moins large que l’antérieure, présente sur la ligne médiane la crête sacrée (6) formée par la soudure plus ou moins complète des apophyses épineuses, et aboutissant en bas à une échancrure, ouverture inférieure du canal sacré, qui quelquefois empiète sur la crête sacrée et peut remonter plus ou moins haut. En allant de dedans en dehors, on trouve d’abord une série de rugosités (4) parallèles à la crête sacrée, et se terminant en bas par deux saillies, cornes du, sacrum (7), arrondies, allongées et articulées avec deux prolongements correspondants du coccyx ; puis la série des trous sacrés
(■) A. Face antérieure: i) Case du sacrum. — 2) Apophyses articulaires supérieures. — 3) Surfaces triangulaires latérales de la base. — 4) Lignes ou traces de soudure des vertèbres sacrées. — 5) Trous sacrés antérieurs. — 6) Sommet du sacrum. — 7) Faces latérales. — 8) Cornes du coccyx. — 0) Base du
B. Face postérieure: 1) Ouverture supérieure du canal sacré. — 2) Apophyses articulaires supérieures. — 3) Trous sacrés postérieurs. — 4) Tubercules internes. — 5) Tubercules externes des trous sacrés. — 01 Crête sacrée. — 7) Cornes du sacrum.f— 8) Facette auriculaire. — 9; Rugosités pour des
Insertions musculaires. — A. Muscle iliaque. — B. Muscle pyramidal. — C, C. Muscle coccygien. — D. Muscles spinaux postérieurs. — E. Ueleveur de l'anus. — F, F'. Grand fessier. — G. Sphincter
OSTÉOLOGIE
postérieurs (3), au nombre de quatre de chaque côté, à bords bien circonscrits et limités en dehors par des tubercules rugueux (5).
Les bords latéraux, très minces intérieurement, s’élargissent dans leur moitié supérieure, où ils constituent de véritables faces. Là, ils présentent en avant une facette réniforme (i), inégale, facette auriculaire (B, 8), articulée avec une surface correspondante de l’os iliaque, et, en arrière de cette facette, une surface rugueuse (B, 9), pourvue de nombreux orifices vasculaires.
Le canal sacré, creusé dans l’épaisseur de l’os, forme la partie inférieure du canal vertébral constitué par la superposition des trous vertébraux ; il communique avec l’extérieur par les seize trous sacrés antérieurs et postérieurs.
Différences sexuelles. — Chez la femme, le sacrum est plus large, sa courbure est plus forte ; sa profondeur (mesurée par une perpendiculaire abaissée du milieu de sa face antérieure sur une ligne joignant sa base à son sommet), qui, chez l’homme, n’est que de O^hOlb à 0'“,02 dépasse 0“,025 chez la femme.
Articulations. — 11 s’articule avec quatre os : la cinquième vertèbre lombaire, les deux os iliaques et la première vertèbre coccygienne.
a" Vertèbres coccygiennes ou coccyx (2) (fig. S, A, B)
Le coccyx n’est pas en réalité un seul os, mais un composé de quatre pièces, vertèbres coccygiennes, distinctes les unes des autres et formant par leur réunion une pyramide osseuse de O"", 045 de long, continuant le sacrum et terminant la colonne vertébrale. Ces pièces osseuses, aplaties d’avant en arrière et diminuant de volume de haut en bas, sont les rudiments des vertèbres caudales ; sauf la première pièce, elles sont réduites à de simples tubercules sans appendice osseux ; dans toutes, la partie supérieure ou base est plus large que la partie inférieure ou sommet, de façon que la base de la vertèbre coccygienne inférieure déborde le sommet de la vertèbre située immédiatement au-dessus.
A sa partie supérieure, la première pièce présente une ébauche d’apophyse transverse et deux petits prolongement verticaux, cornes du coccyx (A. 8; B, 10) articulés avec les cornes du sacrum.
Quelquefois, au lieu de quatre, on trouve cinq noyaux osseux, disposition admise comme normale par Sappey. Ces ditfrentes pièces peuvent se souder dans la vieillesse ; on trouve souvent la première pièce du coccyx soudée au sacrum.