ARTICLE I -CARACTÈRÉS GÉNÉRAUX DE LA PEAU
La peau a une étendue de plus d’un mètre carré (un tiers de mètre carré en plus, Sappey). Son épaisseur, considérable au talon, à la plante du pied et à la paume de la main, devient excessivement faible dans certaines régions (paupières, etc.) et du côté de la fiexion. Sa couleur varie suivant les races. Blanche dans la race caucasique, elle est jaune brunâtre dans la race mongole, brun foncé dans la race malaise, noire chez les nègres, et présente enfin chez les indigènes de l’Amérique une teinte qui peut varier du jaune au rougo cuivre.
Cette coloration, moins intense chez la femme et susceptible de très grandes différences individuelles, varie suivant les régions du corps.
Sa surface offre la saillie des poils diversement répartis sur les divers points de la peau, et les orifices visibles à l’œil nu des glandes sudoripares.
La peau présente des plis nombreux, plis musculaires dus à la contraction
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des muscles sous-jacents, plis articulaires, l’ides, etc. On trouve en outre à la paume des mains et à la plante des pieds des séries linéaires de papilles séparées par des sillons disposés dans un certain ordre.
La face profonde de la peau est inégale et les fibres qui en partent se continuent avec les fibres du tissu cellulaire sous-cutané.
De la peau dans les différentes régions
1“ Tête. — Sur la calotte crânienne la peau (cuir chevelu) est lisse, épaisse, résistante, très peu extensible. Elle s’amincit vers le front et surtout vers la région temporale, pour se continuer avec la peau de la face. Celle-ci, très épaisse au niveau des sourcils et du menton, où elle a les caractères du cuir chevelu, est encore assez épaisse sur le nez, les lèvres et les parties postérieures et inférieures des joues ; elle devient, au contraire, d’une minceur extrême au niveau des paupières.
2“ Cou. — Très fine sur les parties antérieures du cou (0"’,002), elle acquiert une très grande épaisseur à la nuque (0'",004) et ressemble au cuir chevelu.
3® Tronc. — En arrière, dans la région dorsale, elle a à peu prés la même épaisseur et les mêmes caractères qu’à la nuque ; en avant et sur les côtés, elle ressemble à celle du cou ; autour du mamelon et dans les creux axillaire et inguinal, elle acquiert une très grande minceur. Sur la ligne médiane de l’abdomen se trouve la cicatrice ombilicale ou ombilic. Dans la région périnéale et sur les bourses (voy. scrotum),\^ peau est fine, très brune, et présente sur la ligne médiane une crête saillante ou raphé.
4® Membre supérieur. — La peau du membre supérieur, mince du côté de la flexion, épaisse et dense du côté de l’extension, n’offre de caractères spéciaux qu’à la main ; là c’est l’inverse ; la peau est fine sur la face dorsale épaisse, au contraire, sur la face palmaire (0™,0025) où elle est complètement dépourvue de poils, même rudimentaires, et de follicules sébacés. L’extrémité de la face dorsale des dernières phalanges supporte les ongles.
5® Membre inférieur. — On retrouve là absolument les mêmes caractères qu’au membre supérieur, avec cette différence que la peau présente partout une plus grande épaisseur, dont le maximum répond au talon.
ARTICLE 11 - STRUCTURE DE LA PEAU § I — Derme cutané
Le derme ou chorion est une membrane blanche, demi-transparente, élastique, très résistante et d’une épaisseur variable (sur les paupières et le prépuce, elle aO™ ,0005; sur la face, l’oreille, le mamelon, le pénis, le scrotum, 0'» ,001 ; à la paume des mains et à la plante des pieds 0“ ,0025 à 0“ ,0028, et 0 ,0017 à O", 002 sur les autres régions). Sa face externe est, surtout dans certaines régions, couverte de papilles ; après l’ablation de l’épiderme (macération, etc.), elle est lisse et criblée d’orifices glandulaires. Sa partie profonde ('cowcÀe réticulaire) circonscrit des aréoles remplies de graisse; isolée de la couche superficielle ou papillaire, elle a l’aspect d’une membrane criblée.
ORGANES DES SENS
Structure. — Le derme se compose de faisceaux entre-croisés de tissu connectif avec des cellules plasmatiques et des fibres élastiques très nombreuses et plus volumineuses dans les couches profondes. Son tissu devient plus homogène dans les parties superficielles et est limité du côté de l’épiderme par un liséré amorphe. Elle est traversée par des glandes sudoripares et par les follicules pileux avec les muscles lisses et les glandes sébacées qui leur sont annexées.
Papilles. — Les papilles du derme présentent leur plus grand développement à la paume de la main et à la plante du pied. Elles sont beaucoup plus clair-semées sur les autres parties du corps, et on peut trouver sur la peau de la face et des membres des endroits assez étendus complètement dépourvus de papilles. Au pied et à la main, elles sont disposées on doubles séries linéaires parallèles, et dans le sillon de séparation viennent s’ouvrir les conduits des glandes sudoripares. Ces séries linéaires de papilles ont des directions différentes et déterminées pour chaque région, et qui rappellent les lignes de direction des poils (voyez poîï.çj. Ces papilles elles-mêmes sont très nombreuses (Meissner en a compté 400 sur une ligne carrée de la face palmaire des doigts). Leur hauteur est de 0™“>,1 à Omni, 2; leur forme est en général conique (main et pied) ou hémisphérique, quelquefois pédiculée (gland, mamelon). Elles peuvent être simples ou composées.
Elles se composent d’une substance fondamentale d’aspect homogène qui, par certains réactifs, paraît formée par des fibres à direction verticale.
On divise ces papilles en deux espèces : papilles vasculaires et papilles nerveuses.
1» Papilles vasculaires. — Celles-ci, beaucoup plus nombreuses, ne contiennent que des anses vasculaires et pas de fibre nerveuse terminale.
2° Papilles nerveuses et corpuscules du tact. — Les papilles nerveuses, au nombre de une pour quatre papilles à la pulpe du doigt (Meissner), contiennent un corpuscule ovoïde particulier (corpuscules du tact ou de Meissner). Chaque corpuscule
Coupe ^de ^^peau (') Possède une enveloppe fibreuse, qui contient une masse molle, claire, finement granulée, et présente des stries transversales correspondant au ti'ajetdes fibres nerveuses. A chaque corpuscule aboutissent une ou deux fibres nerveuses jirimitives qui paraissent se terminer dans des renflements spéciaux, disques tactiles de Ranvier. Ces corpuscules, très nombreux sur la pulpe des troisièmes phalanges, se rencontrent encore avec des formes un peu plus simples au bord rouge des lèvres, sur le mamelon, et paraissent manquer ou être du moins extrêmement rares sur les autres régions cutanées.
Vaisseaux; et nerfs du derme. — Les arfércs fournissent un réseau capillaire qui se distribue surtout à la couche papillaire ; de ce réseau partent des anses qui se rendent dans les papilles. Les veines vont dans les veines sous-cutanées. Les lymphatiques forment dans la partie superficielle du derme des réseaux très fins, qui envoient dans le centre des papilles des prolongements en cæcum, et sont, d’après Teichmann, toujours séparés de la couche profonde de l’épiderme par un réseau capillaire sanguin. Les nerfs proviennent des trente et une racines spinales postérieures, sauf pour le segment antérieur de la tête, innervé par la grosse racine du trijumeau (voy. fig. .379), la topo-
(•) On trouve de haut en bas l'épiderme, la couche papillaire du derme, la couche réticulaire, et plus profondément, une glande sudoripare, dont le canal excréteur traverse les couches sus-jacentes.
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graphie' de l’innervation cutanée) . Ils constituent dans la couche papillaire de riches plexus portant des filets qui se rendent aux corpuscules du tact.
§ II — Épiderme
L’épiderme est une membrane eomplètement dépourvue de vaisseaux et de nerfs et constituée uniquement par des cellules épithéliales. Elle recouvre la surface externe du derme ; sa face profonde se moule sur les inégalités de cette face externe, tandis que sa face superficielle tend à s’égaliser et ne présente pas sauf dans certaines régions (paume des mains et plante des pieds), des saillies et des dépressions correspondantes. Son épaisseur est par conséquent plus considérable dans l’intervalle des papilles qu’à leur niveau. Cette épaisseur varie du reste en général avec l’épaisseur même du derme. Considérable à la plante du pied (l”"",? à 2 '""‘,8) et à la paume de la main (Ü'"'"6 à 0'""’,2), elle est beaucoup plus faible dans les autres régions, et peut être évaluée en moyenne à 0“”,1.
Structure de l’épiderme. — L’épiderme se compose de deux couches ; une couche superficielle ou couche cornée, et une couche profonde, couche muqueuse de Malpighi. Ces couches se séparent assez facilement l’une de l’autre (macération, ébullition, vésicants). Leur épaisseur relative varie dans les diverses régions; sur la face, le cou, les parties sexuelles, la couche de Malpighi est trois à six fois plus épaisse; ailleurs elles sont égales (côté dorsal des membres, etc.), ou, enfin, la couche cornée, comme à la main et au pied, est six à douze fois plus épaisse.
1» Couche cornée. — Elle est sèche, dure, transparente, incolore et a une apparence lamelleuse. Sa face interne présente des dépressions légères, qui correspondent au sommet des papilles, dont elles sont séparées par une couche mince du réseau de Malpighi. Elle se compose de lamelles, lamelles cornées de l’épiderme, dont les inférieures ont encore un noyau et se rapprochent des lamelles superficielles de la couche muqueuse, tandis que les lamelles cornées superficielles sont plus ii'régulières et dépourvues de noyau.
2» Couche de Malpighi. — Cette couche, molle, humide, adhérente au derme, se moule sur sa face externe et présente par suite une disposition inverse de ses saillies et de ses dépressions ; il en résulte une épaisseur beaucoup moindre au niveau du sommet des papilles, par suite un aspect réticulé, réseau de Malpighi. Elle se compose de cellules à noyau à des degrés différents de développement et de forme variable. Les plus rapprochées de la couche cornée sont un peu aplaties, horizontales et hérissées à leur surface de prolongements qui les unissent aux prolongements des cellules voisines. Plus profondément les cellules sont plus petites, arrondies ou ovales, et alors verticales; leur membrane d’enveloppe devient moins distincte. Enfin, tout à fait contre le derme est appliquée une couche simple de cellules cylindriques, à noyau foncé et à direction verticale.
La couleur de la peau provient uniquement de cette couche m aqueuse. Elle est due à une accumulation de pigment, qui a lieu surtout dans les couches profondes et spécialement dans les cellules cylindriques appliquées directement sur le derme. La pigmentation porte à la fois sur le noyau et sur le contenu de la cellule. Elle ne diffère chez le nègre que par la quantité considérable des dépôts pigmentaires.
§ III — Productions épidermique de la peau
Les ongles sont des lames cornées d’une épaisseur de O^jOOOS à 0'",0004, dépendant de l’épiderme, avec lequel elles se détachent lorsque ce dernier est
ORGANES DES SENS
séparé du derme sous-jacent par la macération. Les ongles sont reçus dans un repli du derme, rainure unguéale, en forme de fer à cheval, plus profonde dans sa partie supérieure ; elle limite, sauf en avant, une surface quadrangulaire, connue sous le nom de lit de V ongle, qui reçoit la plus grande partie de sa face inférieure. L’ensemble des parties du derme en contact avec l’ongle constitue la matrice àe l’ongle.
A. Ongle. — L’ongle, isolé de l’épiderme auquel il est annexé, a la forme d’un rectangle allongé et présente deux faces, deux bords et deux extrémités. La face supérieure est convexe transversalement, et striée dans le sens longitudinal. La face inférieure, concave, est creusée de sillons longitudinaux, séparés par des crêtes linéaires, qui s’engrènent avec des crêtes et des sillons correspondants du lit de l’ongle. Les deux bords latéraux sont parallèles, rectilignes et logés en arrière dans les parties latérales de la rainure unguéale.
extrémité postérieure ou racine de l’ongle est plus molle que le reste et cachée en grande partie dans la rainure unguéale, sauf quelquefois sa partie antérieure semi-lunaire, qui constitue la lunule. La racine se termine en arriére par un bord mince et tranchant très flexible.
L’ongle se compose, comme l’épiderme, d’ane couche muqueuse et d’une couche cornée, séparées l’une de l’autre par une limite très nette, bien visible sur une coupe transversale, sous forme d’un liséré sombre.
1“ La couche muqueuse, adhérente à toute la surface de la matrice unguéale, recouvre la face inférieure de l’ongle à l’exception de son extrémité libre, et, tout à fait en arrière, une très petite étendue de la face supérieure de la racine. Elle se continue sans ligne de démarcation avec la couche de Malpighi de l’épiderme du doigt. Elle est composée de cellules à noyau, allongées et aplaties au niveau de la racine dans les parties profondes, semblables partout ailleurs aux cellules de la couche de Malpighi de l’épiderme.
2“ La couche cornée s’unit à la couche muqueuse par de petites crêtes s’engrenant avec des sillons correspondants de cette dernière. Cette couche se compose d’une masse dure, transparente, homogène, dans laquelle on ne voit qu’indistinctement des lamelle.? aplaties et allongées. Par les alcalis, ces lamelles se gonflent et laissent voir des cellules épithéliales pourvues d’un noyau. La couche cornée de l’ongle n’est pas en continuité directe avec celle de l’épiderme ; celle-ci lui forme une sorte de gaine incomplète ; en avant, la couche cornée de l’épiderme s’enfonce d’une très petite quantité entre la face inférieure de l’ongle et le lit unguéal ; au niveau de la rainure unguéale, elle s’enfonce aussi entre les bords de cette rainure et la face supérieure de l’ongle, et à la partie postérieure de l’ongle, elle s’avance, sur la face dorsale de l’ongle, sous forme d’une couche mince qui recouvre ordinairement la lunule et circonscrit en arrière, par un liséré blanc jaunâtre, la surface libre de l’ongle.
Matrice de l'ongle. — La matrice de l’ongle a la même structure que le derme cutané. La surface du lit de l’ongle est garnie de 70 à 80 petites crêtes linéaires, qui commencent en arrière au fond de la rainure unguéale, dans sa partie moyenne, et partent de là comme d’un pôle pour se diriger en avant, les moyennes directement, les latérales en décrivant d’abord une courbe à conca vité interne. Ces crêtes, d’abord très serrées et petites, après un trajet de 0">,006 à O"", 008 deviennent subitement plus saillantes et constituent de véritables lames. Cette limite des crêtes et des lames se fait suivant une ligne convexe en avant, qui divise le lit de l’ongle en deux parties inégales : une postérieure semi-lunaire, très peu vasculaire, blanchâtre (lunule), cachée
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complètement en général dans la rainure unguéale ; l’autre antérieure, plus étendue, vasculaire, rosée, qui répond au corps de l’ongle ou à sa partie visible. Ces crêtes interceptent des sillons, dans lesquels pénètrent des prolongements de la couche de Malpighi de l’ongle. Ces crêtes linéaires sontpourvues de papilles vasculaires.
Le poil se compose d’une partie libre, tige du poil, et d’une partie implantée dans une dépression de la peau ou follicule pileux ; c’est la racine du poil.
A. La tige du poil se termine par une extrémité finement arrondie, quelquefois divisée. Les poils présentent des caractères particuliers suivant la région du corps sur laquelle ils sont implantés, et, à ce point de vue, on peut les diviser en ti'ois groupes : 1“ les uns sont mous et longs, comme les cheveux ; 2“ les autres sont courts, raides et épais (sourcils, cils, vibrisses) ; 3» les autres enfin, poils follets (lanugo), très courts et très fins, constituent une sorte de duvet sur la plus grande partie de la surface cutanée.
La longueur des poils est très variable; pour les poils de l’aisselle et du pubis, elle atteint O"*, 03 à O™, 8; les poils des sourcils, les cils et les vibrisses ont de 0™,008 à 0‘",015 ; les poils follets varient de 0'",C02 à 0™,014. Leur épaisseur, à l’exception des poils courts et raides, comme les cils, est en général en rapport avec leur longueur. Les cheveux blonds, ordinairement plus fins, ont de 0™"',008à 0“"", U67 d’épaisseur ; les cheveux noirs, de 0'"‘",067 à 0mm 077. Les poils follets n’ont guère que 0""",067. Les poils, et en particulier les cheveux, offrent des différences de raideur et de flexibilité, variables dans les différentes races, et peuvent être lisses, bouclés, frisés, crépus. Ils sont lisses et droits dans les races américaines, chez les Chinois, les Japonais, les Malais ; ils sont bouclés dans les races aryenne et sémitique, chez les Polynésiens et les Australiens; /’rfsés chez les Égyptiens et les Abyssiniens et sporadiquement chez les Sémites et dans les races caucasiques ; enfin ils sont crépus chez les nègres et les Hottentots.
Ces différences correspondent à des différences de forme. Les cheveux lisses sont cylindriques ; les cheveux bouclés et frisés sont, au contraire, légèrement comprimés dans le sens de l’ondulation. Dans les cheveux crépus du nègre, un des diamètres l’emporte de plus de moitié sur l’autre, ce qui leur donne une forme aplatie. Les poils de la barbe, du pubis, ont ordinairement sur une coupe une forme elliptique, anguleuse ou cannelée.
La couleur des cheveux et des poils varie depuis le ton le plus clair (jaune lin) jusqu’au noir. Les cheveux noirs se rencontrent dans tous les points du globe et sous toutes les latitudes (Esquimaux, nègres. Indous, Malais) ; toutes les races colorées ont les cheveux noirs, de même que quelques groupes parmi les races blanches (Étrusco-Pélages, Caucasiens). Les cheveux rouges ont des représentants dans toutes les races.
U élasticité des cheveux est assez considérable; ils peuvent s’allonger de près d’un tiers sans se rompre et reprendre ensuite leur longueur primitive. Leur ténacité est assez forte ; un cheveu supporte sans se briser un poids de 180 grammes.
Distribution des poils. — Les poils existent sur toute la surface cutanée j
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à l’exception des endroits suivants : paupière supérieure, lèvres, paume de la main et plante des pieds, face dorsale des dernières phalanges des doigts et des orteils, lame interne du prépuce et gland. Quant à leur nombre, on trouve les chiffres suivants pour un quart de pouce carré : vertex, 293; occiput, 225; partie antérieure du crâne, 211 ; menton, 39 ; pubis, 34 ; avant-bras, 23; dos de la main, 19 ; face antérieure de la cuisse, 13 (Withoff). Tantôt ils sont isolés, d’autres fois réunis par groupes de 2 à 5.
Leur mode d’implantation se fait en général obliquement et suivant des lignes courbes régulières (fig. 379, et 380), qui constituent des espèces de courants, bien visibles surtout sur le nouveau-né et le fœtus. Ces courants sont tantôt convergents, tantôt divergents : 1“ les courants divergents partent de points centraux, ou tourbillons, dans lesquels les racines des poils sont dirigées vers le centre du tourbillon et les extrémités en sens inverse. On trouve ces tourbillons à la tête, à l’angle interne de l’œil, à l’entrée du conduit auditif externe, dans le creux de l’aisselle, au pli de l’aine et sur le dos du pied et de la main ; 2" les courants convergents sont formés par des séries de poils dirigés en sens inverse, c’est-à-dire que les extrémités des poils sont tournés vers le tourbillon ; ces tourbillons convergents se rencontrent sous l’angle de la mâchoire, sur l’olécrane, au-dessus du nez, à l’ombilic, à la racine du pénis, sur le coccyx. Les lignes suivant lesquelles deux tourbillons voisins se rencontrent, ou lignes nodules, aboutissent à des points de rencontre de quatre tourbillons ou croix. La ligne nodale la plus importante se trouve sur les parties antérieures et latérales du tronc et va verticalement du tourbillon axillaire au tourbillon inguinal. Les croix se rencontrent soit sur la ligne médiane (racine du nez, os hyo'ide, sternum, hypogastre), soit sur les parties latérales au-dessus du trou sus-orbitaire, à la nuque, au-dessus de l’oreille (aux lombes), soit enfin sur les extrémités (épaule, avant-bras, jambe) d).
B. Racine du poil. — Elle est implantée dans le follicule pileux. Elle est toujours cylindrique. Sa partie inférieure, plus molle, renflée (bulbe pileux), est creusée à sa base d’une dépression dans laquelle est l’eçue la papille du poil, bourgeon qui naît du fond du follicule pileux.
Structure. — Nous décrirons successivement le poil et lo follicule pileux.
A. Poil, — Le poil se compose de trois parties : un revêtement extérieur, épiderme du poil, une substance corticale et un axe central ou substance médullaire.
1» Épiderme du poil. — Cette couche, excessivement mince, très adhérente à la substance corticale, constitue une membrane parcourue par des lignes transversales, foncées, irrégulières et comme dentelées, qui présentent entre elles des anastomoses. Elle est formée par une couche simple de lamelles epithéliales, dépourvues de noyau , dont les contours sont représentés par les lignes foncées mentionnées ci-dessus. Ces lamelles
W Voy. sur ce sujet: Eschricht, Müller's Arch., 1837. — G.-A. Voigt, Ueber die Riahtung der Haare am menschlichen Kôrper, 1856.
et nerfs sacrés. — 12) Nerfs intercostaux. — 13) Plexus cervical. — 13’) Branches auriculaire et mastoï* (iienne; - 13") Branches descendantes. - 14) Nerf circonflexe. - 15) Brachial cutané interne. - 16) Cubital. — 17) Radial. — 18) Branche féraoro-cutanèe. — 13) Nerf ischiatique. — *0) Nerf obturateur. — 21) Sciatique poplité externe. — 22) Saphène interne. — 23) Sciatique poplité interne. — A. Plante du pied. — 24) Branche plantaire du nerf tibial postérieur. — 25) Nerf plantaire interne. — 26) Nerf plantaire extérnë:
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s'imbriquent de façon qne les inférieures recouvrent les supérieures. Au niveau de la racine, elles cessent brusquement (Morel) et sont remplacées par des cellules à noyau, qui se continuent peu à peu avec les cellules du bulbe.
2» Substance corticale (fig. 381, 2). — Elle est striée suivant sa longueur, transparente dans les poils blancs, colorée plus ou moins régulièrement dans les autres, et se décompose par les réactifs en fibres aplaties à bords dentelés, et claires ou foncées suivant la couleur des poils.
Ces fibres se composent elles-mêmes de lamelles aplaties, allongées, pourvues d’un noyau. Ces lamelles contiennent du pigment, qui se dépose souvent par amas et forme des taches disséminées.
D’autres taches proviennent d’espaces remplis d’air, ce qui se voit surtout sur les cheveux blancs et blonds. Ces espaces remplis d’air manquent dans les cheveux foncés et dans la racine.
Au niveau du bulbe (fig.
382, 6) on trouve, au lieu de ces lamelles, des cellules molles, polygonales, à noyau très net et contenant des granulations tan- ■
tôt incolores, tantôt pigmentaires. La partie supérieure de la racine présente des formes de transition entre les cellules du bulbe et les lamelles corticales de la tige.
^0 Substance médullaire (fig. 381, 1 et 382, 8). — Elle constitue un cordon qui s’arrête au-dessus du bulbe pileux, et peut même manquer complètement (poils follets, cheveux colorés). Ce cordon est formé par 1 à 5 traînées de cellules rectangulaires, renfermant un noyau très pâle et quelquefois des bulles d’air. Le diamètre de la moelle est à celui du poil entier comme 1 est à 3 ou à 5.
B. Follicule pileux (fig. 382). — Le follicule pileux est une dépression de la peau qui leçoit la racine du poil, et par suite se compose, comme la peau, de deux parties : une partie dermique, follicule proprement dit, et un revêtement épidermique, gaine de la racine du poil.
a) Follicule proprement dit. — Il comprend trois couches : 1“ une couche externe (l) fibreuse, vasculaire, dont les fibres ont en général la direction longitudinale; 2» une couche moyenne (2) de même nature, mais dont les fibres ont la direction transversale; 3“ une couche interne (3) amorphe, transparente, qui reste toujours dans le follicule quand on arrache le cheveu. Ces trois couches se continuent avec le derme cutané.
Du fond du follicule s’élève un petit renflement conique (fig. 382, 7), papille du poil ^ analogue aux papilles du derme. Elle est formée par un tissu connectif fibrillaire vague avec des noyaux et un réseau capillaire et recouverte à sa surface par des cellules adhérentes à celles du bulbe pileux.
'•) 1) Substance médullaire. — 2) Substance corticale. — 3) Couche épidermique Interne. — 4) Couché épidermique externe. 5) Couche dermique interne du follicule, — 6) Couche dermique externe. — T) «landes sébacées (D’après Morel et Villemin, Histologie humaine, pl. XXXIII).
Beadnis Et Bouchard lifl
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b) Gaine de la racine du poil. — Cette gaine, intermédiaire à la racine du poil et au follicule, se compose de deux couches : 1“ une couche externe (flg. 382, 4), continuation de la couche de Malpighi ; elle a la même structure que cette dernière et tapisse
tout l’intérieur du follicule ; 2» une couche interne (3), quis’arrête ordinairement au tiers supérieur du follicule et présente une fermeté et une élasticité remarquables. Klle se compose de cellules allongées, sans noyau, sauf les plus rapprochées de la racine {couche de Huxley), qui possèdent un noyau, et sont en outre plus larges et moins longues.
Aux follicules pileux sont annexés d’abord les glandes sébacées (voyez plus loin), puis de petits faisceaux musculaires lisses (muscles de V horripilation). Ces faisceaux naissent de la partie superficielle du derme cutané et se dirigent obliquement dans le même sens que l’inclinaison du poil, contournent les glandes sébacées annexées au follicule et vont s’insérer au follicule à la réunion de son tiers moyen et de son tiers Fig. 38Ï. — Follicule pileux (’). inférieur. Ils ont 0™,0015 à
0‘n,002 de longueur. Ils redressent le poil (chair de poule) et peuvent comprimer les glandes sébacées.
IV — Glandes de la peau