‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologieChapitre 183 sur 299 · ARTICLE II. - PORTION THORAGIQUE DU GRAND SYMPATHIQUE · texte numérisé non relu

ARTICLE II. - PORTION THORAGIQUE DU GRAND SYMPATHIQUE

Les ganglions thoraciques du sympathique sont au nombre de douze. Le premier semble quelquefois soudé au ganglion cervical inférieur, en raison de la bi ièveté du rameau qui unit ces deux renflements ; son volume l'enqjorte également sur celui, peu considérable, des autres ganglions dorsaux. Nous avons déjà indiqué i)lus haut leur position par rapport aux trous de conjugaison et à la plèvre (pii les recouvre.

Tous les ganglions dorsaux sont réunis entre eux par le tronc même du sympathique; tous aussi sont en relation avec les nerfs intercostaux par les rami communicantes (fig. 344, 2); ces anastomoses se font de telle manière que chaque nerf rachidien envoie un fdet au ganglion correspondant et un autre au renflement sympallu([ue situé au-dessus. Les rami communicantes sont mixtes et comprennent des libres émanées de la moelle et des libres qui parlent des ganglions pour se jeter dans les paires rachidienncs et se distribuer avec elles.

Des ganglions thoraciques partent : 1" des branches externes, qui se rendent sur les artères intercostales et les accompagnent dans leur distribution; 2° des l.ranches internes ou viscérales, parmi los([uelles on distingue : a) des filets œsophagiens, qui s'unissent aux ramuscules du pneumogastrique et vont aboutir à l'œsophage; 6) des filets aortiques, très grêles, qui accompagnent ce vaisseau; c) des filets pulmonaires, peu nombreux, que l'on voit se jeter dans le plexus pulmonaire; d) des lilets trachéens et bronchiques, qui tirent principalement leur origine des deux premiers ganglions dorsaux.

Les six ou sept derniers ganglions thoraciques fournissent encore des rameaux remarquables par leur couleur plus blanche que celle des autres branches du sympathique; ils se portent en bas et en dedans pour constituer les deux nerfs splanchniques. Ces nerfs passent à travers le diaphragme, arrivent dans l'abdomen et se jettent auprès de la ligne médiane dans de nouveaux renflements ganglionnaires, ganglions semi- lunaires, desquels partent à leur tour des branches très multipliées, qui s'anastomosent entre elles et avec d'autres filets nerveux pour ilonner naissance à un grand plexus, plexus solaire, subdivisé à son tour en plexus secondaires très nombreux. En raison de leur couleur blanche, les deux nerfs splanchniques semblent surtout formés par des libres venues de la moelle, fibres qui ne font peut-être que traverser les ganglions thoraciques sans entrer en connexion avec leurs cellules nerveuses.

§ I. — Grand nerf splanchnique

Les rameaux partis des sixième, septième, huitième et neuvième ganglions thoraciques (fig. 344, 6), se portent en bas et un peu en dedans, le premier presque verticalement, les autres d'autant plus obliquement qu'ils sont plus inférieurs, et se réunissent successivement en un seul tronc, nerf grand splanch-

NÉVROLOGIE

nique. Ce nerf traverse le pilier correspondant du diaphragme par une ouverture spéciale et vient se jeter, en s'aplatissant un peu, dans l'angle externe du ganglion senii-lunaire correspondant (tig. 345, o).

§ II. — Petit nerf splanchnique

Le petit splanchnique est formé par des rameaux partis des dixième, onzième et douzième ganglions thoraci([ues (fig. 344, 7). Presque aussitôt après leur réunion, le petit tronc nerveux qui en résulte traverse le pilier du diaphragme par une ouverture particulière située entre le grand splanchnique qui est en dedans et le tronc du sympathique qui est en dehors. Dans l'ahdomen il se divise en trois branches, dont l'une s'anastomose avec le grand splanchnique, tandis que l'autre se rend au plexus solaire et que la dernière se jette dans le plexus rénal (fig. 345, 8). Il nous a toujours semblé que cette dernière branche est la plus considérable et que quelquefois même elle existe seule.

§ III. — Ganglions semi-lunaires

Ces ganglions, d'un volume comparable à celui d'un haricot, ont la forme d'un croissant à concavité dirigée en dedans et en haut (fig. 345, 6). Ils sont situés un peu en dehors de la ligne médiane sur la face antérieure du corps de la première vertèbre lombaire, dont les séparent les piliers du diaphragme, au-dessus du bord supérieur du pancréas entre le tronc cœliaque et le bord interne de la capsule surrénale.

Par leur extrémité externe ils reçoivent le tronc du grand nerf splanchnique et quelques filets du petit splanchnique. Par leur extrémité interne ils émettent des rameaux très nombreux qui se rendent vers la ligne médiane, au-devant de l'aorte, et s'anastomosent avec ceux du côté opposé pour constituer le plexus solaire. Le ganglion semi-lunaire droit reçoit de plus par son extrémité interne la terminaison du nerf pneumogastrique droit (fig. 345, 3). Ce nerf, le ganglion et le grand splanchnique, forment par leur réunion une arcade à concavité supérieure connue sous le nom d'«nse mémorable de Wrisbcrg.

Les nerfs phréniques, surtout celui du côté droit, fournissent dans l'abdomen quelques filets, qui tantôt aboutissent aux ganglions semi-lunaires et tantôt se jettent directement dans le plexus solaire.

On voit fréquemment au milieu même des mailles du plexus solaire un certain nombre de petits ganglions accessoires, ganglions solaires, plus ou moins indépendants des ganglions semi-lunaires.

§ IV. — Plexus solaire

Préparation. — Après avoir ouvert crucialement l'abdomen, on détachera d'un côté du corps les insertions costales du diaphragme, on rejettera ce muscle en haut; puis on soulèvera le foie, qu'on renversera à droite, on rejettera l'estomac de bas en haut et on trouvera le plexus solaire et les ganglions semi-lunairts au-devant de l'aorte et du tronc cœliaque. Il faudra user de ménagements pour enlever le tissu cellulaire qui entoure les filets nerveux et les ganglions. Les glandes lymphatiques sus-aortiques gênent toujours la dissection ; il faudra les enlever avec soin.

Les ganglions semi-lunaires reçoivent, ainsi que nous' venons de le dire, les nerfs grands splanchniques, une partie des petits splanchniques et des filets des nerfs phréniques; celui du côté droit (fig. 345) reçoit, en outre, la partie terminale

GRAND SYMPATHIQUE 715 du pneumogastrique droit. Ces ganglions émettent des rameaux très nombreux,

Fig. 34S. — Ganylion semi-lunaire droit et plexus solaire (*).

plexiformes dès leur origine, se portant en dedans vers la ligne médiane, audevant de Faorte, et entourant l'origine du tronc cœliaque et de l'artère mésen-

(*) 1) Nerf pneumogastrique gauche. — 2) Xerf pneumogastriijue droit. — 3) Branche terminale du pneumogastrique droit se rendant au ganglion semi-lunaire droit. — 4, 4) Tronc et ganglions du grand sympathique. — 5) Grand nerf splanchniquc. — 6) Ganglion semi-lunaire droit. — 7) Ganglion accessoire. — s) Petit nerf splanehnique. — 0) Plexus rfnal. — 10) Plexus m(5senti5rique supérieur. — 11) Plexus splénique (le plexus hc'patique est au-dessus). — 12) Plexus coronaire stomachique. (D'après Bourgery et Manec.)

NÉVROLOGIE

téi'ique supérieure. C'est à l'eut relacement presque inextricable de tous ces filets nerveux que l'on a donné le nom de plexus solaire; au milieu de lui se trouvent les ganglions accessoires que nous avons mentionnés plus haut.

Du plexus solaire, comme d'un centre, partent des branches très nombreuses ([ui se jettent sur les artères de la région, les enlacent de leurs anastomoses sans nombre et les accompagnent jusqu'à leurs ramifications les plus fines. Toutes ces divisions du plexus solaire forment autant de plexus secondaires, qui prennent le nom des vaisseaux artériels qu'ils accompagnent.

Il existe donc :

a) Des petits plexus lombaires, qui suivent toutes les artères de ce nom et sont destinés aux vaisseaux eux-mêmes et peut-être aux tissus des parois du tronc.

6) Deux plexus diaphragmatiques inférieurs (un pour chaque côté). Les filets qui les forment sont assez grêles et accompagnent les artères correspondantes. Ils fournissent des divisions capsulaires supérieures, d'un volume assez important relativement à la petite artériole qu'elles entourent, et des ramuscules beaucoup plus ténus à la partie inférieure de l'œsophage.

c) Vn plexus coronaire stomachique (fig. 345, 12), qui accompagne l'artère de ce nom, fournit des rameaux au cardia, aux deux faces de l'estomac, et se termine en s'anastomosant avec les filets du petit plexus pylorique.

d) Un plexus hépatique. Il est formé par quelques branches assez volumineuses que l'on peut diviser elles-mêmes en plexus de Vartère hépatique et plexus de la veine porte. Ce dernier longe la face antérieure de cette veine et pénètre avec elle dans l'intimité du foie. Le plexus de l'artère hépatique accompagne cette artère et se subdivise en autant de petits plexus qu'elle émet de branches collatérales : c'est ainsi que l'on trouve un plexus pylorique, un plexus cystique, un plexus gastro-épiploïque droit, fournissant lui-même un plexus pancréatico-duodénal. Décrire le trajet de toutes ces branches artérielles, c'est décrire le trajet et la distribution de ces différents plexus nerveux.

e) Un plexus splénique (fig. 34b, H). Les rameaux assez nombreux qui le constituent longent l'artère splénique, sans toutefois l'accompagner dans toutes les inflexions qu'elle décrit ; il en résulte que sur certains points les nerfs ne sont pas appliqués sur les parois du vaisseau, mais le rejoignent plus loin, et suivent, en un mot, la corde de toutes les courbures artérielles. Le plexus splénique fournit: un plexus gastro-épi ploique gauche; des filets qui accompagnent les artérioles pancréatiques ainsi que les vaisseaux courts ; le plexus splénique pénètre enfin avec les divisions de l'artère splénique dans l'intérieur de la rate.

f) \]n plexus mésentérique supérieur (fig. 34b, 10). Ses rameaux sont très nombreux et enlacent l'artère mésentérique supérieure, qu'ils accompagnent. Il en est qui suivent les artères coliques droites et vont au gros intestin ; d'autres, plus nombreux, sont destinés à l'intestin grêle. Ces derniers ne forment pas des arcades comme les divisions artérielles, mais s'anastomosent sous des angles plus ou moins aigus et se subdivisent en ramifications très nombreuses, qui s'anastomosent une seconde fois, elles-mêmes, au niveau des arcades artérielles de deuxième ordre, et gagnent alors les parois de l'intestin. Le plexus mésentérique supérieur fournit encore au niveau du bord inférieur de la tète du pancréas un plexus pancréatico-duodénal.

g) Deux plexus surrénaux (un de chaque côté). Considérable par rapport au volume de l'artère capsulaire moyenne qu'il accompagne, ce plexus se dirige

GRAND SYMPATHIQUE

en dehors, s'anastomose avec le plexus capsulaire supérieur et le plexus capsulaire inférieur, reçoit des filets du petit nerf splanchnique et de la terminaison du phrénique et se termine dans la capsule surrénale (').

/i) Deux plexus rénaux (un de chaque côté). Les hranches nerveuses qui forment le plexus rénal enlacent l'artère émulgente et gagnent le hile du rein. Une division importante du nerf petit splanchnique vient toujours se jeter directement dans ce plexus.

11 fournit un ])e\.il plcxua capsulaire inférieur et des rameaux assez grêles, qui aboutissent au plexus spermatique chez l'homme et au plexus utéro-ovarique chez la femme.

i) Deux plexus spermatiqiies (un de chaque côté). Ce plexus accompagne l'artère spermatique. II reçoit, très près de son origine, des filets du plexus rénal, plus has des lilets du plexus lomho-aortique, et au niveau de l'ouverture interne du canal inguinal, des filets du plexus hypogastrique. II continue son trajet avec l'artère, qu'il entoure, et se termine dans l'épididyme et dans la glande séminale.

Chez la femme, le plexus utéro-ovarique accompagne l'artère de ce nom et se termine dans l'ovaire, la trompe et la partie supérieure du corps de l'utérus.

j) La partie la plus inférieure du plexus solaire longe la face antérieure de l'aorte et s'unit aux filets émanés des ganglions lombaires du sympathique pour former le plexus lomho-aortique.

Page 1