VERRES D'EUROPE
ovE&as 9S1A svccESsioH d'sspaons. — Le fa iblc Charles IT, roi d'Espagne, dernier prince de la branche aînée d'Autriche, gagné par le comte d'Harcourt et le marquis de Torcy, révoque son premier testament en faveur du prince de Bavière, son plus proche liéritier, et lègue la monarchie d'Espagne au duc d'Anjou, second fils du Dauphin, fils de Louis XIV, qui avait épousé Marie-Thérèse, sceuf aînée de Charles II. Il meurt et Louis Xiv accepte le testament | le
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eue d'Ânlod os! proclamé à Madrid, sous fe nom Je Philippe Y. La succession d'Espagne consistait dans VEspagne, la Sardalgne, Naples, la Sicile, le Milanais, les Pays-Bas et les possessions aux deux Indes. Cette succession fut disputée par plusieurs prétendants. D*un côté le roi de France, Louis XIV, la demandait au nom de son petit-fils, comme liéritier légitime, appelé de plus' par le testament du dernier roi. De l'autre, Tempereur Léopold la réclamait comme chef du nom de la famille d'Autriche, comme époux de Marie-Thérèse, sœur cadette du roi d*Espagne, et en vertu du testament de Philippe IV*
Les autres prétendants étaient : i^ Monsieur, firère de Louis l^IV, comme fils d*Anne d'Autriche, fille aînée de Philippe III ; 2» i*archidue Charles, fils de Tempereur Léopold, fils de Marie-Anne-d*Autriche, seconde fille de Philippe III ; S» Yictor-Amédée, duc de Savoie, descendant de Charles-Emmanuel, son bisaïeul, qui avait épousé Catherine, fille de Philippe, roi d'Espagne.
Il en résulta une guerre universelle entre TAngleterre, TAllemagne, la Hollande, le Portugal, la Prusse, etc., d'un côté, et la France, soutenue d'une partie de l'Espagne, de Pautre.
Les alliés remportèrent de grandes victoires; mais au moment où Ils se disposaient à marcher sur Paris, la décisive bataille de Denain (171S), gagnée par le maréchal de Villars, vint changer la face des affaires. Les hostilités furent suspendues, les conférences pour la paix reprises, et Villars, aussi bon négociateur que grand général, fit que la France et l'Espagne, malgré leurs défaites réitérées pendant douze ans, obtinrent une grande partie de ce qu'elles avaient voulu au commencement de cette guerre. Le célèbre Churchill, nommé Marl^ borùughj fut alors le héros des Anglais, et Eugène, celui des Impériaux. Le duc de Vendôme sauva l'Espagne, et Ileinsius conduisit les affaires de Hollande. Enfin le ministère whig étant tombé en Angleterre et Mariborough ayant été rappelé, les tories voulurent terminer une guerre qui ruinait leur pays et ne pouvait lui rapporter aucun véritable profit. D'un autre côté Joseph I«r étant mort, et son frère et ton successeur Charles VI se trouvant le dernier héritier de la maison d'Hapsbourg, il était peu probable que les puissances consentissent à voir réunies sur la même tète les couronnes d'Autriche et d'Espagne, de sorte que la paix devenait nécessaire et que la France obtint des conditions qu'elle n'aurait pu espérer quelques années plus tôt.
Les combats les plus fameux furent ceux de Ghiari, Luzara, Cassano, Bleinheim ou Hochstei, Ramillies, Almanza, Malplaquet, Villa- ▼iciosa, Àudeoarde, Denain.
TRAITÉ D'UTRECBT CIV 171».
La monarchie espagnole fut démembrée, et chacun des divers prétendants en obtint quelque chose, lo La maison de Bourbon eut l'Espagne et les colonies.
•li IS* SIÊCLC
2* La maison d* Autriche eul le« Pays-Dai, le Milanais, Naples et )a Sardaigne.
S« La maison de Savoie eut la succession éventuelle de TEspagnei et la possession immédiate de la Sicile.
4« L^Angleterre obtint Gibraltar qu'elle a toujours conservé depu^ Ninorque, Terre-Neuve, et de grands avantages de commerce.
5« La Hollande obtint une barrière de places fortes pour la garantir contre la France.
6« L'électeur de Brandebourg fut reconnu roi de Prusse.
7* Il fut stipulé que les couronnes d'Espagne et de France ne pourraient jamais être réunies.
Les principaux ambassadeurs au congrès furent, pour la France le maréchal d*Uxelles, l'abbé dePolignac, depuis cardinal; pour l'Angleterre, le comte de Slrafiford ; pour Pempereur, le comte de Zinaeodorf ; pour la Savoie, le comte de Mafi^i.
A FAiRi : Tablbau synoptique de la guerre de la SuecessioH,avec ie* contemporains.
Voir les généalogies de TEurope, par l'auteur.
CONSÉQUENCES
loLes traités qui résultèrent de la guerre de la Succession firent disparaître Tancienne rivalité de la France et de PEspagne qui avait si longtemps agité TEurope.
S» La cession à TAulriche des Pays-Bas espagnols, de NapTes, etc., rétablit réquilibre européen que la France avait menacé derompre.
3» L'influence de TAnglelerre sur les affaires du continent fut considérablement accrue.
4* De puissance maritime la Hollande devint presque puissance continentale, et ce fut là la cause et Torigine de sa décadence.
SUCCESSION DB POLOOVB. — La cause de cette guerre est Télection au trône de Pologne, en 1734. Charles Xll,roi de Suède, détrôna Auguste, roi de Pologne, et fit élire Stanislas Leczinski à sa place. Lors des revers de Charles XII, Auguste remonta sur le trône, et Stanislas, proscrit, fut réduit A prendre la fuite. Une intrigue de cour lit épouser sa fille à Louis XV, et plaça ainsi sa famille sur le trône de France. Tel était l'état des choses , lorsque Auguste mourut ; sa couronne devint un objet de dispute entre Auguste Ht, son fils, et Stanislas, qui fut légitimement réélu. L'Autriche et la Russie soutinrent Auguste III, et la France se déclara pour Stanislas. Il s^ensuivit une guerre, dans laquelle l'empire se réunit à la maison d'Autriche, tandis que l'Espagne et la Savoie s*allièrent à la France.
Jamais guerre ne fut plus courte et plus décisive; en deux campagnes, les Français, sous le vieux maréchal de Villars, les Piémootais, sous leur roi, saisirent le Milanais et menacèrent Us provinces allemandes, tandis que don Carlos et le duc deMortemart conquirent Naples et la Sicile.
Ainsi la dispute s'éleva au sujet de la Pologne^ et Torage éclata sur 1 1talie. La paix se fit à ces conditions :
i$* SIÈCLE. 595
1» Aiiffuste demeura roi de Poïo|çiie. ♦
2« Stanislas consftrva son litre de roi , recouvra ses biens «n Polof^ne, et recul la Lorraine qui, à sa mort, fut réunie à la France, €D 1767.
S* Le duc de Lorraine fut envoyé en Toscane, prise, ainsi que Parme, à l'Espagne, dont le roi avait pour femme rhéritière de ces deux duchés.
4» Don Carios, le fils atné de ce mariage, fut indemnisé par la couronne des Iteux-Siciles, avec cette condition expresse qu'elle ne pourrait jamais être réunie à celle d*Espagne.
6^ Le roi de Sardaigne acquit quelques districts dans le Milanais.
6» L*empereur rendit les Deux-Siciles, et reçut le duché de Parme.
A FAiBE : Table \u synoptique de la succession de Pologne, — Princes contemporains.
•vccsssion n^AVTAicBii (1740 à 174A). — La «iccession d^Autriche consistait dans TAutriche, le Tyrol. le Brisgaw, la Bohême, la Silésie, la Hongrie, le Milanais, Mantoue, Parme. Elle fut disputée par plusieurs prétendants:
f Marie-Thérèse, fille aînée de Charles VI, réclamait toute la suc* cession, en vertu du testament public et solennel de son père, si connu sous le nom de pragmatique sanction, et qui avait été garanti par la plirs grande partie de TEurope.
9^ Le duc de Bavière la réclamait aussi du chef de sa quatrième grand*mère, appelée, par son contrat de mariage, à la succession de Ferdinand, son père, en cas d^exiinction de la postérité mâle.
3* L'électeur de Saxe, roi de Pologne, se présentait en qualité d*époux de la fille ainée de Joseph, frère aîné de Charles, et récUmait pour sa femme le droit d'atnesse, après Textinction des mâles.
4« Le roi d^Espagne se donnait pour le représentant mâle de la branche aînée d'Autriche, et prétendait succéd«ff à la caetle au moment de son extinction masculine.
50 Le roi de Prusse réclamait la plus grande partie de la Silésie, en vertu de certains droits méconnus jusque-là par les empereurs , à caose de leur puissance et de sa faiblesse.
La France, TEspagne^ la Bavière, Naples et la Prusse, durant la plus grande partie de la guerre, furent d'un c6lé; l'Autriche, rAngle* terre, la Hollande, la Savoie et la Russie, furent de l'autre.
L'intention de la France, qui fut un des principaux moteurs de la guerre, était de détruire la monarchie autrichienne et de partager les débris de la couronne impériale, afin de s'assurer, en Europe, de la prépondérance qu'elle avait perdue depuis la guerre de la succession d'Espagne. Elle se donna pour alliés les princes qui prétendaient à l'héritage de Charles VI, et commença l'exécution d^un projet insensé et qui ne devait jamais s'accomplir. L'Angleterre, qui vit le danger, embrassa la cause de l'Autriche. L'Allemagne, les P^ys-Bas et l'iialie (îurenl succesûveisent le théâtre de la guerre.
•16 18* SifcCLE.
D^TELOPPEMEKT.
Jamais goerre ne fat plus fertile en événements « chaqoe partf ayant éprouvé tour à tour, par des causes inattendues, les faveurs les plus complètes et les disgrâces les plus cruelles de la fortune. Les actions les plus fameuses furent la retraite de Prague, les batailles de Dettingen, Fontenoy, Lawfeld, Raucoux,la «prise et la révolte de Gênes, la reddition de Berg-op-Zooro. Les généraux les plus remarquables furent : le prince de Lorraine, pour TAutricbe; le roi de Prusse; le duc de Gumberland, pour TAngleterre; les deux Belle-Isle, pour la France, ainsi que les maréchaux de Saxe et de Lowendal , fils naturels des rois de Pologne et de Danemark.
Tbaité d*âix-lâ-Ghapelle. — i« Marie-Thérèse obtînt la Buccession de son père Gharles YI, à Texception de la Silésie cédée au roi de Prusse, et du duché de Parme cédé à une branche de la maison d'Espagne : la Bavière fut conquise et dévastée par les Autrichiens; son duc, élu empereur sous le nom de Gharles VII, par Tinfluence des Français, mourut misérable, hors de son électorat, que ses enfants furent heureux de retrouver à la paix; â^Télecteur de Saxe, roi de Pologne, abandonna ses prétentions pour une somme d*argent; Z^ le roi d'Espagne obtint Parme, Plaisance et Guastalla pour son frère don Philippe ; 4^ le roi de Prusse conquit et garda la Silésie; 5<* le roi deSardaigne acquit plusieurs districts du Milanais; 6^ la succession du trône d'Angleterre et de ses Etats en Allemagne fat garantie à la maison de Hanovre.
Les principaux ambassadeurs furent : pour TAutriche, le comte de Kaunitz ; pour la France, le comte de Saint-Severin^ pour TEspagne , don Lima ; pour la république hollandaise , le comte de Bentinck.
A FAIRE : Tableau synoptique de la guerre de la êuccesêùm d'Autriche,^ Princes contemporains.
CONSÉQUENCES
1« Ce traité renversa pour toujours le projet insensé de Tanéantis* sèment delà monarchie autrichienne qui, malgré ses pertes, demeura au rang des premières puissances.
2» L'Angleterre, qui avait fourni des subsides aux puissances belligérantes, eut la direction de la guerre, et par conséquent de la pais
en Europe; 8a puissance maritime augnn^nlant aussi avec rapidité, rien ne lui parut impossil>le. Sa dette 8*accrut énormément.
5» La Russie intervint, pour la première fois, dans les affaires de l'Europe occidentale et commença à y exercer de 1*influence.
4» La Prusse 8*éleya au rang; des premières puissances et excita la jalousie de TEurope qui va bientôt lui déclarer la guerre.
GuEBRE DE Sept Ans. — Les causes de celte guerre furent une légère querelle entre la Friance et TAngleterre, pour quelques terrains sauvages dans TAcadie (au sud du golfe Saîntliaurent)* Cette querelle inspira une nouvelle politique à tous les souverains de TEurope. La France avait cédé à TAngleterre, par le traité d'Utrecht (1715), TAcadie , voisine du Canada, avec toutes ses anciennes limites ; mais on n*avaii pas spécifié quelles étaient ces limites. Les Anglais et les Français, pour régler quelque chose à cet égard , ouvrirent des conférences en 1750; mais V Angleterre se hâta d*attaquer sa rivale près de nie de Terre-Neuve, et la guerre commença. Elle 8*étendit dans tous les points du monde , et emhrassa une partie de TEurope* Le roi d*Angleterre fit un traité avec le roi de Prusse (1756) , Frédéric II , et la France avec TAutriche. Ceux qui se distinguèrent du côté des Français sont : La Calissonnière, le maréchal de Richelieu, le comte de Clermont, le due de Broglie et le maréchal d'Estrées; du côté des Anglais, IV mirai Bing, Ferdinand de Brunswick » le général Wolf, Famiral Haw».
Les principales hatailles furent : Lowosîtz, gagnée parle roi de Prusse; Hastenbeck, gagnée par le comte d*Estrées; Rosbach , par Frédéric ; Créfeld et Minden , par le duc de Brunsiwîck; Kunersdorf, perdue par Frédéric; Bukersdorf, gagnée par lui.
Guillaume Pitt, nommé depuis lord Cbatham , contribua puissammenl à élever la fortune de TAngleterre. L'histoire des Campagnes de Frédéric II , roi de Prusse , pendant le cours de cette guerre, est Tune des plus intéressantes et des plus instructives à la fois pour Tbomme de lettres et le tacticien. Il lutta presque seul contre les autres puissances, supportant les revers avec fermeté et ne négligeant aucune occasion de s*emparer de la victoire.
Les premières négociations furent conduites par le duc de
OSH «H* SiÈCLB.
Nivernais , 4 Londres ; par le due dé Bedfort , ^ Paris. Le 3 no^ vembre 1761 , on signa à Fontainebleau les préliminaires de la paix ; TÂngleterre d*une part , la France et TEspagne de Pautre* Ce traité fut converti en paix définitive à Paris, le 10 fé* vrier i 763.
Traité de Paris, en 1765. — La France renonça à toutes ses prétentions sur la Nouvel le- Ecosse , et céda le cap Breton et le Canada. Elle conserva une part aux pèches de Terre-Neuve avec les petites îles de Saint-Pierre et de Miquelon. Le Mississipi fut déterminé pour limite entre les colonies anglaises et la Louisiane.
Aux Indes occidentales » la France céda la Grenade k rÂii-> gleterre » et celle-ci conserva en propriété les ties , auparavant neutres , de SaintrVincent » la Dominique et Tabago. Les aotrea conquêtes furent restituées.
En Afrique , la France céda le Sénégal et reprit Corée. Aux Indes orientales , on restitua à la France tout ce qu'elle possédait en 1749, y compris -Pondichéry , et elle renonça à ses acquisitions postérieures.
En Europe, l'Angleterre recouvre Hle de Minorqœ. On convint , de plus , que le Hanovre et Tempire seraient évacués par les troupes françaises» et que la France resterait neutre dans la guerre de la Prusse avec FAutriche.
L*Espagne céda les Fiorides à TAngleterre, et par suite de cette clause la France s'engagea, par un traité particulier, à céder la Louisiane à son alliée (ce traité ne fut exécuté qu'en 1769).
L'Angleterre rendit Cuba et la Havane , mais elle conserva le droit d'aller prendre du bois de campéche dans la baie de Honduras.
Le Portugal fut aussi compris dans le traité, et recouvra tout ce qu'on lui -avait enlevé.
I» Par ce traité le système politique que Frédéric II avait voulu fonder en Europe fui consolidé, et l'AuLriche et la Prusse restèrent les puissances prépondérantes.
S« L'Angleterre, qui avait détruit les forces navales de ses ennemis, sVmpara de tout le commerce des colonies, et se troiivjjnt toutepuissante sur mer, fit sa législation sur les neuires qui lui assurait
!«• fclÈCLK. / 6t»
ta monopole do commerce et ii*esl qu*an abm de la fSorce, en droit politique.
A FAiBK ; Tableau synoptique de la guerre de Sept Ans, — Princes contemporains.
Guerre de la succession de Bavière* — Causée. La branche électorale de Bavière s*éteignit dans la personne de Maximîlien* Joseph en 1777. L'électeur palatin, chef de la branche de Wîtteisbach, se trouvait son héritier naturel; cependant quatre concarrentsse présentèrent; c'étaient : i® Tempereur Joseph II; 2*> rimpératrice Marie-Thérèse, sa mère; 3® l'électrice douairière de Saxe; 4® le duc de Mecklembourg-Schwerin. L'Autriche força, par le traité de Vienne, l'électeur palatin de lui céder la Basse-Bavière et détruisit ainsi toute la constitution de l'empire. Le roi de Prusse mit une armée sur pied et força l'Autriche à la paix; elle fut signée à Teschen (Sitésie autrichienne) en i779, et se fit par la médiation de la France et de l'irapélatrice de Russie.
Traité de Teschen. — L*électeur palatin entra en possession des biens et fiefs possédés par la maison de Bavière. L'Âulriclie, tout en renonçant aux clauses du traité de Vienne, conserva une portion de la Basse-Bavière, mais elle promit de ne pas s'opposer à la réunion des margraviats de Bayreuth et d'Ânspach à la monarchie prussienne; on donna à la Saxe une indemnité d'argent.
Joseph II voulut quelque temps après acquérir la Bavière par échange; mais le grand Frédéric déjoua ses projets par la confédération des princes allemands , comme nous l'avoiis dit.
mÈGNS DS 108BPH IX. — Ce prince employa les premières années de son règne à parcourir les royaumes qu'il devail poiiséder un Jour, et ensuite divers pays voisins , dans lesquels il examina avec le plus IP'and soin les monuments et les chefs-d'œuvre. Il prépara, de concert avec Catherine 11, te démembrement de la Pologne, dont chacune des trois puissances s'attribuait la portion qui lui convenait. Joseph II hérita, en 1760, de rAllemagne et de La Hongrie; il entra dans Passociation proposée par Catherine 11 aux puissances du Nord, sous le nom de neutralité armée. D'après cette neutralité, les vaisseaux neutres pouvaient naviguer librement d'un port '.un autre et sur les côtes des 'puissantes belligérantes, et les propriétés des nations ennemies étaieni garanties sur o«>s vaUseauz« sauf toutefois celles qui seraient de con-
trebtnde. Il itrolita de la Iranquillilé dont ses Etats Jouissaient an dehors , pour commencer à faire, dans Tadminislration intérieure » plusieurs changements qui occasionnèrent une grande agilaiion* Us règlements minutieux qu*il publia sur les cérémonies de TEglise le faisaient appeler par le 'roi de Prusse : Mon frère le sacristain. Il mounit en 1700, et son frère Léopold H lui succéda. Ce prince paisi* ble se préparait cependant à prendre les armes pour délivrer son beaufrère Louis XVI, lorsqu*il mourut en 1792.
Snède.
9teAZTB 9B CRARLBS SIX A PVLTA^VA. •* NOUS aVOUS lafSSé ,
au dix-septième siècle, la Suède, après l'abdication de Christine, sous le gouvernement de Charles-Gustave, son cousin, qui prit le nom de Charles X. Son fils, Charles XI, lui succéda. Malgré ses succès contre Christian V, roi de Danemark , il perdllles places quMl possédait en Poméranie. Il rendil le pouvoir indépendant des lois. Charles XII, soa fils et son successeur, monta à quinze ans sur le trône. Il trouva un royaume bien réglé et le plus puissant du Nord,un trésor plein, des flottes et une armée bien entretenues. Mais il vil bientôt se réunir contre lui le Danemark , la Pologne et la Russie qui voulaient lut enlever sea provinces situées sur la Baltique, d où dépendait la grandeur politique de la Suède. Ces trois puissances l'attaquèrent à la fois. Charles commença par lé Danemark. Il débarqua dans 1*ile de Séeland , et força le roi à signer la paix de Travendal (Saxe).
Il défit ensuite les Russes à Narva , de là il marcha contre le roi de Pologne, le vainquit, le détrôna et mit à sa place Stanislas Leczimkl Pendant les cinq années qu'il passa en Pologne , la Russie prenait de nouvelles forces. Pierre le Grand avait soumis les provinces de la Baltique et fait d'autres conquêtes; il élevait une nouvelle capitale; enfin il s'empara de la Livonie. Charles , croyant soumettre la Russie aussi aisément que la Pologne , passa le Dnieper , traita avec les Cosaques qui lui promirent des secours et pénétra dans rCkraine. IfCs secours qu'il attendait de Pologne furent arrêtés par les Russes ; ceux que lui avait promis Mazeppa lui manquèrent ; il mit cependant le siège devant Pultawa , en 1700 ; le czar marcha contre lui et le vainquit complètement. Nulle autre bataille dans les temps modernes n'eut de plus graves conséquences: elle consolida, d'une part, tous les travaux entrepris par Pierre le Grand ; de rautre,elle renversa en un instant une puissance colossale, élevée trop haut pour pouvoir se sou' tenir. Charles, vaincu, se réfugia en Turquie. Le Danemark et la Pologne se crurent en droit de rompre les traités ; Auguste rentra en Pologne et Stanislas en fut chassé ; Pierre le Grand conserva la Livonie.
rACTIOH BBS BOffNBTS BT DBS GHAVBAUX EST SVÈDB. —
Charles XII, réfugié en Turquie, entreprit de faire déclarer la gu^rr^ a la Russie : il y réussit; mais le grand vizir fit subitement ta paix,
au lieu de profiler des chances favorables qu*il avait poor détruire rarmée russe commandée par Pierre le Grand, qui s^élait laissé entourer, ainsi que Charles Xll à Puliaiva. Celui-ci, après cinq ans de séjour en Turquie, s*échappa furtivement et arriva déguisé à Slra'sund, la seule ville qui lui restât hors de son royaume. Tout le Nord était contre lui et s*enrichi8sait de ses pertes ; soutenu par son génie et par les conseils de son ministre, le baron de Gortz. il se disposait a faire de nouveau la guerre, lorsquMl fut tué à Frédéricksbail. Les Sué» dois sacrifièrent Gorlz à leur mécontentement; ils firent des traités avec les puissances ennemies, et la Suède demeura fort pauvre. A la mort de Charles XII, on entreprit de détruire les abus d*un pouvoir illimité, et la Suède tomba dans l^anarchie; Taristocratie bVmpara dp toute Pautorilé, le trône devint électif, et le roi ne conserva qu*une vaine représentation. Ulrique-Eléonore, sœur cadette de Charles XII, fut placée sur le trône, et Taulorité passa entre les mains de son époux, le prince de Hesse. La faiblesse du gouvernement augmenta les maux de PEtat. La Franceet la Russie, voulant chacune gouverner la Suéde, y formèrent deux partis opposés : la faction âe& chapeaux, pour la France, voulait la prérogative royale absolue ; celle des bonnets, pour la Russie, voulait la prérogative du sénat.
Lecture. — Bistoire de Charles XII, par Voltaire.
mÉTOLimov BS6V±DB. —Gustave III, fils d'Adolphe-FrédéricIT, était en France lorsque son père mourut (1773) ; il se hâta de retour, ner en Suède. Il trouva le gouvernement en très-mauvais état; les factions existaient encore ; l'esprit de liberté avait dégénéré en anarchie et tous les droits étaient confondus. Le roi, sentant qu*une réforme était devenue nécessaire, commença par s'attacher le peuple et Tarmée : en affectant de soutenir la liberté suédoise, il leur peignit tous les maux de la nation, et leur fit entendre qu*un changement était indispensable. Gêné par les prétentions hautaines du sénat, il le fit enfermer et environner de troupes. 11 le força de signer une constitution qui rétablissait Tautorité royale ; elle fut acceptée solennellement par le roi et par le peuple ; Gustave s'en déclara le premier défenseur et promit de maintenir les droits du peuple.
Il fut assassiné dans un bal par un gentilhomme , au moment où il projetait de venir détruire la révolution française, â la tète des armées étrangères.
Lectdbe. — Histoire de Suède , dans les Esquisses historiquiê de l'auteur.
Portagal.
ES MA&Qvis VE POMBAL. — A la mort de Jean T (1750), son fils Joseph-Emmanuel monta sur le trône et remit la conduite des affaires au marquis de Pombal. L*administ ration de ce ministre est louable par les efforts quMl fit |K>ur opérer une réforme en Portugal et ramener l'ancienne prospérité; industrie, commerce, éducation, tout fut sou- Bùa à son examen tt perfectionné ; tout ce qui s'opposait à ses vuc^t
•»t i8« SIÊCLR.
nobleise et jétuiles, fttt renversé; cependant il ne put atteindre ton but, parce que la violence ne peut opérer une réforme durable, et tout ce qu'il avait fait fut détruit après sa mort.
9ÛBABTKBB BB LiaBOVHB. — Le 1er noveoibrc 1755, un affreux tremblement de terre ensevelit près de trente mille personnes sous let décombres de Lisbonne. En Espagne , ce fléau se fit ressentir aussi d'une manière funeste; la mer, s*élevant au-dessuf{ de la chaussée de Cadix, eogioutil tout ce qui se trouva sur son chemin.
Pologne.
pasaiiBA séMBaiBEBMBVT OB LA voLOdVB. — La Pologne,
entourée de voisins puissants que son anarchie rendait encore plus redoutables, devint pour ceux-ci une proie facile à saisir, et les querelles de religion vinrent encore accélérer sa ruine. La Russie et la Prusse intervinrent dans les débats de celte malheureuse nation, et finirent par signer, le 5 août 1772, un traité de partage, auquel participa l'Autriche. Cet acte s'accomplit aux yeux de toute l'Europe, et personne ne réclama, si ce n^esl quelques patriotes polonais.
IVSVRBBGTIOH BH POLOOHB, SOVS KOBSCXUCKO. — AprèS IC Se*
cond démembrement de la Pologne, tout espoir semblait anéanti pour les Polonais ; cependant les patriotes, réfugiés en pays étrangers, osèrent ne passe croire entièrement sans ressources. Ils trouvèrent dans Kosxciusko un homme capable, comme militaire, d^étre le chef d'Une révolution fomentée par lui. Sorti de la Pologne après le premier partage, il avait été^ en Amérique, aide de camp de Washington. La conspiration éclata dans Cracovie en 1795 , et bientôt aussi dans Varsovie mème,et Ton résolut, comme unique moyen de succès, de placer Koszciusko à la tète de la nation. Les espérances redoublèrent à l'attaque vaine de Varsovie par le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume II. Mais le sort des Polonais était entre les mains de leur chef ; il fut défait et pris par les Russes, commandés par Fersen. Le général russe Souwarbw arriva, assiégea et livra au carnage le faubourg de Pra^a. La Pologne cessa d'exister comme nalion.
T&OlaitMB BT BBBVIB& PJi&TJiOB DB LA VOLOORB , entre
la Russie, la Prusse et l'Autriche. ~ (Le second démembrement avajt eu lieu en 1792.) L'anéantissement de la Pologne entraîna la réunion de la Courlande, son ancien fief, à Pempire de Russie. Cette grande oeuvre Ait Pouvrage de l'impératrice Catherine, qui seule la préparait depuis trente ans
Rassie.
viBRBB LB 6BABB , 1696. — Avec la dynastie des Romanof , la i Russie commença à sortir de l'obscurité dans laquelle elle se trouvait plongée. Michel Fédérowitx et Alexis Mikaélowitz commencèrent une utile réforme dans les lois et dans les mœurs; mais la iius$ie n'eut que tard le grand homme qui, par son génie et ses efibris extraordi-
lA" SIÈCLE. ttSS
naires, la (ira de sa barbarie. Ce |>riBce fut Pierre Âlexiowilz , plus connu sous le nom de Pierre le Grand. A Tâge de yingt-cinq ans, il voyagea dans différentes contrées pour y apprendre à gouverner ses peuples, à les policer et à les éclairer , en introduisant parmi eux les arts et les sciences. Il fonda, sur le golfe de Finlande, la vijle de Saint- Pétersbourg, y transporta de Moscou le siège de son empire, et y établit un port et une flotte. Il vainquit complètement Charles XII à Pultavra (1709), et acquit une (elle supériorité sur la Suède qu^elle fut forcée de lui céder, oulre Tlngrie, la Livonie et d'autres terres. Dans le même temps qu'il réformait son état militaire, il fit fleurir dans son ^ empire les arts et les manufactures , inspira à ses sujets le goût des lettres, adoucit leurs mœurs, les fit voyager en Europe, entreprit luimême un second voyage, et exécuta un grand nombre de changements importants , non sans rencontrer de graves difficultés. Il mourut au milieu de ses vastes projets, âgé seulement de cinquante ans (1725).
Catherine P«, sa veuve, aidée de MenzikofF , qui régnait sous son nom, acheva les entreprises que Pierre ^avait commencées. On voit se succéder sur le trône Pierre II, qui exila Menzikoff en Sibérie; Anne, qui forma une alliance avec Thamas-Kouli-Kan , et dont le favori Biren exerça tant d'actes de cruauté (son règne, fut signalé par un changement considérable dans la situation et dans la politique extérieure de la Russie ; les grands, qui s'efforçaient d'empiéter sur Tauto- torité des monarques , perdirent la direction des affaires , qui passa dans les mains des étrangers) ; Elisabeth, dont le règne fut glorieux : lors de la guerre de Sept Ans, cette princesse s'unit avec la France et PAutriche contre le roi de Prusse. Avec cette dernière princesse t^éteignitla maison deRomanof ;cellede Holstein-Gottorplui succéda.
Tbayail. — Généalogie des Romanof,
MAIftOH BS aOLBTBIH-aOTTOKP , KÈGHB DB GATKSmiNB II,
— Pierre III, fils de la filte aînée de Pierre le Grand, monta sur Le trône en 1762, à la mort d'Elisabeth , sa tante. Il fit aussitôt la paix avec Frédéric II, roi de Prusse , dont il était l'admirateur. Son caractère bizarre et opiniâtre , sa prédilection pour la Prusse et le fiolstein , indisposèrent la nation contre lui. Une conspiration se trama. Pierre III fut arrêté, et on lui arracha|un acte d'abdication. Il fut assassiné dans sa prison , à Ropscha, par Alexis Orloff et ses complices.
— Catherine II, son épouse, princesse d'Anbalt-Zerbst, monta sur le trône. Le règne de cette princesse a été un des plus brillants de l'histoire moderne : elle poursuivit avec fermeté et avec sagesse les plans formés par Pierre le Grand pour la civilisation de la Russie, et, en outre, elle porta ses armes victorieuses jusqu'à la mer Noire, et forma le projet d'établir le siège de la puissance russe à Constantinople.
Cette grande princesse s'appliqua à peupler son empire en y appelant des colons, en y encourageant l'industrie, le commerce, les lettres elles sciences. Elle mourut en 1796.
Travail. — Généalogie de la maison de Holstein-Gotlorp.
Vi% I8« SifcCLE.
Tnrqale.
' ovsBms BBS Tvmc0 BT ses véiiiTXBVSBir1715. — Les Turcs, Jaloux de posséder la Morée tout entière , cherchaient un prétexte pour déclarer la guerre aux Vénitiens ; ils s'emparèrent de toute la Morée, de Tile de Cérigo,et assiégèrent Corfou. Mais pendant ce temps, TAutriche vint au secours de son allié; le prince Eugène fit lever le •iége de CorfOu et gagna la célèbre bataille de Péterwaradin: il s^einpara de la Servie, de la Valachie , ensuite de Belgrade et de plusieurs autres places. Les Vénitiens de leur côié réparaient leurs perles : ils s'emparaient des villes de TAIbanie , de TEpire et de la Dalmatie. Ces succès amenèrent le traité de Passarowiiz , en 1718 , entre les puissances maritimes : 1» TAut riche conserva Belgrade, la Valachie, la Servie; 30 les Vénitiens gardèrent les villes de la Dalmatie qu'ils avaient soumises ; S<* la Morée et Cérigo furent cédées aux Turcs par les Vénitiens. L'Autriche conclut en même temps un traité avec la Porte, qui lui donna entière liberté de commerce dans tous ses ports.
Asie.
THAMAS-KOVLX-KAB. — Ce Chef ambîtleux naquit dans le Koraçan où il était paire; mais , cédant à son g^nie actif, il devint chef de brigands. Il faisait ce métier, lorsque, avecdi^ux ou trois mille hommes, il vint offrir ses services au prince Schah-Thamas, et changea son nom de îïadir en celui de Thamas-Kouli-Kan^qui signifie esclave du prince Thamas. Il battit les Afghans et les força de se retirer sur les frontières de Tinde. Bientôt il y pénétra lui-même en 1739, et se rendit maître de la personne du grand mogol, enleva de ce beau pays des trésors immenses, garda quelques-unes des provmces conquises et ne rendit la liberté au prince indien qu'à la charge de donner une très-forte somme. La guerre contre les Turcs n'ayant pas été heureuse, il fit avec eux la paix en 1746. Ikpuis celte dernière guerre il se livra à son caractère féroce, et par cette conduite donna lieu à de» soulèvements. Il fut assassiné par les chefs de son armée , le 11 juin 1754. Sa taille était de plus de six pieds, mais son regard n'annonçait rien de terrible; il avait quarante ans quand il mourut.
Colonie» Américaine».