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Muscles des lèvres

Ces muscles se composent : 1° de muscles dilatateurs, allant soit à la lèvre supérieure, soit à l'inférieure, soit à la commissure; 2° de muscles constricteurs, l'un de l'ouverture labiale, orbiculaire des lèvres, l'autre de la cavité buccale, buccinateur.

1" Grand zygomatique (fig. 123, 15)

Ce muscle s'attache par des fibres aponévrotiques à l'os malaire, et à la partie voisine de Vapophyse zijriomatique (fig. 26, M), puis se porte en bas, en dedans et en avant vers la commissure des lèvres, et se perd, soit dans la peau de la commissure, soit en se continuant avec les fibres du triangulaire de la lèvre inférieure.

Action. — Il relève la commissure en la tirant en dehors ; c'est le muscle du rire.

MUSCLES DE LA TÊTE

2° Petit zygomatique (fig. 123, 14) •

Co petit muscle, situé en avant du précédent, naît de l'os malaire, en avant du grand zygomatique (lîg. 26, N) et va s'attacher à la peau de la lèvre supérieure, en dehors du releveur profond. 11 reçoit souvent des fibres de l'orbiculaire des paupières, qui peut même constituer le muscle en totalité (fig. 12.3).

Action. — Il relève la lèvre supérieure.

3° Releveur superflciel de Taile du nez et de la lèvre supérieure (fig. 123, 8)

Ce muscle s'attache en haut en avant du rebord orbitaire, à la crête de la branche montante du maxillaire supérieur (lig. 26, G); de là il descend en longeant l'aile du nez, à laquelle il envoie quelques fibres, et se perd dans la peau de la lèvre supérieure.

Action. — Il élève l'aile du nez et la lèvre supérieure.

4° Releveur profond de l'aile du nez et de la lèvre supérieure (fig. 123, 9)

Ce muscle, large, quadrilatère, situé en dehors et un peu au-dessous du précédent, s'attache en haut à l'os maxillaire supérieur, au-dessus du trou sous-orbitaire, dans une étendue de 0",02 environ (fig. 26, H). De là ses fibres se portent à la peau de l'aile du nez dans toute sa hauteur et à la peau de la lèvre supérieure.

Action. — Il dilate l'aile du nez (action de flairer) et élève la lèvre supérieure. Ces trois muscles, petit zygomatique, releveur superficiel, releveur profond, par leur contraction simultanée expriment le mécontentement, la tristesse ; ce sont les muscles du pleurer ; ils sont donc antagonistes du grand zygomatique.

5° Canin (fig. 125, 20)

Ce muscle, situé profondément au-dessous du releveur profond, s'attache en haut à la partie supérieure de la fosse canine, au-dessous du trou sous-orbitaire (fig. 26, I) ; de là ses fibres descendent presque verticalement et se terminent dans la peau de la lèvre supérieure ; quelques-unes se continuent avec le triangulaire de la lèvre inférieure.

6° Risorius de Santorini

Ce petit muscle, rattaché souvent au peaucier du cou, se compose de fibres insérées en arrière à l'aponévrose parotidienne et croisant la direction des fibres du peaucier pour aller se perdre dans la commissure.

7° Triangulaire des lèvres (fig. 123, 19)

Ce muscle s'insère par sa base à la face antérieure du maxillaire inférieur prés de son bord inférieur (fig. 26, R), par des fibres aponévrotiques ; de là il se porte en haut vers la commissure des lèvres en se rétrécissant et s'y continue en grande partie avec le grand zygomatique et le canin ; quelques fibres se perdent dans la peau.

Action. — Il abaisse les commissures et exprime les passions tristes et le mépris.

MYOLOGIE

8» Carré du menton (fig. 125, 16)

Ce muscle, large, s'attache en has à la ligne oblique externe du maxillaire inférieur, au-dessus et en avant du triangulaire, en dedans du trou nientonnier (fig. 26, S); de là ses fibres se portent obliquement en dedans et en haut et vont s'attacher à la peau de la lèvre inférieure. Ses fibres peuvent être regardées en grande partie comme la continuation du peaucier du cou du même côté (Voir fig. 124, 18).

Action. — Il abaisse la lèvre inférieure ; par leur contraction simultanée les deux muscles la tendent en même temps qu'ils l'abaissent et contribuent à exprimer l'efiroi.

9° Houppe du menton (fig. 125, 17)

Ces petits muscles, situés sur les côtés de la ligne médiane, ont la forme de deux cônes aplatis latéralement insérés par leur sommet au maxillaire inférieur sur les côt(is de la symphyse (fig. 26, T), au-dessous des incisives, et dont la base inférieure se perd dans la peau du menton.

Action. — Ils soulèvent la lèvre inférieure en déterminant un froncement de la peau du menton.

10° Orbiculaire des lèvres (fig. 125, 12)

Ce muscle, qui occupe l'épaisseur des lèvres, forme autour de l'orifice buccal un sphincter constitué en partie par des fibres provenant des difîérents muscles aboutissant à cet orifice, en partie par des fibres propres décrites sous des noms différents.

A la lèvre supérieure, les faisceaux les plus supérieurs, au lieu de se continuer avec ceux du côté opposé, se portent à la peau de la sous-cloison des narines, muscle abaisseur de la sous-cloison, muscle moustachier (fig. 125, 13); d'autres faisceaux, plus profonds, s'attachent au-dessus du bord alvéolaire, entre la première incisive et la canine, et se portent en bas et en dehors pour se fixer à la peau de l'angle extei'ne des lèvres et se perdre dans le sphincter, muscle incisif de la lèvre inférieure.

Les fibres les plus internes de l'orbiculaire forment un cercle complet ; les fibres périphériques se continuent avec celles du buccinateur, des releveurs, etc.

Action. — Il a pour effet l'occlusion de la bouche ; mais cette occlusion peut se faire de difJerentes façons, soit que les lèvres se rapprochent simplement l'une de l'autre en conservant leur forme, soit que, le muscle se contractant à la manière d'un sphincter, l'orifice buccal représente une sorte d'entonnoir à bords froncés.

11^ Buccinateur (fig. 125, 14)

Ce muscle, souvent décrit avec l'orbiculaire sous le nom de buccinato-labial, a trois insertions fixes : une supérieure, une inférieure, une postérieure. 1" En haut, il s'attache au maxillaire supérieur (fig. 2&,L), au-dessus du rebord alvéolaire, jusqu'à la deuxième petite molaire en avant ; 2° en bas il s'insère au maxillaire inférieur (fig. 26, L'), au-dessous du rebord alvéolaire, vis-à-vis de ses insertions supérieures ; 3° en arrière il s'attache à une bandelette aponévrotique, aponévrose buccinato-pharyngienne, qui va de l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde au maxillaire inférieur, au niveau de la deuxième molaire. A cette bandelette s'attache

MUSCLES DE LA TÊTE

aussi le constricteur supérieur du pharynx, qui semble, sauf cette intersection aponévrotique, la continuation du buccinateur. De ces trois insertions les libres

Fig. 125. — Muscles de la tète; couche profonde {').

se portent en avant vers la commissure et se continuent en grande partie avec l'orbiculaire, les supérieures dans la lèvre inférieure, les inférieures dans la lèvre supérieure.

(*) 1) Masséter. — 2) Temporal. — 3) Grand muscle de l'hélix. — 4) Petit muscle de l'hélix. — 5) Grand muscle du tragus. — 6) Petit muscle du tragus. — 7) Muscle du lobule. — 8) Pyramidal. — 9) Sourciller. — 10) Muscle petit oblique de l'œil. — 11) Muscle grand oblique. — 12) Orbiculaire des lèvres. — 13) Son faisceau allant à la sous-cloison. — 14) Buccinateur. — 15) Triangulaire des lèvres, coupé. — 16) Carré du menton. — 17) Houppe du menton. — 18) Transverse du nez. — 19) Myrtiforme. — 20) Canin. — 21) Ligament latéral externe de l'articulation temporc-maxillaire.

MYOLOGIE

Rapports. — Couvert en avant par le triangulaire, le grand zygomatique et le peaucier, en arrière il s'enfonce profondément sous la branche montante du maxillaire inférieur dont il est séparé par une boule graisseuse constante; il est appliqué sur la muqueuse buccale, dont le sépare une couche de glandules. Le canal de Sténon le traverse à sa partie postérieure. Ce muscle est recouvert par une aponévrose épaisse, qui semble un épanouissement de la gaine fibreuse du canal de Sténon et se continue en arrière jusqu'à l'aponévrose buccinato-pharyngienne.

Nerfs. — En outre de ses rameaux moteurs qui lui viennent du facial, il reçoitquelques filets sensitifs du nerf buccal.

Action. — Quand les joues sont distendues (air, aliments, etc.), il sert par sa contraction à rétrécir la cavité buccale et à expulser les matières qu'elle contient, soit du côté de l'extérieur, soit du côté du pharynx. En outre, il repousse en dedans des arcades dentaires les parcelles alimentaires qui s'accumulent entre les dents et les joues. Il a donc un rôle important dans la mastication, le jeu des instruments à vent, etc.

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