‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 79 sur 303 · Muscles extra- thoraciques · texte numérisé non relu

Muscles extra- thoraciques

Préparation. — Faire une incision verticale sur la ligne médiane depuis l’extrémité supérieure du sternum jusqu’à l'appendice xiphoïde; faire une deuxième incision suivant tout le bord antérieur de la clavicule jusqu’à l’acromion, et de son extrémité externe mener une incision verticale jusqu'à l’insertion inférieure du deltoïde. L'étude du peaucier du cou qui recouvre la partie supérieure du grand pectoral devrait précéder celle de ce dernier muscle, et, dans ce cas, l'incision claviculaire doit être très superficielle et ne comprendre que la peau. Si, au contraire, on ne veut pas respecter le peaucier, l’incision doit comprendre toutes les couches jusqu'aux fibres musculaires. Le petit pectoral et le sous-clavier sont mis à découvert par l'incision du grand pectoral ; le sous-clavier est contenu dans une gaine aponévrotique assez résistante. Pour voir le muscle grand dentelé appliqué contre la paroi latérale du thorax, il faut écarter l’omoplate de cette paroi et enlever tout le tissu cellulaire du creux de l’aisselle; cet écartement est facilité si on a préalablement scié la clavicule à sa partie moyenne ; ou voit la face interne de ce. muscle en renversant en dehors le bord spinal de l’omoplate; pour cela, le sujet doit être placé comme pour la préparation des muscles du dos.

!• Grand pectoral (fig. 66, 1)

Ce muscle, large, épais, forme une saillie triangulaire à la partie supérieure et antérieure du thorax.

Il s’attache en dedans aux deux tiers internes du bord anterieur de la clavicule (fig. 18, A, faisceau claviculaire), à la face antérieure du sternum (fig. It5, B), aux cartilages des six premières côfes,très près du sternum pour les supérieures, plus en dehors pour les inférieures, enfin par un faisceau inférieur à l’aponévrose du grand oblique. Les faisceaux provenant des cartilages costaux forment une couche profonde, quelquefois bien distincte de

MYOLOGIE

la couche superficielle qui provient de la clavicule et du sternum. Ses fibres sont souvent divisées, par une ligne celluleuse, en deux portions : une portion supérieure, comprenant celles qui naissent de la clavicule et de la première pièce du sternum (1), et une portion inférieure ou sterno-costale (2). Nées de ces diiférentes insertions, les fibres se portent, les supérieures, obliquement en bas et en dehors, les inférieures, au contraire, en sens inverse, en s'enfonçant successivement sous les supérieures, de façon à amener une sorte de croisement au bord inférieur de l’aisselle. Ce croisement se continue sur le tendon du muscle, qui représente une sorte de gouttière aplatie, ouverte en haut, et peut être considéré comme constitué par deux lamelles, une antérieure, qui reçoit les fibres de la portion supérieure, une postérieure, qui reçoit les fibres de la portion inférieure. Ces deux lamelles se réunissent enfin pour aller s’attacher au bord antérieur de la coulisse bicipitale (fig. 20, E). La lamelle profonde se divise et forme une sorte de gaine pour le tendon du long chef du biceps. Le tendon du grand pectoral envoie une expansion à l’aponévrose du bras. Une bourse séreuse sépare quelquefois ses deux tendons d’insertion.

Rapports. — Il forme la paroi antérieure du creux de l’aisselle ; son bord externe est séparé du bord antérieur du deltoïde par un interstice celluleux et quelquefois par un espace triangulaire occupé par la veine céphalique et une branche de l’artère aci’omico-thoracique.

Nerfs, — 11 est innervé par une branche collatérale du plexus brachial.

Action. — 11 porte le bras en avant en même temps qu’il le place dans l’adduction et lui imprime un mouvement de rotation en dedans. Si le faisceau sterno-claviculaire ou supérieur se contracte seul, il soulève l’épaule en arrondissant le dos et en excavant le creux qui existe entre l'épaule et la poitrine (action de porter un fardeau sur les épaules; attitude de supplication, de peur, contractions convulsives du frisson fébrile, etc.). Si les bras sont placés horizontalement dans l’adduction, il les porte en avant et les rapproche en leur conservant la position horizontale. S'ils sont élevés verticalement, il les abaisse dans un plan antéro-postérieur. Quand le faisceau sterno-costal ou inférieur se contracte seul, l’épaule est abaissée et le bras porté en dedans et en avant. S'il prend son point fixe à l’humerus, il soulève le tronc (action de grimper). 11 est plus que douteux que par ses fibres costales il puisse élever les côtes et etre inspirateur : l’attitude prise par les asthmatiques a pour but principal de débarrasser le thorax du poids des membres supérieurs, de façon à donner moins de travail aux muscles inspirateurs (Fick).

2" Petit pectoral (fig. 66, 4)

Ce muscle, mince, triangulaire, s’attache en bas à la face externe des troisième, quatrième et cinquième côtes (fig. 16, 1), par des languettes aponévrotiques qui donnent naissance aux fibres charnues ; celles-ci se réunissent et vont s’insérer par un tendon aplati au bord antérieur de V apophyse coracoïde, près de son sommet (fig. 19, O). 11 fait partie de la paroi antérieure de l’aisselle.

Nerfs. — Il est innervé par une branche collatérale duplexas brachial,

Action. — Il abaisse le moignon de l’épaule et soulève l’angle inférieur de l’omoplate, qu’il écarte des parois thoraciques. En prenant son point fixe à l’omoplate, il peut élever les côtes et être inspirateur.

3° Sons-clavier

Ce petit muscle, très grêle, arrondi, située sous la clavicule, s’attache en

MDSCLES DU THOBAX

MYOLOGIE

dedans, par un tendon conique, au cartilage de la première côte (fig. 16, F), et, en dedans, à la partie externe de la face inférieure de la clavicule (fig. 18, F).

Rapports. — Il est séparé de la première côte parles vaisseaux axillaires et le plexus brachial.

Nerfs. — 11 est innervé par une branche collatérale du plexus brachial.

Action. — 11 applique solidement l'extrémité interne delà clavicule contre le sternum, et assure ainsi la coaptation des deux surfaces articulaires, que le poids du membre supérieur tend à chaque instant à écarter Tune de l’autre. 11 ne peut avoir l’action inspiratrice qu’on lui attribue, car il est incapable de produire l’élévation de la première côte.

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