‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 46 sur 166 · GÉOGRAPHIE · texte numérisé non relu

GÉOGRAPHIE

Limites géiéraîes de la Judée au temps de Salomon.

Lorsque la Judée fut portée par Salomon à son plus haut point de gloire, elle s'étendait depuis la frontière de l'Egypte et l'extrémité boréale de la mer Rouge au S.-O. jusqu'à l'Euphrate au N.-E. La Judée pouvait se diviser en deux parties :

1° La Judée, proprement dite, que nous avons divisée sous Josué.

2° La Judée de ta conquête, comprenant les royaumes syriens de Da* mas, de Tadmor ou Patrmjre ; les pays des Edomiles, seux des Ammonites, des Moabîtes et de plusieurs tribus arabes situées au sud et à l'est.

Pour faciliter l'administration de ses États, Salomon les divisa en douze gouvernements ou intendances, à la tête desquelles il mit douze personnes de confiance. Ses vaisseaux, réunis à ceux des Tyriens, font de fréquents voyages à Ophir dans le Sofala, à l'est de l'Afrique, et quelques-uns disent même jusque dans la Bétique (Andalousie).

Lecture : Lécuy ou Royaumont ; la Bible; les Psaumes, etc. — Détails sur le Temple de Salomon.

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SOMMAIRE

Grèce. — 906. Homère. — 950. Hésiode.

«Sudée. — 9G2. Schisme des dix tribus,. Royaume de Juda — Roboam9 fils de Salomon. —Royaume d'Israël. — Coup-d'œil sur les dix tribus.

GRÈCE

Homère. — Homère est regardé comme le plus ancien poète grec; on pense que ce fut dans le 10e siècle qu'il chantait. Il composa deux poèmes, Y Iliade et ¥ Odyssée : le premier a pour objet la guerre de Troie ; le second, le retour d'Ulysse dans sa patrie. Homère trouva la poésie déjà sortie de l'enfance; mais il porta son art si loin qu'on oublia bientôt ses précurseurs dans la carrière des lettres, et qu'il fut regardé comme le créateur de la poésie épique. Homère enseigna aux poètes Part d'émouvoir, aux historiens celui d'écrire ; les législateurs découvrent dans ses sages maximes de sublimes leçons et de profonds secrets de politique; les artistes, dont il exerce l'enthousiasme, y puisent des idées vastes et brillantes. Un épisode de la guerre de Troie lui fournit le sujet de VIliade. Son but est de prouver aux Grecs que les peuples sont toujours victimes de la division des chefs.

Dans YOdyssée, Ulysse, errant pendant dix années, est un grand exemple de constance et de sagesse. Ce poème est renfermé dans un espace de quarante jours, pendant lesquels le poète met en action toutes les circonstances des dangers et des voyages d'Ulysse. Homère ne raconte pas, il peint sans cesse; il s'adresse à nos yeux et à nos cœurs, et même, s'il dort quelquefois, son sommeil, comme il le dit lui-même, ressemble à celui de Jupiter, qui se réveille en lançant la foudre. Homère, devenu aveugle fut obligé de mendier. Créophile, de Samos, l'accueillit dans sa misère, et conserva ses écrits. Après sa mort on lui éleva des iempîes.

On attribue à Homère un poème héroï-comique, intitulé Ba~

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trachomyomachie, ou Combat des rats et des grenouilles / trente trois hymnes et quelques épigrammes. Mais l'authenticité de ces derniers est à juste titre contestée.

Huit villes se disputèrent la gloire d'avoir vu naître l'auteur de V Iliade et de V Odyssée : Smyme, Rhodes, Colophon, Salamine, Chio, Argos, Athènes, Gumes ; c'est ce qui a donné lieu à ce distique :

Smyma, Chios, Colophon, Salamis, Rhodos, Argos, Athenœ, Orbis de patriâ certat, Homère, tuâ.

Réflexions sur Homère

Le nom d'Homère ne réveille pas seulement le souvenir d'un grand poète, mais celui d'une civilisation tout entière. Ses merveilleux récits et ses fictions si pleines de charme firent oublier peu à peu les poésies d'Orphée, dont les chantres sacrés, les prêtresses-poètes s'étaient servi pour élever l'enfance de la race hellénique. La plupart des traditions secondaires furent obscurcies ou effacées par cet essaim de fables ingénieuses, dont se nourrit l'imagination mobile des Grecs, à dater du siècle d'Homère. Croyances, poésie, sculpture, tout se règle sur Homère, sur ce modèle désormais national. Son influence morale sur ses contemporains et sur les générations qui suivirent n'est pas moins incontestable. Les rhapsodes, qui parcouraient les villes et les bourgades en chantant ses poèmes, familiarisaient les peuples avec les principes les plus importants de la loi naturelle, et tout en. captivant les imaginations, disposaient les cœurs à la pratique des vertus sociales et des vertus domestiques.

L! 'Iliade et Y Odyssée sont comme un vaste répertoire de toutes les connaissances mythologiques , historiques et géographiques de son temps ; c'est un tableau vivant de la société à cette époque : à peine peut-on citer un trait de physionomie morale des peuples contemporains qui ne soit pas indiqué par Homère. Les voyageurs s'étonnent encore aujourd'hui de retrouver le théâtre de la guerre de Troie tel qu'il l'a décrit, et les navigateurs de la Méditerranée reconnaissent les écueils et le promontoire que Nestor et Ménélas virent à leur retour. Enfin Homère, depuis trois mille ans, a présidé par son génie à toutes les littératures du monde.

En voyant tant de bienfaits répandus par un seul homme, quelques littérateurs ont pensé qu'Homère n'avait pas existé, mais que son nom résumait toute une époque historique. C'est ainsi (pie s'exprime à ce sujet Wolf, célèbre critique allemand :

« Une longue suites de poètes cycliques-ioniens a versifié la généalo- <: gie des dieux, l'histoire de la guerre do Troie et le retour des princes « grecs dans leurs foyers. Transmises de bouche en bouche dans un « siècle où l'écriture était encore un art inconnu, ces poésies se répam

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» dirent dans l'Asie-Mineure occidentale et dans les îles voisines. Lycur- » gue les entendit pendant ses voyages, et les transporta dans le Pélo- » ponèse; desi'hapsodes en détachèrent des fragments et les chantèrent » par toute la Grèce. Les Pisistratides les firent rassembler en deux » grandes épopées et mettre par écrit. Cette rédaction première fut en- » suite retouchée, arrangée, altérée, continuée, et ne fut définitivement » mise en ordre que par les grammairiens d'Alexandrie, qui nous ont » transmis Y Iliade et V Odyssée telles que nous les avons. »

On donna le nom àlxomérides à une école particulière de rhapsodes. qui récitaient les vers de ce poète. Les homérides composaient des espèces d'exordes ou d'hymnes par lesquels ils préludaient à leurs chants épiques; quelques-uns furent contemporains d'Homère lui-même; mais ils ne méritent pas de lui être comparés. Cependant il ne faut pas oublier qu'ils firent les premiers efforts pour dégager la vérité historique des mythes et des traditions qui l'obscurcissaient. La prose devait naître plus tard, et c'est à elle que nous devons la connaissance des faits historiques passés sous silence par Homère, qui n'a parlé ni de l'événement important du retour des Héraclides, ni de l'émigration des Grecs en Asie-Mineure.

Lecture: Homère, traduction en prose, par Bitaubé; en vers, par Bignan. Quelques passages de Boileau, de Perrault, de Lamotte snr Homère dans le Parallèle des anciens et des modernes.

Mesiode'. — Parmi les imitateurs d'Homère, Hésiode tient le premier rang; c'est le premier poète didaitique de la Grèce ; il écrivit sur l'agriculture et intitula son poème : les Travaux et les Jours, parce que l'art delà culture demande la connaissance du temps et des saisons.

Aux préceptes de l'agriculture, il mêle des conseils pour la conduite de la vie, et son ouvrage est partout semé de réflexions morales. Virgile l'a imité dans ses Géorgiques, et l'a de beaucoup surpassé. Hésiode composa deux autres ouvrages : <foia Théogonie ou généalogie des dieux, poème faible, sans inspiration, mais monument précieux propre à nous faire connaître la théologie des anciens ; 2° le Bouclier d'Hercule, poème descriptif, qui n'est qu'un fragment du poème intitulé, Héroogonie ou filiation des demi-dieux. Le Bouclier aVÉnèe de Virgile en est encore une imitation supérieure.

Hésiode fait entrer dans ses compositions poétiques l'his toire, la morale, la philosophie, la mythologie, la théogonie, l'économie rurale et domestique ; il est le premier signe d'un véritable progrès dans l'esprit humain ; il descend pour ainsi dire sur la terre, et cherche à instruire les hommes par le merveilleux instinct des animaux ; la nature lui sert de modèle,

il la décrit, la peint et la fait aimer ; on sent, en le lisant, que Tâge héroïque touche à sa fin, et que la raison va éclairer les hommes de sa douce lumière. Le style d'Hésiode a des charmes; l'harmonie qui règne dans sa poésie a fait dire que les Muses avaient nourri de leur lait le poète tfAscra (Béotie). Les anciens appréciaient tant ses œuvres qu'ils les faisaient apprendre aux enfants, et qu'on les grava dans le temple des Muses. N'oublions pas qu'Hésiode était de la Grèce européenne, dn misérable bourg de Cumes(Éolide), situé au pied de PHélicon, et qu'il remporta le trépied d'or dans les combats de poésie institués à Chalcis, en Eubée, par Amphidamas. Ces épreuves solennelles transformèrent les plaisirs sociaux en jouissances intellectuelles.

Lecture : Hésiode, traduction en vers de M. Fresse-Montval.

JUDÉE

Schisme «le© dix tribus. — Avant la mort de Salomon, Dieuluiavait annoncé que son royaume allait êlre divisé, et que son fils Roboam n'en conserverait qu'une légère portion. En effet, ce prince, à peine sur le trône, prit des conseils de jeunes gens comme lui, et accab/a ses peuples d'impôts; ceux-ci se soulevèrent, et Jéroboam, l'un de leurs généraux, fut proclamé roi des dix tribus qui formèrent le royaume d'Israël, dont la capitale fut d'abord Sicheni, et ensuite Samarie, bâtie par Amri, en 913. Ce royaume eut dix-neuf rois, de différentes nations, qui se succédèrent par de violentes révolutions. L'an 735, Téglathphalasar, roi d'Assyrie, soumit les tribus d'Azer,de Nephthali, de Zabulon, et les pays situés audelà du Jourdain ; Salmanazar, successeur de Téglath, conquit le reste du royaume d'Israël, détruisit Samarie, emmena les Israélites en servitude dans l'intérieur de l'Asie. . Les tribus de Juda et de Benjamin restèrent à Roboam, et prirent le nom de royaume de Juda, qui eut pour capitale Jérusalem. Elles eurent vingt rois, de la maison de David. La succession passe tranquillement la plupart du îemps de père en fils, et n'est interrompue deux fois que par L'usurpation dMthalie et l'intervention d'un conquérant étranger. L'alliance des rois de Damas et d'Israël contraignit Jchaz d'appeler à son secours Téglathphalasar, qui détruisit le royaume de Damas et rendit tributaires les royaumes d'Israël et de Juda. Sous le règne d'Ézéchias, le royaume de Juda s'affranchit du joug de l'Assyrie, et Jérusalem échappa à Sennachérib (114),

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Néchao, roi d'Egypte, vainqueur de Joskis à Maggedo (6H), rendit le royaume de Juda tributaire. Néchao est vaincu à son tour parNabonassar, roi de Babylone, et Nabuchodonosor, son successeur, à sa troisième invasion dans le royaume de Juda, détruisit Jérusalem, et emmena Sédécias, son dernier roi, avec le reste de la nation, à Babylone (587).

Tableau des rois de Ma et d'ïsraeî,

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