‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 75 sur 303 · MUSCLES DE L’ABDOMEN · texte numérisé non relu

MUSCLES DE L’ABDOMEN

Préparation. — Placer un billot sous les reins du sujet pour tendre les muscles. Inciser la peau sur la ligne médiane depuis l'appendice xiphoïde jusqu’au pubis, en respectant l’ombilic; faire tomber sur cette incision deux incisions transversales, partant l’une de l’appendice xiphoïde, l'autre de l’ombilic, et une incision oblique partant du pubis et suivant le pli de l'aine et la crête iliaque. Enlever avec la peau une lame celluleuse adhérente qui recouvre le grand oblique ; à la partie inférieure, prés du pubis, conserver le cordon spermatique ou le ligament rond qui sortent par une ouverture de l’aponévrose ; conserver, s'il est possible, une lame fibreuse mince (fascia de Cooper) qui recouvre le cordon et se continue avec les bords de cette ouverture. Pour' mettre à découvert le petit oblique, détacher le muscle grand oblique prés de ses insertions costales et iliaques; puis Conduire une incision transversale depuis l’épine iliaque antérieure et supérieure, jusqu’au lieu de soudure des aponévroses des

MYOLOGIE

deux muscles grand et peüt obliques, et mener de là une incision vers le pubis ; on forme ainsi un lambeau aponévrolique triangulaire qui comprend l’anneau inguinal externe, lambeau dont la base est à l'arcade crurale et qui, rabattu, permet de voir les fibres inférieures du petit oblique et leurs rapports avec le cordon. Pour arriver sur le transverse, inciser avec précaution le petit oblique le long de la crête iliaque ; le transverse s’en distingue par la direction de ses fibres; faire pour la partie inférieure du petit oblique un lambeau triangulaire analogue à celui qui a été fait pour l’aponévrose du grand oblique ; pour pouvoir suivre les insertions postérieures du transverse jusqu’à la colonne vertébrale, il faut placer le cadavre sur le côté; les insertions costales de ce muscle qui se font à l’intérieur du thorax ne peuvent être bien vues qu’aprés l’ouverture de l'abdomen et par le mode de préparation employé pour le diaphragme et le triangulaire du siernum ; on peut renvoyer leur étude au moment où l’on s’occupera de ces derniers muscles. Pour mettre à découvert le muscle grand droit, il faut inciser l’aponévrose qui le recouvre en dehors de la ligne blanche et la détacher avec précaution des intersections fibreuse du muscle, auxquelles elle est très adhérente. L’étude du carré des lombes peutètre remise au moment où l’on verra le muscle psoas et iliaque. Les préparations indiquées ci-dessus pour les muscles grand et petit obliques et le transverse serviront aussi pour le canal inguinal. Mais pour avoir une idée nette de ce canal et du fascia transversalis.il faut le préparer par le côté abdominal, comme dans la fig. 70. Pour cela on détache pur un trait de scie toute la paroi antérieure du bassin, en arrière de l'épine iliaque antérieure et supérieure, et avec elle toute la paroi abdominale antérieure. On n’a plus alors qu’à enlever le péritoine et à disséquer avec précaution couche par couche.

Ges muscles sont tous pairs ; les uns sont situés sur les parties latérales de l'abdomen, et composés de fibres obliques pour les deux muscles superficiels, grand et petit obliques, transversales pour le plus profond, transverse de l’abdomen ; les autres sont situés sur les côtés de la ligne médiane et composés de fibres à direction générale verticale; ce sont : en avant le grand droit antérieur de l’abdomen et son accessoire, le pyramidal ; en arrière, le carré des lombes profondément placé au-dessous des muscles spinaux postérieurs.

I" Grand obliquederabdomen{fig.66,8,13;fig.71,17)

Ce muscle, large, quadrilatère, dont l’épaisseur ne dépasse jamais 0"',01, s’insère à la face externe des huit dernières côtes (fig. 16, J), par des digitations qui forment, par leur rénuion, une ligne dentelée, oblique en bas, en arrière et en dehors, et qui s’entre- croisent, les supérieures avec les quatre digitations inférieures du grand dentelé, les inférieures avec les insertions costales du grand dorsal; ces digitations augmentent d’épaisseur jusqu’à la huitième côte pour diminuer de la huitième à la douzième. De là, ses fibres se portent obliquement en bas, en avant et en dedans, d’autant plus qu’elles sont plus inférieures, et vont s’attacher, celles des deux dernières digitations, à la lèvre externe de la moitié antérieure de la crête iliaque, celles de toutes les autres, à une large aponévrose quadrilatère (fig. 66, 13) ; cette aponévrose du grand oblique se termine en avant, suivant une ligne verticale allant de l’appendice xiphoïde à la symphyse du puhis ; en bas, suivant une ligne oblique, entre la symphyse et l’épine iliaque antérieure et supérieure.

1® Entre l'appendice xiphoïde et la symphyse, l’aponévrose, après avoir passé en avant du muscle grand droit, en se soudant au feuillet superficiel de l’aponévrose du petit oblique, se termine en s’ entre- croisant sur la ligne médiane avec celle du côté opposé (de façon que ses fibres se continuent en partie avec celles du petit oblique du côté opposé) et constitue ainsi un raphé médian, la ligne blanche.

2“ Entre la symphyse et l'épine iliaque antérieure et supérieure, elle se termine de la façon suivante : entre ces deux points osseux est tendue une bandelette aponévrotique ligament de Fallope ou de Poupard, arcade crurale

MUSCLES DE b’ ABDOMEN

<•) 1 2\ Grand pectoral. - 3) Deltoïde. - 4) Petit pectoral. - 5) Muscles intercostaux. - 6) Premier intercostal - 7) Grand dentelé. - 8) Grand oblique de l’abdomen. - 9) Petit oblique. - 10) Grand droit antérieur de l’abdomen. - 11) Intersection aponévrotique de ce muscle. - 12) Pyramidal. - 13) Aponévrose du grand oblique. - It) Ombilic. - 15) A-- - »' T””’»

1 inguinal (externe. — 16) Ligne

222 MYOLOGIE

(fig. 69, B, l),foi‘mée en partie par des fibres propres en partie,par les fibres aponévrotiques du grand oblique et spécialement par celles qui proviennent des faisceaux musculaires situés immédiatement au-dessus de l’épine illiaque (fig. 69, B, 6). Cette arcadecrurale est soudée dans son tiers externe au fascia iliaca (3) ; dans ses deux tiers internes elle est libre et constitue avec le bord antérieur de l’os illiaque une ouverture (5) par laquelle s’engagent les vaisseaux fémoraux (7, 8). Les fibres aponévrotiques du grand oblique se jettent obliquement sur cette arcade, qu’elles contribuent en grande partie à former. En dedans, ces fibres s’écartent en interceptant une ouverture, anneau inguinal

externe (fig. 67, 3), qui laisse passer le cordon spermatique ; cette ouverture a une direction oblique en bas et en dedans, comme les fibres même de l’aponévrose; elle a une forme triangulaire à base inférieure, mais le sommet du triangle est émoussé et arrondi par des fibres curvilignes, fibres arciformes (fig. 67, 6), provenant de l’arcade crurale, de sorte que l’anneau présente ordinairement une forme ovalaire ou elliptique. Les bords de l’anneau se perdent peu à peu dans une lame celluleuse, fascia de Cooper, qui se prolonge sur le

(1) D’après les recherches de Nicaise et Tillaux, le ligament de Fallope serait exclusivement composé par le bord inférieur de l’aponévrose du grand oblique.

blanche. — 17) Aponévrose du petit oblique. — 18) Ligament suspenseur du pénis. — 19) Cordon spermatique. — 20) Fibres inférieures du petiqoblique formant le crémaster.

(•) 1) Arcade crurale. — 2) Aponévrose du grand oblique. — 3) Anneau inguinal externe. 4) Pilier interne. — 5) Pilier externe. — 6) Fibres arciformes. — 7) Ligament suspenseur dû pénis. — 8) Cordon spermatique passant sur 9) le pilier externe - 10, 11) .4nses du crémaster. — 12) Fascia cribri-

formis. — 13) Ligament falciforme. - 14) Embouchure de la veine saphène interne. — 15) Fascia iliaca coupé. — 46) Veine saphène interne. — 17) Veine crurale. — 18) Artère crurale. — 19, 20) Nerf crural. — 21) Psoas.

MUSCLES DE l/AIiDOMK.N

cordon. Les faisceaux qui limitent l’anneau en dedans et en dehors ont regu le nom de piliers. Le pilier interne ou supérieur (fig. 67, 4) s’attache au pubis eu avant de la symphyse, en s’entre-croisant en partie avec celui du côté opposé ; le pilier externe ou inférieur (fig. 67, 5) s’attache à l’épine du pubis et, par sesfibres superficielles, va jusqu’à la symphyse- où ellesprésententaussi un entre-croisement. Les fibres aponévrotiques situées en dehors du pillier externe éprouvent, au moment où elles rencontrent l’arcade crurale, une sorte de torsion, les plus inférieures devenant supérieures et les supérieures antérieures ; un groupe se réfléchit en arrière du pilier externe sous le nom de ligament de Colles o\x pilier postérieur (fig. 69, A, 16), se dirige en haut et eu dedans, et va se continuer de l’autre côté de la ligne médiane avec des fibres aponévrotiques du grand et du petit oblique du côté opposé ; un autre groupe se réfléchit en arrière et va s’attacher à la crête pectinéale en constituant le ligament de Gimhernat (fig. 69, B, 2). Ce ligament n’est autre chose qu’un élargissement de l’arcade crurale, forme une lamelle triangulaire de O^jOlS de long, dont le bord antérieur répond à l’arcade crurale, le postérieur à la crête pectinéale, dont le bord externe, concave, limite en dedans l’anneau crural ; sa face postérieure se continue avec la face supérieure de l’arcade crurale.

Rapports. — Ce muscle est recouvert d’une lamelle celluleuse, mince, adhérente. Il est recouvert dans une petite partie de son étendue en haut, par le grand pectoral, en bas et en arrière par le grand dorsal. Son bord postérieur limite, avec le bord antérieur du grand dorsal, un triangle, dont la base est à la crête iliaque, triangle de Petit (fig. 62, 19), et qui existe environ 8 fois sur 10 chez l’adulte.

Nerfs. — 11 est innervé par les nerfs intercostaux et par les rameaux des grande et petite branches abdomino-scrotales du plexus lombaire.

.Action. — Conjointement avec les muscles petit oblique et transverse, ces muscles rétrécissent transversalement la cavité abdominale. En outre, ils abaissent les côtes et sont expirateurs et fléchisseurs du tronc. Quand un muscle grand oblique d’un seul côte se contracte, il fait tourner la face antérieure du tronc du côté opposé.

2 Petit oblique de l'abdomen (fifr. 66,9)

Go muscle, plus large en avant qu’en arrière, un peu moins épais que le précédent, s’attache en arrière à l’aponévrose abdominale postérieure , dans la moitié inférieure de la région lombaire, et par elle aux apophyses épineuses, lombaires et sacrées, aux trois quarts antérieurs de la crête iliaque et au tiers externe de V arcade crurale (fig. 69, A, 14). De là ses fibres se portent, les supérieurs obliquement on haut et en avant, les moyennestransversalement, lesinférieures obliquement en bas et en avant, et se terminent de la façon suivante : les supérieures vont s’attacher aux trois dernières côtes, par des digitations continues, au niveau des deux derniers espaces intercostaux, avec les muscles intercostaux internes, et dans l’intervalle des côtes et du pubis à une lame aponévrotique. Cette aponévrose, feuillet moyen de V aponévrose abdominale antérieure, aponévrose du petit oblique, se divise en deux feuillets au niveau du bord externe du muscle droit (fig. 68, A, 15); l’antérieur se soude à l’aponévrose du grand oblique et passe en avant du grand droit; le postérieur s’unit à l’aponévrose du transverse, et passe en arriére du même muscle, sauf dans son quart inférieur (fig. 68, B); ces deux feuillets.se rejoignent ensuite à la ligne blanche. Les fibres les plus inférieures vont constituer le crémaster

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