‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 293 sur 303 · ARTICLE VIII - ORGANES GÉNITAUX · texte numérisé non relu

ARTICLE VIII - ORGANES GÉNITAUX

Le développement des organes génitaux internes est lié à des organes transitoires, qui ont reçu le nom de corps de Wolff, et dont l’étude préalable est nécessaire.

Nous étudierons successivement ; 1“ le corps de Wolff; 3» le développement des organes génitaux internes ; 3® celui des organes génitaux externes.

§ I Corps de "Wolff

Les corps de Wolff, corps d'Oken (reins primordiaur), paraissent de très bonne

(0 Chez les vertébrés inférieurs (batraciens), on voit, dans le stade embryonnaire, se former dans la partie supérieure de la cavité pleuro-péritonéale, un véritable glomérule rénal (rein précurseur de Mathias Duval). Le canal excréteur de ce rein n'est autre chose que le canal de Wolff. Chez les vertébrés supérieurs (oiseaux, mammifères) la seule partie du rein précurseur qui se forme estle canal excréteur qui dev'ent canal excréteur du rein primordial ou du corps de Wolff.

(*) A. Embryon au deuxième jour. — B, Embryon au troisième jour. — C, Embryon à la fin du huitième jour. -’W, Canal de Wolff; dans la figure A il n’est encore qu’à l’état de dépression. - V,

DÉVELOPPEMENT DES ORGANES EN PARTICOLIER 1037

heure et avant même la formation de l’allantoïde. Ils sont à l'origine deux conduits situés de chaque côté de la ligne médiane en avant des protovertèbres et étendus du cœur à l’extrémité pelvienne. Leur extrémité sapérieui-e se termine en cæcum, leur extrémité inférieure s’ouvre dans la partie inférieure de la vessie, au-dessous des uretères. Le canal de Wolff se développe de la façon suivante. Il est d’abord représenté par une dépression située à la partie interne de la fente pleuro-péritonéale (fig. 449, A, W), en dehors des protovertèbres et au niveau d’une masse cellulaire à laquelle Waldeyer donne le nom de germe uro-génital, parce qu’elle contribue à foi’mer les glandes urinaire et génitale. Le canal de Wolff proviendrait donc dans ce cas du feuillet moyen du blastodei me; cependant quelques auteurs le font provenir du feuillet corné (His). Cette dépression se ferme peu à peu et se transforme on canal complet (fig. 449 B, C; W). Bientôt de la partie interne de ce canal naissent des bourgeons qui se poi'tent en dedans (lîg. 450 A,

W), et constituent les canaux du corps de Wolff. Ce corps représente alors une masse qui fait saillie dans la cavité péri- g tonéalc de chaque côté du mésentère, et est tapissée, à sa face libre, par un épithélium cylindrique épais (T, 0)auquelWaldeyer, qui lui attribue une signification parliculière et en fait qne formation spéciale, a donné le nom d'épitli élium germinatif.

A l’état de développement complet, les corps de Wolff forment de chaque côté de la colonne vertébrale une glande épaisse dont le conduit excréteur se trouve placé au côté antérieur et externe.

Les corps de Wolff sont recouverts en avant par le péritoine; en haut et en bas le péritoine présente deux replis; le supérieur, ligament diaphragmatique du corps de Wolff (fig. 453, B, C, 13) va de l'extrémité supérieure de l’organe au diaphragme; l’inférieur, lombaire du corps de Wolff (fig. 4

53, A, 3), part du conduit de Wolff au niveau de l’extrémité inférieure de la glande.

Les corps de Wolff ne sont autre chose que des reins temporaires. Le liquide qu’ils secrétent a à peu près la même composition que l'urine. Quand les reins persistants sont formés, les corps de Wolff commencent à disparaître, ce qui a lieu environ vers le troisième mois de la vie fœtale ; seulement une partie de ces organes prend pai’t à la formation des organes génitaux internes.

Veine cardinale. — P, P', Cavité pleuro-périlonêale. — M. Moelle épinière. ^ C, Corde dorsale. — A, Aorte, — ma. Replis amniotiques. — e. Feuillet externe du blastoderme. — i. Feuillet interne. — m, Feuillet moyen ; — dans la figure C, m représente le feuillet cutané, »i' le fibro-intestinal — r,

C) A, Quatrième jour. — B, Début du 5’ jour de Tinciibation, — P. Cavité pleuro-péritonéale. — M, Moelle épinière. — C, Corde dorsale. — W, Canal de Wolir. — A, Aorte. — I, Intestin. — O et T. Épithélium germinatif qui formera l’ovaire O et le canal de Mttller, T. — Ve, Veines. — e. Feuillet externe du blastoderme. — i. Feuillet interne. — m, Feuillet flbro-cutanè. — m', Feuillet tibro-intestinal.

EMBRYOLOGIE ET DEVELOPPEMENT DE l’hOMME

§ II — Organes génitaux internes

Les organes génitaux, avant d’acquérir le type féminin ou masculin, passent par un qua éfon peut appeler état indifférent, dans lequel il n’y a pas encore de distinction de sexes. Nous étudierons u ccessivement : 1“ l’état indifférent des organes génitaux ; 2“ le développement du type féminin ; 3“ le développement du type masculin.

Outre les corps de Wolff, deux organes prennent part à la formation des organes génitaux internes : ce sont la glande génitale, ébauche du testicule ou de l’ovaire et le conduit de Muller.

lo Glande génitale. — Laglande génitale se forme de la cinquième à la sixième semaine en dedans du corps de Wolff et aux dépens de la partie interne de l’épithélium germinatif (O, fig. 450, 451 et 452).

La figure 451 représente un degré plus avancé du développement de ces parties. Cette glande est enveloppée par le péritoine, qui la rattache aucorpsde Wolffet lui forme une sorte de mésentère; en outre, de ces deux extrémités partent deux replis : un supérieur, qui va au ligament diaphragmatique du corps de Wolff (fig. 453, B, 12); l’autre, inférieur, qui va au canal de Wolff juste à l’endroit de l’insertion du ligament lombaire de ce dernier . (fig. 453, C, 16).

2» Conduit de Müller, conduit génital, — En même temps que la glande génitale se développe, il se forme au côté interne et antérieur du conduit de Wolff (fig. 453), et accolé à ce dernier, un conduit dont l'extrémité supérieure est fermée et dont l’extrémité inférieure s’ouvre dans la partie inférieure de la vessie près du conduit de WolfL

Fio. 452. — Développement de l\

(*) A. Aorte. — »ns,sm, Mésentère. — p a, Paroilabdorainalo latérale. — U, Ramification vasculaire venue de Taorte et allant former un glomérule du corps de Wolff. — W, Corps de Woltf. — vr. Coupes des canaux secondaires du corps de Wolff. — G W, un de ces canaux en rapport avec un glomérule. — 1, Stroma de la glande génitale. — O, Epithélium de la glande génitale montrant déjà des ovules primordiaux. — M. Ébauche du canal de Müller.

(*') Coupe demi-schématique d’un ovaire de chatte, montrant les poussées épithéliales qui donnent

Poussée épithéliale en forme de tube. — 2, Poussée en tube ramifié. — 3, Tube se segmentant en forme de chapelet pour former les follicules primordiaux. — 4) Follicule primordial isolé. - O, Ovules primordiaux.

Les conduits de Müller se forment, du reste, comme la glande génitale dont ils représentent les conduits excréteurs, aux dépens de l'épithélium germinatif, mais de la partie externe de cet épithélium (T,fig. 450, 451, 452).

C’est vers le début du troisième mois que l’état indifférent cesse pour faire place aux types sexuels masculin ou féminin.

lo Ovaire. — A la fin du deuxième mois la glande génitale devient plus allongée et prend une position plus oblique, ce qui, à la neuvième ou à la dixième semaine, peut faire reconnaître l’ovaire du testicule. A ce moment l’ovaire est situé au côté interne et antérieur des corps de Wolff (fig. 453, A, 4). A mesure que ces corps disparaissent, l’ovaire descend vers la région inguinale et se place très obliquement ; mais il reste

Fis. 453. — Organes urinaires et seantels d'un embryon de veau (').

longtemps dans la région du grand bassin, et ce n’est que dans les derniers temps de la vie fœtale qu’il descend dans l’excavation pelvienne.

En même temps les cellules primitives de la glande génitale subissent peu à peu les transformations histologiques qui aboutissent à la formation du stroma de l'ovaire, des ovules et des follicules de Graaf.Un certain nombre des cellules provenant de l’épithélium germinatif, prennent alors des caractères spéciaux (forme sphérique, noyau volumi neux, nucléole apparent) et constituent les ovules primordiaux ; les cellules quientou-

(•) A. Embryon du sexe féminin. — I) Corps de Wolf. — *) Conduit de Woltfavec le conduit de Müller en dedans de lui. — 3) Ligament lombaire du corps de Wolf. — 4) Ovaire avec ses replis péritonéaux supérieur et inférieur. — 5) Rein. — 6) Capsule surrénale — 7) Cordon génital formé par l'union des conduits de Wolff et des conduits de Müller.

B. Embryon plus âgé du sexe masculin ; le testicule est enlevé à gauche, — 1 à 7) Idem que pour la figure précédente. - 8) Conduit de Müller. — 10) Testicule. - 11) Ligament inférieur du testicule. — 12) Ligament supérieur du testicule. —13) Ligament diaphragmatique du corps de Wolf. — 14) Artère ombilicale. - 15) Vessie.

C. Embryon du sexe féminin. — 16) Ligament inférieur de l’ovaire. — 18) Ouverture à l'extrémité supérieure du conduit de Müller. — (D’après Kolliker).

EMBRYOLOGIE ET DEVELOPPEMENT DE L’hOMME

entces ovules primordiaux < lent les follicules de Graaf n ontinus provenant des pousse ans le stroma de l’ovaire. G hapelet, chaque follicule prii ent ensuite par se segmente ent successivement les uns des

nstituent les cellules des follicules de Graaf. Originaii’esont pas isolés ; ils sont réunis en cordons épithéliaux s épithéliales de l’épithélium germinatif qui s'enfoncent i cordons épithéliaux prennent peu à peu la forme de it circonscrit par deux étranglements quifinis-

itenient, de façon que les follicules de Graaf s’is<

2^ Conduits excréteurs des organes génitaux internes de la femme. — Ces conduits excréteurs, constitués par les trompes, l’utérus et le vagin, dérivent des conduits de Müller (voj'. fig. 453 et 454).

a) Trompe. — La trompe est formée par la partie du conduit de Müller qui s’étend de l’extrémité supérieure de ce conduit au point où s’attache le ligament lombaire du corps de Wolff. Ce conduit, primitivement fermé à son extrémité supérieure, présente

DÉVELOPPEMENT DES ORGANES EN PARTICUI-IER

l’extréiiiité supérieure de la glande génitale constitue la frange qui relie l’ovaire au pavillon de la trompe ou à l’extrémité du conduit de Miiller; le ligament inférieur de l’ovaire (fig. 453, G, 16) devient le ligament qui l'attache l’ovaire à l’utérus ; enfin le ligament lombaire des corps de Wollf (G, 3) constitue le ligament rond, qui traverse le canal inguinal accompagné par un prolongement du péritoine en forme du cul-de-saç ou canal de Nnck, qui disparaît plus tard.

4“ Restes du corps et du conduit de 'Wolff. — Les corps et les conduits de Wolff disparaissent à peu près complètement, sauf dans la partie moyenne, qui constitue le corps de Rosenmüller (fig. 454, F, 6).

1“ Testicule. Vers la fin du deuxième mois, la glandé génitale, un peu avant la formation des canalicules séminifères, devient plus large et plus courte, et, à partir de la huitième à la neuvième semaine, paraissent les canalicules qui sont d’abord droits, puis flexueux. L’albuginée est déjà visible au troisième mois.

2° Conduits excréteurs des organes génitau.c internes de l'homme. — Ghez l’homme les conduits de Miiller disparaissent, à l’exception de leurs extrémités inférieures qui se soudent pour s’ouvrir dans le sinus uro-génital par un orifice commun ; cette partie persistante constitue l'titricule prostatique. Son extrémité libre paraît aussi quelquefois comme hgdaiide pédiculée de Morgagni.

La tête de l'épididyme est formée par la partie moyenne du corps de Wolff, dont les canaux se mettent en communication avec ceux du testicule et par la partie corresp«ndantedu conduit de Wolff. Le reste du canel de l’épididyme, \o canal déférent et les canaux éjacuiatears sont produits parle conduit do Wolff qui, d’abord rectiligne, devient ensuite flexueux dans sa partie épididymique. Au troisième mois, il n’y a encore aucune trace du corps ni de la queue de l’épididyme.

Les vésicules séminales paraissent vers le troisième mois comme des culs de-sac de l’extrémité inférieure du canal déférent.

he corps de Giraldès les vaisseaux aberrants et l’hydatide non pédiculée de Morgagni sont des restes des canaux du corps de Wolff.

Descente du testicule. — Le testicule est situé à l’origine dans la cavité abdominale et a les mêmes rapports que l’ovaire. Bientôt il descend et au troisième mois il se trouve près de la région inguinale (fig. 455, 4). 11 est enveloppé par le péritoine et rattaché au corps de Wolf par un petit mésentère (mesorchium) d’où pai tent deux replis : l’un, supérieur, qui va au ligament diaphragmatique des corps de Wolff et qui disparait assez vite; l’autre, inférieur, qui se rend au conduit de Wolff, au lieu d’attache du ligament lombaire du corps de Wolff. Ges deux ligaments constituent le guhernaculum testis ou de Hunier, qui s'attache par conséquent à la partie inférieure du testicule et à l’endroit où le canal de l’épididyme se '

continue avec le canal déférent. Eio. 4". — Organes urinaires et

Co guhernaculum testis, esnnimé du troisième au sexueUd un embryon masculin cinquième mois, se compose de trois parties : i” un cordon central mou, gélatineux, de nature connective, gu-

bernaculum testis proprement dit, contenant aussi des fibres lisses ; 2“ une gaine musculaire de fibres striées, musculus testis ; 3“ un repli péritonéal entourant le tout en avant et sur les côtés.

(*) Capsules surrénales. — 2) Veine cave inférieure. — S) Rein. — 4) Testicule. — 5) Gubernaculum testis. — 6) Canaux déférents. — 7) Vessie. - (D’après Külliker.)

Beauhis BT Bodcbabd

EMBRYOLOGIE ET DEVELOPPEMENT DE l/lIOMME

Arrivé dans la région inguinale, le ffuOernaculum traverse obliquement la paroi abdominale avec un prolongement péritonéal (prolongement vaginal), en dehors duquel il est situé et va s'insérer en s’étalant à la face interne du scrotum. Le mécanisme et la cause de la descente du testicule à travers le canal inguinal jusque dans le scrotum sont encore controversés et ne sont pas suffisamment éclaircis. En général, du huitième au neuvième mois, le testicule est arrivé dans lo scrotum. La gaine musculaire du gubernaculum constitue une portion du crémaster. La partie du prolongement vaginal du péritoine qui sc trouve dans les bourses forme la tunique vaginale qui communique jusqu’au moment de la naissance avec la grande cavité péritonéale par un canal étroit, canal vaginal.Ce canal s’oblitère dans les premiers jours qui suivent la naissance et -il n’en reste plus de traces, sauf parfois un cordon fibreux mince, ligament vaginal.

§ III — Organes génitaux externes

On trouve pour les organes génitaux externes, comme pour les organes génitaux internes, un état indifférent qui précède la distinction des deux sexes.

L’intestin postérieur est, à l’origine, comme l’intestin antérieur, terminé en cul-desac et sans communication avec l’extérieur. L’ouverture anale se fait, comme l’ouverture buccale, aux dépens d’une dépression en cul-de-sac'du revêtemént cutané, dépression qui s’agrandit peu à peu en même temps que la cloison de séparation disparaît. A ce moment (quatrième semaine) on trouve â l’extrémité postérieure du corps une seule ouverture ffig. 456, I, i), qui mène dans une cavité simple ou cloaque, dans laquelle s’ouvre en avant l’ouraque ou la vessie future, en arrière le rectum. Vers le milieu du deuxième mois il se produit dans cette cavité une cloison transversale, ébauche du périnée, qui la divise en deux cavités secondaires : une postérieure, cavité ou ouveHure anale; une antérieure, dans laquelle s’ouvre la vessie, ouverture uro-génilalc .

Sinus uro-génital. — La vessie reçoit dans sa partie supérieure les deux uretères, et dans sa partie inférieure les quatre conduits de \Volfr et de Müller ; c’est cette partie inférieure de la vessie, située entre ces quatre conduits et l’ouverture de la vessie dans le cloaque, qui a reçu le nom de sinus uro-génital.

Premières traces des organes génitaux externes. — Dans la sixième semaine, avant même que la division du cloaque en ouverture anale et ouverture uro-génitale soit faite, paraît en avant du cloaque un tubercule, tubercule génital (1,2), qui se trouve bientôt entouré par deux replis cutanés, replis génitaux (II, 5). Vers la fin du deuxième mois, le tubercule génital s’est accru et présente à sa partie inférieure un sillon, sillon génital (4), qui se dirige vers l’ouverture cloacale. Quand la séparation des deux ouverture anale et uro-génitale est acccomplie, toutes ces parties ont pris un développement assez marqué, sans que pourtant la distinction sexuelle soit encore possible (III).

Page 1