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CHAPITRE II

ARTICULATIONS DU CRANE

1° Sutures du crâne

On trouve pour ces articulations une substance fibreuse (improprement appelée cartilage suturai), interposée entre les surfaces osseuses en contact et renforcée [)ar le périoste qui se continue d'un os sur l'autre.

11 n'existe de vrai cartilage suturai qu'entre les portions du crâne qui se développent aux dépens d'un cartilage primordial, les os de la base par conséquent; entre les autres os développés dans des membranes, il ne saurait exister de cartilage suturai.

Le trou déchiré antérieur est comblé par du tissu connectif, dont la partie inférieure, sous forme de lame membraneuse, s'étend de l'occipital aux grandes ailes du sphénoïde, en passant sur le sommet du rocher et en contractant des adhérences avec la partie cartilagineuse de la trompe d'Eustache.

On trouve encore d'autres ligaments, qui servent en général à compléter des trous ou des canaux osseux.

2° Articulation temporo-maxillaire (fig. 61 et 62). C'est une articulation à ménisque du genre des articulations condyliennes.

Surfaces articulaires. — Le condyle du maxillaire inférieur, dont le grand axe presque transversal est dirigé un peu en avant et en dehors, présente une facette elliptique fortement convexe d'arrière en avant, qui empiète plus sur la face antérieure que sur la face postérieure. Du côté du temporal, on trouve une surface convexe d'une courbure de 0™,01 de rayon, formée par la racine transverfe de l'apophyse zygomatique et se continuant en arrière avec la partie antérieure concave de la cavité glénoïde. Une très mince couche de cartilage recouvre ces surfaces.

Les surfaces osseuses ne sont pas en contact immédiat ; elles sont séparées par un ménisque (.3) fibreux qui divise l'articulation en deux articulations distinctes ; ce ménisque est elliptique, à grand diamètre transversal ; ses deux faces concaves

ARTHROLOGIE

Fig. 6i. — Coupe (le V articulation temporo-maxiltaire dans l'occlusion de la bouc/te {').

se moulent sur les deux courbures convexes de la racine transverse et du condyle, el regardent, la supérieure en avant, l'inférieure en arrière, à cause de l'obliquité du ménisque; sa partie médiane, plus mince est quelquefois percée d'un trou.

Synoviales. — La capsule synoviale adhérant circulairement aux bords du ménisque, il y a en réalité deux synoviales distinctes : la supérieure (4), plus lâche, s'attache en avant au bord antérieur de la racine transverse, en arrière à la partie la plus profonde de la cavité glénoïde en avant de la scissure de Glaser, en dehors au tubercule externe de l'apophyse zygomatique, en dedans près de la suture sphéno-temporale un peu en dehors de l'épine du i-phénoïde ; la synoviale inférieure (b) s'insère aux bords de la facette du condyle ; sa partie antérieure et interne donne attache, ainsi que le ménisque, à un faisceau du muscle ptérygoïdien externe.

Tout l'espace compris entre la partie postérieure de l'articulation et la paroi antérieure du conduit auditif est rempli par une masse molle élastique, riche en veines, comprimée ou dilatée suivant les mouvements de la mâchoire.

Ligaments. — Ils sont au nombre de trois : 1° un ligament latéral externe fort,

oblique en bas et en arrière qui va du tubei'cule externe de l'apophyse zygomatique à la partie externe du col du condyle (fig. 125, 21): 2° ligament latéral interne, qui naît de l'épine du sphénoïde et de la partie voisine de l'écaillé du temporal et se divise en deux faisceaux : l'un postérieur, plus court, allant à la partie interne du col du condyle; l'autre, antérieur, plus long, allant à l'épine dentaire [ligament sphéno-maxillaire); entre les deux, passe l'artère maxillaire interne; 3" le ligament stylo-maxillaire, allant de l'apophyse styloïde à l'angle de la mâchoire ; il n'est qu'un épaississement de l'aponévrose parotidienne profonde.

Nerfs. — Ils viennent de Fauriculo-temporal, du massétérin et du temporal profond postérieur.

Mécanisme. — L'articulation temporo-maxillaire constitue en réalité quatre articulations distinctes : deux supérieures, deux inférieures, qui forment par leur réunion, à cause de la dépendance des deux moitiés du maxillaire inférieur, une articulation conjuguée double.

Fig. 6-2.

Coupe de l'articulation temporo-maxillaire dans l'ouverture de la bouche (").

(*) 1) Coupe de l'arcade zygomatique. — articulaire, — 4) Synoviale supérieure. — (**) Même légende que pour la figure Gl.

2) Coupe du condyle du maxillaire inférieur. — 3) Ménisque inter- 5) Synoviale inférieure. — 6) Prolongement du ménisque.

ARTICULATIONS DU CRANE

Dans l'articulation supérieure (ménisque et racine transverse), le ménisque représente la partie mobile ; il se meut, en entraînant avec lui le condyle de la mâchoire, autour d'un axe transversal, commun aux deux articulations de droite et de gauche et qui passerait à peu près au point d'insertion supérieur du ligament latéral externe.

Dans l'articulation inférieure (condyle et ménisque), le ménisque représente la partie fixe, et le condyle roule autour d'un axe transversal commun aux deux articulations de droite et de gauche et répondant à peu près à l'insertion inférieure du ligament latéral externe.

Les mouvements de totalité de la mâchoire sont de trois espèces : 1» abaissement et élévation; 2o mouvement en avant et en arrière; 3» mouvements de latéralité. Dans les deux premiers mouvements le mécanisme est identique dans les articulations de droite et de gauche.

1» Abaissement et élévation (ouverture et occlusion de la bouche). — Dans l'abaissement il y a deux mouvements distincts, pouvant se passer en deux temps successifs ou en un seul temps; supposons-les d'abord se passant en deux temps successifs.

Premier temps (fig. 63, A). Le mouvement se passe dans l'articulation supérieure ; le ménisque se porte d'arrière en avant sous la racine transverse, en entraînant avec lui le

condyle et toute la mâchoire inférieure; il n'y a aucun mouvement dans l'articulation inférieure; la mâchoire est projetée en avant et s'abaisse en totalité de toute la distance verticale existant entre le niveau du fond de la cavité glénoïde et le niveau inférieur de la racine transverse, de façon qu'il y a un léger écartement des mâchoires.

Deuxième temps (B). Le mouvement se passe dans l'articulation inférieure; le condyle, une fois arrivé avec le ménisque sous la racine transverse, tourne autour de son axe, tandis que le ménisque reste immobile, d'où abaissement du maxillaire.

(*) A. Mouvement en avant du maxillaire inférieur. — 1) Maxillaire inférieur. — 2) Sa nouvelle position. — 3) Arcade zygomatique. — 4) Tubercule externe de l'apophyse zygomatique et insertion du ligament latéral externe. — 3,6) Points d'insertion inférieure du ligament latéral externe. — 7) Ménisque dans ses deux positions, ancienne (ombré) et nouvelle (indiqué au trait).

B. Mouvement d'abaissement du maxillaire inférieur. — 1) Position primitive de l'os. — 2) Position intermédiaire, ou premier temps de l'abaissement. — 3) Position finale, ou dernier temps de l'abaissement. — 1', 2', 3') Positions successives que prend l'orifice supérieur du canal dentaire ; les autres chilîres comme à la figure précédente.

Beaunis et Bouchard. 10

ARTHROLOGIE

Ces deux mouvements, au lieu de se faire en deux temps et successivement, se font ordinairement en un seul temps et simultanément; dans ce cas, en même temps que le ménisque est entrainé en avant dans l'articulation supérieure, le condyle subit un double mouvement : un mouvement de translation, dans lequel il suit le ménisque, et un mouvement de rotation autour de l'axe de l'articulation inférieure, par lequel la mâchoire est abaissée (*).

L'abaissement est limité par la résistance des ligaments et surtout du ligament latéral externe.

Dans l'élévation les phénomènes inverses se passent.

2" Mouvements en avant et en arrière {projection et 7-étrogradation). — Soit par exemple le mouvement en avant; ce mouvement est identique au premier temps du mouvement d'abaissement auquel il n'y a qu'à se reporter (A). Ce mouvement peut se borner là, et par conséquent se passer exclusivement dans l'articulation supérieure, ou être suivi d'un léger mouvement d'élévation se passant dans l'articulation inférieure et destiné à rétablir le contact des maxillaires qui se sont écartés dans le premier temps.

30 Mouvements de latéralité. — Dans ce cas, les mouvements diffèrent dans les articulations de droite et de gauche. D'uu côté les mouvements se passent comme dans la projection en avant, c'est-à-dire que le condyle se porte sous la racine transverse ; de l'autre côté le condyle reste enfoncé dans la cavité glénoïde et ne fait que tourner autour d'un axe vertical et pivoter sur lui-même pour permettre les mouvements du condyle opposé. Dans ces mouvements, qui ont pour résultat un frottement des molaires supérieures contre les inférieures, ordinairement chacun des condyles sert alternativement de pivot à celui du côté opposé.

Muscles moteurs. — 1° Abaisiemeni. — Digastrique, muscles sous-hyoïdiens, peaucier.

— 2° Élévation. — Masséter, temporal, ptérygoïdien interne. — 3° Mouvement e7i avant,

— Ptérygoïdien interne. — 4° Mouvement en arrière. — Digastrique. — 6" Mouvements de latéralité. — Ptérygoïdiens interne et externe et digastrique.

3° Ligaments de l'os hyoïde.

L'os hyoïde est rattaché à l'apophyse styloïde par un ligament stylo-ftyoîdien, arrondi, jaunâtre, très riche en fibres élastiques, et allant de l'apophyse styloïde aux petites cornes. On trouve souvent dans son épaisseur deu.x ou trois petits noyaux cartilagineux arrondis.

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