BELGES
Homme.
Distance de la rotule au sol 280
Hauteur des malléoles 63
Distance du périnée au sol 475
Distance du sommet de l'épaule à la racine de la main 341
Lon^'ueur du pied 154
Distance du vertex à la base du nez... 96
Diamètre du pied au-dessus des orteils. 57 Dislance du coude à la racine de la
main 145
Le poids de l'homme peut être évalué en moyenne à 63 kilogrammes, celui de la femme à 54. Le poids de la tête est environ le quatorzième, le poids du tronc le tiers du poids total du corps. Les deux extrémités supérieures avec les épaules en font le sixième, les deux extrémités inférieures avec la hanche les trois septièmes.
§ III. — Craniométrie
Aujourd'hui tous les médecins, et même les gens du monde intelligents qui voyagent, peuvent avoir besoin de connaître la craniométrie, soit pour leurs recherches personnelles, soit pour comprendre les relations des explorateurs.
Nous avons indic[ué déjà, à la page 75, c[uelcjues données anthropométricfues. Nous y revenons avec détail.
Et d'abord il a fallu choisir sur le crâne des points fixes, les mêmes pour tous les anthropologistes, points cjui permettaient de donner des mensurations précises. Ces mensurations se font avec un compas d'épaisseur et un compas-glissière. Ces points de mensuration sont applicables les uns exclusivement aux crânes desséchés, les autres aux mesures prises sur le vivant.
La protubérance occipitale externe, toujours facile à trouver, est dite inion. Une branche du compas y est appliquée très exactement ; on place l'autre branche sur le front, soit sur le milieu de la glabelle, soit plus exactement sur le milieu de la ligne transversale qui, à la naissance du nez, sépare la voûte des deux orbites, c'est le point sus-nasal, sus-or bit aire, Vophryon (flg. 484). Quelques anthropologistes prennent pour point antérieur le point médian, situé entre les deux bosses frontales, point métopique, dont la détermination est toujours incertaine.
Le vertex est le point le plus élevé de la voûte crânienne.
Le point nasal est le milieu de la suture naso-frontale. On peut le percevoir sous la peau.
Le point sous-nasal est situé à la base de l'épine nasale; on peut aussi le percevoir à travers la peau.
Le point auriculaire est le centre de, l'ouvert ure externe du conduit auditif externe ; le point sus-auriculaire est situé à peu près au-dessus, à rextrémité postérieure de l'arcade zygomatique.
Le point où, au côté interne de l'orbite, exactement au-devant de la gouttière lacrymale, on perçoit le bord postérieur de l'apophyse montante qui s'unit à l'unguis et à la face inférieure du frontal, est dit le dacryoyi (fig. 483).
L'angle que forment les bords postérieurs des apophyses zygomatique et frontale de l'os malaire, toujours perceptible sous les téguments de la face, est dit point jugal, tandis qu'on donne le nom de point malaire à la saillie la plus prononcée que fait en dehors l'os malaire.
La distance qui sépare l'inion de l'ophryon donne le diamètre antéro-postérieur du crâne. En'promenont les deux branches du compas d'épaisseur dans un plan transversal, situé plus ou moins haut au-dessus des points sus-auriculaires et en notant l'écartement maximum, on trouve le diamètre transversiil. Si, après avoir déterminé ces deux mesures,
on établit la proportion suivante D. A. P ; DT :: 100 : x ou ^y/^ ^*^*^ on obtient Vindice
CRANIOMÉTRIE
cèphalique, autrement dit le rapport des deux diamètres entre eux, rapport comparé à une constante de 100.
Les points sus-nasal et sous-nasal servent à déterminer la longueur du nez; Vccarlement maximum qui sépare les bords antérieurs des apopliyses montantes des maxillaires supérieurs en donne la largeur; Vin- (dce nasal s'obtient de la même manière que l'indice céphalique et donne l'aplatissement relatif du nez. C'est avec le compas glissière que se font les mensurations nasales.
Les points malaire? et jugaux permettent de se rendre compte de l'épatement de la face.
A ces mesures il faut ajouter, sur le vivant, le point mentonnier, milieu du menton, et le point alvéolaire correspondant au milieu du rebord des alvéoles dentaires du maxillaire supérieur; ces deux points, comparés à l'obliquité plus ou moins grande des dents en avant, déterminent le degré de prognathisme.
On donne le nom de gonion à l'angle de la mâchoire inférieure, qui peut être plus pig. 483. — Crâne vu de face avec les points ou moins projeté en dehors, suivant les craniométrigues (*).
sujets.
Toutes ces mensurations peuvent être prises sur le vivant ; elles donnent nécessairement des chiffres supérieurs à ceux que l'on obtient sur les crânes desséchés, sur lesquels il est possible de déterminer encore d'autres points de mensuration ; ce sont :
Fig. 484. — Crâne vu de profil avec les points craniométriques (**).
le basion, point médian situé sur le bord antérieur du trou occipital, tandis que Vopislhion se trouve sur le milieu du bord postérieur du même trou. Leur écartement donne la largeur de cette ouverture.
(*) 1) Dacryon. — 2, Point jugal. — 3) Point sous-nasal.
(**; I) Dacryon. — i) Point malaire. — o) Point sous-nasal. — 4) Glabelle. — o) Point sus-nasal ou ophryon. — 6) Stéplianion. — 7) Point alvéolaire. — 8) Bregma. — 9) Ptéréon. — 10) Obélion. — 11) Lambda. — 12) Protubérance; occipitale externe. — 13) Astérion. — l it Point sus-auriculaire. — Ij) Point auriculaire.
DU CORPS HUMAIN EN GÉNÉRAL
Le sté^jhanion ou point stéphanique est le point précis où la suture coronale croise la crête temporale.
Le bregma est celui où la suture coronale rejoint la suture sagittale; le lambda, celui où la suture sagittale rejoint la suture lambdoïde.
Le plércon est le point de jonction des os frontal, pariétal, temporal et sphénoïde, tandis que Vastérion se dit de la rencontre des os pariétal, temporal, occipital, rencontre qui existe en arrière de l'apophyse mastoïde.
Nous avons dit que les crânes ont été divisés en crânes dolichocéphales allongés et crânes brachycéphales plus ou moins ronds; ce sont là les deux extrêmes delà division; les indices varient en moyenne entre 71,5 (dolichocéphales extrêmes, Esquimaux, Néo- Calédoniens) et 84 (brachycéphales, Auvergnats) et même 85 (Lapons), Entre ces extrêmes on a adopté les sous-dolichocéphales, compris entre 75 et 77 (Français anciens. Gaulois) ; les mésaticéphcdes, entre 78 et 79,5 (Français plus récents) ; les sous-brachycéphales (Basques, Alsaciens, Bas-Bretons, Russes). On a dit et écrit que les Basques sont dolichocéphales, c'est là une erreur qui provient de mensurations prises par Broca sur des crânes qu'il croyait basques et qui provenaient d'un cimetière où pêle-mêle on avait, en 1814, enterré à la fois des Espagnols, des Portugais, des Anglais et des Français après la bataille de la Bidassoa. Voilà quinze ans que l'un de nous habite tous les ans, pendant des mois, le pays basque, il peut certifier que les Basques de vieille souche sont brachycéphales.
Pour avoir une notion bien exacte de la forme d'un crâne desséché, on s'adresse à la méthcide des projections ; mais avant tout, il faut placer ce crùne en une position fixe, ki même toujours. Des différents plans indiqués par les auteurs, celui qui porte le nom de plan de Broca ou plan ulvéolo-condylien est de beaucoup le préférable; il part des condyles de l'occipital auxquels il est tangent, pour aboutir au bord inférieur de l'arcade alvéolaire du maxillaire supérieur. Une fois en place, on dessine les projections au moyen du stércographe de Broca.
Sur le vivant, on ne saurait se servir de ce procédé; mais il en est d'autres. Les conf armateurs dont se servent les chapeliers peuvent donner de bonnes indications, à la condition de les placer toujours dans un plan antéro-postérieur bien horizontal. On se fait à peine une idée des singularités, même des bizarreries que présentent les tracés ainsi obtenus.
Les arcades alvéolaires sont plus ou moins déjetées en avant, suivant les races ou les individus. Dans les races noires ou négroïdes, cette saillie en avant est considérable et l'individu est dit prognathe, ses dents sont obliques; lorsc[u'au contraire elles sont droites et que les arcades avéolaires sont peu déjetées en avant, l'individu est orthognaihe. 11 faut, pour s'en rendre compte, regarder le crâne ou la face de profil et se figurer une droite partant de la racine du nez ou mieux de l'épine nasale antérieure et venant raser la face antérieure des dents. Plus cette ligne s'éloignera de la verticale, plus le prognathisme sera marqué. Avec un peu d'habitude, on peut juger ainsi d'une manière suffisamment précise du degré de prognathisme. Pour obtenir des mensurations plus exactes l'on peut se servir de la méthode des projections ou d'autres méthodes spéciales.
Pour mesurer la capacité intérieure du crâne, on en bouche toutes les ouvertures, sauf le trou rachidien; on remplit le crâne avec du petit plomb de chasse, on bourre soigneusement, on vide le plomb dans des vases gradués, et on en déduit la capacité.
Pour les observations à faire sur les autres os du corps, j'indiquerai : La cavité olécrânienne est-elle perforée ?
2» Quelle est la forme du tibia? Sur les squelettes provenant de l'âge de la pierre taillée (race de Cro-Magnon), sur ceux des Guanches et sur quelques rares individus d'époques postérieures, le tibia est recourbé en lame de sabre, de telle sorte que la crête de l'osfait en avant une saillie aiguë, c'est le tibia platycnémique.
3° La saillie du talon est-elle exagérée ? En d'autres termes la jambe s'articule-t-elle normalement avec le pied? Chez les races noires, le calcanéum fait une saillie plus considérable en arrière que chez les races blanches ou jaunes.