CAVITÉS NASALES
Les cavités nasales sont, en allant d'avant en arrière : 1° les narines ou vestibules des fosses nasales, au nombre de deux, situées de chaque côté de la ligne médiane ; 2"' les fosses nasales proprement dites, doubles aussi ; 3* Varrière-caoité des fosses nasales, cavité impaire, qui appartient aussi au pharynx et a été décrite avec ce conduit (p. 740).
§ I. — Narines
Les narines sont de petites cavités ovoïdes, aplaties transversalement, qui précèdent les fosses nasales et se prolongent en avant dans le lobule. Leur face externe est concave, tnobile et formée par l'aile du nez. Leur oritice inférieur a un bord interne, rectiligne, qui répond à la sous-cloison, et un bord externe concave qui répond au bord inférieur de l'aile du nez. Leur cavité se continue avec celle des fosses nasales par un orifice triangulaire à base postérieure (comparé par Beau à la glotte) et dont la lèvre externe répond au sillon naso-labial.
Ces cavités sont tapissées par une peau un peu modifiée, qui porte des poils nombreux, vibrisses.
§ II. — Fosses nasales
La charpente des fosses nasales a été décrite dans VOstéolocjie.
Une membrane muqueuse, membrane pitui taire ou de Schneider, presque partout soudée au périoste, la tapisse, en se moulant sur ses anfractuosités et en pénétrant dans les différentes cavités accessoires ou sinus. Elle se continue en avant avec le revêtement interne des narines, en arrière avec la muqueuse de l'arrièrecavité des fosses nasales.
En |)énétrant dans les sinus, elle rétrécit en générall'orifice de communication et lui donne une forme différente de celle qu'il a sur les os secs. Ces orifices de communication sont les suivants :
1° Sur la partie postérieure de la voûte, l'orifice circulaire du sinus sphénoïdal ;
2° Dayis le méat supérieur s'ouvrent les cellules ethmoïdales postérieures par un ou plusieurs orifices ;
3° Dans le méat moyen se trouve à la partie inférieure et antérieure une fente pour les cellules ethmoïdales antérieures ; au-dessus de cette fente est une gouttière ()bli(iue en haut et en avant, concave supérieurement, dans laquelle s'ouvrent à la partie supérieure, le sinus frontal par un orifice circulaire, à la partie inférieure et postérieure, le sinus maxillaire par une fente allongée. On trouve souvent pour le sinus maxillaire un deuxième orifice au niveau du bord adhérent du cornet inférieur ;
4° Dans le méat inférieur s'ouvre le canal nasal ;
5= Sur le plancher des fosses nasales, en avant et de chaque côté de la cloison, sont les orifices supérieurs des conduits incisifs qui s'ouvrent sur la voûte palatine par un orifice simple, quelquefois oblitéré.
Structure de la muqueuse pituitaire. — La muqueuse pituitaire présente des caractères très différents, suivant qu'on considère !a région où se distribue le nerf
ORGANES DES SENS
olfactif, région olfactive, et Je reste des fosses nasales, région respiratoire. Les différences sont bien plus marquées chez les animaux que chez l'homme.
A. Région respiuatoire. — \° La piluitaire des fosses nasales a une épaisseur considérable qui, sur les cornets inférieur et moyen, atteint 0™,004. L'épithélium est stratifié, sauf sur les endroits où la muqueuse recouvre des cartilages et sur la partie antérieure du cornet et du méat inférieur, où il est pavimenteux stratifié. Le courant de l'épithélium vibratile est dirigé vers le pharynx. La muqueuse possède des glandes en grappe très nombreuses, jusqu'à 150 par centimètre carré sur certains points et à forme très allongée {glandes en épi de Sappey). Elle présente, en outre, un réseau veineux tellement développé qu'il lui donne, surtout sur le cornet inférieur, un aspect caverneux.
2» Dans les sinus, la muqueuse est bien moins épaisse (û™,002) et soudée intimement au périoste. Son épithélium est vibratile et son courant dirigé vers les orifices de communication. Les glandes y sont rares et très clairsemées.
B. Région olfactive. — Cette région se distingue par sa couleur jaune brunâtre, à peine sensible chez l'homme, et par la mollesse de sa muqueuse, qui s'altère avec une très grande rapidité après la mort.
Son épithélium, plus épais que celui de la région respiratoire, se compose d'une couche superficielle de cellules cylindriques, dépourvues de cils vibratiles, entre lesquelles on trouve les cellules olfactives.
l" Cellules épithéliales cylindriques. — Elles sont très allongées et vers la profondeur poussent des prolongements ramifiés, qui se perdent dans le tissu connectif sousépithélial ; elles contiennent un noyau et des granulations pigmentaires.
2° Cellules olfactives. — Celles-ci, situées plus profondément, sont des cellules ovoïdes, bipolaires, dont le noyau vésiculaire est intimement accolé à la paroi. Elles ont deux prolongements : l'un, inférieur, très fin, variqueux, s'enfonce dans la profondeur pour se mettre probablement en connexion avec une fibrille nerveuse terminale ; l'autre, supérieur, plus large, homogène, variqueux aussi, se dirige vers la surface libre en passant entre les cellules épithéliales cylindriques et se termine chez les amphibies et les oiseaux par un pinceau de cils allongés mobiles ou immobiles. Ces cils n'existent pas chez l'homme. Mentionnons uu organe que ses connexions avec le nerf olfactif rattachent au sens de l'odorat, au moins chez les animaux, c'est Vorgane de Jacobsoii qui chez l'homme est atrophié ; on en trouve quelques vestiges sous l'apparence de glandules qui s'ouvrent sur la cloison médiane.
Les glandes de la région olfactive sont, chez les animaux, des glandes en tubes spéciales, glandes de Ilowman, dont le canal excréteur est très étroit. Chez l'homme, on trouve une forme intermédiaire entre les glandes de Bowman et les glandes en grappe du reste de la muqueuse. Elles contiennent des cellules glandulaires et des granulations pigmentaires.
Vaisseaux et nerfs de la pituitaire. — Les artères viennent de la maxillaire interne (sphéno-palatine, sous-orbitaire et alvéolaire) et de l'ophthalmique (ethmoïdales antérieures et postérieures et frontales pour les sinus frontaux). Les veines vont, les antérieures à la veine faciale, les supérieures au trou borgne et au sinus longitudinal supérieur, les postérieures dans la veine sphéno-palatine. Les lymphatiques, niés par Sappey, sont cependant admis par la plupart des anatomistes. Les nerfs de sensibilité générale viennent de la branche ophthalmique de Willis et du maxillaire supérieur. Quant aux nerfs olfactifs ils sont composés de fibres pâles constituées par un paquet de fibrilles variqueuses, qui entrent en connexion avec les cellules olfactives. Pour les relations des nerfs olfactifs avec les centres et l'écorce cérébrale, voyez : Nerf olfactif.
PEAU
QUATRIÈME SECTION