Transverse de l’abdomen (fig. 72, G
Ce muscle, quadrilatère, plus mince que les précédents, et qui semble la continuation du triangulaire du sternum, s’insère à la face interne des six dernières côtes par des digitations entre -croisées (et pour les trois dernières continues) avec celles du diaphragme, aux trois quarts antérieurs de la lèvre interne de la crête iliaque, et dans l’intervalle par une aponévrose très forte, à la colonne vertébrale lombaire. Cette aponévrose, aponévrose abdominale postérieure (flg. 68, A, 10), qui reçoit aussi l’aponévrose du petit oblique, se divise en trois feuillets : un postérieur (13), qui se fixe aux apophyses épineuses en se soudant à l’aponévrose du grand dorsal ; un moyen (12), qui va au sommet des apophyses transverses ; un antérieur {ii'), plus mince, qui se rend à la face antérieure de ces mêmes apophyses. Ces trois feuillets circonscrivent deux loges, une postérieure pour les muscles spinaux postérieurs (1); une antérieure, pour le carré des lombes (2). De ces différentes insertions les fibres du transverse se portent borizontalement en avant et se rendent à une aponévrose, feuillet postérieur de l’aponévrose abdominale antérieure (fig. 68, A, 16), qui passe en arrière du muscle droit en se soudant au feuillet postérieur de l’aponévrose du petit oblique, et arrive ainsi jusqu'à la ligne blanche. Dans le quart inférieur du muscle droit elle se comporte d’une façon différente ; au lieu de passer en arrière du muscle droit, elle passe en avant de lui (fig. 68, B, 5); une partie seulement de cêtte aponévrose reste en arrière du muscle droit et forme là un repli plus ou moins lAv^e, pli semi-lunaire de Douglas (fig.70,7). dont le bord interne vertical correspond à la ligne blanche, dont le bord externe concave, falciforme, laisse à découvert la plus grande partie de la face postérieure du muscle droit, dont la pointe s’attache à la symphyse du pubis dans une étendue variable, dont la base se continue avec le ' reste de l’aponévrose ; c’est sous ce pli que s’engagent les vaisseaux épigastriques pour pénétrer dans la gaine du muscle droit (tig. 70, 18). Ces plis semi-lunaires de Douglas peuvent présenter de grandes variétés dans leur disposition.
Nerfs. — 11 est innervé par les nerfs intercostaux et par des rameaux des grande et petite branches abdomino-scrotales du plexus lombaire.
Action. — 11 constitue une ceinture qui embrasse la cavité abdominale et la rétrécit transversalement; en portant les côtes en dedans, il est expirateur,
4” Grand droit antérieur de l'abdomen (fig. 66, H)
Ce muscle, allongé, vertical, plus large en haut qu’en bas, s’attache en bas au pubis, par un tendon aplati divisé en deux parties, un faisceau externe inséré au bord supérieur du pubis entre l’épine et la symphyse, et un faisceau interne, qui s’entre-croise en avant de la symphyse avec celui du Côté opposé et se perd dans l’aponévrose crurale et la gaine du pénis. De là les fibres se portent verticalement en haut et se terminent par trois faisceaux distincts, attachés, l’interne à Y appendice xiphoïde et au cartilage de la septième côte, le moyen à celui de la sixième, l’externe, plus volumineux, au cartilage dé
CoLCiiAno
MYOLOCIE
lacinquiôme (fig. 16, G). Ce muscle est interrompu par des intersections aponévrotiques transversales, au nombre de deux à quatre, occupant toute la largeur du muscle et intimement unies au feuillet antérieur de sa gaine ; elles ne sont autre chose que des rudiments très incomplets de 'côtes abdominales. Les bords internes des deux muscles droits interceptent un espace fibreux, ligne blanche. Le muscle grand droit est contenu dans une gaine, complète en avant, où elle est formée par la réunion de l’aponévrose du grand oblique et du feuillet antérieur de l’aponévrose du petit oblique, auxquelles s’ajoute en bas celle du transverse ; la paroi postérieure est formée par la soudure de l’aponévrose du transverse et du feuillet postérieur de l'aponévrose du petit oblique ; elle manque en haut dans la partie thoracique du muscle et en bas dans l’espace laissé libre par les plis semi-lunaires de Douglas ; cependant il est toujours séparé du péritoine par le fascia transversalis (fig. 68, B, 9).
Pyramidal {ÜQ. 66, 12). — Au grand droit est annexé un petitmuscletriangulaire, le pyramidal, situé en avant de son insertion inférieure. Ce muscle, long de O"*, 06 environ, manquant quelquefois, plus développé chez les enfants.
MUSCLES DE l’abdomen 227 ‘
s’attache par sa base au pubis, entre l’épine et la symphyse, et par son sommet se eontinue avec un tendon qui se perd dans la ligne blanche et constitue avec celui du côté opposé, un cordon fibreux, qui peut être suivi jusqu’à l’ombilic.
Nerfs. — Le grand droit est innervé par les nerfs intercostaux et par des rameaux des grande et petite branches abdomino-scrotales du plexus-lombaire.
Action. — Il prend ordinairement son point fixe en bas et fléchit le tronc. Si la flexion est empêchée par les extenseurs, il abaisse les côtes et est expirateur ; enfin il peut comprimer les viscères abdominaux et s’opposer à la pression des viscères, qui tendent à repousser en avant la poroi abdominale antérieure. Le pyramidal est tenseur de la ligne blanche.
5° Carré des lombes (fig. 91)
Ce muscle, épais, quadrilatère, situé en dehors du psoas, en avant des mus des spinaux postérieurs, se compose de trois sortes de faisceaux intimement
Fig. 70. — Canal inguinal et canal crural, vus par le côté abdominal {'i.
unis chez l’homme ; 1“ les faisceaux ileo-costaux, constituant le bord externe du muscle, vont de la crête iliaque au bord inférieur de la douzième côte ; 2“ les faisceaux lombo- costaux vont de la partie antérieure des apophyses
(*) 1) Ombilic. - 2) Ligne blanche. — 3) Adminiculum lineæ albæ. — 4) Aponévrose du transverso.
7) Pli semi-lunaire de Douglas. — 8) Fascia transversalis. — 9) Anneau inguinal interne. — 10) Partie verticale des fibres arciformes circonscrivant cet anneau. — 11) Canal déférent. - 12) Fascia iliaca. - 13) Psoas. - 14) Nerf crural. — 15) Anneau crural. - 16) Veine crurale. - 17) Artère crurale. - 18) Vaisseaux épigastriques. — 19) Ligament de Gimhernat. - 50) Fibres inférieures du transverse, mises à nu par l’ablation de la partie inférieure du grand droit. — 21) Anneau inguinal externe. — 22j Ligament de Colles. — 23) Ligaments pubo-vèsicaux. — 24) Vessie rabattue.
MYOLOGIE
transverse des trois ou quatre dernières vertèbres lombaires à la douzième côte ; 3® les faisceaux iléo-lombaires situés à la face postérieure du muscle vont de la crête iliaque et du ligament iléo lombaire à la face postérieure des apophyses transverses de toutes les vertèbres lombaires.
Rapports. — Il est en rapport en avant avee le rein et le côlon.
Nerfs. — Il est innervé par le douzième nerf intercostal et des branches antérieures des deux premiers nerfs lombaires.
Action. — Il incline latéralement la colonne vertébrale et le tronc; par ses insertions costales il abaisse la douzième côte.
Aponévroses abdominales. — L.igne blanche. — Canal inguinal
Aponévroses abdominales. — Les aponévroses d’insertion ont déjà été décrites avec les muscles, il ne reste plus à parler que des aponévroses de contention. A l’extérieur, le muscle grand oblique est recouvert par une lame celluleuse mince, adhérente, se continuant avec celle qui recouvre le grand dentelé et le grand pectoral. Dans l’intérieur de la cavité abdominale et sous le péritoine, en arrière du muscle transverse, se trouve une lame fibreuse, le fascia transversalis . Cette aponévrose n’a pas de limites bien tranchées en haut et en dehors ; en bas elle contracte des adhérences avec le bord postérieur de l’arcade crurale, puis se continue au-dessous de cette arcade en envoyant dans le canal crural une gaine qui accompagne les vaisseaux et en formant entre la veine crurale et Je ligament de Gimbernat le septum crural ; en dedans le fascia transversalis passe en arrière du muscle droit et va jusqu’à la ligne blanche en se soudant au pli semilunaire de Douglas. A sa partie inférieure et externe, au niveau de l’endroit où le canal déféient et les vaisseaux constituant le cordon se réunissent pour traverser les parois abdominales, il leur fournit une gaine qui les accompagne; à ce niveau, il s’épaissit et présente des fibres arciformes à concavité supérieure (fig. 70, 10), qui circonscrivent une ouverture recouverte par le péritoine déprimé en fossette en cet endroit; c’est l’anneau inguinal interne on abdominal ;\es vaisseaux épigastriques (fig. 70, 18), occupent le côté inférieur et interne de cet anneau.
Ligne blanche. — La ligne blanche est l’espace intercepté par les bords internes des muscles droits. Get intervalle, dont la plus grande largeur, correspondant à l’ombilic, estd’environ0"',025, se rétrécit en haut et surtout en bas, où il devient presque linéaire; sa largeur varie du reste avec l’état de distension des parois abdominales. Sur la ligne médiane, elle présente un raphé fibreux, appelé aussi ligne blanche par beaucoup d’auteurs; ce raphé est constitué par l’entre-croisement des fihres aponévrotiques des trois muscles larges de l’abdomen, entre-croisement qui se fait de telle façon que les fibres du grand oblique d’un côté semblent se continuer avec celles du petit oblique du côté opposé. Ces fibres s’écartent par places et interceptent ainsi des orifices, par lesquels passent des vaisseaux, des nerfs, des pelotons graisseux ; le plus large de ces orifices est l’ombilic, qui donne passage chez le foetus aux vaisseaux ombilicaux ; cette ouverture, située un peu au-dessus de la partie moyenne du corps chez l’adulte, est irrégulièrement quadrilatère, obturée dans ses trois quarts inférieurs par un bouchon fibreux dû à la soudure cicatricielle des parties qui composaient le cordon ombilical, perméable au contraire dans son quart supérieur.
Vue par sa face postérieure; la partie sous-ombilicale de la ligne blanche présente un raphé fibreux, portant de l’ombilic et se terminant en bas au pubis en s’élargissant un peu (fig. 70, 3) ; c’est \' adminiculum lineæ albæ. De ce raphé l'ayonnent latéralement de petits tractus transversaux se perdant dans l’aponévrose du Iransverse.
Canal inguinal. — Le canal inguinal est le trajet que suit le cordon en traversant les parois abdominales. Le cordon pénètre par l’anneau inguinal externe et sort du cana par l’anneau inguinal interne ou abdominal. Ce trajet d’un anneau à l’autre est légèrement oblique en bas et en dedans, comme l’arcade crurale, qui en constitue la paroi infé-
MUSCLES DU THORAX
rieure; sa paroi antérieure est formée par l’aponévrose du grand oblique; quelques faisceaux lâches du petit oblique et du transverse s’interposent entre cette paroi et le cordon; sa paroi postérieure est constituée par le fascia transversalis ; mais entre ce fascia et le cordon on trouve encore des fibres aponévrotiques et musculaires provenant du petit oblique et surtout du transverse. Ces dernières, presque verticales, vont se fixer au bord supérieur du pubis en arrière du ligament de Gimbernat, et forment le muscle pubo-transversal de Luschka. La paroi supérieure est constituée par les fibres des muscles petit oblique et transverse. Les deux orifices ont été décrits ; l’externe avec l’aponévrose d’insertion du grand oblique, l'interne ou abdominal avec le fascia transversalîs. La longueur du canal inguinal mesurée des centres des deux orifices est de 0"’,04. L’orifice abdominal est à peu près sur le milieu d’une ligne menée de l’épine iliaque à l'épine du pubis, et son bord inférieur à 0™,01 environ au-dessus de l’arcade crurale.