R LE DUCHÉ D£ MILAN
Nous avons tu les Yisconti s'emparer du gouvernement de Milan (qualorzième siècle), et JeanOaléas, arrière-petlt-fils de Mathieu Visconti, obtenir de l'empereur Wenceslas, moyennant une forte somme, d^étre déclaré duc de Milan, lui et tous ses descendants. Les Vlsconti régnèrent jusqu*en 1450 (jusqu'à Philippe-Marie), où ils furent remplacés par les Sforce, dans la personne de François Sforce, époux de Blanche-Marie, fille naturelle du dernier des Visconti. C'est alors que Louis XII fit valoir ses droits , qui dérivaient du contrat de mariage entre Louis, duc d'Orléans, grand-père de Louis XII, et Valentine de Milan, fille légitime de Jean Galéas, Ce contrat portait qu'au défaut de mâles issus de Jean Galéas , ce duché passerait à Valentine et aux enfants issus de son mariage.
DÉVELOPPEMENT
Pendant près d'un demi-siècle, une impulsion irrésislible entraîna au delà des Alpes tous les peuples de l'Occident, comme autrefois ceux du nord. Les calamités furent presque aussi cruelles, mais le résultat fiit le même ; les vainqueurs furent élevés à la civilisation des vaincus.
Impatient de faire valoir les droits dont il a hérité de la maison d'Anjou, sur le royaume de Naplesj Charles Vlll apaise, à force d'argent, la jalousie du roi d'Angleterre ; rend le Roussillon à Ferdinand le Catholique; à Maximilien, l'Artois et la Franche-Comté; il n'hésite pas à sacrifier trois des plus fortes barrières de France. La perte de quelques provinces importe peu au conquérant futur du royaume de Naples et de l'empire d'Orient !
Louis le More, alarmé des menaces du roi de Naples, dont la petite-fille avait épousé son neveu , Jean Galéas , se détermine à soutenir son usurpation avec le secours des Français ; mais il était loin de savoir quelle puissance il attirait dans ritalie. Une armée formidable, composée de Français, de Basques, de Bretons, de Suisses, d'Allemands, descendit du Mont-Genèvre en septembre 1494. La guerre fut Inexorable : les Français massacraient régulièrement tous ks prisonniers.
A l'approche des Français, les vieux gouvernements d'Italie s*écroulenl d'eux-mêmes. Pise se délivre des Florentins , Florence des Médîcis ; Alexandre VI se cache dans le château Saint-Ange. Il livre en tremblant le frère de Bajazel IL Zozime, à Charles Vlll, qui croit en avoir besoin pour conquérir POrient; mais il le livre empoisonné. Alphonse 11 se sauve dans un couvent de Sicile , laissant son royaume à son jeune fils, Ferdinand II, abandonné à San-Germano. La populace de Naples pille son palais.
Les Français achèvent la conquête du royaume avec une facilité
merveilleuse , et , comme le dit un historien , sans autre peine que
1 dTenvoyer leurs fourriers devant eux pour marquer leurs logements.
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Bientôt tes Turcs Toient flotter les fleurs de Ils à Otrante, et les Grées achètent les armes. Cependant Charles Yllt mécontenta les Napolitains qui, eux-mêmes, mécon tentèrent les Français; ces derniers, toujours extrêmes dans leurs projets, avaient oublié rOrierit ; ils étaient imp^ tients de revoir la France.
Bientôt une ligue universelle s'était formée contre Chartes TIII ; A se hâta de regagner la France , craignant d'être enfermé dans le royaume qui! était venu conquérir. En redescendant les Apennins, il rencontra à Fornoue Tarmée deslconfédérés, forte de quarante mxtU hommes; les Français n'étaient que neuf mille. Après avoir demandé inutilement le passage, ils le forcèrent, et Tarmée ennemie, qui essaya de les arrêter , fut mise en fuite par quelques charges de cavalerie. Ainsi Charles VIII rentra glorieusement en France, ayant justifié toutes ses imprudences par une victoire. Louis XII, qui succéda à Chaples YIII (1498), joignait aux prétentions de son prédécesseur sur Inaptes, celles que son aïeule, Yakntine FUcontiy lui donnait sur le Milanais. Dès que son mariage avec la veuve de Charles V^I (Ann« de Bretagne) lui eut as&uré la Bretagne, il envahit le Milanais de concert avec les réniliem, alors les peuples les plus riches et les plus commerçants de TEurope. Venise était le centre du monde oé^^ciant» et la mer qui entrait dans les rues, lui donnait les mêmes avantages que ceux qui portèrent Amsterdam à un si haut point d'élévation. Ce qui faisait le grand avantage des Vénitiens, c'était le commerce de l'Asie et des mers orientales. Les principales échelles du Levant étaient Comtantinople, le Caire^ Rosette^ Damiette, Alexandrie^ et Venise était en possession de ces étapes. Le Milanais fut conquis, et, par un traité secret, Louis XII partagea le royaume de Naples avec Ferdinand d'Aragon. Mais le roi d'Espagne , trompant la bonne foi du roi de France, envoyait des secours à Gonzalve de Cordoue, le grand capi» taine , et certain du succès , battit les Français à Seminara , à Cefignoles , et les chassa une secobde fois du royaume de NafUes par leur défaite de Carigliano (t$06) Cependant Louis XII était toutpuissant encore dans le Ai%ianai» ; il entra dans la seconde conjura* tion contre yenUe à la ugue de Cambrai (1508), avec le pape Jules II« le plus perfide des alliés, 1 «au^/eur Maximilien , le plus avare. Les Vénitiens furent défaits à la sanglante bataille ù'AgnadeL (t509), et les boulets des Français volèrent jusqu'aux lagunes.
La prudence des Vénitiens sut tourner cependant au pr<^t de la république les chances de cette ligue lisse liguèrenlavec les Espagnols, le pape, l'empereur et Henri Vlli contre les Français, qui ne pouvaient plus recevoir de secours de la Bourgogne et du Milanais. Gaston de Foix, neveu de Louis XII, se met à la tête de l'armée française; il n'avait que vingt-deux ans , et il marchait de victoires en viototres , mais il péril vainqueur à Ravenne le 11 avril 1513. Dès lors la campagne était finie pour les Français. Les Sforoe furent rétablis à Milan, les Médicis à Florence; Louis Xll est battu à Nouare par les Suisses ; par les Anglais à Guinegate ; la guerre n'avait donc plus d'objet. Les Suisses régnaient à Milan sous le nom de Maximilien
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Sforoe ; la France et f^eni>e étaient abaissées , Maxlmilien épuisé, Henri VIII découragé, Ferdinand satisfait par la conquête de la liavarre, qui découvrait la frontière de France. Louis Xli conclut une iréve, abandonne le Milanais, épouse la sœur de Henri VIII (1514), et meurt regretté de ses sujets y qui lui doçneni le titre de Père du peuple.
Ainsi se termine la première partie des guerres d*Ita1ie. Nous verrons au 16« siècle la seconde, la plus célèbre, à cause de la rivalité des deux plus grands princes de TËurope, €barles-Quint et François !•'•
CONSÉQUENCES
Ces guerres âltalie, renouvelées à différentes reprises, coulèrent à la France un sang précieux et des sommes immenses; elle succomba dans cette lutte, et François !•', vaincue Pavie, et prisonnier à Madrid, fut obligé d*abandonner, par la paix de Crépy (1544). à renopereur Cbarles-Quint, ses prétentions sur l'ilalie. François Sforce, dernier duc de Milan, étant mort en 1535 sans postérité, Cliarles conféra ce duché à Philippe son fils. C'est ainsi que le royaume de Naples et te duché de Milan restèrent incorporés à la monarchie espagnole qui faisait alors trembler toute l'Europe.
L*influence queles guerres d'Italie exercèrent sur la société française mérite d'être signalée. C'est là qu^elle puisa ce goûl des arts , du luxe et de l'élégance, qui prépara la venue du grand siècle! le mélange des peuples multiplia les idées, et l'imprimerie servit à les répandre. Les vêtements changèrent. On se livra avec ardeur à Télude des classiques et des lois romaines, et l'on vit en même temps commencer celte Utlêrature française qui, sous Louis XIV, devait jeter un si grand éclat.
Détails sur les guerres d'Italie, dans rilisloire de France; Républiques italiennes, par M. Sismondi.