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Articulation radio-cubitale inférieure

Surfaces articulaires. — La cavité de réception de la tête du cubitus est formée en partie par le radius, en partie par un ligament ou ménisque, ligament triangulaire. La facette cubitale du radius, petite cavité sigmdide du radius, est une petite excavation de 0'",009 de hauteur et se continue en formant un angle arrondi avec la face supérieure concave du ligament triangu laire ; ce ligament fibro-cartilagineux s’attache par sa base au radius à l’angle que forme la facette cubitale avec la facette carpienne, et, par son sommet, à la partie externe de l’apophyse styloi'de du cubitus depuis sa base jusqu’à son sommet ; cette insertion se fait par l’intermédiaire d’un faisceau fibreux assez long pour permettre au fibro-cartilage de suivre les mouvements du radius sur le cubitus. Ce ligament, plus épais sur ses bords qu’à sa partie moyenne, où il a 0"’,001, présente une face supérieure articulée avec la partie inférieure

ARTICDI.A.TIONS BU MEMBRE SUPÉRIEUR

de la tête du cubitus, et une face inférieure qui continue la facette carpienne du radius et s’articule avec le pyramidal. Il forme donc une sorte de ménisque interarticulaire entre le cubitus et le pyramidal. La tête du cubitus, quelquefois arrondie (femmes), est ordinairement divisée en deux parties : une verti cale, correspondant au radius ; une inférieure, oblique en bas et en dedans, correspondant au ligament triangulaire.

La sywowiaZe, distincte de la synoviale radio -carpienne, sauf quelques cas de communication par une fente du ligament triangulaire, se prolonge au-dessus des surfaces articulaires du radius et du cubitus dans une certaine étendue en formant là un petit cul-de-sac entre les deux os.

La capsule fibreuse assez forte, mais a une grande laxité.

3" Membrane interosseuse (fig.81.B,4)

Cette membrane, insérée aux bords interosseux des deux os de l’avant-bras, est formée de faisceaux fibreux obliques en bas et en dedans ; elle ferme l’espace interosseux et laisse seulement, en haut et en bas, deux ouvertures pour le passage des vaisseaux.

A la partie supérieure de l’espace interosseux on trouve un faisceau fibreux arrondi, ligament de Weitbrecht (5), dirigé en bas et en dehors en sens inverse des fibres de la membrane interosseuse et allant de la partie externe de l'apophyse coronoïde à la partie interne du radius, au-dessous de la tubérosité bicipitale.

.ARTICLE III - ARTICULATION DU COUDE (fig. 42)

Préparation, — Eviter d’ouvrir la synoviale, qui est excessivement mince à sa partie postérieure et externe au niveau de l'anconé. Deux coupes sont très utiles pour étudier cette articulation : 1“ l’une, verticale, passant par le milieu de la trochlée et de la grande cavité sigmoïde; 2» l'autre, verticale aussi, séparant le condyle de l’humérus de la trochlée et laissant le ligament latéral externe attaché à l'épicondyle: en renversant ce fragment externe de l’humérus, on voit très bien comment le ligament latéral externe se continue avec le ligament annulaire du radius. Pour bien voir ce ligament annulaire, on peut aussi scier le col du radius et enlever la tête du radius de son anneau ostéo-flbreux.

Cette articulation est une charnière. — Surfaces articulaires. — L’hu mérus présente en dedans la trochlée articulée avec la grande cavité sigmo’ide, en dehors le condyle articulé avec la cupule du radius.

1“ Articulation humer o -cubitale. — La trochlée humérale est parcourue d’avant en ari’ière par une gouttière médiane qui se continue avec deux surfaces convexes, l’une interne, plus étendue et terminée en dedans par un bord tranchant, bord cubital, descendant plus bas que l’externe; l’autre, externe, plus étroite, se terminant par un bord, bord radial de la trochlée, à partir duquel commence la surface articulaire radiale de l’humérus. Sur une coupe antéro-postérieure, le rayon de courbure de la trochlée est de0'",015 à son bord interne, de 0™,012 à son bord externe et de 0"’,010 à la gouttière médiane ; le cercle de cette dernière est à peu près complet (fig. 43), car il n’est interrompu que dans une étendue de 0'",002 à O”" ,003 par l’épaisseur de la cloison formant le fond des deux cavités olécrânienne et corono’idienne.

La grande cavité sigmoïde se moule sur la configuration de la trochlée ; seulement elle présente moitié moins d’étendue et n’embrasse guère que la moitié delatrocMée dans sa concavité.

2“ Articulation huméro -radiale. — Le condyle de l’humérus, beaucoup

ARTHROLOGIE

plus étendue en avant qu’en arrière, représente un segment de sphère imparfaite dont le centre tombe sur l’axe de rotation de l’articulation du coude ; ce condyle est réuni au bord radial de la trochlée par une surface étroite, oblique en bas et en dedans, articulée avec une sorte de truncature existant sur le bord de la cupule du radius ; cette cupule est moins étendue que la surface du condyle, de façon qu’il n’y a jamais qu’une portion de ce condyle en contact avec le radius.

Ces surfaces articulaires sont encroûtées d’un cartilage de 0™,002 environ d’épaisseur, qui manque quelquefois sur la cavité sigmoïde suivant une ligne transversale, trace de la séparation de l’apophyse coronoïde et de l’olécrâne.

Synoviale. — Son insertion se fait en quelques endroits à une certaine distance des surfaces articulaires, et si on suit sa ligne d’insertion (ligne de réflexion) sur les trois os, on trouve les dispositions suivantes ; 1“ sur l’/iMmécMs, en la faisant partir de l’extrémité antérieure du bord interne de la trochlée, elle s’élève en cernant la fosse coronoïde, et formant là un premier cul-de-sac, redescend vers l'extrémité antérieure du bord externe de la trochlée, remonte immédiatement en cernant la petite fosse sus-codylienne, gagne le bord externe du condyle, puis son bord postérieur, et là, s'attache juste à la limite du

cartilage jusqu'à la fosse olécrânienne, au fond de laquelle elle s’insère près de son bord postérieur en formant un vaste cul-de sac, redescend ensuite en arrière, puis au-:lessous de l’épitrochlée, en restant à 0™006 ou0'",008 de distance du bord interne de la trochlée, et regagne son point de départ ; 2“ sur le cubitus, son insertion se fait du côté interne, à la limite du cartilage ; du côté externe a une distance qui atteint 0™,003à Û'",004 au-dessous delà petite cavité sigmoïde ; 3» sur le radius, elle s’insère suivant une ligne circulaire à la partie supérieure du col du radius, au-dessous du rebord articulaire.

Fig. 43. — Coupe de VaHiculalion du coude {*).

Cette synoviale, riche en prolongements synoviaux et entourée, surtout en avant et en arriére, de pelotons graisseux volumineux, présente plusieurs prolongements importants : 1“ un large cul-de-sac, sus -olécranien, remontant

OA. Coupe iranarers lie. — I) Humérus. -- 2) Radius. — 3) Cubitus, — 4, 5) Synoviale. — 0) Guide rotation du radius autour du cubitus. — G, G'. Axe de rotation des mouvements ;do flexion et d extension du eoude.

B. Coupe verticale antéro postérieure de la trochlée et de la grande cavité sigmoïde.— i) Humérus. — 2) Cubitus dans l'extension. — 3) Cubitus dans la flexion. — 4) Cul-de-sac postérieur. — 5) Culde-sac antérieur de la synoviale.

G. Coupe verticale antéro-postérieure du condyle et du radius. — 1) Humérus. — 2) Radius. — 3) Partie antérieure. — 4) Partie postérieure de la synoviale.

ARTHROLOGIE

entre la face postérieure de l’humérus et le triceps ; 2° un cul-de-sac antérieur, sus-coronoidien ; 3“ en dehors de celui-ci, un plus petit cul-de-sac, sus-condylien ; 4“ un yetit cul-de-sac annulaire, situé autour du col du radius et au-dessous du ligament annulaire (fig. 42, A, 12, B, 8).

Ligaments. — On trouve deux ligaments latéraux : l’un interne, l’autre externe, puis des faisceaux de renforcemént situés en avant et en arriére de l’articulation.

1“ Ligament latéral interne (flg. 42, A). — Il se compose de fibres fortes, en éventail, allant de la partie postérieure et inférieure de l’épitrochlée, s’ir radier en s’insérant au bord interne de l’olécrâne et de l’apophyse coronoide ; ces dernières insertions sont recouvertes par une bandelette transversale (8), qui va du bord interne de l'olécrâne au bord interne de l’apophyse coronoide ; en avant, ce ligament se confond avec l’insertion des muscles épitrochléens.

2“ Ligament latéral externe (fig. 42, B). — Confondu en grande partie avec les insertions des muscles épicondyliens et surtout du court supinateur, il part de l’épicondyle et se jette, en s’élargissant, sur le ligament annulaire, saws prendre aucune insertion au radius, dont il ne peut gêner en rien les mouvements de rotation.

‘6° Faisceaux de renforcement. — 1“ En avant, on trouve des fibres verticales, qui partent du pourtour supérieur de la fosse coronoide , et des fibres obliques, qui vont en général de la partie interne vers le ligament an ■ nulaire ; 2“ en arrière, il y a des fibres arciformes à concavité supérieure, allant d’un bord à l’autre de la concavité olécrâcienne et se continuant en dedans jusqu’à l’épitrochlée; ces fibres en arc circonscrivent avec le bord supérieur de la fosse olécrânienne, une ouverture ovalaire par où le cul-de-sac postérieur de la synoviale fait hernie dans les mouvements d’extension ; en dedans et en dehors le tendon du triceps a des adhérences avec la capsule, il en est de même pour le tendon de l’anconé et des muscles épicondyliens. En dehors, la capsule est extrêmement mince entre le tendon de l’anconé et l’in ■ sertion externe du triceps, et renforcée plus bas par des faisceaux assez forts, allant du cubitus au radius ; toute cette partie postéro-externe est recouverte par le muscle anconé.

Artères. — Elles viennent de l’humérale profonde, des collatérales interne et externe de l’humérale, des récurrentes radiales et cubitales et forment un réseau péri-articulaire.

Nerfs. — En arrière, l’articulation reçoit un filet du nerf cubital qui accompagne la branche collatérale de l’humérale 'là '^''pr'ônatânH^'de to profonde et un filet du nerf de l’anconé. En avant, elle reçoit des supination C). filets du radial, du médian et du musculo-cutané.

Mécanisme des articulations du coude et de l’avant-bras. — 1° Articulation du (•) A. Axe des mouvements de pronation et de supination. — S. Supination. — P. Pronation.

ARTIGDLATIONS DU MEMBRE SUPERIEUR

coude. — C’est une véritable charnière. Il n’y a que deux mouvements possibles autour d’un seul axe de rotation: la flexion, qui rapproche l’avant-bras du bras, et l’extension, qui met l'avant-bras et le bras sur le prolongement d’une même ligne droit et. L’axe de rotation est transversal (fig. 43, A, C, G') et passe au-dessous du point le plus saillant des tubérosités interne et externe de l’humérus; cet axe n’est pas perpendiculaire à la direction de l’humérus et du cubitus, mais un peu oblique en bas et en dedans, et il en résulte que les deux os forment entre eux dans la flexion un angle aigu, grâce auquel le cubitus se porte en dedans vers la ligne médiane, et dans l’extension un angle obtus ouvert en dehors.

La flexion peut être portée jusqu’à la rencontre de l’apophyse coronoïde et du fond de la cavité coronoïde ; dans ce mouvement la capsule fait un pli en avant, et les surfaces articulaires huméro-cubitales et huméro-radiales sont en contact intime. L’extension va jusqu’à la rencontre du bec de l’olécrâne et de la fosse olécrânienne; le pli delà capsule existe en arrière, dans ce mouvement la cupule du radius abandonne en partie le condyle, quelle déborde en arrière d’une étendue notable et fait une saillie marquée à la partie postérieure et externe de l’articulation. L’excursion de ces deux mouvements est d’environ 140°.

O. Leconte admet en outre des mouvements de torsion spiroïde liés intimement aux divers modes de rotation de la main. Il admet aussi que la flexion et l'extension peuvent se faire dans des plans variés et non dans un plan unique ; il en résulte que le coude pourrait présenter un mouvement de fronde ou de circumdr.ction comme les énarthroses (U .

2“ Mouvements du radius sur le cubitus; pronation et supination (fig. 44). — Dans ces mouvements le radius seul est mobile et tourne autour d’un axe (A), qui passe en haut par le centre de la tête du radius, en bas par le centre de la tête du cubitus, axe qui, prolongé du côté de l’humérus, va joindre le centre de la tête humérale. La main à peu près libre de toute articulation avec le cubitus, grâce au ligament triangulaire, suit le radius dans ses mouvements.

Dans la supination (8), le bras étant supposé pendant le long du corps, la face palmaire de la main est tournée en avant; le radius est situé au côté externe du cubitus et parallèle à lui. Dans lo pronaiion complète (P), la face palmaire de la main est tournée en arrière et le radius croise le cubitus en avant, de façon que sa partie inférieure se place en dedans du cubitus. L’attitude normale est celle dans laquelle la face palmaire de la main est tournée vers le plan médian du corps, ou demi-pronation. Ces mouvements, du reste, peuvent s’exécuter soit dans la flexion, soit dans l’extension de l’avantbras.

Trois articulations prennent part à ces mouvements: les articulations radio-cubitale supérieure, radio-cubitale inférieure et huméro-radiale. 1“ Dans l’articulation radio-cubitale supérieure, le radius tourne autour de son axe en glissant par la surface convexe de son rebord articulaire dans la petite cavité sigmoïde du cubitus ; l’absence d’insertions ligamenteuses au radius et la laxité du petit cul-de-sac annulaire de la synoviale làcilitent ce glissement; 2“ dans l’articulation radio-cubitale inférieure, le radius tourne autour d'un axe passant par la tête du cubitus, et entraîne dans son mouvement le ligament triangulaire mobile à sou insertion à l’apophyse styloïde, et avec lui toute la main; 3» dans l’articulation humer o-radiale, la cupule du radius tourne sur le condyle de l’humérus en même temps que sou bord tronqué glisse sur la surface oblique intermédiaire au condyle et au bord externe de la trochlée à la manière des roues d’angle. Lorsque la pronation ou la supination s’accompagnent de flexion ou d'extension de l'avant-bra-s, la cupule du radius subit donc un double mouvement simultané sur le condyle, un mouvement de rotation autour d’un axe vertical et un mouvement de rotation autour d’un axe transversal. Lorsque l'extension de Tavant-bras se combine avec la supination, le bras entier forme un angle obtus ouvert en dehors; lorsqu’elle se combine

d) O. Lecomte, Du mouvement de rotation de la main (Arch. de me'd.), 1873, et Le coude et la rotation de la main (id. 1877).

ARTHUOLOGIE

avec la pronation, il devient rectiligne. L’excursion de la pronation et de la supination est de près de deux angles droits.

D’après O. Lecomte, dans ces mouvements, la rotation au lieu de se faire toujours autour du cubitus immobile servant d’axe fixe, peut se faire autour d’axes passant par tous les points du diamètre transversal de la main. Le cubitus prend donc part au mouvement comme le radius. Dans la pronation produite, d’après lui, pour le radius par le rond pronateur, pour le cubitus par l’anconé, l’extrémité supérieure du cubitus exécLte un mouvement de torsion qui la porte vers l’épicondyle (torsion externe) ; dans la supination, pi’oduite par le court supinateur pour le radius, par le carré pronateur poulie cubitus, le mouvement se fait en sens inverse (torsion interne) ; en outre, l’olécrâne s’élève dans la pronation, s'abaisse dans la supination.

Muscles moteurs. — 1» Flexion. — Biceps, brachial antérieur, muscles épitrochléens, vhuméro radial, premier radial externe.

2" Extension. — Triceps, anconé.

3“ Pronation. — Rond pronateur, carré pronateur; accessoirement : grand palmaire, pt-emier radial externe.

4“ Supination. — Biceps, court supinateur.

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