APPAREIL DE L' U R I N A T [ ON
incomplet au cours de l'urine : suivant le siège de cet obstacle, elle est double ou d'un seul côté, générale ou partielle.
L'hydronéphrose générale, représente une tumeur pyriforme s'effilani vers la vessie et dont la grosse extrémité répond au rein. L'uretère est alors dilaté et acquiert dans certains cas le volume de l'intestin grêle. Quand.! la dilatation est limitée aux calices et au bassinet, la tumeur est plus arrondie et sphéroïdale. Quelle que soit sa forme, le volume de la tumeur est ti-ès-variable suivant que l'obstacle au cours de l'urine esl plus ou moins ancien, plus ou moins complet. Il peut n'y avoir qu'une saillie peu sensible au niveau du bile. A un degré considéi'able, la tumeur déplace le' foie ou la i-ale et remplit tout un côté de l'abdomen. !
Le rem, qui semble seulementplus volumineux quand la tumeur, petite,; est renfeiTOée dans le bile, présente, à un degxé plus avancé, des bosse-| lures blancbûtres. On reconnaît sur une coupe de la tumeur que ce& bosselures correspondent à un état alvéolaire dii à une extrême dik-l tation des calices. Le rein n'est plus représenté au niveau des bosselures! que par une coucbe rriince de tissu tapissant la face pi'ofonde de la cap- f suie. L'intervalle des bosselures se réti'écissant de plus en plus, la sub- J stance corticale qui les circonscrit finit par dispaivaître tout à fait. La *' tumeur peut alors pi^ésenter une coloi-ation blanche uniforme et une consistance molle, fluctuante, tant au niveau du bassinet et de l'uretère,! qu'au niveau de la partie bosselée qui correspond au rein. Enrin,àunL„ degré extrême, toute disposition alvéolaire a disparu, les bosselures selj sont elïlicées. Les parois de la poche sont alors formées exclusivement par du tissu conjonctif; on n'y trouve plus trace de la substance rénale, ni | des tuniques muqueuse et musculaire du bassinet ou de l'uretère. Quant | au coçtenu de la tumeur, il n'est pas toujours le même. Au début, c'est ■ une urine modifiée, albumineuse ; plus tard le liquide devient gélatineux, muqueux puis enfin séreux. Quoi qu'il en soit, on y retrouve toujours de l'urée (Rayer). Si l'hydronéphrose est incomplète, si le bassinet comrau- > nique encore avec la vessie, le liquide qu'il contient ne diffère jamais! | sensiblement de l'urine.
Il est rare qu'on ne découvre pas à l'autopsie la cause mécanique de rhydronéi)hrosc : calculs, hydatides dans le bassinet ou l'uretère, tubercules ou tumeurs fongueuses de la muqueuse, compression des uretères par une tumeur du bassin, utérus gravide en rétroflexion, kyste de l'ovaire et surtout cancer du col utérin. L'obstacle peut être plus bas : tumeur vésicale, hypertrophie de la prostate, rétrécissement de l'urèthre. Dans ces cas, la vessie participe à la dilatation. Il en est de même dans l'hydronéphrose congénitale double due à une perforation incomplète ou à une imperforation de l'urèthre. Quand elle est simple, l'hydronéphrose congénitale tient ordinairement à un vice de conformation de l'uretère.
REIN
Dans certains cas rares d'hydronéphi'osc partielle, la dilatation porterait rlusivement soit sur le bassinet, les calices étant aplatis ou transformés ! cordons librcux. soit sur un ou plusieurs calices, leurs orifices étant ) s ou moins complètement obturés.
ûEMG, Kraiikiieitciï der Nieren, p. 155, Leipzig, 182(3. — P. Iîaïkr, Traité 'des maladies des •i s, elc, t. ni, p. -176, iSil. — Henningeh, De riijdroiicphose ou liydropisie du rein, thèse l(5t]';ibbourg, 180:2. — 0. Heusinger, Ein Fall von augcborner Rlaseiiniore. Marburg, 1862. — J/iRCHOW, Pathologie des tumeurs, trad. Aronssohii, t. I, p. 265, I8G5. — ISroaijbent, Patho- O'Cal transactions, t. XVI, p 1G5, 1865. — Miireau (Urbain) llydronéphrose, thèse de Paris, V 20, 1868. — W. Roberts, Ou Ui-inary and Rénal Diseases, p. 474, London, 1872. — NiCAiSE, I) riiydronéphrosc (Gaz. niéd. de Paris, p. 542, 1874).
"butre les kystes parasitaires dont il sera bientôt question, on trouve dis les reins des kystes appartenant à de nombreuses variétés. L'étiol(ie d'un certain nombre de ces kystes n'est pas complètement élucidée, n si les auteurs ne s'accordent pas sur leur classement. Rayer les avait il isi's en kystes urinaires et en kystes séreux. Lécorcbé adopte cette (I i>ion. Lancereaux en présente une autre en : kystes isolés et kystes conu iiK'rés. Les kystes isolés peuvent être séreux ou luîmatiques ; les kystes l'iiilomérés peuvent être congénitaux ou apparaître dans le rein des ai [tes.
V. Les kystes séreux, ordinairement uniques, quelquefois mulliples, n is peu nombreux, peuvent se montrer dans les deux reins, plus sou- \ Il dans un seul. Ils se rencontrent surtout dans la substance corticale, [i litis dans la substance intermédiaire aux pyramides. Leur volume est v iable, il peut atteindre celui d'une pomme. Ces kystes font alors une .silie notable à la surface du rein. Leur paroi est mince, transparente, altiste, non revêtue d'épitliélium à sa face interne. Leur contenu tantôt s i'ux, tantôt gélatineux, ne renferme aucun des éléments de l'urine et, I particulier, jamais d'urée. Le tissu du rein est complètement sain.
Ces kystes sont particulièrement fréquents chez les vieillards. Les l'Stes séreux se développeraient dans le tissu interstitiel (Lécorché).
B. Les kystes Jiemaliques , presque toujours uniques, dilfèrent des {écèdents par leur contenu, qui est formé d'un sang plus ou moins ; éié. La paroi est en général épaisse et libreuse. Leur volume peut ( e très-considérable, tel parfois que la tumeur s'étend de l'iiypochondre i pubis.
fil SI
766 APPAREIL DE L'URINATION. '
G. Les kystes conglomérés congénitaux, appartenant à l'espèce des kystes urinaires, atteignent simultanément les deux reins, qui peuveni être augmentés au point d'égaler la tête du fœtus et de mettre ur obstacle très-sérieux à l'accouchement. Ces kystes, d'un volume va^ riable, dont quelques-uns sont à peine perceptibles à l'œil nu, forraeni des saillies conlluentes à la surface du rein et celui-ci présente une forme comparable à une grappe de raisin. Sur une coupe, on reconnaît unevéri table dégénérescence kystique des deux substances rénales. Les cavités soni remplies d'un liquide transparent, parfois coloré par du sang et renfermant de l'urée. Elles sont tapissées par un épithélium plat et entourée; d'un tissu conjonctif au milieu desquels les tubuli présentent les caraci tères de la dégénérescence graisseuse.
Ces kystes se forment aux dépens des canalicules urinifères et des cap; suies de glomérules. Dans certains d'entre eux, en effet, on trouve ui glomérule atrophié appliqué contre leur surface interne. On rencontri souvent pour les expliquer un obstacle au cours de l'urine : infarctii| uratiques, vices de conformation des voies urinaires. D'autres foisiljj coexistent avec des difformités comme l'hydrocéphalie, les pieds bots, e|Les seraient attribuables à un arrêt de développement. jliical
Les kystes conglomères des reins des adultes ressemblent beaucoujirt] aux précédents. Ils diffèrent des suivants par un processus indépendant d plioi tout état pathologique des reins, ainsi que par une tendance à se multiplie | ta et à s'accroître de manière à former des tumeurs très-volumineuses. Lejtjlot reins peuvent atteindre le poids de 3 livres. Le liquide qu'ils renfermenlfeoi ne présente souvent aucun des éléments de l'urine. Leur cavité esttapisijfcl sée d'épithélium et, dans le tissu qui les entoure, les tubuli disparais itesi sent. Celte dégénérescence kystique s'accompagnerait parfois d'une altéijièle ration analogue d'autres organes : foie, corps thyroïde, etc. Leur mod(|iEt( de formation est encore hypothétique. ilesd
Is Cl
D. Les kystes multiples des néphrites parenchymateuses et surtou * interstitielles ont déjà été indiqués (voy. p. 743) ; les kystes survenan dans le cours de la lithiase rénale sont des kystes urinaires dont la paro^'^'^'i est anhiste comme la membrane des canalicules et dont le liquide ren-l*' ferme les éléments de l'urine. f^^s
C. Hawkins, Case of aqueous encysted ïumour, etc. (Med. chir. Transactions, t. XVlill' p. 175, 1833). — Bright, Mem. on abdominal Tumours (Guy's llospital Reports, n" 8, p. 208 i tH 1838). — P. Rayer, Traité des mal. des reins, etc., t. III, p. 513, avec bibliograpliie, 1841).-ii ijli A. BOUCHACOURT, Mémoire sur la dégénérescence hydat. et liydatiforme des reins chez le '^'^'"ï|i| (Gaz. méd. de Paris, p. 65, 1845j. — J. Cruveilhier, Anat. path. du corps humain, livr. ^iV pl. 6 et Traité d'anat. path. générale, t. 111, p. 380, 1856). — Sangalli, Storia clinica ed ana-1 '<t(l tomica dei lumori. Pavia 1860, t. II, p. 107. — Beckman.v, Ueber Nierencysten (Arch. W j ii
■ REIN. 767
p'iiol. Anat. und Physiol., t. IX, 1850 et t. XI, 1857). — E. Lancereau.x, Sur des kystes Siguins du rein (Bull, (le la Société anat. de Paris, p. 205, 1858). — 0. Heusinger, Ein Fall V angeboren Blasenniere (avec Bibliographie). Marburg, 1862. — Obedenare, Kyste du. m, etc. (Bull, de la Soc. anat. de Paris, p. 333, 1865). — Duffey, A Case of Cystic Degenenoii of tlie Kidney (Med. Times and Gazette, 1860). — Koster, Origine des Kystes congénitaux d rein (Archiv. Niederl, v. gen. in Naturk. 1867). — R. Virchow, Palliol. des tumeurs, trad. Anssohn, t. I, p. 268, 1867). — Ranvier, Journal de l'anatomie île Tlionime et dos animaux, p 15, 1867. — E. Lancereaux et Lackerbauer, Atlas d'anat. pathologique, p. 354 et pl. 35, i 1. — Walsh, Large Cyst of the Kidney (Irish liospital Gazette, p. 83, 1873). — Ch. Fontan,. E li sur les kystes du rein, thèse de Paris, n" 196, 1875. — E. Michalowicz, Dégénéresc ce kystique du rein et du foie, thèse de Paris, 1876. — Komorowski, Dégénérescence kitique des reins (Bull, do la Soc. anat. de Paris, 1876). — Nancrèue, Reins kystiques s purés (Philadelphia med. Times, octobre 1877). — Gourbis, Contribution à l'étude deskles du foie et des reins, thèse de Paris, 1877.
Corps étrangers et Parasites.