ARTICLE III. - PIE-MÈRE
La pie-mère recouvre immédiatement les centres nerveux et les entoure de toutes parts. Elle envoie également des prolongements, qui enveloppent les nerfs et forment leur névrilème. Cette membrane est constituée par du tissu connectif plus ou moins condensé, servant de support à une quantité considérable devaisseaux capillaires. Elle diffère dans le cerveau et dans la moelle.
§ I. — Pie-mère cérébrale et cérébelleuse
La pie-mère, qui tapisse le cerveau et le cervelet, est formée par un tissu connectif lâche, dans lequel rampent des capillaires artériels et surtout veineux, extrêmement nombreux. Elle enveloppe les circonvolutions cérébrales, les accompagne dans toutes leurs inflexions et pénètre entre elles ; dans les sillons qu'elles forment, la pie-mère est disposée en deux lames, qui restent distinctes entre les circonvolutions cérébrales, mais qui sont plus ou moins soudées l'une à l'autre
(•) 1) Dure-mère. — 2) Arachnoïde avec ses deux feuillets. — 3) Espace sous-araclinoïdien. — 4) Pie-mère rachidienne.
(**) 1, 1') Section des apophyses. — 2) Tronc nerveux. — 3, 4) Gaine arachnoïdienne.
(*") I ) Dure-mère. — 2) Arachnoïde et ses feuillets. — 3) Pie-mère. — 4, 4') Racines antérieures et postérieures
NÉVROLOGIE
entre les lames du cervelet. Dans la partie médiane de la grande fente de Bichat, entre le bourrelet du corps calleux et les tubercules quadrijumeaux, la pie-mère pénètre dans l'intérieur du troisième ventricule et constitue la toile choroïdienne. Aux extrémités de cette fente elle pénètre dans les ventricules latéraux et forme les plexus choroïdes. Nous reviendrons sur ces parties en traitant du cerveau.
Les cellules de la substance grise des centres nerveux étant leur élément fonctionnel, la substance blanche au contraire n'étant formée que de fibres conductrices, c'est la première qui doit recevoir le plus grand nombre de vaisseaux nourriciers.Dans le cerveau et le cervelet la substance grise est corticale, périphérique, aussi la pie-mère qui les entoure est-elle extrêmement vasculaire. Dans la moelle au contraire, c'est la substance blanche qui engaine la substance grise, la piemère rachidienne est donc moins vasculaire et plus réduite à ses éléments connectifs. C'est, ainsi que nous le verrons, par les sillons médian antérieur et postérieur ainsi que par les lames connectives qui accompagnent les racines nerveuses que les vaisseaux pénètrent jusqu'à la substance grise de la moelle.
Cadiat a admis l'existence de réseaux anastomosés dans la pie-mère. Ces réseaux entoureraient, d'après lui, les circonvolutions et établiraient une communication facile entre les artérioles des circonvolutions et même des lobes voisins. Il a admis également, un peu théoriquement, l'existence de vaisseaux plus volumineux que les capillaires qui uniraient les artérioles aux veinules. Duret me semble avoir démontré que la description de Cadiat ne repose pas sur une base suffisante.
Nous reviendrons plus loin sur cette question, car il pourrait bien se faire que des anastomoses existassent entre les vaisseaux de la pie-mère, mais qu'au-dessous d'elle les vaisseaux des circonvolutions restassent indépendants.
§ II. — Pie-mère bulbaire et médullaire
' Sur la protubérance annulaire, le bulbe et la moelle épinière, la pie-mère contient moins de vaisseaux et est formée par un tissu connectif dense, qui lui donne une apparence fibreuse. De sa surface interne partent des prolongements extrêmement fins, qui pénètrent dans l'intérieur de la moelle et qui, en se réunissant soit aux membranes connectives des vaisseaux, soit à la névroglie, forment un réseau d'une finesse variable suivant les points et destiné à isoler les éléments nerveux. Nous aurons l'occasion d'en reparler en étudiant la structure de la moelle. La pie-mère médullaire pénètre dans les sillons de ce centre nerveux et les tapisse.
La pie-mère rachidienne présente à la partie inférieure de la moelle un prolongement fin et arrondi, ligament coccygien de la moelle, filum terminale, qui va s'insérer à la base du coccyx (').
Ligaments dentelés de la moelle. — Latéralement et dans toute l'étendue de la moelle épinière, se trouvent des prolongements de la pie-mère connus sous le nom de ligaments dentelés de la moelle (fig. 247, i, 2; fig. 248, 1). Ces ligaments sont formés par une bandelette festonnée, dont la base est continue avec la pie-mère, tandis que la pointe des festons s'insère sur la dure-mère entre deux paires de nerfs, de telle sorte que chaque feston (fig. 248) correspond au pédicule
(1) Quelques auteurs, parmi lesquels nous citerons Kôlliker et tout récemment Trolard, ont trouvé dans le filiaa terminale un certain nombre de fibres nerveuses pâles.
MÉNINGES
d'une vertèbre. Cette disposition n'est pas toujours très régulière, et on voit 2 quelquefois un feston s'insérer par deux
— ^ pointes sur la dure-mère (fig. 247, 2).
Les ligaments dentelés de la moelle empêchent cet organe de se mouvoir dans aucun sens ; ils le fixent d'une manière invariable dans sa position normale.
ARTICLE IV - ÉPENDYME
Les auteurs ont décrit longtemps, comme une dépendance de la pie-mère, une membrane extrêmement mince et délicate qui recouvre les ventricules du cerveau. Virchow, le premier, reconnut que cette pellicule n'appartient nullement à la pie-mère, mais forme une membrane distincte, à laquelle il a donné le nom (ïépendyme. Elle tapisse
Fig. 247. — Ligaments dentelés de la moelle et racine des nerfs rachidiens avec les ganglions spinaux (*).
Fig. 248.
Ligaments dentelés de la moelle (**).
le canal central de la moelle et les cavités encéphaliques, qui ne sont que la continuation de ce canal. L'épendyme est constitué par un substratum de tissu névro-
(*) 1, 1, 1, 1) Ligaments dentelés de la moelle. — 2) Un de ces ligaments présentant deux pointes. — 3, 3, 3) Racines postérieures des nerfs rachidiens. — 4, 4, 4) Leurs racines antérieures traversant la dure-mère par un orifice particulier. — 5, 5, 5, 5) Ganglions des racines postérieures. A droite ils ont été isolés des racines antérieures.
C) 1) Ligaments dentelés. — 2) Paires rachidieniies.
NÉVROLOGIE
glique très fin, recouvert par un épithélium cylindrique vibratile dont la Laseest munie d'un prolongement assez long qui se perd au milieu du réseau névroglique sous-jacent, tissu qui forme à l'entour du canal central la substance gélatineuse centrale au milieu de laquelle on peut trouver des fibres nerveuses pâles.