EXPLICATION DE CHAQUE ÉPOQUE
V&BMI±&B ÉPOQUE.
La première époque comprend un siècle et demi : c*est une des plus brillantes de l'histoire. C'est alon» que i*on voit l'Europe entière embellie des travaux des beaux-arts, toutes les sciences développées, et do sublimes découvertes donner aux hommes des lumières inconnues Jusqu'alors.
1* La superstition s*«ffaiblit ; 3<» un nouveau monde s*ouvre aux yeox des navigateurs; il étend le cercle de nos possessions et de nos connaissances \ Z^ de grands hommes s*élèvent dans tous les pays.
Nous avons dû préférer Christophe Colomb , pour la découverte qu'il a faite d*un nouvel hémisphère. Cet homme de génie a causé les plus grandes révolutions dans le monde politique et dans le monde savant.
BBUXliMB tVOQUB.
La deuxième époque comprend un demi -siècle. La France, brf* lanle alors par la gloire des armes et des arts, victorieuse sur terre, redoutable sur mer, enrichie par le commerce, par les manufacture;), par les talents, accrue d'un tiers de ses possessions, donne la loi à l'Europe; elle est révérée dans tout le monde. Voilà sans doute Tobjet le plus frappant qui s'offre dans cet espace. .
Louis XI f^, par la supériorité de son règne, méritait l'honneur de présider à cette époque.
Ficus avons choisi la paix de Westphalie parce que .ce fameux traité causa les plus grands changements en Europe : !<> par la fixation du corps germanique \ S» par l'affaiblissement de la maison d'Autriche et par l'élévation de la France, qui commença alors à jouer le rôle de puissance dominante ; 3» par l'extinction ou à peu près de l'autipalhie religieuse qui fait place aux calculs d«. .a politique, et par conséquent par la cessation de la prépondérance qu'avait prise la réforme sur les affaires du continent.
«Si 19* SIÈCLE,
TEOIStiMB ÉVOQVB*
La troistème époque comprend près d'un demi-siècle. Parmi une ibule d'événements célèbres, nous remarquerons l*lieureuse révolution qui s^esl faite en Russie ; d'Elat obscur, elle est devenue un des plus puissants empires de t*Europe ; ce fut l*ouvrage de Pierre le Grand, qui « mettant à profit les efforts de ses prédécesseurs , donna une nouvelle existence à sa patrie, créa des armées, des flottes, des villes, des arts , un commerce et une police. D*aussi grandes améliorations méritaient à Pierre le Grand Tlionoeur de donner son nom à celte époque.
Nous avons choisi la paiûf de Eyêwkk : f • parce que ce traité donna une paix presque générale à toute l'Europe ; 2* parce quMI fut le terme des prospérités de Louis XIV ; Z^ parce que l'année de ee traité (1697) concourt avec celle où la Russie vit son héros tenir seul les rêneâ de Vempire ; 4« par la prépondérance que commence à prendre l'Angleterre dans les alfairea continentales , el le systèoe | politique qu'elle adopta.
QU^&itma ÉvoQVB.
ta quatrième époque a duré un demi-siècle. Cet espace est marqué: !• par l'extinction de la puissante famille d'Autriche, dans la personne de Charles VI (1740): après avoir joué un rôle brillant dans l'univers, régné sur tant de pays , et avoir projeté uaa monarchie universelle , elle est tombée en Allemagne quarante ans après qu'elle s'est éteinte en Espagne. Cet événement , suivi des guerres les plus sanglantes et ies plus générales de l'Europe , devint le principe d'un changeineiit total dans le pouvoir des puissances et dans le système politique.
2* Par l'élévation de la Prusse au rang des premières puissances . continentales, par te génie militaire et philosophique du grand Frédéric II.
S« Par l'affaiblissement de la France , qui porte déjà dans son sein lesnermea qui doivent opérer une des crises les plus violentes en Europe.
4« Par les guerres coloniales qui donnent à l'Angleterre roccasion de ruiner la marine de la France et celle de l'Espagne, et de s'arroger sur les Etats neutres une juridiction vexatoire. La plus importante de •es colonies lui échappe (ÉtaU-Unis) ; mais elle fait face à tous ses ennemis, fonde dans l'Orient (Indes) un empire aussi vaste que Icelui qu'elle perd dans TOccident, et reste maîtresse des mers.
CWQVliMB ÉVO^VB.
ta cinquième époque a duré vingt-six ans. C'est une des ^i importantes de toute l'histoire. L'indépendance du système politique de l'Europe, que Frédéric II semblait avoir affermi sur des fôndemenU inébranlables, s'éeroula, et ne se recomposa que de ses propres débriL La plupart des Etats éprouvèrent des secousses terribles. Le signal partit de la France: la royauté y fut abolie (1799), et la tète de Louis XVI tomba sous la liache révolutionnaire, le 31 janvier 1799.
Cette sanglante tragédie remua toute TEurope ; d'anciennes dynasties ftarent changées: un jeune général , plein de génie , d*audace et d*anH bilion, porta ▼ictorieusement le nom français du TageauBorystliène, et s'assit sûr le trône des Bourbons , d*où il domina l'Europe ; ii en descendit avec autant de rapidité qu*il y était monté , et alla mourir sur le rocher de Sainte-Hélène (5 mai 1821).
«fXI±flSB éroQOfi.
La êixième époque a duré (jusqu'à cette année 1844) vingt-neuf ans. Celte époque n*est pas moins remarquable : l» on établit un système politique en Europe, entièrement fondé sur le principe de la légitimité ; ^ on remet plus ou moins en possession de leurs Etats les naalsons qni en ont été expulsées ; 3o un nœud indissoluble embrasse tous les Elats de PAllemagne : les princes souverains et les villes libres de ce pays se constituent en confédération germanique , avec une diète à Francfort-su r-le-Mein ; 4<» on y voit les révolutions qui s*élèvent en Espagne (1820), dans le Brésil (1821), au Mexique et au Guatimaia (1823), en Grèce (1824) ; 5» a guerre entre la Russie et la Turquie, l'usurpation de dom Miguel (1828) ; la révolution de Paris , qui fait descendre du trône la branche aînée de la maison de Bourbon (1830) ; la révolution de Bruxelles , qui soulève toute la Belgique contre la Hollande; la livolution de Pologne , qui parait effacer une seconde fois la Pologne de la carte d*Europe comme nation indépendante ; Térection du nouveau royaume de Grèce (1832); la chute de dom Miguel (1834) ; la régence en Espagne d'Espartero (1841), et sa fuite CD Angleterre (1843).
LE MONDE
K L*£rO)CB
DE £A DÉCOUTERTE DE L^AHÉRIQUE
PAR CHRISTOPHE COLOUB.
Renaissance des lumières dans TOccident.
i.*zumovB commençait à se raffermir. La législation avait ramené le calme dans les Etats ; la navigation tes liait par le commerce, et la politique par leurs intéiéts. Les mœurs se polissaient, les beaux- arts renaissaient avec les sciences, et des inventions sublimes donnaient tous les jours une nouvelle face à cette belle partie de la terre.
l'it ALUB était le centre des lumières : 'ses villes devenaient les plus
tÉvi. 57
Dia'ts;niâques du monde ; ses habitants en étaient ie peuple le plus éclairé, ses souverains se piquaient à Tenvi de favoriser les progrès de Tesprit humain, ses papes les secondaient de toute leur puissaoce, et répandaient sur les talents le trésor de leurs bienfaits. Sans unité politique, elle est à la merci des souverains étrangers qui se la disputent et se i*arrachent successivement, et n'a d'importance que parce qu'étant le but de toutes les conquêtes, elle est le centre de la politique de l'Europe.
l'shviilb , qui avait perdu te nord de Pltalie, conservait la suzeraineté du duché de Milan et de la plupart des Etats voisins. Il était divisé en sept électorats fixés par la Bulle d'Or, et en une foule de principautés ecclésiastiques et séculières. Plein de vie dans ses diverses parties, il était faible dans son ensemble, et il est probable qu'il ne dut sa conservation qu'à la conviction qui commençait à se répandre, que son existence et son indépendance étaient nécessaires à l'équilibre européen* /
La maison d'Autriche était la plus puissante de ce corps. Frédéric IV, qui en était le chef, possédait, avec le sceptre de l'Empire, des Etats assez considérables , et Maximilien , fils de ce monarque, désigné roi des Romains^ venait de recueillir la riche succession de Charles le Téméraire, en 1477. Il ajoutait à ces vastes possessionsde grandes prétentions sur la Bohême et la HQ||î|^e, et de hautes espérances sur la succession d'Espagne.
Malgré tout, l'Autriche n'était pas aussi forte qu'on pourrait le croire au premier coup d'œil. La plupart de ses possessions étaient disséminées et incertaines, et sa domination dans la Bohême et la Hongrie était toujours chancelante et faible par suite des factions inséparables du gouvernement électif ; l'Empire donnait plus d'éclat que de valeur réelle, plus d'orgueil que de force.
LA r&AMCB s'étendait depuis la Manche jusqu'aux Pyrénées ; elle n'avait ni T Alsace, ni la Franche-Comté, ni la Lorraine, ni la Flandre; à cela près, elle différait peu de son étal actuel. Ce royaume, si étendu et si peuplé, était soumis et tranquille. Les grands ûets venaient d^étrç réunis à la couronne. L'acquisition de la Bretagne par le mariage de Charles VIII avec l'héritière de ceduché,et la chute du dernier grand vassal, Charles le Téméraire, y avait établi solidement l'autorité royale. Le gouvernement féodal expirait ; des tribunaux établis effrayaient les oppresseurs ; la puissance des assemblées de la nation déclinait visiblement ; le droit de fixer les impôts rendait le monarque tout-puissaut , et les troupes, soudoyées par le fisc, ne marchaient , plus que sous les ordres du prince. Une noblesse accoutumée à de perpétuels combats, et qui ne pouvait plus exercer sa valeur dans l'mlérieur de sa patrie, soupirait après des expéditions étrangères.
Charles VIII était assis sur ce trône , ce monarque, bien éloigné de la politique de son père, ennemi du travail, mais afRibte, généreux, vaillant, avide de gloire, prêt à saisir la fausse lueur d'une grande entreprise, et à l'abandouoer à la plus légère apparttioa de disgrâce ,
dbyGoogk
dominé par Tesprit des conquêtes, avait toutes les qualités nécessaires pour les faire, et aucun tatent pour les conserver.
&*BsyAGiiB , divisée depuis un siècle, venait d*être réunie sous une même domination. Les Mores avaient perdu leur dernier asile ; et ta Castille , si longtemps séparée de l'Aragon, formait avec lui un même royaume par le mariafje des deux souverains. Cette puissance, déjà si considérable, le devenait encore davantage par la possession de presque toutes les fies de la Méditerranée, et par le caractère des deux chefs^, tous deux ambitieux, tous deux habiles. En même temps la conquête de Grenade achevait de former l'esprit national, et sans altérer encore la forme de la constitution fondée sur des assemblées d'Etats, ouvrait aux rois, par l'établissement de l'inquisition, le chemin du pouvoir at)soiu.
Ces puissances, les premières de VOccident, se contre-balançaient, se regardaient d'un œil jaloux et avaient sur Tltalie des prétentions qui devaient causer des guerres hinestes.
Le midi de l'Italie ne jouissait plus du bonheur que lui avait procuré le génie d'Alphonse le Magnanime. Ce monarque avait laissé TAragon et la Sicile aux princes légitimes de sa maison ; mais il avait désigné, pour son successeur au royaume de Naples, son fils naturel, Ferdinand 1er, qui en tenait alors le sceptre, âme faible et vicieuse, l'objet du mépris des .étrangers q.ui aspiraient à son trône, et de rborreur de ses sujets cpii soupiraient après une révolution.
Sous le nom spécieux de chef de la république, Pierre de Médids régnait tyranniquement à Florence, prince bien éloigné des vertus et des talents que ses ancêtres avaient employés à rendre leur patrie flonssante. D'illustres maisons, jalouses de tout temps de la sienne, tramaient secrètement un changement qui pût ramener la liberté, et n'attendaient qu'une occasion favorable pour secouer le joug d'un maftre impérieux qu'elles n'avaient pas la consolation d'estimer. Florence s'était agrandie par la conquête de Pise ; mais elle n'avait pu dompter l'esprit des Pisans qui s'agitaient sans cesse pour secouer le Joug, et cette circonstance, jointe à la nature de la domination des Médicis qui devait s'écrouler avec les talents qui l'avaient fondée, renfermait le germe de grands troubles pour l'avenir.
L'acquisition de Gênes, l'usurpation de Parme et de Plaisance, et la fertilité de la Lombardie, faisaient du duché de Milan une puissance considérable. Les princes de la maison d'Orléans, descendants de la légitime héritière deYisconti, mettaient vainement en avant des droits incontestables : François Sforce, bâtard d'un soldat de fortune, avait ravi à leurs pères une si belle possession, et sa postérité s'y était maintenue. Faible successeur de ces aventuriers célèbres que le courage avait conduits au rang suprême, le jeune Galéas était le premier esclave de son oncle Ludovic, tyran le plus méchant et le plus artificieux qui fut jamais.
vxswssB était au plus haut point de son élévation ; elle possédait ces provinces fertiles qui s'étendent depuis son golfe jusqu'à i'Adda. La
440 «5*8IÉGLB.
Balmalie avait perdu toute idée de révolte ; les ttes qui arment U mer Adriatique reconnaissaient ses lois. Une partie de la Morée et «quelques ties de TArchipel venaient de lui être enlevées ; mais elle avait encore Candie, la plus grande qui soit dans ces mers, et Chypre, qui «nest la plus fertile. Bile venait d'anéantir les républiques qui avaient été si longtemps ses rivales. Son commerce était le premier de la terre ; sa politique profitait de tous les mouvements de ses voisins ; ses armées en étaient TefiFroi, et ses flottes résistaient aux Ottomans qui faisaient trembler le reste du monde.
Lsa 8VIB8BS figuraient parmi les grandes puissances : leurs eanlons, récemment unis, étaient remplis de cet enthousiasme qu'inspire une liberté nouvellement acquise.
Leurs nombreux habitants formaient autant de soldats dont le courage était redouté dans toute TEurope; les plus grands princes briguaient ravantage de les avoir pour défenseurs, et le nord de l'Italie, dont ils tenaient les passages, regardait ce peuple de guerriers comme l'arbitre de son sort.
iUbiglctsrrb , déchirée depuisun siècle par Tanimosité des Deux Roses, respirait sous Henri VII, qui en réunissait les droits (de 1485 à 1509). Ce roi, le premier de la famille des Tudors, vainqueur des innombrables factions qi|i avaient agité les premières années de son régne, commençait à jouir d'un calme q\fH devait à une conduite aussi ferme que prudente. Cependant la souveraineté de l'Angleterre était encore séparée de celle de TEcosse ; Tlrlande était loin de lui être soumise; elle n'avait pas d^armée navale, et sans Calais qui lui ouvrait la France, elle n'aurait pu guère prendre part au commerce du continent.
i^ VAVAKKB ST L^ÉGoasB , uuies à la France par penchant et par intérêt, mesuraient |eurs mouvements sur l^impression que leur donnait ce grand royaume. Jean d'AIbret, Français de nation, voyait avec effroi Pambitieux roi d'Aragon méditant d'envahir ses Etats , et n'avait contre des forces si supérieures que la protection de ses anciens maîtres. L'Ecosse, trop faible pour résister à l'Angleterre, son antique ennemie, était obligée de rechercher le même soutien ; el!e respirait sous Jacques IV, qui faisait oublier par ses vertus les fureurs de son père et lei malheurs qu'elles avaient causés.
LU vo&TUOAL ne s'occupait que du soin des découvertes nouvelles : sa marine florissante parcourait les mers de l'Afrique, fondait de puissantes colonies , soumettait d'immenses royaumes au Joug de sa religion et au sceptre de son roi Jean II, un des plus grands monarques de son âge, qui, laissant à ses voisins des débats aussi frivoles que sanglants, était Tâme des travaux de 9fis sujets , et présidait à leur bonheur.
LES TROIS ROTAVusa BU HO&D Venaient de se réunir sous Jean d'Oldembourg; mais la Suède était toujours prête à briser des liens qu'elle n'avait formés qu'en frémissant. Etienne Siure, quoique dé* pouillé de sa charge ^'administrateur ^ conservait une dangereuse
autorité. Des troubles sans cesse renaissants, et que rhabileté du monarque ne pouvait calmer, étaient les présages d'une rupture éclatanlo el prochaine.
Zadislas Jagellon, appelé pour régner en Bohême et en Hongrie, était trop faible pour écarler les ennemis qui ravageaient ses frontières, et réprimer àes sujets qui obéissaient à regret à un maître qu^ils croyaient peu digne de les commander.
LA voLoaHE avait le gouvernement qu'elle a conservé jusqu'en 1795, où elle cessa d'être une nation ; elle élisait des rois, les prenait dans la famille des Jagellons, pleurait le grand Casimir et venait de couronner Albert, frère de Ladislas, mais plus digne que lui du rang suprême. Elle était sans cesse aux prises avec les Turcs qui désolaient ses campagnes, et avec les Russes, devenus redoutables depuis que le grand Wasiliewilz les avait tirés d*esclavage.
L'affranchissement de la domination des Mongols et la conquête de Novogorod avaient fait de la Russie un royaume indépendant, et quoiqu'il fût encore renfermé entre le Don et le Dnieper, son étendue et l'esprit militaire de ses habitants le rendaient déjà formidable. Le règne d'Ivan Wasiliewitz, qu'on peut regarder comme le précurseur de Pierre le Grand, faisait pressentir les grandes destinées de ce vaste empire.
La puissance des 'Sures, accrue rapidement par des prodiges de valeur, dominait depuis l'Ëuphrate jusqu'à la Save, et des bords de r£uxin jusqu'aux bouches du Nil. Des troupes innombrables, animées par le fanatisme de la religion et de la gloire , volaient aux ordres d'un sultan absolu ; elles étaient la terreur des autres parties de la terre, et ne trouvaient d'autres barrières que les flottes de Venise et le courage des chevaliers qui rendaient Rhodes si célèbre. Jusqu'alors ennemie de l'Europe chrétienne à laquelle elle demeurait étrangère, elle allait en devenir un membre et entrer dans les calculs de sa politique par son alliance avec la France.
LA FSRSi: était sous le joug des Tartares. l'^gypts continuait d'être soumise à la milice des Mameluks et au Soudan qui la commandait. Le reste de l'AfriquCf divisé sous plusieurs chérifs , reconnaissait pour chef le tyran de Maroc qui , sous le nom de miramolin, retraçait quelque ombre de la puissance des califes.
Tel était l'état de notre hémisphère au moment où les Espagnols et les Portugais agrandirent le monde connu par leurs découvertes. k F4I&E : Tableau du monde à cette époque,
D£GO€Y£IVT£S GÉOGRAPHIQUES.
CBRM^ovBB COLOMB. — Âvaut le milicu du 15« siècle, les Euro» péens ne naviguaient que dans la mer Méditerranée et la Baltique. L'Océan oriental ne leur était connu que de nom ; ils longeaient seulement les côtes de rÂtlantique, et la boussole n'avait pas encore aug-
44i 15' SIÈCLE.
milité les lumières; le cap Horn était la limite des connaissances. L*infant dom Henri de Portugal le doubla et fit connaître les îles de Madère fC^Wti du Cap-rert, de la côte de Guinée, Les ricliesses qui naissent de ce progrès animent les Portugais, ils longent l*Âfrîque depuis (?t^ra/tor jusqu^au Zaïre; encouragés par des succès si rapides, ils veulent s'ouvrir un passage dans Vocéan Indien. Barthélémy Diaz parvient jusqu'au cap qui ferme l'Afrique, et, ne pouvant pas le doubler , il lui donne le nom de cap des Tourmefites ; mais le rai Emmanuel , concevant dès lors l'espoir d'ouvrir par là la route de l'Inde, le nomme cap de Bonne-Espérance; pendant ce temps , les Espagnols faisaient des préparatifs pour faire des découvertes par Torienl.
Le Génois Colomb , par celte justesse d'esprit et de raisonnement que donnent les connaissances mathématiques, calcula très-bien que, si notre terre était un globe, comme cela lui demeurait prouvé, nous n*en connaissions encore qu'une partie , et qu^en partant de notre Europe, et se dirigeant toujours vers roccident,il devait, ou rencontrer de nouvelles terres, ou arriver aux côtes occidentales de la Chine, nommée alors Kalhay. Frappé d'une idée aussi heureuse et aussi simple, il s'adressa successivement à Gènes, sa patrie, sous Ferdinand et Isabelle; à la France, à l'Angleterre et au Portugal, demandant partout qu'on lui donnât les moyens d^exécuter £e qu'il avait conçu ; mais partout il fut repoussé comme un insensé/'
Enfin l'opiniâtre Colomb, après huit ans de sollicitations, obtint le consentement et les secours de la reine Isabelle de Gastille : il partit du cap Palos, le 3 août 1492, avec quelques petits vaisseaux abandonnés à ses importunités plutôt que confiés à sa sagesse : il toucha à Go* mera, Tune des Canaries, et en repartit le 6 septembre, en tirant vers l'ouest. Après une navigation de trente-trois jours , pendant lesquels les mutineries continuelles de son équipage , qui le regardait comme un fou, Pavaient exposé à un danger journalier, il aborda, le 12 octobre, à Tune des Lucayes, que sa position lui fit appeler San-Salvador; car 11 allait infailliblement périr de la main de ses gens, s'il n'eût enfin rencontré la terre. De cette petite ile insignifiante , Colomb aborde dans une autre, grande et peuplée, abondante en or et en productions de toute espèce : elle s'appelait Haïti; il lui donne le nom à^Hispaniola. C'est celle qui, après avoir été appelée pendant plusieurs siècles Saint-Domingue, a repris depuis quelques années son ancien nom d^flaïti.
L'heureux amiral retourne alors en Europe ; qu^on juge , si l'on peut, de sa joie, de son bonheur, de sa gloire , lorsque ses premières paroles proclamèrent à l'ancien monde une nouvelle route pour se rendre à l'orient de PAsie. On raconte que son débarquement fut uu vrai délire, et sa route à travers l'E^nagne un triomphe.
Voilà l'histoire de la découverte de l'Amérique, ainsi nommée d'un Florentin appelé Améric Vespuce. Ct» navigateur, ayant parcouru les côtes du nouveau monde quelques années après, et en ayant publié les premières caries, enleva à Colomb l'honneur mérité de lui donner
ion nom. « Ainsi, comme le dit un hislorieni le premier instant où PAmérique fut connue du reste ile la terre fut marqué par une injus- . tice, présage fatal de toutes celles Jont ce malheureux pays devait être le théâtre 1 » Le bon., Thonnéte, le digne Colomb, après trois voyages conséculifjf, termina à ValladoUd, le 8 mai 1506, une carrière plus brillante qu^heureuse, sans avoir le moindre soupçon qu'il avait découvert un nouveau monde ; il croyait seulement avoir trouvé une route plus courte, et surloui bien plus facile à parcourir, pour se rendre dans le royaume de Kalhay.
Lbctu&b.— Biographie de Christophe Colomb; Voyages d*Améric Tespuce, dans les Etudes géographiques.
iTAsco »B GAMA, 1498. -«- Lcs Portugaîs poursuivaient leurs conquêtes géographiques. Sous le règne d'Emmanuel le Fortuné (nommé ainsi à cause des nouvelles découvertes qui enrichirent son royaume) , Vasco de Gama , nommé au commandement d'une flotte , part de Lisbonne avec trois bâtiments , dirige sa route vers le sud et double le cap iles Tempêtes, qu'on nomme cap de Bonne-Espérance ; il parvient au cap des Gorrientes ou des Gourants, et ensuite à Quéllmané, et il élève une colonne à Mozambique. Il passe près de Qiiiioa. sans pouvoir apercevoir Madagascar (qui fut découverte, en 1506, par Almeida), touche à Monbaza, port vers Test, et relâche à Calicut. La perfidie du zantorin ou prince de celte ville le force à remettre à la voile iM)ur l'Afrique ; il aborde à Magadoxo et se rend à Mélinde. Il y reçoit à son bord un ambassadeur que le roi de ce pays députe à Emmanuel le Grand, roi de Portugal; il double le cap de Bonne- Espérance, et revient dans sa patrie avec l'espoir d^un commerce des plus lucratifs. Le commerce des Indes, dont les Portugais se rendirent maîtres , leur procura en effet dMmmenses richesses ; et ce nouveau canal, par où passaient les marchandises des Indes, porta un dommage irréparable au commerce des villes hanséatiques et à celui de Venise, répandu auparavant dans toute TEurope. Emmanuel conquit aussi le Brésil ; son règne fut appelé Page d*or des Portugais. Les Européens sont devenus sans doute, par les découvertes du nouveau monde et du cap de Bonne-Espérance, plus riches, plus éclairés ; mais on ne peut pas dire qu'elles les aient rendus plus heureux, encore moins qu'elles aient fait le bonheur des Américains et des Indiens.
ALTARÈi CABRAL., amiral portugais , après avoir passé les Iles du Gap-Vert , se dirigea vers Poccident et découvrit le Brésil. G*est la contrée la plus proche deTAfrique : il y règne un printemps éternel.
Legturb. — Mes Etudes géographiques ^ pour les découvertes et les voyages.
Tableau a faire. — Souveraine de V Europe à la fin du 15» tiède,
BVLiB D'ALfixÀND&c VI. — Lcs Espagnols et les Portugais ne s*accordant pas sur les liiniles dans- leurs possessions des Indes Occideotales , le pape Alexandre Vi s'établit juge entre eux , et trdçi
«l4 flC* SlkCLB.
sur le globe une ligne de démarcation vers les Iles Açores. Les pays à Test de cette ligne devaient appartenir aux Portugais, et ceux qui étaient à I*ouest être soumis aux Espagnols. Cette seule circonstance nous a fait mentionner Alexandre VI , élu en 1493 , et mort en 1503. Déjà en 1481 une bulle du pape Sixte IV avait concédé à la couronne de Portugal toutes les découvertes faites par les Portugais au delà du cap Bojador.
LKCTuaB.— JBtf//e d'Alexandre yi.
CORSÉQUEBICBS DX: LA DÉCOUVB&TS DV 11 OVVEAV MOVVE. —
Outre Pinflucnce que la découverte du nouveau monde exerça sur leslumières et la politique, ses conséquences commerciales se font encore remarquer. Le commerce changea alors entièrement de marche et de forme ; au commerce de terre fut substitué le commerce maritime; de sorte que rimportance commerciale attribuée aux différents pays en raison de leur situation géographique, se trouva répartie d'une tout autre manière ; la Méditerranée dut le céder à rOcéan, et le commerce tomba entre les mains des Espagnols et des Portugais qui jusqu'alors y avaient pris peu de part. L^introductionde *or du Mexique et du Pérou baissa le prix des métaux, fit passer dans d'autres mains la propriété foncière , en créa une nouvelle , celle du crédit , qui produisit Pindustrie et opéra dans le monde des finances une étonnante révolution.
Lecture. -- Histoire de la géographie, dans \e% Etudes géographiques de M. Lévi; Maltebrun ; Laharpe. .
SIECLE LITTËHAIIIE.
CARAGTÈRB 9U xvi» sitcLB* — Epoquc de régéuératioD. — Développement de l*esprit humain. — Guerres religieuses. — Monarchies absolues. — Système colonial.
ÉVÉNEMENTS
STALXB* — 1508. Ligue de Cambrai contre Venise. — 1511. Sainte ligue contre Louis XII. — 1547. Pierre-Louis Farnèse, duc de Parme. — Conjuration de Fiesque à Gènes. — Etat de la Savoie,— de Venise. — 1551. Alexandre de Médicis , premier duc de Florence.
ALLEMAGBiB. — 1519. Mort dc MaxîmîUen. ^ Rivalité de François i«' et de Charles* Quint. — Première guerre: 1525. Bataille de
ta^ SIÈCLE. 445
Pavie. — Deuxième guerre: 1587. Sac de Rome. -* Troisième
guerre : 1535. Conquête de la Savoie. — Quatrième guerre : 1543.
Victoire de Gérisoies. — 1556. Abdication de Gliarles-Quint. ni ANGE. — 1557. Bataille de Saint-Quentin.-— 1572. Massacre de la
Saint-Barthéleroy. — 1589. Avènement des Bourbons au trône. —
1598. ^ Edit de Nantes.
AaGiATfiKRfi. — 1509. Règne de Henri YIIT. — 1553. Marie. —
1558. Elisabeth. — 1587. Mort de Marie Stuart, reine d^Ecosse. sspAGHE. — 1588. Destruction de la flotte espagnole. — 1580.
Béunion du Portugal.
smbsE. — 1523. Gustave Wasa délivre la Su^de. — Cbristiera H. SUISSE. — 1513. Confédération des treize cantons suisses. PATS-BAS. — 1568. Mort des comtes d*£gmont et de Ilorn. — 1579.
Guillaume de Nassau nommé stalhouder.
BaiPiKfi D'oAiBMT. — 1523. Prisc de Rhodes , par Soliman II. —
1527. Invasion de Soliman II en Hongrie. «- 1571. Bataille de lé-
pante.
ASIE. -- 1501. Dynastie des softs en Perse. —1515. Empire des
Mongols dans les Indes. — 1589. Sebab-Abbas en Perse. ATAïQVE. — 1517. Conquête de TEgypte par Sélira 1«'. — 1518. Le
corsaire Barberouste à Alger. — 1541. Expédition de Charles- Quint en Afrique.
éQidsK. — 1513. Pontificat de Léon X. —1517. Réforme de Luther
et de Zwingle. — 1529. Diète de Spire. — 1531. Confédération de
Smalkatde. — 1534. Ignace de Loyola fonde la Compagnie de Jésus.
— 1547. Transaction de Passaw. — 1568. Publication de la bulle In cœnâ Dominù
EÉcouvsATEs. — 1502. Découvcrte de Vile Sainte-Hélène. — 1519. Premier voxage autour du monde y par Magellan, — 1519. Femand Cortes au Mexique. — 1531. Pizarre au Pérou.
— Système colonial en Europe. — 1517. Batterie de fusil. — 1530. Collège royai. — 1530. Imprimerie royale. — 15S3. Hôtel de faille à Paris. — 1538. Loterie. — 1548, Balancier. — 1550. Fontaine des Innocents. — 1564. Château des Tuileries. -- 1564. Commencement de l'année fixé au Ur janvier. — 1578. Pont-Neuf. — 1582. Réformation du calendrier. — 1692. Bastions. — 1593. Lunettes d'approche. — 1593. Thermomètre, — 1593. Pistolet.
DÉVELOPPEMENT
Italie.
Ligue de Cahbrai contre Venise, i508. (Voir au iS' siècle.) — L'Italie montre dans le cours de cette division des changements mémorables; une nouvelle souveraineté 8*élève sous Paul IIL Les duchés de Parme et de Plaisance, annexés longtemps au duché de Milan, revenus ensuite au siège de Rome ,
en furent séparés par les inirigues da pontife en favear de son petit-fils Octave. En vain les nouveaux sujets de ce prince veulent-ils secouer un joug devenu insupportable, en vain ont-ils vengé Phonneur de leurs familles outragées dans le sang de Louis Farnèse (1547); lempereur, conseillé par PaulIU, prend possession de Plaisance, et donne Parme à Octave qui demande des secours à la France et se trouve enfin investi des duchés par Charles-Quint (1556-1586). Alexandre Farnèse, fils d^Octave, fut un des plus grands capitaines du 16* siècle; il fui nommé gouverneur général des Pays-Bas par Philippe H.
La Savoie cherche à rester neutre dans la guerre entre Ta France et l*Espagne« mais elle se trouve occupée par les puissances belligérantes, jusqu'à la mort de Charles III (1555). Ce prince, vivement persécuté par les Français, faiblement secouru par les Impériaux , fut le perpétuel jouet du sort. Enrichi de l'acquisition du Montferrat, mais dépouillé de la Savoie et du Piémont, chassé même de sa capitale, il a transmis à peine quelques faibles débris d'un si bel héritage à Emmanuel Philibert , Tun des plus illustres capitaines du 16® siècle (1553-1580). Charles Emmanuel conquiert Saluées, et Henri IV occupe en 1600 presque toute la Savoie.
Gênes ayant recouvré sa liberté par leâ bienfaits de l'illustre André Doria qui, en qualité d'amiral, avait passé du service des Français à celui de l'empereur , établit une constitution aristocratique sur les doges avec une ancienne et une nouvelle noblesse. Cette république s'est vue près de perdre sa liberté par la conjuration de Louis Fiesque (1547). Un sang illustre, de grandes richesses et l'appui de la France, inspirent à ce jeune homme ambitieux une fierté qui lui fait dédaigner d avoir ses concitoyens pour égaux ; il voulait régner sur sa patrie à la , faveur d'une conjuration tramée avec la plus étonnante habileté. Un accident fit noyer le factieux au moment où ses partisans, se déployant à propos, lui allaient livrer la ville; les Doria furent sauvés, et la liberté fut raffermie. Cependant, dans cette conjuration , Gènes perd toute sa considération au dehors, et, dépouillée de ses autres colonies, elle lutte avec peine contre la Corse qui lui reste encore, mais qui lui refuse le pouvoir.
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Alexandre.— Catherine (1600).
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Alexandre ©e Médicis, grand-duc. — Le grand-duché de Toscane comprend les anciennes républiques de Florence, de Pise, de Sienne. Florence était déjà très-riche au sixième siècle, lorsqu'elle fut prise et ruinée par Totila , roi des Goihs. Elle appartint successivement aux descendants de Gharlemagne, aoz Bérenger, rois d*Italie, et enfin aux empereurs d'Allemagne. La mort d*un jeune gentilhomme, nommé Buondelmonte, assassiné pour avoir violé ses engagements envers une duchesse qu'il avait promis d'épouser, divisa la noblesse en deux partis , les Boondelmonii et les Uberti. Ces deux factions causèrent dans Florence les plus grands désordres. Plus tard, deux autres partis déchirèrent cette république , les Blancs et les JVoirs, Cependant Florence , remportant toujours de grands avantages sur ses ennemis, subjugua enfin la florissante république de Pise et devint le chef-lieu de toute la Toscane.
Depuis an siècle les Florentins se distinguaient par le com« merce et par les beaux-arts. Les Médicis étaient à la tète de cette nation polie. Jamais famille n'acquit la puissance à de plus justes titres ; elle l'obtint à force de bienfaits, de talents et de Tenus. C'est au quinzième siècle que les Médicis commencèrent à être célèbres dans toute l'Europe ; Jean posséda toutes les charges de la république sans les avoir briguées. Son fils
Côme fut UD des pios gnnds hommes et des plas habiles poli tiques de son siècle, et mérita le beau titre de père de la patrie. Sa réputation valut à ses descendants la principale autorité de la Toscane. Son fils l'administra sous le nom de gonfalonnier. Ses deux petit-fils, Laurent et Julien, maîtres de la république, furent assassinés dans une église par des conjurés de Ja famille des Pazzi, Florentins , favoris de Sixte IV, au moment où Ton élevait Tbostie. Julien en mourut ; Laurent échappa. Ils furent vengés par leurs concitoyens qui massacrèrent tous les conspirateurs qu'ils rencontrèrent ; parmi eux se faisaient remarquer Salviali, archevêque de Florence, et le prêtre Stéphano. Laurent fut surnommé le père des Muses, Il égala le grand Côme par ses bienfaits et le surpassa par sa magnificence. Ce fut alors que Florence fut comparable à Tancienne Athènes. On vit à la fois le prince Pic de La Mirandole , Politiano Lascaris , savants que Laurent rassemblait autour de lui. Pierre, son fils, eut comme lui Tautorité principale et presque souveraine dans la Toscane. Les Florentins s'étant liés avec les ennemis de Charles- Quint, cet empereur assiégea Florence» la prit et érigea cette république en duché, qu'il donna à Alexandre deMédicis, neveu du pape Léon X, pour qu il fût transmis à sa postérité (1529). Son fils Côme reçut du pape Pie V le titre de grand-duc, La république de Sienne, dont Charles-Quint s'était emparé ^ fut donnée par Philippe II, son fils, au grand-due, à titre d'arrièrefief d'Ëspagnp.
Venise, que nous avons vue jouer un si grand rôle dans les guerres d'Italie , est rétablie par son adroite politique du coup de la ligue de Cambrai , et reprend l'empire du golfe Adriatique ; mais elle fait de vains efforts pour recouvrer Fempire de TOrient que l'Occident vient de lui ravir ; tandis qu'attaquée par les Hongrois et les Turcs, elle perd presque toute la DalmaOe; Barberousse lui fait essuyer de nouveaux revers ( 1537-1570). Philippe il et le pape se joignent aux Vénitiens, et don Jua» d'Autriche, fils naturel de Charles-Quint, chef des armées chréliennes, bat la flotte turque en 1571 aux îles Curzolari, près de Lépanle; mais il ne peut profiter de sa victoire : Venise est forcée de faire la paix (1573) , elle abandonne Chtfprew^Q Tespoir de recouvrer les places qu'elle a perdues dans la Dalmatie
et dans VMbaniê, Mais les Turcs n*exëcatent pas celte condition, et le commerce du Levant , déjà affaibli par les conquêtes des Portugais en Jsie , tombe encore davantage par les revers des Vénitiens,
Le dernier prince de la maison de Médicis fut Jean Gaston ; n'ayant pas d'enfants, il reconnut pour son héritier François, duc de Lorraine et de Bar , qui avait épousé Marie-Thérèse , fille de Charles VI , à condition que Stanislas , roi détrôné de Pologne, aurait , sa vie durant , la jouissance de la Lorraine. Après ce prince , cette province fut réunie à la France sous l^ouis XV. — Gaston mourut en 1737.
En 1801 , au traité de Lunéville, la Toscane fut érigée en royaume , sous le nom de royaume d'Ëtrurie , en faveur du prince Louis, fils du duc de Parme , qui mourut en 1805. Quatre ans après, ce nouvel Etat était réuni à Tempire français, dont il fit partie jusqu'en 181 4. Le congrès de Vienne le restitua à Tarchiduc Ferdinand d'Autriche.
Tableau généalogique de la famille des Médicis, dans les Généalogies européennes de Tauteur.
Allemagne,
GUEARE D*AUTltICHE.
Durée 300 ans.
En France, depuis Louis XII jusqu'à Louis XV ; en Allemagne i depuis Maximilien jusqu^à Marie*Tbérèse.
En généfal, les grandes acquisitions delà maison d'Autriche, acquisitions qui peuvent se diviser en trois parties, savoir :
1. L'acquisition des Pays-Bas et de la Franche-Gomlé par le mariage de Maximilien avec Marie, héritière de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne (1477).
2. L'acquisition de PEspagne, de Naples et de la Sicile, par le mariage de Philippe le Beau avec Jeanne la Folle, héritière de ce pays par Ferdinand V et Isabelle.
3. L'acquisition du Milanais par Charles V, nommé à l'empire de préférence à François i*', roi de Fraace; de là rivalité de ces deux princes»
Ces potiettioui, faisant de Cbarles-Quint le plus puissant monarque, lui inspirèrent des idées de monarchie universelle, des projets de rétablir l'ancien empire de Charlemagne, de sorte que François l** était le champion de l'indépendance de TEurope qui , ne comprenant pas sa position, combattit pourtant quelquefois contre lui sous les drapeaux de son rival. Ainsi , à travers les motil^ qui sembleront mettre les armes à la main de ces deux princes, il faudra voir toujours pour première et principale cause de ces guerres sanglantes, d'un côté un dessein d'envahissement et de domination absolue, de l'autre un combat pour conserver Tindépendance et même l'existence qu'on veut lui ravir. C'est toujours à cette cause qu'il faudra remonter pour bien comprendre la lutte qui va s'engager entre Charles-Quint et François !«-.
RlVAUTÉ DE ChARLES»Q71NT ET DE FfiANÇOIS I**^. — La SUC-
cession d'Autriche vient de s*ouvrir par la mort de Maximîlien. Mêlé dans toutes les aOaires de TËurope , le premier à les faire nattre et à les abandonner , tour à tour ami et ennemi de la France , de Venise , des papes et des Suisses , toujours acteur subalterne avec le titre le plus éminent, indigent avec de grands Etats , âme faible avec un esprit ardent , et méprisé malgré des talents et des vertus , Maximîlien a terminé une carrière bizarre par le projet plus bizarre encore de se faire coadjuteur de Léon.
L'empire qu'il laisse vacant a reçu sur la fin de son régne le principe de la plus grande agitation. L'Allemagne est menacée d'un embrasement qui doit bientôt se communiquer à l'Europe entière. Le moine Zu^^ a ranimé les dogmes de PFiclef; il a attaqué les sacrements, la hiérarchie, les vœux des religieux, la puissance 9 la juridiction et les richesses des ecclésiastiques , et il s'est soustrait publiquement à Tautorité des pontifes.
La Saxe vient d'applaudir à la hardiesse de son novateur ; et l'électeur Frédéric , révéré comme un des plus sages princes de son temp& , « est déclaré hautement le protecteur des opinions nouvelles.
Les menac's du clergé et les anathèmes qu'il a lancés sur la tête du réformateur n'ont fait qu'accréditer sa doctrine; elle s'est répandiie dans l'Allemagne , et déjà ce vaste corps voit ses membres divisés par les disputes de religion.
C'est dans des circonstances si difficiles que les électeur assemblés délibérèrent sur le choix d'un chef. Deux concurrents i sollicitent lears suffrages, François I'', roi de France, et
Charles » petit-fils deMaximilien , du c6té paternel, et petit-fils d'Isabelle de Gastille et de Ferdinand le Catholique, roi d'Espagne.
François fait parler en sa faveur sa puissance , son voisinage • les victoires qui Tont déjà rendu célèbre, et surtout celle de Harîgnan , où sa valeur a triomphé des plus redoutables guerriers de rÉurope.
Charles, qui montre des possessions plus vastes encore, invoque des droits tirés de sa famille , qui a tenu si longtemps le sceptre impérial , et se présente comme le défenseur naturel de rAllemagne par la situation des Etats que lui laisse Maximilien.
Cette raison et la vue des grands fiefs réunis récemment à la couronne de France , qui fait craindre un sort pareil aux princes de Germanie, parlant contre François I*', les suffrages se décident pour Charles. Le roi de France, qui frémit de la préférence qu'on a donnée à son rival , brûle de l'en punir, et, pour assurer sa vengeance , invite Henri VIII à une entrevue afin d'engager ce prince dans sa querelle*
Charles-Quint, prévoyant les desseins de son ennemi, va en Angleterre, s'avance jusqu'à Cantorbéry, résolu de prévenir, par une démarche extraordinaire , les suites de la conférence des deux rois. Là , il met tout en œuvre pour s'attacher Henri , et il en saisit l'infaillible moyen.
Wolsey, fils d'un boucher, né avec des talents , quelque génie et beaucoup d'adresse, a eu l'art de franchir l'intervalle immense que sa naissance a mis entre lui et la cour. A force de souplesse il s'est approché du trône , il a attiré les regards, il s'est concilié rapidement la faveur , et bientôt il a été comblé de grâces. Devenu évêque d'York , décoré de la pourpre, confident de son roi, principal dépositaire de son autorité, préire mondain, prélat fastueux, mais ministre habile et courtisan le plus délié qui fut jamais , il est parvenu à prendre sur lesprit de son maître un empire qui n'a plus de bornes, et règne despotiqueroent sur un peuple qui le déteste.
C'est à gagner ce ministre que Charles applique ses vues. Il flatte cet homme vain par des déférences inouïes ; il fait briller aux yeux de cet ambitieux l'éclat de la tiare , qu'il ne balance point à lui promettre» et, sûr de trouver dans ce cardinal un
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puissant ami qui. rompra les mesures de François, il passe eD Allemagne où il se fait couronner.
L'entrevue des deux rois tournant au gré des vœux de Charles, François est réduit à lutter avec ses seules forces contre la puissance de TÂutriche. Cependant Tespérance n'abandonne point le monarque. L'empereur, obligé de ménager le pape, a condamné Luther, et cette proscription a indisposé contre lui les princes qui favorisent ce sectaire. Il a confié TEspagne à son précepteur Adrien ; et ce prélat , aussi faible que pieux , voit le royaume armé contre lui , se jouant de son autorité et se livrant à tous les désordres de la licence et de la révolte.
Le traité de Noyon n'était qu'une trêve qui donnait à chacun le temps de se préparer; François I®'', espérant profiter des troubles qui agitent les deux royaumes, se dispose à prendre les armes, et bientôt la guerre éclate entre les deux monarques.
PREUIËRB GUEBRB.
Prétextes : François !«' demande la restitution de la Navarre espagnole , d'après le traité de Noyon ; renouvelle ses prétentions sur le royaume de Naples ; prend le parti du duc de Bouillon , son vassal, dans un différend sur des droits de suzeraineté. Gharles-Quiot réclame Milan, comme fief de TEmpire ; la Bourgogne réunie à la France par Louis XI , comme partie de la succession de Charles le Téméraire.
Evénements : Charles attire dans son parti le pape et le roi d*Ang1eterre;Teniseserangedu côté de François !•' qui renouvelle son traité avec les Suisses. Battus à la Bicoque, Lautrec et Bonnivet sont chassés de Tllalie. François Sforce reçoit le Milanais des mains de Pempereur ; le connétable de Bourbon passe aux Espagnols ; les tentatives de rempereur sur la Provence sont malheureuses ; le roi de France passe en Italie et est fait prisonnier à la bataille de Pavie (1535).
Résultats : Traité de Madrid. François renonce : 1» à toutes ses prétentions sur ritalie; 2» à ta suzeraineté d3 la Flandre et de PArtois; 5» il cède la Bourgogne et donne ses deux fils en otage.
DEUXIÈME fiUBRRE.
Prétexte : Inexécution du traité de Madrid par François !«*, qui « en le signant, avait protesté en secret.
Evénements i Alliance du roi de France avec le pape, Venise, Henri YIII et Milan. Sac de Rome par le connétable de Bourbon qui y trouve la mort. Captivité du pape. Siège de Naples par Lautrec»
foreé de le lever par la pe»(e et la retraite d*An<iré Ooria , <Tui passe du côté de Tempereur. Paix de Cambrai (1529). Les conditions sont les mêmes que celles du traité de Madrid , à l'exception de ce qui concerne la Bourgogne et les enfants du roi.
Résultats z lo L'augmentation, en Italie, delà puissance de Tempereur, qui se fait couronner à Bologne par le pape Clément Vil ; 2o Pérection de Florence en duché héréditaire, en fa veurd* Alexandre de Médicis; 5<> rétablissement à Gênes d'une constitution aristocratique qui assure son indépendance.