TRAITÉS
AMifcmiQva. — Les États-Unis d^Amérique demeurent indépen* dants.
FBAircB. — On restitue les conquêtes faites en Amérique ; la France acquiert Tab»go, Saint-Pierre et Miquelon, et le droit de pêche à nie de Terre-Neuve. En Afrique , elle acquiert le Sénégal.
ssvAoïf B. — Elle conserve la Floride et nie de Minorque.
■ouAHBB. — Elle cède aux Anglais Négapalam et recouvre les autres colonies.
ABOLaTBKRS. — Oo rcstiluc les conquêtes de part et d*autre ; l'Angleterre acquiert la navigation libre dans toutes les mers des Indes.
BiteociATBvaft : Pour rAngleterre » lord Oswald ; pour TAmérique, Franklin I Adams.
Pour la France, le comte de Vergf^nes ; pour l*AngTéterre,1ord Fitz-Herbert ; pour TEspagn^, le comte d'Aranda.
Pour la Hollande, Berkenrode : poar rAngleterre , le duc de Hancbester.
covsTiTOTiow. — Les États ainsi émancipés s'anfrent d^im lien fédératif , et quelques légers chang<>ments dans chacun d'eux suffirent pour les réunir dans un intérêt commun. Le gouyernement fut 4l*abord faible et chancelant; mais les réformes introduites en 1789 dans la constitution lui donnèrent plus de force et de consistance. Le pouvoir exécutif fut confié à un président temporaire soits !a sar- ▼elHance du sénat; le pouvoir législatif s^exerça par le président ,1e sénat et un congrès composé de députés élus par chacun des Etats de rUnion. Ainsi le crédit de rctat fut fondé par le concours du peuple dans le règlement de toutes les affaires de finances. Washington , qui fût le premier président, montra autant d*habileté dans le gouvernement qu'il avait monlré de courage dans le combat , et les Etats-Unis entrèrent sous ses auspices dans une carrière de liberté et de prospérité qui va croissant de jour en jour.
LAKÉvoLVTiow DE BAiR T-DQMiNGUB. — La barbarie du commerce des noirs excitait depuis longtemps ('indignation d'une partie de l'Europe : des factions se formèrent pour soutenir la cause des esclaves. Le Danemark, le premier, ordonna Paboiilion de îa traite des nègres. Les Anglais déclamèrent beaucoup contre ce commerce d^hommes, mais ils ne Paholirent que longtemps après les Français. Il se forma à Paris une société d'amis des noirs, qui voulait l'abolilion entière de l'esclavage : leur influence sur les colonies eut lieu par les mulâtres qui se trouvaient à Paris. Dans les lies, et surtout à Saint- Domingue, les mulâtres animèrent les noirs, et tous se soulevèrent contre la tyrannie des blancs. Les plantations furent ravagées. Port* au-Prince livré aux flammes. La Convention envoya des commissaires qui n'apaisèrent point les troubles ; au contraire, les dissensions des blancs les fomentaient de plus en plus. Les ravages continuèrent ; après l'incendie dti Cap-Français, en 1785, la liberté des nègres fut proclamée. Les blancs, soutenus par l'Angleterre, s'emparèrent de plusieurs places ; mais le climat en fît périr un grand nombre. Ils quittèrent Saint- Dommgue en 1793. Les nègres y dominèrent sous la conduite de TouMaint-Louveriure, de Christophe, etc.
Asie.
MORT sa T1PVOO-8ABB. — Tippoo-Sacb, sultan deHysore, le plus redoutable ennemi des Anglais dans l'Inde, leur fait une guerre aeharnée. Iklais ceux-ci, renforcés par les troupes de Nizam et Talliance des Marattes, après avoir réduit ses deux principales forteresses, Vinvestissent dans sa capitale, Seringapatnara, où il accepte le 10 mars I79t une paix onéreuse. Tippoo-Saeb reprend bientôt les hostilités contre les Anglais, et envoie des ambassades au sultan de Caboul et à la république française, dont il accueille les citoyens. Eofin^ le marquia de
Wellpslfj, depuis lord Wellington, après s'être assuré de la neutralité des Marattes et deTalliance de Nizam, prend Sering^apatnam d'assaut le 4 mai 1799. Tippoo-Saeb s^ensevelit sous les débris de son trône et laisse par sa mort Pemptre de l*Inde aux Anglais.
BiÉaAarmES oams l^iissb. — Après la ebute de l*enip?re du Mogof et la paix de 1748, Dupleix et Labourdonnafe avaient fait d*importantes conquêtes dans rinde. Mais la désunion de ces deux capitaines rendît leurs efforts infructueux. Dupleix, après de nombreux succès, I assiège la capitale du MADuat; mais les Anglais, cotaiimandés par lord €live, la délifrent et détruisent Tarmée du général français. Après 'vette défaite , Dupleix est rappelé en France où il meurt de chagrin» Lally lui succède, prend aux Anglais lefort de SaintDavid, qu*jt rase: mais bientôt, assiégé dans Pondichéry , il est obligé de se rendre à discrétion en 1761. Quoique prisonnier de TAngleterre, il vint à Paris se constituer prisonnier à la Bastille. Pei^ de temps après, victime des calomnies de ses ennemis » il expie par une mort cruelle et in • Juste set désastres dans linde, où il avait perdu Cbandernagor et Pondichéry. A la même époque nous perdons toutes nos colonies dans les quatre parties du monde.
GKUTJB BB L*EBipiiiB sv BioGOL. — Après la mort du fameux Aureng-Zeb, arrivée en 1707, le vaste empire créé parce grand homme ne cessa d^être déchiré par les factions : les gouverneurs des provinces se rendirent indépendants de la couronne et les peuples secouèrent successivement leurs chaînes. Il ne larda pas à devenir la proie des Eu* ropéensyqui profitèrent des dissensions d*une multitude de chefs pour y établir leur domination*
EGLISE
BVLXB uvieBMiTVtf. — Sur la fin de sa vie, Louis XiV, qui avait iTabord approuvé les quatre fameuses propositions de Bossuet, accepta la bulle Unigenitus publiée par le pape Clément XI, en 1713, bulle qui condamnait les propositions et détruisait les libertés de TËglise gallicane. Elle fut le signal d*une division dans le clergé^ amena une véritable scission dans l'Eglise catholique de France et devint une nouvelle cause d^agitalion dans TEtat.
BBiii BB VIS VI. — VJsêemblée Constituante de France ne s'était pas contentée de publier divers décrets que le saint-siége regarda comme attentatoires à son autorité spirituelle, et qui devaient établir un schisme dans PEglise gallicane; elle avait aussi réuni au territoire . français la ville d'Avignon et le comtat Tenaissin, que le pape possédait depuis les treizième et quatorzième siècles.
Lors de la première coalition contre la France, le pape Pie Vf se rangea du côté de ie$ ennemis. Le 15 janvier, dans une émeute populaire i Rome, le secrétaire de la légation, Basseville, fut massacré. Trois ans après, le général Augereau marcha sur les Etats du pape ; les hostilités ces«^rent et furent reprises tour à tour ; mais le 98 dé«
cenbre 1797, une seconde émeute populaire s'éleva dans Rome contre Joseph Bonaparte» ambassadeur de France , dans laquelle le général français Duptiot fut tué : Tambassadeur, peu satisfait des mesures prises par le gouvernement papal pour le proléfj^er , quitta Rome. Une armée française, commandée par le général Berthier, y entra le 17 février 1798 , et proclama iur le Gampo-Vaccino la république fX)maine, gouvernée par des consuls, unsénatetuntribunat. Le pape fut conduit en France, et mourut à Valence, le 17 août 1799. Cepen» dant la république romaine n*eut pas une longue durée. Après les événements qui eurent lieu en 1799 dans la haute Italie, des troupes russes et napolitaines entrèrent, le 30 septembre, à Rome, qui fut remise le 3 Juillet à Pie VU, nommé pape, le 15 mars, par le conclave de Venise.
CARACTÈRE. — Puissance de la France.— Extension et tenta* tives de Te^prit de liberté. — Immense développement de r<ndustrie*
ÉVÉNEMENTS
RisTOiRB BB l'evaopb EN oÉRÉRAL. — 1800. Campagne , d'Italie. — Bataille db Marengo. — IBUl. Traité de Lunéville. —
1809. Guerre de Saint-Domingue. — 1804. Napoléon , empereur. — 1805. Bataille d'Aosterlitz. — Victoire des Anglais à Trafalgar.
j — 1806. Destruction de rem}>ire gerroani^n^e. — . Confédération du Rhin. —1807. P.iix de Tilsitl. -- 1808. Deuônpment de la famille d'Espagne. — 1809. Guerbe d*allbh agite. — Révolution de Suède. —
1810. 2« mariage de Napoléon. — 1811. Guerre d'Espagne. — 1819. Cahpagitb de Russie. — 1814. CoivFÊoÉBATioif des sooveraius de i.'£dbopb. — Erection des Pays-Bas en royaume. Déchéance deJVapO' léon, — Première abdication. — Eétablûsement des Bourbons. — Premier traité de Paris. — Charte donnée aux Français. — Congrès de Vienne. — 1815. Retour de Napoléon. — Déclaration des alliés.— Confédération germanique. — Bataille de Waterloo. — Seconde iir- VASion. — Seconde abdication de Napoléon. —Chute et mort de Murât.
— Guerre de Suède. — 1816. Expédition de lord Exmouth à Alger.
— 18S0. Assassinat du duc de Berri. — 1821. Révolution de la Grèce. * — 1833. Mort de Pie VII. — Nouvelle campagne d^Espague. — 1891.
Mort de Louis X\lli. — 18'26. Mort d*Alexandre. — 1897. Victoirede Navarin. — 18^28. Guerre entre les Turcs et les Russes. — Expédition française en Morée. — - 1850. Expédition française à Alger.— Révolution de Pans. — Révolution de Bruxelles. — Révolution de Pologne. — 1881. Léopald de Saxe-Cobourg , roi des Belges. » 1833. Mort à Schoenbrunn du duc de Reichstadt» lils de Napoléon.
Di^couTBRTES. —1801. Planète de Cèrès.— tBO%. fdem de Pallas ou Olàers. -^1806. Idem de resta, — 1806. Colonne de la place Vendôme. — 1806. Pont d'Iéna.— 1806. ^^a«o»r«. — 1806. Planète de Junon. — 1806. Lithographie, — 1806. Enseigne^ ment mutuel. — 1 807. Bateaux à vapeur, —1834. Navire aérien de Lennox, — 1834. EoUennesy voitures à voiles,-- 1834. Pont Louis- Philippe, — 1834. Pont des Saints-Pères,
CniPIRE VRâlVÇâlS (1804).
CAUSES
1o Les excès delà liberté ;
S* La faiblesse du Directoire, après d*horribles décbirementji ; 3« Le besoin d*ordre et de repos ; *
4» L^amour de la gloire entretenu par les . triomphes de la république.
DÉVELOPPEMENT
Vrance.
Bataille de Marengo. — En 1800 , le premier consul fran» rhit les Alpes et le mont Saint Bernard, attaque et défait le gé* Péral autrichien Mêlas dans les plaines de Marengo. L'Italie est reconquise. Moreau n*est pas moins heureux en Allemagne où il remporte la victoire deHolienlinden, après avoir forcé le général Kray à capituler. L^Âutriche, humiliée, demande la paix, et signe, le i*>^ janvier 1801 , le traité de Lunéville. Ce traité dé« tache rAutrichc de l'Angleterre , et consacre les principaux articles du traité de Campo-Formio.
Paixd*Ahiensen 1802. — Cependant la guerre continua avee la Porte, la Russie et l'Angleterre. La flotte turco-russe 8*empara des fies gréco-françaises , et alors fut érigée par la Turquie et la Russie la république des Sept-lies. L'Ile de Minorque tomba an pouvoir des Anglais. Cependant Tévacuation de TËgypte amena un rapprochement entre la France et l'Angleterre » et la paix définitive fut conclue par le traité d'Amiens.
i» L'Angleterre restituait toutes ses conquêtes, excepté Ceyian et la Trinité ;
2<> La Porte était maintenue dans scju intégrité ;
5^ La république des Sept-lles était reconnue ; Malte, Gozze et Comino devaient être rendues à Tordre de Saint-Jean-de- Jérusalem dans le délai de trois mois.
Négociateurs : Joseph Bonaparte et lord Cornwallis. Au temps fixé , l'Angleterre refusa de rendre Malte et h guerre fut déclarée de nouveau.
BOMBARoisMENT »s co»sv*A6inB. — L*Aiig1eterre avait faU de vains efiForts pour détacher fe ministre Bernsdorf de ses engagements avec la France; et, ne pouvant Tentrainer dans la coatition , elle résolut de punir le Danemark d*une fidélité aussi rare. Le 39 avril I80f, une floUe anglaise parut devant la rade de Copenhague, et sans aucune déclaration de guerre, les amiraux Parker et Nelson , après avoir battu la flotte danoise, bombardèrent impitoyablement la ville.
Guerre de Saint*Domingue. — La France était moins heareuse sur mer et dans ses colonies. Malte est prise parles Anglais , et les nègres de Saint-Domingue, traduisant en massacres les théories du conventionnel Santhonax , proclament leur indépen-^ dance , après avoir exterminé les blancs. Commandés par Toussaint-Louverture , ils incendient la flotte française mouillée devant la ville du Cap. Mais, attaqués bientôt par le général Leclerc , envoyé de France, les nègres sont obligés de se seomettre. Leur chef vient expier en France le sang des victimes immolées à sa rage. La fièvre jaune , survenant au milieu de cette entreprise , enlève le général français et jette la démoralisation dans Tarmée. Les nègres se soulèvent de nouveau et nous refoulent dans la partie espagnole de Ttle. Divisés d'intérêts , les chefs des nègres ne tardèrent pas à se brouiller et à se faire la guerre. Enfin Boyer , Fun d'eux , demeura seul maître de rtle , qui prit le nom de république d'Haïti. Charles X reconnut son indépendance en 1825 , à la comlilion d'une indemnité de centcinquante millions pour lesanciens colons et de quel* ques avantages commerciaux. L'indemnité n*a point encore été . payée.
Empire. — ^ L'évacuation de TEgyple après la mort de Klébet assassiné par le fanatique Soliman , et la mort de Paul l*>^ , em« pereur de Russie , avaient changé tout à fait la face des choses. Bonaparte, tranquille au dehors , assure sa puissance au dedans. Nommé consul à vie (4 aoâi 1802) -, il n'a plus qu'un pas à faire pour saisir la couronne. Enfin il se la pose lui-même sur la tète , le i8 mai 1804 , et prend le titre d'empereur auquel il joint celui de roi d'iulie le 17 mars 1805. L'Espagne, la HolLinde,
laSaisse el les Euts germaniques sont dans sa dépencbhee t ou par les traités ou par la crainte de ses armes.
Bataille d*Aosteblitz, — Une troisième coalition se (orme contre la France. Pitt « rentré au ministère , en est encore le principal moteur. Un soulèvement général de TEarope devait la repousser dans ses anciennes limites, sans toucher touefois à son sp^uvernement intérieur. Mais , loin d*étre écrasée, elle triom« phe« à Austerliiz, le S décembre iSOS , des empereurs d'An* triche et de Russie. L'Autriche perd Venise et la Dalmatie par la paix de Preshourg, qui crée les royaumes de Bavière et de Wurtemberg. Napoléon prend toutes ces dispositions au château impérial de Schœnbrunn ; c^est de (à qu'il donne à son frère Joseph la couronne de Naples , par une simple proclamation , et h son frère Louis celle de Hollande.
CoiiBAT NAVAL DE Trafalgar. — Tandis que Napoléon dicte des lois au continent, la marine française éprouve un échec irréparable au cap Trafalgar. L'amiral Villeneuve est pris, le contre-amiral Magon est tué , et les deux amiraux espagnols qui combattent avec les Français sont blessés; l'amiral anglais, Nelson, frappé d*on coup de feu, ne sarvii point à sa victoire (21 octobre). Le 6 février suivant , la France éprouve un nouvel échec dans la baie de Santo^Domingo , et cède aux Anglais l'empire delà mer* Pitt, auteur de la troisième coalition, meurt, et l'avènement de Fox au ministère fait naître quelques espérances de paix , que sa mort fait bientôt drsparattre.
Campagne de Prusse et paix de Tïlîhtt. -^ L'empire d'Allemagne existait encore ; une déclaration du 1^' août Id06 renversa cet édifice politique, debout depuis tant de siècles. Ce boulevard détruit, et remplacé par la confédération germanique, dont Napoléon fut proclamé le protecteur , laissa la Prusse sans défense. Seule contre les Français , cette puissance perd les batailles d'Anerstaedt et d'Iéna , et voit Napoléon triompbant entrer à Ëerlîn. Les victoires d*Eylau et de Friedland achèvent l'anéantissement de la Prusse et portent des coups terribles ^ la Russie. La paix de Tilsitt (1807) couronne cette campagne pro* digieuse. On voit en même temps surgir un royaume de Westphalie pour Jérôme, le plus jeune des frères de Napoléon , et un duché de Varsovie , premier coup porté à la Russie; la Saxe
5ii fttf® SIÈCLK.
fat aussi érigée en royaume auquel fut réuni le grand-duché de Varsovie. Murât s'assied sur le trône de Naples, et Joseph sar celui d*E^p»gne, déclaré vacant par Tabdicalion forcée de Charles VI (1808). La France^ commande partout , et partout en Europe les ports sont fermés à TAngleterre par le système eontîsental , qu*annonce à l'Europe le fameux décret deBerlin.*
Bataille de Wagbax. -— Dès le mois de juin i808, TAutriche se préparait à la guerre. Après le congrès d'Erfart et lorsque ses forces furent prêtes, elle commença les hostilités' dans la Bavière et dans le Tyrol. Mais la bataille de Wagram ouvre 9 pour la seconde fois , les portes de Vienne à Napoléon. La paix, conclue dans cette capitale, enlève à TAutriche tout le littoral du Rhin et de l'Adriatique, et ses meilleures barrières (1809). Dans le même temps , Napoléon réunissait les Etats do pape à Tempire français, et , pour vaincre la résistance du pon» tife» il le faisait enlever de son palais et transporter à Savone, où il passa trois années sous une surveillanée sévère«
Second mariage de Napoléon. — Napoléon , parvenu au comble de la gloire, n'avait pas d'héritier à qui la transmettre ; frappé de cet inconvénient, il fit rompre, du consentement de l'impératrice Joséphine, un mariage stérile, et bientôt après (2 avril 1810) il épousa Tarchiduchesse Marie-Louise, fille atnée de l'empereur d'Autriche. 11 eut de ce mariage un fils qui prit le titre de roi de Rome* décerné deux ans auparavant par nu sénatns-consulte à Théritier futur de l'empire.
Guerre d'Espagne. — La chute de l'empire d'Allemagne et rabaissement de l'Autriche et de la Prusse ouvraient à Napoléon le chemin de la Russie. Mais, avant d'exécuter ce projet gigantesque, il avait encore l'Espagne à soumettre. Depuis 1808, la guerre s'y était poursuivie avec vigueur. Napoléon y dirige de nouveau toutes ses forces, commandées par Soult, Ney « Victor , Mortier, GouvionSaint-Cyr, Marmont, Macdonald, Augerean etSuchet, l'élite des généraux français; elles eurent à vaincre une résistance opiniâtre signalée par les sièges de Tarragone, Saragosse et Cadix, les batailles de Talavera et de Salamanque. Forcés par Wellington et Beresford d*évacuer le Portugal pouf la troisième fois et de lever le siège de Cadix , les Français et le
roi Joseph abandonneiit Madrid qu*ils repreonent raiinée sui^p vante (1811).
Caiipagne DE Russie. — Le joug da système continental pesait à la Russie » et ses plaintes aussi bien que les usurpations de Napoléon ne tardent pas à amener une rupture. Le prince Kourakin quitte Paris (avril 1812). De part et d*autre on se prépare à la lutte. Napoléon a pour lui TÂutriche , la Prusse et toute FËurope centrale qui lui fournissent leurs contingents. La Russie s*allie à la Suède. Jamais on ne vit si formidable entreprise. C'en était fait de la Russie sans le désastreux hiver de 1812. L'armée française passe le Niémen , bat les Russes à Smolensk et à la Moskowa. Le 14 septembre, elle fait sou entrée triomphale à Moscou. Deux jours après, cette antique capitale est réduite en cendres par le patriotisme d*un gouverneur russe. Il ne restait plus d'autre ressource que la retraite. On était au mois d'octobre. Poursuivis, harcelés par des ennemis sans nombre, les Français sont décimés par le triple fléau de la guerre, de la fainitCt d'un froid terrible. Plus de chevaux, plus de magasins , plus d*abri ; rien que le désespoir. Le passage de la Bérésina est le plus épouvantable épisode de cette campagne désastreuse qui moissonna une des plus belles armées qui aient jamais été vues. Beauharnais, vice-roi d'Italie, et Murât rallient les débris de l'armée en Pologne , tandis que Napoléon vient à Paris donner la première nouvelle de sa défaite. L'astre de l'empereur a pâli.
Lecture. — Campagne de Russie, par M. de Ségur (1).
Confédération des souverains de l'Europe. — La Prusse» l'Autriche et la Hollande ne tardent pas à secouer leurs chaînes. L'Angleterre et la Suède se mettent de la partie, et malgré le« victoiresde Lutzen et de Bautzen, la France est abandonnée de la fortune à la bataille de Leipsick. L'Allemagne est libre, et l'armée française fait sa retraite sur le Rhin.
Déchéance de Napoléon, rétablissement des Bourbons. — La France a perdu tous ses alliés, tandis qu'une coalition formidable la presse de toutes parts. Les souverains confédérés ont envahi le territoire français, et marcbentavec un million d hommes sur Paris. Napoléon déploie en vain toutes les ressources de son
0} 3 vol. in- 18. Bruxelles, Hauman et €••
génie. Paris capitale, et le sénat prononee la déchéance de son maître retiré à Fontainebleau. Le 4 avril i8i4, oeluî qoi avait commandé an monde abdique, et adresse à sa garde de toudiants adieux. Il part pour File d*Elbe. Les Bourbons rentrent en France.
LscTDBB* — Bistaire de Napoléon, par M. de Norvins.
OBSERVATIONS
l*empire a été une réaction contre la liberté, et la substitution d*im gouvernement militaire au gouvernement populaire. Sous la répul)Iîque , tout se faisait par les délégués du peuple ; sous l'empire, tout se faisait par la puissance d'un homme. Toutefois , jamais chex aucoa peuple la gloire militaire n'atteignit un si haut degré de spleodeur.
CONSÉQUENCES
1» Invasion en Europe des idées révolutionnaires; 2» Réaction des peuples contre le despotisme impérial ; 5* Retour de la France à ses frontières primitives ; 4» Despotisme administratif, et centralisation du pouvoir.