III. — Glande mammaire 1° Glande mammaire chez la femme
Les mamelles, au nombre de deux dans l'espèce humaine, sont situées au niveau <lu grand pectoral, dont elles dépassent un peu le hord inférieur, depuis la troisième jusqu'à la septième côte et transversalement depuis le bord sternal jusqu'à l'aisselle. Elles ont une largeur de 0",12 environ à leur base sur 0'",09 de hauteur.
Leur volume, très variable, dépend du volume même de la glande et surtoul de la quantité de (issu adipeuv qui l'entoure.
Leur forme, à peu près hémisphérique, peut être aussi légèrement conique. En tout cas, le sommet de la glande, occupé par une papille volumineuse, le mamelon, est dirigé en avant et un peu en dehors. Après la grossesse et l'allaitement, la mamelle change de forme, devient pendante et pyriforme et peut même s'allonger considérablement dans certaines races (Ilottentotes).
Fig. 481. — Conduits galactophores (').
Le mamelon, situé ordinairement à la hauteur du quatrième espace intercostal, à 0°',10:j de la ligne médiane, représente une saillie volumineuse, cylindrique ou conique, arrondie à son extrémité et de longueur variable (OinjOlO à O",^'}). Parfois il dépasse à peine la surface de la mamelle et peut même s'enfoncer audessous de son niveau. Sa couleur est brune ou rosée ; sa surface, rugueuse, comme chagrinée, pourvue de grosses papilles, présente les douze à quinze orifices des conduits galactophores. Le mamelon augmente de volume pendant la menstruation et la grossesse et est susceptible de durcir par des attouchements ou sous l'uifluence d'idées voluptueuses.
Le mamelon est entouré par une zone de 0"',03 à 0™,04 de largeur, aréole du mamelon, de couleur rosée, qui devient brunâtre dans la grossesse. Elle est couverte de séries circulaires concentriques de papilles, qui se continuent avec celles du mamelon. Pendant la grossesse et la lactation, on y remarque un certain nombre de nodules (b à 10), ayant jusqu'à 0™,003 de grosseur, tubercules de Morgagni. Ce ne sont autre chose que de petites glandes galactophores aberrantes, incomplètement développées, et quelquefois on peut faire sourdre un peu de lait par leur orifice (^Montgomery, .1. Duval).
(') aa, Canaux galaclopliores.
ORGANES DES SENS
Structure. — La mamelle se compose: 1° de la glande mammaire avec son tissu connectif interstitiel ; d'une couche de tissu adipeux recouverte par la peau ; 2° de la peau et du mamelon. Enfin elle possède des vaisseaux et des nerfs.
Glande mammaire. — Isolée, la glande mammaire a la forme d'un disque plus épais au centre et dont la face postérieure est un peu concave; la face antérieui^e ou cutanée est convexe et creusée de nombreuses dépressions cupuliformes. Hors l'état de lactation, elle constitue une masse hlanc grisâtre, homogène, d'une consistance presque fibro-cartilagineuse et très incomplètement lobulée. Pendant la lactation, au contraire, les granulations glandulaires et les lobules deviennent plus évidents, sans pouvoir cependant jamais être isolés aussi facilement que dans les glandes en grappe ordinaires. On peut voir alors qu'elle se compose de douze à quinze lobules, qui donnent chacun naissance à un conduit excréteur distinct, canal galactophore ; ces conduits viennent s'ouvrir sur le mamelon, après avoir présenté au niveau de l'aréole une dilatation fusiforme {ampoule ou sinu-i galactophore), qui peut atteindre 0™,008 de largeur. Après cette dilatation ils subissent un rétrécissement et au niveau de leur ouverture extérieure ils n'ont plus guère que 0™,000o de diamètre. On peut injecter isolément chacun des lobules; cependant des anastomoses, niées par beaucoup d'auteurs, existent entre les canaux galactophores (fig. 481, a) des différents lobules (Paul Dubois).
Les glandes mammaires ont la structure ordinaire des glandes en grnppe. Les vésicules glandulaires ou acini, arrondies ou pyriformes, sont constituées par une membrane propre et un cpithélium polygonal, dont les cellules, au moment de la lactation, se multiplient considérablement et s'infiltrent de graisse. Il se produit même à ce moment des acini de nouvelle formation. Les conduits excréleurs les plus fins, qui partent immédiatement des acini, ont la même structure que ces derniers. Dans les conduits plus volumineux on trouve, de dehors en dedans, une membrane iibreuse, une membrane propre, homogène, et un épithélium cylindrique. Il n'y a pas dans leurs parois de fibres musculaires lisses.
Le tissu conneclif interstitiel devient au moment de la lactation extrêmement riche en cellules plasmatiques. Il est dense et résistant dans la profondeur de la glande et plus lâche à la périphérie. Sous la face profonde de la glande il s'étale en une lame fibreuse distincte, qui la sépare de l'aponévrose du grand pectoral ; sur sa face superficielle il circonscrit des espèces de dépressions, qui logent des pelotons graisseux et donnent à la surface de la glande, quand ces pelotons ont été enlevés, une apparence alvéolée.
La couche adipeuse qui recouvre la mamelle et lui donne sa forme arrondie et son élasticité, a en moyenne 0™,03 d'épaisseur, épaisseur qui peut du reste varier dans des limites très étendues.
La peau de la mamelle ne présente rien de particulier, sauf au niveau de l'aréole et du mamelon. Là elle est pigmentée, pourvue de papilles volumineuses vasculaires ou nerveuses, et contient des glandes sébacées avec des follicules pileux, ainsi que des glandes sudoripares. Mais ce qui la caractérise surtout, c'est sa richesse en fibres musculaires lisses.
Ces fibres sont pour la plupart disposées circulairement dans l'aréole et le mamelon, et jouent le rôle de sphincters par rapport aux conduits galactophores qui les traversent. Par leur contraction elles rétrécissent l'aréole, allongent et durcissent le mamelon [érection du mamelon). On trouve aussi dans le mamelon des fibres longitudinales, qui disparaissent à sa base dans le tissu connectif interstitiel.
PEAU
Vaisseaux et nerfs. — Les artères de la mamelle viennent de la mammaire interne, de la thoracique longue et des intercostales aortiques. Les veines profondes accompagnent les artères; on y rencontre, en outre, des veines sous-cutanées, qui se dessinent souvent sous la peau et qui forment quelquefois sous l'aréole un cercle incomplet, cercle veineux de Huiler. La plupart se jettent dans la jugulaire externe. Les lymphatiques extrêmement multipliés, vont aux ganglions de l'aisselle, et par les lymphatiques intercostaux aux ganglions de la cavité thoracique. Les nerf^ viennent des quatrième, cinquième et sixième nerfs intercostaux et des branches thoraciques du plexus brachial. La plus grande partie se rend à la peau.
2° Glande mammaire chez l'homme
La glande mammaire, rudimentaire chez l'homme, y présente du reste la même structure que chez la femme.
§ V. — Tissu cellulaire sous-cutané
La surface interne de la peau est rattachée aux parties sous-jacentes par le tissu cellulaire sous-cutané. Ce tissu se compose de lamelles ou filaments blanchâtres, qui s'anastomosent, s'entre-croisent dans toutes les directions et circonscrivent des mailles ou aréoles communiquant toutes entre elles. Les lamelles de ce tissu sont formées par des fibres connectives ordinaires et des fibres élastiques, et servent de support aux vaisseaux qui se rendent à la peau. C'est dans ces mailles que se dépose la graisse, en quantité plus ou moins considérable, suivant les régions et suivant les individus.
L'adhérence de ce tissu, à la peau d'une part, aux parties profondes de l'autre, est plus ou moins intime, et, suivant son plus ou moins de laxité, la peau peut glisser, ou non, sur les parties sous-jacentes. Dans certaines régions (nuque, etc.), les filaments qui les constituent sont très denses, épais, résistants, et les mailles qu'ils circonscrivent ne communiquent que difficilement. Dans d'autres régions, exposées à des pressions prolongées (fesse, plante du pied), la graisse contenue dans les aréoles du tissu cellulaire est entrecoupée par des trac tus fibreux résistants, qui la maintiennent dans un état de compression permanente et lui font jouer le rôle d'un coussinet élastique répartissant également la pression sur toutes les parties.
C'est dans le tissu cellulaire sous-cutané que rampent les veines sous-cutanées et les nerfs de la peau; il ne contient qu'exceptionnellement des artères volumineuses.
Dans la plupart des régions le tissu cellulaire sous-cutané peut être décomposé en deux couches : 1° la couche superficielle ou aréolaire est serrée et renferme souvent une assez grande quantité de graisse ; elle se continue sans interruption avec la couche réticulaire du derme ; 2° la couche profonde, lamelleuse, s'étale audessous de la couche précédente sous forme d'une lamelle continue, plus ou moins épaisse, désignée sous le nom de fascia superficialis. Dans beaucoup d'endroits cette lamelle peut être divisée en deux ou plusieurs feuillets (ex. : au périnée), feuillets qui peuvent acquérir une résistance assez considérable pour que, dans certaines régions, on les ait décrits comme des aponévroses.
La face profonde de la peau est doublée en certains endroits par une couche musculaire (muscles peauciers de la face, du cou, de l'hypothénar). A la peau de la verge et du scrotum, cette doublure est constituée par une couche continue de fibres lisses (dartos).
ORGANES DES SENS
Dans les endroits où la peau glisse sur les parties résistantes ou est soumise à des pressions répétées, on rencontre des bourses séreuses sous-cutanées qui ne sont que des lacunes connectives élargies et entourées par une lame condensée du tissu cellulaire sous-cutané. Quelques-unes sont constantes, d'autres ne se présentent que d'une façon irrégulière ; il en est enfin qui tiennent à certaines professions et n'existent que dans des conditions spéciales. Le tableau suivant indique les principales bourses séreuses sous-cutanées qui peuvent se rencontrer :
Face externe de l'articulation temporo-maxiilaire.' Angle de la màclioire.
Bord inférieur de la symphyse du menton. Angle du cartilage thyroïde.
Apophyse épineuse de la septième vertèbre cervicale. Face antérieure du sternum.
Angle inférieur de l'omoplate.
Acromion.
Olécrâne.
Épitrochlée .
Apophyse styloïde du radius.
Apophyse styloïde du cubitus.
Dos des cinq articulations métacarpo-phalangiennes. Face dorsale des articulations des phalanges.
Face palmaire des quatre dernières articulations métacarpo-phalangiennes.
Épine iliaque antérieure et supérieure.
Face externe du grand Irochanter.
Ischion.
Rotule.
Condyles du fémur.
Jbilléoles interne et externe.