HENRI IV
Louis XIII, 1610.
Louis XIV, 1643.
Louis I, grand dauphin.
Louis II, duc de Bourgogne.
Louis XV, 1715.
Louis III, dauphin.
Philippe d'Orléans.
Loui. XVI, 1793.
Louis XVII, 1795.
Louis XVIII,
Charles X,
Louis-Puilippe I", 18^8 roi des Fraueaia,
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ATènement de Mem*i IV. — 4 589. Le légitime successeur de Henri 111 était Henri IV, roi de Navarre, de la maison de Bourbon, descendued'un fils de saint Louis. Les ligueurs, pour lesquels la ville de Paris s'était déclarée, proclamèrent roi le cardinal de Bourbon, oncle de Henri IV et son prisonnier : ils l'appelèrent Charles X. Obligé de lever le siège de Paris, Henri IV se retira en Normandie, où il fut suivi par le duc de Mayenne, général de la Ligue, qu'il battit, à Dreux en 4 589, à Ivry, en 1590. 11 recommença alors le siège de Paris, qu'il fut encore obligé de lever à l'approche du duc de Parme à la tête d'une armée espagnole. Le cardinal de Bourbon étant mort, les ligueurs convoquèrent à Paris les États-Généraux pour l'élection d'un roi. Ce projet fut eniravé par l'abjuration de Henri IV, faite à Saint-Denis le 25 juillet 1593. Depuis ce moment, la Ligue, perdant le prétexte pour lequel elle avait fait la guerre au roi, perdit en même temps tout crédit et toute considération. Les villes et les provinces se soumirent successivement. Paris ouvrit ses portes à Henri en (594, et le duc de Mayenne fit son accommodement en 1595. La guerre avec l'Espagne fut terminée en 1 598 par la paix de Vervins. La même année le roi publia Védit de Nantes, par lequel il accorda aux Réformés l'exercice public de leur religion, les déclara capables d'exercer toutes les charges, et leur confia même des places de sûreté où ils pouvaient entretenir garnison. En 1608, Henri IV déclara la guerre au duc de Savoie, et s'empara des pays de Bresse, Bugey, Gex et Valromey.
Il s'appliqua alors à rétablir les finances de son royaume, qui se trouvaient dans un état déplorable. Après y êire parvenu à l'aide et parles travaux de son ministre Sully, son projet était d'attaquer la maison d'Autriche, dont rabaissement lui paraissait nécessaire pour la tranquillité de l'Europe, lorsqu'il fut assassiné à Paris par François Ravaillac, le 14 mai 46J0. L'idée du roi était d'organiser une sorte de république,-ou association des États, dont tous les membres, égaux en puissance, mais différant à leur grépour le gouvernement intérieur, confieraient leurs querelles à l'arbitrage d'un sénat suprême. La reine d'Angleterre, alliée de Henri, avait déjà tenté quelques négociations pour faire adopter cette idée par plusieurs cabinets. La réalisation de ce projet eût changé la face politique de l'Europe et prévenu les guerres sanglantes du dixseptième siècle. La mort de Henri IV le fit avorter ; elle épar-
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gna à l'Europe une guerre dont l'issue était incertaine, mais elle replongea dans la fureur des factions, la France, qui perdit au dehors tout crédit et toute considération, et demeura dans cet état d'abaissement, jusqu'à ce que le cardinal de Richelieu vînt la relever et lui rendre sa prépondérance.
ExéIbscébom de l'aFist^ciPatic. — La seconde aristocratie finit à Arques, Ivry et Fontaine-Française, cornue la première avait fini à Crécy, Poitiers et Azincourt. Henri IV lui porta un dernier coup en publiant un édit d'après lequel la profession des armes n'anoblissait plus. Le deux-cent cinquante-huiiième article de l'ordonnance de Blois, en 1579, avait déjà détruit la noblesse résultant du fief. La royauté n'a plus qu'un pas à faire pour arriver au pouvoir absolu.
Travail : Tableau généalogique de la maison de Bourbon.
ANGLETERRE
Henri VIII (1509), fils et successeur de Henri VII, fut un prince cruel et d'un caractère inconstant. Il publia d'abord contre Luther un traité qui lui fit donner, par le pane, le titre de défenseur de la foi. Mais le pape Clément VIÏ ayant refusé d'approuver son divorce avec Catherine d'Aragon, tante de Charles-Quint, Henri VUI fit abroger en 1534, par le parlement, l'autorité du pape en Angleterre, et prit le titre de chef de l'Église anglicane. Il supprima les couvents et établit une religion qui était un mélange de catholicisme et de protestantisme : c'est ce qu'on appelle le schisme d'Angleterre. Henri VIII fut marié six fois, et fit mourir la plupart de ses femmes.
Ce prince, le premier des rois d'Angleterre qui prit le titre de roi d'Irlande, fut enveloppé dans les différends qui partageaient alors les puissances du continent ; mais, au lieu de tenir la balance entre la France et l'Autriche, il se montra presque toujours l'ami et l'allié de l'empereur Cliarles-Quint, qui avait su gagner le ministre Wolsey par l'espoir de la tiare.
Ses trois enfants régnèrent successivement après lui :
Edouard VI, qu'il avait eu de Jeanne Seymour, introduisit le calvinisme pur ou presbytérianisme.
marie, qu'il avait eue de Catherine d'Aragon, rétablit la religion catholique, et, dans sa cruelle ferveur, fit brûler un grand nombre de protestants, entre autres l'archevêque de Cantorbéry, Thomas Cramer. Elle avait déjà préludé à ces exécutions par la mort de l'infortunée Jane Gray. Pour affermir le catholicisme en Angleterre, elle épousa Philippe II, héritier présomptif de la couronne d'Espagne.
Elisabeth, qu'il avait eue d'Anne de Bouleyn, fut une des plus illustres princesses des temps modernes; elle fut toujours heureuse dans
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ses entreprises, protégea la navigation et pacifia l'Angleterre qu'elle préserva de l'invasion de Philippe II ; mais elle déshonora son règne par la mort de Marie Stuart. Elisabeth fut une femme vindicative ; amie impérieuse et ennemie implacable, son grand mérite fut d'établir en Europe la consistance politique de l'Angleterre. La lutte où cette puis» sance se trouva engagée avec l'Espagne nécessita l'emploi de toutes ses* forces et prépara sa grandeur en lui assurant la libre navigation. Le3 intérêts de la religion se trouvèrent intimement unis à ceux de l'organisation sociale, et le peuple se persuada de plus en plus que toutes deux devaient prospérer ou succomber ensemble. Lorsque les successeurs d'Elisabeth voulurent tenter de les séparer, ils ne firent que préparer leur ruine. Cette princesse mourut en 1603, et avec elle finit la maison des Tudors.
Mort de Marie Stuart. — 1587. Marie Stuart, fille de Jacques V, roi d'Ecosse, avait épousé François II, fils de Henri II, roi de France. Après la mort de ce prince, elle retourna en Ecosse ; elle y épousa Henri Stuart Darnley, son cousin. Ce prince était violent et cruel. Il mourut assassiné.
Le comte de Bothwell fut accusé de ce crime, et Marie, sur qui planaient des soupçons de complicité, s'aliéna tous les cœurs en épousant le meurtrier de son époux. Elle se vit obligée de céder le trône à son fils; ses sujets l'abandonnèrent; elle se réfugia en Angleterre, où régnait Elisabeth, sa cousine. Cette princesse la fit arrêter, la retint en prison pendant dix-huit ans, et, après un jugement irrégulier, la fit condamner à mort. Elle fut décapitée l'an 1587. Cette cruauté ternit, comme nous l'avons dit, le règne d'Elisabeth, qui, sous les autres rapports, fut des plus glorieux. Cette princesse désigna en mourant, pour lui succéder, le fils de Marie Stuart, qui était roi d'Ecosse, et auquel la couronne appartenait comme descendant de Henri VII.
Il s'était alors glissé dans l'Église anglicane une secte sévère, d'un zèle acre, comme les premiers moments de ferveur en produisent ordinairement. Ses disciples s'appelaient Puritains, parce qu'ils se croyaient plus purs que tous les autres, et dans leurs mœurs et dans leurs dogmes. Ils s'opposaient à la hiérarchie dans l'Église. Jacques I, au contraire, regardait la subordination des pouvoirs dans l'Église comme très utile à l'autorité royale. Il la soutint contre les Puritains, qui triomphèrent, acquérant de l'ascendant et se multipliant de jour eu jour.
Lecture : Marie Stuart, par Walter-Scott. — Anquetil.
Découvertes géographiques et système colonial»
©écouverfe de l'île Saâmte-isélèiie. — Un Portugais, allant à la côte de Malabar, reconnaît une île escarpée située au sixième degré de latitude méridionale. Cette île devait un jour fixer les yeux de l'Europe entière ar l'exil de Napoléon, qui y mourut le 5 mai 1821.
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Premier voyage autour du Euonde, par Magellan. — Magellan, portugais, mécontent de son gouvenement, se rendit à la cour d'Espagne, où Charles-Quint lui donna cinq vaisseaux, avec lesquels ii entreprit le tour du monde. Il pénétra dans le Grand-Océan par le sud de l'Amérique, et découvrit le détroit qui porte son nom. De là il traversa l'Océan, visita les Mariannes, auxquelles il donna le nom d'îles des Larrons, et s'avança jusqu'aux Philippines. Il s'engagea imprudemment dans une attaque où il perdit la vie (1521). Les Espagnols qui l'accompagnaient périrent presque tous par la cruauté du roi de l'île de Zébu. Un seul vaisseau revint parle cap de Bonne-Espérance. C'est le premier qui ait fait le tour entier du monde.
Voyage à tracer : Consulter V Atlas de l'auteur.
Fernand Cortès au Mexique, de 1518 à 1531. — Cortès, lieutenant du gouverneur de Cuba, partit de cette île avec six cents hommes, quelques chevaux et quelques pièces de canon ; il entreprit ainsi la conquête du Mexique, dont on avait découvert les côtes. Il s'avança jusqu'à Mexico, tantôt effrayant les Indiens que déconcertait cet appareil guerrier, tantôt les attirant par des caresses : le roi Montézuma le reçut avec respect et crainte. Cortès fonda des établissements et bâtit la Vera-Cruz. Quelques Indiens s'étant soulevés par les ordres du roi, Cortès se rendit au palais, agit en maître, mit les fers aux pieds de l'empereur, et le força à se reconnaître vassal de Charles-Quint. Après quelques victoires, tant sur les troupes de Vélasquez, jaloux de sa gloire, que sur Guatimozin, neveu de Montézuma, il acheva la conquête du Mexique et s'empara de la capitale.
Pseîmtc au Pérou, de 1529 à 1535. — Les Espagnols, ayant entendu parler d'un pays où l'or se trouvait en profusion, résolurent de le soumettre. Pizarre et Almagro, gens de basse naissance, suivent la route indiquée et débarquent au Pérou. Ce pays était le plus cultivé et le plus civilisé de l'Amérique ; il était gouverné par des souverains nommés Lucas, qui se disaient fils du Soleil. On commença par offrir à Atahnalpa, dernier Inca, l'alliance de Charles-Quint. On chercha ensuite un prétexte pour lui déclarer la guerre. La petite armée de Pizarre triompha d'une multitude d'Indiens, Atahualpa, chargé de fers, racheté sa liberté par des richesses immenses, et n'en est pas moins assassiné, Le Pérou est entièrement soumis aux Espagnols. Bientôt la guerre civile divise les chefs ; Almagro vaincu est mis à mort, et peu après Pizarre éprouve le même sort.
Sysfèaue colouial, jusqu'au 18e siècle. — Nous avons vu les découvertes récemment faites par les Portugais et les Espagnols. Un nouveau monde s'offrait à leur activité ; tout le commerce, qui jusque-là s'était fait par la Méditerranée et auquel, par conséquent, ils avaient eu peu de part, passait dans leurs mains, et l'établissement des colonies ouvrait une nouvelle ère commerciale. On peut distinguer quatre sortes de colonies, d'après leur nature et leur objet : 1° Colonies agricoles.
leur objet est de mettre les terres en valeur ; 2° Colonies de plantations, consacrées à certains produits déterminés, pour l'usage de l'Europe ; 3° Colonies pour l'exploitation des mines, leur but est l'extraction des métaux; 4° Colonies de comptoirs, ayant pour objet lé commerce des productions naturelles ainsi que celui des produits de l'industrie.
Pendant la plus grande partie du seizième siècle, l'Espagne et le Portugal seuls fondèrent des colonies, soit en Amérique, soit en Afrique, soit dans les Indes (1492-1615).
Durant cette période, la première ne fit guère qu'ébaucher son système colonial ; le second, autant par la manière dont s'étaient faites ses découvertes que par la nature de ses possessions, en acheva presque entièrement l'organisation. En effet, les Espagnols ne s'établirent guère que dans les îles du golfe du Mexique, dont Saint-Domingue était la plus importante, tandis que la domination portugaise, affermie par le génie de ses gouverneurs, Alméida et Albuquerque, s'étendit dans l'Inde et depuis la côte orientale d'Afrique jusqu'à la presqu'île de Malacca et aux îles Moluques. Presque tous les établissements des Portugais alors étaient des comptoirs et des factoreries, et quoique le commerce ne fût pas le monopole d'une compagnie, on ne pouvait pourtant l'entreprendre qu'avec la permission du gouvernement.
(1519-1560). Les Espagnols s'établissent sur le continent de l'Amérique par la découverte du Mexique, du Pérou et d'autres vastes contrées. Ils importent dans le Nouveau- Monde, autant que possible, la forme de leur gouvernement, et tâchent d'affermir leur domination par la religion, seul moyen de civiliser les sauvages. C'est alors que commencent les missions. Des villes se fondent sur le bord de la mer ou des rivières : Porlo-BeUo, Carthagène, la Vera-Cruz, premier établissement des Espagnols dans le Mexique, Lima, la Conception. L'exploitation des mines prend d'immenses développements, et, la liberté personnelle ayant été assurée aux indigènes, le commerce des nègres devient plus étendu tous les jours.
Les Portugais, de leur côté, continuent leurs brillantes entreprises ; les jésuites, favorisés, par Jean III, portent leur nom jusque dans la Chine et le Japon, où ils fondent quelques établissements, tandis qu'eux-mêmes étendent leurs possessions dans le Brésil, dans les Indes.
Ces deux nations se disputèrent les Moluques sur lesquelles la ligne tracée par le pape avait laissé des incertitudes, et c'est à ce différend qu'on dut le voyage de Magellan.
(1560-1620). L'avarice, l'avidité des Portugais, et les cruautés de l'inquisition soulèvent contre eux les indigènes, et ainsi commence la chute de leur puissance dans les Indes. L'Espagne augmente considérablement son commerce et sa puissance maritimes en acquérant dans les Indes orientales les possessions du Portugal et les Philippines par la réunion des deux royaumes. L'Angleterre et la Hollande entrent avec eux en
concurrence, et la dernière, tout en combattant pour sa liberté en Europe, se met en possession du commerce du monde, en s'emparant des Moluques, d'un grand nombre d'autres îles où son commerce se trouve à couvert des révolutions du continent indien, et en désignant Batavia pour le centre des opérations et de son gouvernement. C'est alors qu'eut lieu la fondation et l'organisation de la Compagnie hollandaise pour le commerce des Indes orientales, Compagnie qui devint bientôt société de monopole et corps politique, et qui devait accomplir de si longues et si brillantes destinées. L'Angleterre, de son côté, commença aussi, sous le règne d'Elisabeth, à porter ses spéculations dans toutes les parties du monde. Après avoir pénétré en Perse et jusqu'aux Indes par la mer Caspienne, que lui avait ouverte le czar Ivan Wasiliewitz, elle fonda quelques colonies agricoles sur les côtes de l'Amérique septentrionale, qui avait été négligée par l'Espagne et le Portugal. Chez elle aussi le monopole du commerce étranger fut donné à des compagnies, et ce système de privilège devait donner une nouvelle forme au commerce et au système politique des colonies. La France fit aussi à cette époque dans l'Acadie et le Canada quelques tentatives d'établissements coloniaux qui n'auront d'importance que dans la période suivante.
(1620-1660). Les Hollandais conservent leur suprématie, s'emparent de presque toutes les possessions portugaises dans les Indes : Paliacala, Négapatam, Caticut, Cochin et une foule d'autres établissements importants ; ils étendent leurs relations avec la Chine et le Japon ; et la colonie qu'ils établissent au cap de Bonne-Espérance devient le plus ferme boulevard de leurs possessions indiennes. En même temps, une nouvelle Compagnie est créée pour l'exploitation des Indes occidentales et du Brésil, où elle fait quelques conquêtes sous la conduite du comte Jean-Maurice de Nassau.
L'Angleterre, chassée par la Hollande de presque toutes les îles des Indes orientales, fonda dans les Indes occidentales, dans les petites An* tilles, ses premiers établissements, et la conquête de la Jamaïque lui ouvrit un brillant avenir. En même temps, les colonies du nord de l'Amérique prenaient chaque jour une nouvelle extension et une nouvelle importance ; il s'y fonda des États et des villes, entre autres Boston, sous la suzeraineté de la métropole.
La France ne put réussir dans ses projets d'établissement aux Indes orientales ; mais elle établit dans les Indes occidentales quelques plantations et quelques comptoirs qui ne s'attachèrent pas à l'État, et restèrent propriétés particulières. Par la séparation du Portugal et de l'Espagne, celle-ci perdit les colonies portugaises que ces deux États possédaient en commun, excepté Ceuta ; le premier ne conserva guère que le Brésil, dont la possession compensa ses autres pertes.
(1660-1700). C'est durant ceye période que la France commence à prendre une part fort active au système colonial et exploite trois diverses sortes d'industrie : le commerce proprement dit, qui ne put prendre un
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grand essor à cause des entraves qu'y apporta le gouvernement; l'agriculture , que le caractère national, impatient et peu propre à une longue contrainte, empêcha de se développer; les plantations, où les Français réussirent au delà de toute espérance. Colbert, en achetant les établissements coloniaux des particuliers, les fit passer dans la main du gouvernement, et y établit une administration régulière; il s'empara, vers le même temps d'une partie de Saint-Domingue, qui allait devenir une de nos plus importantes possessions maritimes, et fonda une Compagnie privilégiée pour le commerce des îles occidentales. Les nouvelles tentatives que fit la France pour fonder des établissements dans les Indes orientales furent infructueuses.
Les colonies anglaises étaient en pleine prospérité ; les établissements de l'Amérique septentrionale, favorisés par les migrations européennes et la révolution qui eut lieu dans la métropole, prenaient tous les jours de nouveaux accroissements, et les améliorations politiques qui en furent la suite, secondèrent ces heureux développements.
Les Hollandais étaient les plus redoutables rivaux de l'Angleterre ; ils avaient la possession exclusive des îles à épices dont ils fournissaient l'Europe , tandis que la France et l'Angleterre exploitaient surtout les fabriques et les produits industriels. Leurs traités avec l'Espagne leur assurèrent leurs conquêtes dans les deux Indes, et de nouveaux établissements ajoutèrent encore à leur puissance et à leurs richesses.
L'Espagne, par rapport à ses colonies, était restée telle que nous l'avons vue dans la période précédente; le Portugal perdait le reste de ses possessions dans les Indes, et s'assurait, par un traité avec la Hollande, la propriété du Brésil.
Le Danemark apparaît aussi à cette époque comme une puissance coloniale, faisant tous ses efforts pour exploiter, au moyen de Tranquebar, le commerce des Grandes-Indes.
Les colonies se multipliant, les intérêts se compliquèrent; les difficultés surgirent, et c'est à cette époque qu'il faut faire remonter l'origine des guerres coloniales qui éclateront dans le siècle suivant.
Lecture : Etudes géographiques, à l'article Voyages. — Histoire des établissements des Européens dans les deux Indes, par l'abbé Raynal. — Histoire de la nouvelle Euroçe, par Eicliliorn.
Conséquences. — Les établissements coloniaux prirent dès l'origine une direction exclusive et étroite, mais les conséquences en furent immenses.
1° Le commerce du monde changea entièrement de marche et de forai:); le commerce maritime fut substitué au commerce de terre.
2° Le commerce du monde passa d'abord, en Europe, des pays situés sur la Méditerranée aux pays occidentaux, à l'Espagne et au Portugal, avec cette différence que les Espagnols ne firent guère que poser les bases de leur système colonial , tandis que les Portugais l'établirent presque entièrement.
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ESPAGNE
Les intérêts de la religion et ceux de la politique, soit par rapport à l'Europe, soit pour les colonies, amenèrent la rivalité entre l'Espagne et l'Angleterre. Philippe II, irrité des secours qu'Elisabeth fournissait aux insurgés des Pays-Bas, excité par le pape, qui lui avait donné la couronne d'Angleterre, voulut conquérir ce royaume et équipa une flotte, la plus nombreuse qu'eussent vue les temps modernes. Mais l'invincible Armada fut détruite par la tempête au sortir des ports d'Espagne; la reine d'Angleterre et les Provinces-Unies profitèrent de ces désastres pour continuer la guerre avec avantage.
Après la triste expédition de don Sébastien en Afrique, et la mort du cardinal don Henri , qui lui avait succédé , le Portugal fut réuni à l'Espagne, et l'envahissement de ce royaume est la seule entreprise où Philippe ait réussi. (Voyez le Portugal.)
Le règne de Philippe II est remarquable parce qu'il détermine le caractère politique du gouvernement espagnol. Il sacrifia tout au maintien du catholicisme, et, pour y parvenir, fit plier sous le joug du despotisme royal et de l'Inquisition l'Espagne qui, « pour être restée immobile, dit un historien, parut bientôt avoir reculé dans la civilisation.» La prétention que ce prince eut d'exercer sur mer une domination exclusive lui attira des guerres aussi longues que désastreuses de la part d'une portion considérable de l'Europe, surtout de la part de l'Angleterre et de la Hollande.
PORTUGAL
Première révocation «lia ï»ortïigaI. — 1580. Jean III, fils et successeur du grand Emmanuel, marcha sur ses traces. L'île KHaï-Nayi, sur les côtes de la Chine , est conquise ; Macao , bâti et regardé comme un des entrepôts du commerce. Le Japon était la source d'un négoce prodigieux ; les Philippines , limitrophes des deux hémisphères , réunissent les vaisseaux de Lisbonne, qui sont venus par V Orient, avec les pavillons de Séville qui ont fait voile pour Y Occident. Jean III reçut l'ambassade de l'empereur de YAbyssinie; c'est lui qui établit l'Inquisition en Portugal. Don Sébastien, son petit-fils, lui succède (1557) ; la gloire du Portugal commence à s'éclipser. L'éducation de ce prince, qui n'avait alors que trois ans, fit le malheur du pays ; par un zèle religieux mal entendu, il fit une croisade en Afrique et y conduisit l'élite de la noblesse. Une sanglante bataille se livra contre Moluc , usurpateur du trône de Maroc sur son neveu Muley-Mohammed, près d' Alcaçar-Quivir, au royaume de Fez. Les Portugais y essuyèrent une défaite ; le roi Se- . bastien y fut tué, bien qu'on fît courir le bruit contraire ; mais ce qui étonna, c'est que , pendant l'action , Moluc mourait de mort naturelle, et Muley-Moliammed, l'allié des Portugais, se noyait dans sa fuite.
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Le troue passa alors à Henri le cardinal (1578), grand oncle de Sébastien ; ce prince, déjà vieux, prévoyant sa mort prochaine, convoqua l'assemblée des États à Lisbonne, pour y faire régler la succession. Les États nommèrent onze juges-commissaires, qui devaient discuter les droits des prétendants à la couronne. Ces prétendants étaient :
1° La duchesse de Bragance, fille d'Edouard, duc de Guimaraens, petite-fille d'Emmanuel, mariée à Jean de Bragance ;
2° Le prince de Parme, général des armées de Philippe II, comme époux de Marie, par le duc de Guimaraens.
3° Antoine, prieur du Craîo, comme petit-fils d'Emmanuel, par Louis de Beja ;
U° Philippe //, petit-fils d'Emmanuel, par Isabelle de Portugal ;
5° Emmanuel-Philibert, petit-fils d'Emmanuel-le-Grand, par Béatrix, sa mère, épouse de Charles III, duc de Savoie;
6° Le pape Grégoire XIII, parce qu'un pape avait donné la couronne à Alphonse Henriquez, et que les États de l'Église devaient hériter d'un cardinal ;
7° Catherine de Médias, fille de Laurent II et de Marie de La Tour, héritière de Boulogne, comme descendante de Robert, comte de Boulogne, fils d'Alphonse III, arrière-petit-fils d'Alphonse Renriquez.
Les prétentions de Catherine et du pape étaient les moins recevables, celles du duc de Bragance les plus justes; mais la force l'emporta, et Philippe II, n'attendant pas la décision des États, envoya, à la mort du cardinal, le duc d'Albe à la tête d'une armée pour prendre possession du royaume de Portugal. La défaite d'Antoine, prieur du Crato, près d'Alcantara, décida la cause', et tout le Portugal plia bientôt sous le joug des Espagnols (1580).
État du Portugal. — Depuis le règne de Sébastien, le caractère national des Portugais commence à dégénérer. Les vertus chevaleresques qui les avaient distingués furent remplacées par un esprit mercantile, qui se glissa môme dans les hautes classes. La force militaire qu'Emmanuel et Jean III avaient entretenue dans les Indes fut négligée; le clergé s'empara de toutes les richesses des colonies, et y exerça un pouvoir absolu pour pourvoir l'Inquisition, qui ne fut nulle part plus terrible qu'à Goa.
La possession du Portugal par les Espagnols porta le dernier coup à la prospérité du pays. La haine des deux peuples devint plus grande encore; le commerce avec les autres pays fut interdit aux Portugais ; les Hollandais, confédérés, s'en vengèrent en battant leurs anciens alliés à Bantam, ville de l'île de Java. Ils s'établirent dans l'île de Java, et y fondèrent la ville de Batavia, dont ils firent la capitale et le centre cfe leurs nouveaux établissements dans les Indes. II ne resta plus aux Portugais que les places de Goa et de Diu. Les Espagnols appauvrissaient les Portugais; l'armée et la marine étaient désorganisées, le domaine
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de la couronne était dissipé, la noblesse éloignée des affaires, et la nation épuisée par des impôts onéreux. Un tel état de choses présageait i révolution qui éclata en 1640.
SUÈDE
Gustave Wasa. — Christiern H, roi de Danemark, opprimait la Suède et exterminait la noblesse, afin de régner en paix. Un seul noble, nommé Gustave Wasa, échappe au massacre et se retire dans les mines de la Dalécarlie. Il y demeure longtemps déguisé. Bientôt il se fait reconnaître, soulève les mineurs, marche contre Christiern et le détrône. La Suède est délivrée ; Gustave est nommé roi, et le Danemark est donné à Frédéric de Holstein, oncle de Christiern. Peu après, le luthéranisme est introduit dans le Nord.
Là, la réformation fut une révolution politique encore plus que religieuse ; elle domina bientôt, et de prime abord servit de base à la constitution politique des pays qui l'adoptaient. La puissance des rois de Suède était restreinte par celle des diètes et de la noblesse.
Gustave mourut en 1560. Il avait été le protecteur des sciences, de l'industrie et du commerce.
Lecture : Histoire de Suède, dans les Esquisses historiques.