‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 3)Chapitre 185 sur 382 · STRUCTURE ET TEXTURE DU · texte numérisé non relu

STRUCTURE ET TEXTURE DU

BULIE

Au point de vue de la structure, le bulbe est constitué, de même que la moelle, par des fibres nerveuses et des cellules nerveuses contenues dans une gangüe de tissu connectif réticulaire. Les parties blanches sont formées exclusivement de fibres réduites à leur cylindre axe ; les parties grises, de cellules et de fibres analogues. Les cellules forment des noyaux de nerfs semblables à ceux de la moelle, mais mieux olés; elles émettent aussi des prolongements, qui les unissent aux cellules du même noyau, aux ecllules de noyaux voisins , aux cellules des noyaux homologues du côté opposé, aux nerfs dont elles forment les parties élémentaires, et enfin à l'encéphale. Mais dans le bulbe le groupement de ces noyaux diffère de celui que nous avons décrit dans la moelle. Pour en rendre compte, il faut avant tout étudier la disposi-

5306 NÉVROLOGIE.

tion du canal central épendymaire. Dans la moelle, ce canal occupe la partie centrale de l'organe; à la partie inférieure du bulbe, il se porte un peu en arrière et bientôt, au niveau du calamus, il s'élargit par l'écartement des pyramides postérieures et des cordons postérieurs, de manière à constituër le quatrième ventricule. Les cornes ieures de la substance grise se sont donc également écartées et sont venues se , non plus en arrière des cordons antérieurs, mais en dehors d'eux. 11 en résulle que les noyaux cellulaires de ces cornes ne se trouvent plus en arrière, ma en dehors des noyaux des cornes antérieures, Dans la moelle, la substance grise en tourait le canal central comme un anneau; dans le bulbe, au contraire, la commissure grise a disparu, et la substance grise forme une lame étalée au devant du quatrième ventricule, dont elle constitue en partie le plancher. Dans la moelle épinière,

es antérieures, sitiées en arrière des cordons antérieurs, n'élaieut recouvertes que par une assez mince couche de fibres blanches ; dans le bulbe, ces cornes ont suivi le mouvement du canal central et se sont portées en arrière sur le plancher du quatrième ventricule ; les cordons antérieurs sont devenus plus épais et renferment une grande quantité de fibres entre-croisées sur la ligne mi la commissure blanche considérablement augmentée. Cette commissure prend le nom de septum médian ou raphé de Stitting.

Les cordons antérieurs de la moelle, arrivés au niveau du collet du bulbe, se divisent en plus füisceaux qui s'entre-eroisent, sur la ligne médiane, avec ceux du côté opposé à la façon des doigts des deux mains entre-croisés. En raison de celle déeussation des pyramides, les fibres des cordons ant rieurs du côté droit de la moelle remontent vers l'encéphale par le côté gauche du bulbe et réci proquement. C'est Mistichelli qui, le premier, dé rivit cette disposition anatomique, si remarquable et si importante au point de vue physiologique. Le siége de cet entre-croisement se trouve à environ 0,02 au-dessous du bord inférieur de la protubérance et mesure à peu près 0»,008 de longueur. Toutes les fibres du cordon antérieur ne prennent point part à la décussation: il en est un certain nombre, formant le quart le plus externe de l'épaisseur de ce cordon ; qui remontent vers l'encéphale sans s'entre-croiser. Ces dernièrès, arrivent elles ainsi directement jusque dans les ganglions du cerveau où s'arrêtent-elles dans le bulbe? Schræder van der Kolk considère les fibres de ce faisceau externe comme n'appartenant pas au cordon antérieur de la moelle ; elles formeraient, d'après His. 108, lui, un nouveau système de fibres spéciales au Entre-croisement des pyramides bulbe, qui proviendraient des corps siriés et des antérieures 4. couches optiques, se dirigeraient en bas et iraient

se terminer dans les noyaux du bulbe où les olives.

Gelte explication ne sauraît nous satisfaire; car on voit tonjours ces fibres se séparer déjà des faisceaux entre-croisés au niveau du collct du bulbe, c'est-à-dire à quelque distance au-dessous des olives. Quant aux pyramides, Stiling les considère comme étant des parties nouvelles provenant de la substance grise el venant ren-

493 1) Pyramides antérieures = 2) Ofves, —

Fasers 4 Faieesu cute a

forcer les cordons antérieurs, dont, d'après lui, les fibres passent à la partie profonde des pyramides. Schræder van dt mides que la continuation des cordons antérieurs, el son opinion paraît aujour adoptée par tout le monde.

Les nerfs moteurs, dont l'origine est située au-dessus de la di mides, ne peuvent

Kolk , au contraire, ne voit dans les pyrahui

ussation des py idemment y prendre part. Les fibres nerveuses qui partent des noyaux de ces nerfs et qui vont constituer l'hypoglosse et la portion bulbaire du spinal, s'entre-croisent-elles ? Kælliker dit avoir constaté cette décussation. Schræder la nie; mais, dit-il, si les fibres de ces nerfs ne s'entre-croisent pas, celles qui des ganglions du cerveau viennent aboutir aux cellules nerveuses des noyaux moteurs du bulbe s'entre-eroisent avant d'y arriver.

Le cordon latéral de la moelle forme le faisceau latéral ou intermédiaire due bulbe. J ne fait saillie sur la partie périph du bulbe que par une très-petite partie, située entre le bord externe de l'olive et le bord antérieur du corps forme. On lui assigne une forme prismatique et triangulaire et on décrit sur lui : face interne en rapport avec celle du côté opposé, une face antérieure recouverte par la pyramide, et une face postérieure qui fait saillie sur le plancher du quatrième ventricule. On a beaucoup agité la question de savoir si ces faisceaux s'entre-croisent à ce niveau. Valentin, Longet , Cruveilhier admettent cette décussation; Hirschfeld la nie et Sappey se range à peu près à son avis. Pour les micrographes , l'entre-croisement des faisceaux intermédiaires ne fait aucun doute. Luys dit que les fibres passent successivement les unes après les autres du côté opposé à celui d'où elles proviennent. Schræder van der Kolk croit à une union plus intime encore, ainsi que nous allons le voir. Où se terminent les cordons latéraux ? D'après les travaux trop peu connus en France du savant hollandais, ces cordons s'arrêtent dans le bulbe et se continuent en haut avec les cellules du noyau du pneumo-gastrique et avee quelques fibres du spinal, Schi a démontré physiologiquement que les cordons latéraux président, ainsi que le pensait déjà Ch. Bell, aux mouvements de la respiration, La connexion qui existe entre la terminaison des cordons latéraux et l'origine du pneumo-gastrique , explique pourquoi, par la galvanisaion du bout supérieur de ce nerf, la respiration s'arrête dans l'état d'inspiration, les muscles étant contractés et le diaphragme abaissé Puisque les cordons latéraux se terminent dans le bulbe, on comprend aussi pourquoi, dans une apoplexie cérébrale, la respiration continue à se faire par mouvement réflexe. Il pourra bien y avoir quelque faiblesse respiratoire dans le cêté du thorax correspondant à l'hémiplégie (ce qu'il faudra attribuer peut-être à la paralysie des muscles pectoraux), mais jamais cependant la respiration ne sera unilatérale.

Le centre du nerf vague, dans lequel s'arrêtent les cordons latéraux, est en rapport avee les ganglions cérébraux par des prolongements cellulaires ascendants , fibres blanches conduetrices de la volition, qui permettent à notre volonté d'agir jusqu'à un certain point sur la respiration, de l'arrêter momentanément , de la ralentir, de l'accélérer. Ces fibres volitives s'entre-croisent avant d'aboutir aux cellules ner veuses de ce centre respiratoire, cellules qui, chose remarquable, ne sont pas réunies, mais disséminées à l'extrémité supérieure des cordons latéraux. Ces cellules sont reliées à celles du côté opposé par des fibres transversales, qui forment de véri tables commissures et produisent l'action bilatérale si né à la respiration.

Les cordons postérieurs de la moelle se divisent en deux parties dans le bulbe : l'une qui chemine dans le plancher du quatrième ventrieule de même que le faisceau intermédiaire , l'autre qui se porte au cervelel.

On a considéré, jusque dans ces derniers temps, les corps restiformes et les cordons pyramidaux postérieurs comme la continuation des cordons postérieurs de la moelle ; d'après Stlling, c'est là une erreur: ces faisceaux ne se rendent pas du bulbe au cervelet, mais suivent le trajet inverse, et se recourbent bientôt en fibres tran versales qui parcourent l'intérieur du bulbe. Ce fait anatomique explique pourquoi

538 NÉVROLOG Séquard, après avoir sectionné une moitié du bulbe , trouva la partie centrale ps restiforme insensible. Mais il y a cependant, ainsi que nous l'avons dit plus haut et que l'a démontré Stiling, une partie des cordons postérieurs de la moelle surtout leur fibres les plus antérieures ; qui se rendent au cervelet et contribuent former une partie des pédonenles eérébelleux inféricurs.

Quant à la partie des cordons postérieurs de la moelle qui se prolonge dans le plancher du quatrième ventricule, on n'est pas encore fixé sur son trajet ultérieur, Sting et Schravder van der Rolk admettent qu'elle se termine dans le bulbe. Le premier fait arriver ces fibres au noyau du trijumeau (portion sensitive), avec lequel elles entreraient en connexion. Le second n'admet pas celte opinion; mais cependant il est de toute évidence, d'après lui, que les cordons postérieurs s'arrêtent dans les groupes cellulaires si nombreux que l'on trouve dans le bulbe. Pour ces deux anatomistes, qui depuis longues années s'occupent spécialement de l'étude si dif aile du système nerveux, le bulbe serait done le siége de la perception sensitive. Mais ce centre percepleur est à son tour en relation avec le cerveau par des fibres ascendantes, entre-croisées dans le raphé médian, qui permettent à l'encéphale d'ana- Iyser li

Le lieu de ten ment vers l'en sensoriel tactile, parait avoir échappé

du

pression sentie,

on du faisceau des cordons postérieurs qui remonte d éphale, sans s'arrêter aux cellules des cornes postérieures , faisceau u'ici à la sagacité des anatomistes.

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