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I. Articulations de la racine de la main

Ces articulations comprennent plusieurs articulations distinctes, ayant chacune leurs synoviales et leurs mouvements ; mais l'appareil ligamenteux leur étant en partie commun, il est préférable de les grouper dans la même étude. Nous décrirons d'abord les surfaces articulaires et les synoviales, puis l'appareil ligamenteux phériphérique. Ces articulations comprennent cinq articulations secondaires, les articulations : 1° radio-carpienne ; 2° carpo-carpienne ; 3° du pyramidal et du pisiforme ; 4° carpo-métacarpienne ; '6° du trapèze et du premier métacarpien.

1" Articulation radio-carpienne (fig. 75, 2).

C'est une articulation condylienne composée. La cavité formée par la facette inférieure du radius et le ligament triangulaire, reçoit le condyle formé parle sca-

phoïde, le semi-lunaire et le pyramidal. Ce condyle, fortement convexeM'arrière en avant, forme sur une coupe transversale environ le sixième d'un cercle de 0",03o de rayon; il est complété par deux petits ligaments interosseux, assez minces, mais résistants, allant des bords latéraux des facettes articulaires de chaque os à l'os voisin, et fermant toute comm.unication entre la cavité articulaire radio-carpienne et celle du carpe.

Du côté de la cavité de réception, la facette radiale est divisée en deux parties par une petite crête iibro-cartilagineuse antéro-postérieure, une interne quadran-

(') I. Radius. — II. Cubitus. — III. Scaplioïde. — IV. Semi-lunaire. — V. Pyramidal. — VI. Pisiforme. — VII. Trapèze. — VIII. Trapézoïde. — IX. Grand os. — X. Os crochu. — XI. Premier, XII. Deuxième XIII. Troisième, XIV. Quatrième, XV. Cinquième métacarpiens. — 1) Synoviale radio-cubitale inférieure. — 2) Synoviale radio-carpienne. — 3) Synoviale générale du carpe. — 4) Synoviale trapézo-métacarpiennc. — 5) Synoviale du pisiforme.

ARTHROLOGIE

gulaire, pour le semi-lunaire, une externe triangulaire, pour le scaphoïde; le ligament triangulaire s'articule avec le pyramidal, qui s'en écarte du reste très facilement, surtout dans la flexion complète. Ces surfaces sont revêtues d'un cartilage de près de 0",002 d'épaisseur.

La synoviale, riche en replis synoviaux, s'attache à la limite du cartilage ; exceptionnellement elle peut communiquer avec les synoviales radio-cubitale inférieure, carpienne et pisi-pyramidale.

20 Articulation carpo-carpienne (fig. 7S, 3).

C'est une articulation très complète. Ses surfaces articulaires sont formées en haut parla face inférieure des os de la première rangée, moins le pisiforme ; en bas, par la face supérieure des os de la deuxième. Sa disposition, assez irrégulière, est la suivante : chaque rangée présente une partie concave et une partie convexe ; pour la première rangée, la convexité est externe et formée par le scaphoïde; la concavité interne, beaucoup plus étendue, est constituée par la facette concave du scaphoïde, le semi-lunaire et le pyramidal ; pour la deuxième rangée, la concavité est externe et formée par le trapèze et le trapézoïde; la convexité interne, par la tète du grand os et l'os crochu. Ce changement de courbure se fait de la façon suivante, bien sensible sur ime coupe transversale : en suivant de dehors en dedans la configuration de la surface inférieure, on trouve d'abord une concavité peu prononcée, due au trapèze et au trapézoïde, puis, subitement, un changement de direction et une ligne abrupte verticale, aboutissant à une tête formée par le grand os et le sommet un peu tronqué de l'os crochu, et enfin une pente douce, oblique en bas et en dedans, appartenant à l'os crochu, et même légèrement excavée à sa partie interne ; on trouve en effet une sorte d'ébauche d'articulation en selle entre le pyramidal et l'os crochu.

Deux ligaments interosseux, épais, allant du trapézoïde au grand os, et du grand os à l'os crochu (voy. fig. 75) et s'insérant à la partie non articulaire de leurs faces latérales, tiennent solidement ces os en contact. Les faces latérales contiguës des os de chaque rangée sont planes et ne présentent rien de particulier.

La synoviale communique avec celle de l'articulation carpo-métacarpienne ; elle présente deux petits culs-de-sac ascendants entre le scaphoïde et le semi-lunaire, d'une part, et ce dernier os et le pyramidal, de l'autre.

3" Articulations du pyramidal et du pisiforme (fig. 7S, b).

Le pyramidal s'articule par une petite facette convexe avec la facette concave du pisiforme. La synoviale, lâche, s'attache à 0",004 du bord libre de la facette du pisiforme légèrement étranglé à ce niveau.

4° Articulations carpo-métacarpiennes (fig. 7b).

Surfaces articulaires. — L'interligne articulaire est très irrégulier; en faisant abstraction de l'articulation trapézo-métacarpienne, il a la direction générale d'une ligne qui passerait par l'extrémité supérieure du cinquième métacarpien, et par la saillie externe de l'extrémité supérieure du deuxième, point qu'on peut sentir à travers la peau {ligne de direction) ; l'interligne articulaire ne descend pas à plus de 0°', 008 au-dessous de cette ligne, et il ne la dépasse guère qu'au niveau de l'apophyse externe du troisième métacarpien (voy. fig. 76). En allant de dehors en

ARTICULATIONS DU MEMBRE SUPÉRIEUR

dedans, on trouve : 1° une mortaise formée en dehors par le trapèze, en dedans, par une facette très petite du grand os, au fond ou au milieu, par la face inférieure convexe du trapézoïde ; cette mortaise évasée reçoit l'extrémité supérieure du deuxième métacarpien ; la facette interne de la mortaise est quelquefois cachée par l'apophyse styloïde du troisième métacarpien ; 2° un V ouvert en haut, dont la branche externe, très longue, s'articule avec le troisième métacarpien, la branche interne, très courte, avec le quatrième métacarpien ; 3° un nouveau V ouvert, à branches à peu près égales, formé par l'os crochu, et dont la branche externe, presque horizontale, s'articule avec le cjualrième métacarpien, la branche interne, oblique en haut et en dedans, avec le cinquième.

Un ligament interosseux, divisé s^ouvent en deux faisceaux, un antérieur, un postérieur, se porte de la face interne du grand os à la face interne du troisième métacarpien ; un ligament analogue, mais moins fort et confondu en partie avec le précédent, se porte de la face externe de l'os crochu à la face externe du quatrième métacarpien. On trouve, en outre, entre les quatre derniers métacarpiens, des ligaments interosseux très courts et forts, unissant les faces latérales de leurs bases, et insérés à la partie rugueuse non articulaire de ces faces.

La synoviale, commune avec celle du carpe, envoie des culs-de sac, qui descendent entre les bases des métacarpiens jusqu'aux ligaments interosseux. 11 y a ([uelquefois une synoviale isolée pour le quatrième et le cinquième métacarpien, mais ordinairement le ligament interosseux laisse entre le grand os et le troisième métacarpien un espace libre par lequel la communication se fait.

Articulation trapézo-métacarpienne (tig. 73, 4).

C'est le type des articulations en selle. La surface articulaire du trai»èze, concave de dedans en dehors, convexe d'avant en arrière, appartient à un rayon de 0'°,012 environ dans le premier sens, de 0",015 dans le second. Celle du premier métacarpien est convexe et concave en sens inverse; mais le contact des deux surfaces est plus intime dans le sens transversal.

La synoviale, assez lâche, s'attache sur le trapèze, à 0'",002 de la limite du cartilage, de façon à former une sorte de repli synovial annulaire. Malgré sa laxité, elle a beaucoup de force, entourée qu'elle est par une capsule fibreuse résistante. On voit, en somme, que pour ces cinq articulations il n'y a que quatre synoviales.

Ligaments des articulations de la racine de la main (fig. 76).

Abstraction faite des ligaments interosseux déjà décrits, les capsules de ces diverses articulations sont renforcées par des faisceaux fibreux périphériques, qui peuvent être groupés en dorsaux, palmaires et latéraux internes et externes.

Ces ligaments sont plus serrés et plus résistants du côté palmaire que du côté dorsal, où ils laissent entre leurs faisceaux des intervalles par lesquels les synoviales font hernie ; ils sont en outre plus prononcés sur le bord radial et le bord cubital du carpe et sont beaucoup plus lâches du côté de l'avant- bras que du côté des métacarpiens.

Ces ligaments sont les uns, superficiels, les autres profonds. Les ligaments profonds sont de petits trousseaux fibreux très courts, (pii vont d'un os à l'os voisin et ne méritent pas de description spéciale ; on a ainsi des ligaments intercarpiens, carpo-métacarpiens, intermétacarpiens, dorsaux et palmaires.

ARTHROLOGIE

Les ligaments superficiels ont une disposition particulière, variable suivant la région de la main qu'ils occupent. Sur la face dorsale on remarque surtout un faisceau oblique, allant du radius au pyramidal, et un faisceau transversal, allant du pyramidal au scaphoïde; le point le plus solidement fixé paraît être l'angle rentrant du trapézoïde et du grand os. A la face palmaire, les faisceaux ont une direction rayonnée, et, partant du grand os comme centre, s'irradient dans toutes les directions (fig. 76, 14), en dedans, vers l'os crochu, le pisifoi'me et le pyramidal; en dehors, vers le trapézoïde, le trapèze, le scaphoïde, l'apophyse styloïde du radius et la gaine du grand palmaire ; en bas, vers les métacarpiens; en haut on trouve une sorte d'arcade fibreuse, allant de l'apophyse styloïde du radius au pyramidal, ligament radio-car pien (4). Sur le bord radial de la main, des faisceaux allant, les uns assez forts, de l'apophyse styloïde du radius au scaphoïde, les autres, moins forts, du scaphoïde au trapèze, ont été décrits comme ligament latéral externe. Sur le bord cubital, des faisceaux assez faibles vont de l'apophyse styloïde du cubitus au pyramidal, et du pyramidal à l'os crochu et forment le ligament latéral interne.

Sur ce bord cubital de la main, le pisiforme est maintenu solidement par deux ligaments : un ligament pisi-vnciformien (7), court, qui va au crochet de l'os crochu; un ligament pisi-métacarpien (8), long et fort, allant au cinquième métacarpien.

Outre ces ligaments, on trouve, à la face palmaire du carpe, une forte bandelette ligamenteuse, ligament annulaire antérieur du carpe, qui convertit en canal la gouttière du carpe. Cette bandelette haute de 0'",02, s'attaclie en dedans au pisiforme, au crochet de l'unciforme et au ligament pisi-unciformien ; en dehors, à la tubérosité du scaphoïde et à la crête du trapèze. Ses fibres sont transversales, et les plus profondes vont se confondre, en se recourbant en arrière, avec les ligaments carpiens antérieurs ; son bord supérieur se continue avec l'aponévrose de l'avant-bras; son bord inférieur forme une arcade à concavité inférieure; sa face antérieure contracte des adhérences avec l'aponévrose palmaire qui la recouvre.

Les artères des articulations du poignet viennent des artères dorsales du carpe et du métacarpe, branches de la radiale, des artères interosseuses et transverse antérieure du carpe, branches de la cubitale, enfin de l'arcade palmaire profonde. — Les nerfs viennent de la branche profonde du radial, du nerf interosseux du médian, et de la branche profonde du cubital.

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