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III. — Vices de conformation de la langue

L'absence de la langue constitue Vaglossie (a privatif; yiwaca, langue). Ce vice de conformation congénital accompagne ordinairement l'absence des mâchoires ou agn a thie .CeX élat est incompatible avec la vie. La mî'croglossie (pixpô;, petit; fiwaay., langue) est plus rare que la wfl6Tor//os.s/e congénitale des crétins (paxpô;, gros; y/ù^ffa), et surtout que la macroglossie arrivant peu après la naissance, et constituant une hypertrophie énorme de la langue, ou prolapsus, dont il va être question.

La langue peut être, en partie ou en totalité, soudée au.\ diverses parties de la bouche : c'est Yanhyloglossie {^■'■'iy:->)ri^ frein, et ■ft.waca, langue). L'ankyloglossie inférieure, médiane et congénitale, porte le nomvulgaire

LANGUE

de filet. Si Tadhérence est en forme de tumeur, elle est connue sous la désignation de soubrelangue.

L'ankyloglossie inférieure et sous-médiane peut avoir lieu avec le plancher de la bouche de chaque côté du frein; elle est congénitale ou accidentelle. L'ankyloglossie latérale a été observée avec les joues et les gencives. Enfin, parfois, rankyloglossie a lieu par la voûte ; c'est une variété extrêmement rare, et l'adhérence par le frein exagéré est la plus commune de toutes.

La langue peut être congénitalement fendue en deux dans le sens de sa longueur, et former ainsi une double pointe, c'est la sc/wstogfiosste ((7j|^:7Tbç, fendu, et -//wo-cra) ; parfois elle est trifide, mais dans ces cas il n'y a pas réellement diglossie ou deux langues. Les sujets présentant ces dispositions congénitales ne sont pas viables.

Le prolapsus de la langue congénital, ou plus exactement presque congénital, qui ne doit pas être confondu avec l'hypertrophie consécutive aux glossites, est caractérisé par le volume énorme de la langue sortant de la bouche entre les arcades dentaires. On luiadonnélesnomsdeprocidence, prolongement chronique de la langue, de glossoptose (de yl^aGo., langue, et de TtTùciî, chute), chute de la langue, macroglossie.

La langue sortie de la bouche est pendante, énorme, violacée, de consistance tantôt mollasse, tantôt plus dure ; les dents forment un sillon sur les deux côtés. La surface est couverte de papilles considérables, limitant des sillons plus ou moins profonds, et cette surface est sèche, rugueuse, brunâtre. La portion de la langue restée dans la bouche parait conserver sa conformation normale.

L'hypertrophie du prolapsus lingual paraît porter, d'après les observateurs, sur tous les éléments constituants, et surtout les muscles. Virchow a décrit la tumeur comme lymphatique caverneuse (tissu lymphoïde). Billrotli admet une forme fibreuse.

De Jussieu, Mémoires de rAcatl. des sciences, 1718. — Maurand, Langue monstrueuse (Journal de médecine de Vandermonde, 1761). — Fréteau, Obs. sur une intumescence de la langue avec prolongement iiors de la bouche (Journal général de médecine, 1816). — Th. Harris, Chronic intumescence of the longue (American journ. of med. sciences, 1830). — Dêlpegh, Prolapsus linguiE (Bull clin, de Montpellier et Revue médicale, nov. 1831). — Von Loew, De Macroglossa, seu proiapsu linguaî dissert. Berolini, 1845. — Ch. Sèdillot,. Sur l'hyperthrophic de la langue (C-R. de l'Acad. des sciences, 1854, et Contrib. à la chirurgie, Paris, t. 1. 1868.) — J. Syme, Prolapsus linguœ (Édinburgh med. and. surg. Journal, june 1857). — Gayraud, Étude sur le prolongement hypertrophique de la langue (Thèse de Montpellier, n» 68, 1865). — Th. Gies, De la macroglossie (Archiv. fur Klinische Chirurgie, 1873; et Archiv. gén. de médecine, juillet 1874).

APPAREIL DE LA DIGESTION

SECTION III

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