APRÈS JÉSUS-CHRIST
LES GÉSABS.
ÉvéNEMEITTS.
noms. — État du monde. — Changement dans Tempire. — 9. Dé* faite des légions romaines en Germanie. — Règne et caractère d^Augiiste. — - Règne des douxe Césars. — 79. Première éruption da Vésuve.
ÉGLISE. — 33. Mort de Jésus-Christ. — Prédication de rËvangile. — 64. Précis des persécutions de TEglise. ^ 70. Prise de Jérusalem par Titus.
sécouvEKTBs. — 15. Vette malléable. — 16. Introductiùn des habits de soie, par Tibère. — 60. Découverte de VaimanU
DÉVELOPPEMENT
ÉTAT GÉOGRAPHIQUE, PHYSIQUE, LÉGISLATIF ET RELIGIEUX M l'empire ROMAIN A l' AVÈNEMENT D* AUGUSTE.
l'empirb KonAin était tranquillement sotnnis à Octave , surnommé Auguste après la bataille d'Actium, et proclamé empe reur (39). Il avait pour bornes, au nord, le Rhin et le Danube ; à Test, TEuphrate; au sud, la Péninsule arabique , les cataractes du Nil et lé mont Atlas; à Touesl, Tocéan Atlantique.
Des vingt-six provinces dont il se composait, Auguste attribua tes douze plus tranquilles au sénat , qui les fit administrer par des préteurs et des consuls de son choix ; Il se réserva les quatorze autres , qui, moins soumises, avaient besoin d^armées permanentes; de sorte que toute la force militaire demeura entre ses mains. Il déguisa la monarchie sous les formes républicaines , mais il n*en conserva pas moins le pouvoir absolu, quoique la souveraineté semblât toujours être la propriété du peuple et du sénat.
Les Germains étaient à peu près les seuls peuples qui figurassent à côté de Tempire romain dans le monde ; les arts et les sciences étaient presque tous parvenus à leur perfection; mais tes Romains et la plus grande partie des peuples païens avaient des idées indignes de Dieu et de son culte.
Les religions anciennes avaient toutes le même fond : esprit d'exclusion, cercle resserré où elles enfermaient les devoirs de
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, eC par suite sei espérances et ses droits; en général les diras des peuples anciens étaient dieux de la patrie et de la pairie seule. Ces peuples en étaient jaloux et les gardaient pour eux. Chez eux le sentiment de la charité universelle était inconnu. Les droits, dteît Caméade, ambassadeur athénien chez le peuple romain, ont Hé Mriqués suivant Vintérèt ; ils changent avec les mœurs, ils ebangcDt avec les temps ; mais quant k un droit naturel » absolu , il n'en egiête pas (129 ans ii«.^ J.-G.)- Telle était la philosophie de l'Occl. dent; la pbilosophie de TOrient n*était pas beaucoup plus avancée. Le peuple Juif , fidèle héritier de l*antique loi , était revenu depuis longtemps de sa captivité à Babylone , sans avoir oublié Tinslilutioa ■osalqoe. D'un autre côté, l'industrieuse Alexandrie avait attiré dans tes nnrs beaucoup de Juifs. La Judée apprit le platonisme sous la direction de PhUon ; il se forma une secte nom!)reuse et puissante qui voulut lire dans la Bible te développement symbolique des dogmes pliUNiiciens. On tentait de réconcilier la philosophie avec les dieux «tilésde roiympe. En un mot, il n*y avait nulle part ni un système de pUosophie qui pût être populaire, ni une religion même passable pour le peuple. Le besoin d'unité se faisait sentir de toutes parts ; le polythéisme s'éteignait , le déisme demandait à s'épurer; alors parut hehfiafam'sme, révélation de rédemption et d'héroïsme, qui pariait d'avenir, d'égalité et de salut, et qui changea la face du monde 1
Le règne de Tempereur Auguste se pix>Iongea jusque dans la quatorzième année de ce siècle.
Sa prospérité ne fut guère troublée que par la défaite de$i Romains en Allemagne , où trois de leurs légions furent démiles par ^rmimus onHerman, chef germain qui commandait les Ch^rusqueif et attira Varus, général romain , dans les nou^ fêles fourches caudines de la forêt de Teutchberg.
Auguste, aidé pendant longtemps des sages conseils et des talents militaires et politiques à' Agrippa , sut , par la douceur de son gouvernement, conserver jusqu'à sa mort l'amour du peuple qu*il avait dépouillé de sa liberté. Sans avoir un génie aopérieuret des talents extraordinaires, il eut assez d'habileté et de prudence pour se servir de toutes les occasions qui pouvaient le conduire au but de son ambition; et il devint meilleur lorsque raatorité illimitée lui rendit le crime inutile. Il ne cessa pas d'être dissimulé et voluptueux; mais le repos qu'il avait proenié à Tempire, Tétat florissant dans lequel il le laissa couvrirent ou excusèrent ses défauts aux yeux des Romains ; et , grke aux flatteries des poètes qu'il protégeait, ainsi que Méoèoe, ils furent presque oubliés par la postérité (14). Auguste «oorat à Noies, Tan 14 de J.-G. , h Tàge de soixante-seize
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ans ; après en avoir régné quarante-quatre. Plusieurs conspirations troublèrent son règne ; Corneille a immortalisé celle de Cinna; mais c'est surtout dans sa famille qu'il trouva des inquiétudes et des chagrins. D'abord il perdit le jeune et brillant Marcellus, si bien chanté par Virgile (Enéide, livre YI |. Julie, veuve de ce prince , mérita d'élre exilée comme Ovide , à cause du dérèglement de sa conduite ; ses fils adoptifs, Caîus et Lucîus Agrippa, moururent tous les deux à la fleur de Fâge. Privé de tous ses héritiers « il fixa son choix sur Tibère , dont il connaissait les vices. 11 laissa Tempire en proie alors à la plus affreuse corruption ; le peuple n'ambitionnait plus que du pain et des spectacles {panem et circenses), et les riches, courbés sons la tyrannie , se laissaient aller au luxe et à la débauche. Auguste était sur le trône un profond comédien. Quand il âe vit certain de mourir, il dit à ceux qui Tentouraient : f Eh bien , trouvez-^ous que f aie bien joué le drame de la vie ? j£lors applaudissez , frappez des mains. > On a dit de ce prince qu >i aurait dû ne jamais naître ou ne jamais mourir.
Lecturb. — Portrait d'Jugusfe,
Parallèle entre Juguste et Louis XIF ( Cours de littérature )»
A FAiBE. — Tableau synoptique de la famille d'Auguste,
Le règne d'Auguste parut recevoir un nouvel éclat de Tiiicapacité et des vices de ses successeurs. Tibère^ fils de sa femme Lime y fut un tyran soupçonneux qui, outre plusieurs milliers de Romains, fit mourir Germanicus, son neveu, prince aimable et général victorieux. Pison, fiouverneur de Syrie, qui n*avaic agi que par les ordres de Tibère, fut accusé de ce crime et périt d'une mort violente. Tibère fut aussi voluptueux que cruel et se retira dans l'île de Gaprée [leur se livrer aux plus infâmes débauches (37). Séjan avait été le digne ministre de ce tyran r il fut sacrifié avec ses deux fils et sa fille, âgée de douze ans ; la consternation régna dans Rome ; une terreur universelle s*empara de tous les esprits; les exécutions se poursuivirent, et -les sénateurs, vils instruments de l'empereur, justifièrent ce mot de leur maître : i Oh! les lâches, qui vont au-deoant de la servie tude ! » Mais le monstre , souillé de crimes et de débauches , mourût étouffé lui-même par Macron, préfet du prétoire; il avait 57 ans et en avait régné 33. Jésus-Christ mourut sous son
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règne; Pilate envoya à Rome les actes de son procès; Tempeleiir proposa de mettre le fils de Marie au nombre des dieux.
Lectdrb. — La tragédie de Tibère, par Chénier.
Galigula (57), fils de Germanicus, succéda à Tibère; il le surpassa par son humeur sanguinaire , par les actions les plus insensées, et par la plupart des vices dont Thumanité corrompue est capable. II désirait laisser au peuple romain un serpent pour le dévor&r; au monde un Phaè'tonpour V embraser. Il fut assassiné par Ghéréas , tribun d*une cohorte prétorienne.
Ce monstre fut remplacé par Claude(JLi)^ que Timbécillité reodait entièrement incapable de gouverner, et qui était, pour le malheur de Rome, le jouet de quelques favoris. Ce fut cependant sous ce règne que la Grande-Bretagne fut conquise. Sa femme udgrippine Tempoisonna.
Néron (54) , qui lui succéda , fut un des plus grands tyrans qo'on trouve dans l'histoire . Il fit mourir sa mère Âgrippine , plusieurs de ses parents , et tin grand nombre des plus illustres Romains. Il mit le feu à la ville de Rome pour se procurer le plaisir horrible de la voir brûler, et persécuta les chrétiens comme auteurs de cet incendie. 11 fut enfin forcé de se faire poignarder par un affranchi pour échapper à la vengeance publique (68). On assure qu'en apprenant qu*il était condamné à mort comme ennemi public, il s'écria en pleurant : < Quelartisie le monde va perdre ! > Il faisait des vers et jouait de la flûte.
La' aï. — La tragédie de Britannfcus , par Racine.
Sig 1^' SIÈCLE.
«ËNÉâLlH&IE DES CË8AA8.