‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 51 sur 166 · CARACTÈRE POLITIQUE DU SEPTIEME SIECLE · texte numérisé non relu

CARACTÈRE POLITIQUE DU SEPTIEME SIECLE

Ce siècle offre des changements importants dans le gouvernement de la Grèce, dans la philosophie , les sciences et les arts; à Sparte, des éphores ou inspecteurs sont substitués aux rois, et deviennent peu à peu prépondérants ; à Athènes, des législateurs s'élèvent; ainsi , au moment où les roijaumes d'Israël et de Juda succombent, l'Italie et la Grèce s'organisent.

Au milieu des scènes sanglantes qui remplissent les annales de l'antiquité, il est consolant d'étudier l'histoire sous le rapport de la civilisation. Arrivés au 7e siècle avant J.-C, nous entrons dans une époque où les faits relatifs aux progrès de l'humanité se pressent en abondance. La division du travail , appliquée à des études plus sérieuses, va nous oflrir un spectacle plus instructif et plus imposant.

A la tête de ce mouvement intellectuel, on voit figurer les sept Sages, qui traduisirent en formules sentencieuses les notions instructives de la

morale. On dit qu'ils se sont réunis quelquefois dans un même lieu pour se communiquer leurs lumières et s'occuper des intérêts de l'humanité; cela seul suffirait pour caractériser l'époque où ils ont vécu. Leur sagesse n'eut rien de spéculatif; la curiosité devait chercher d'abord à démêler les rapports de l'homme et du citoyen avec ses semblables : aussi , des sept personnages qui se livrent alors à cette recherche, y en eut-il quatre qui furent réformateurs ou magistrats de leurs patries respectives. Tels furent Solon, à Athènes; Pittacus, à Mitylène; Cleobule, à Lindus (île de Rhodes) ; Périandre,k Corinthe. Les autres étaient Chilon de Lacédémone, Épiménide de Crète, Anccharsis de Scythie.

La poésie s'associa à ce nouveau genre de gloire ; elle revêtit de ses charmes les sentences détachées qui renfermaient des vérités importantes. Ce genre de sentences fut appelé gnomique (sentence). Les plus célèbres poètes gnomiques sont : Théognis de Mégare, Solon d'Athènes, et Xénophon de Colophon ; /Esope de Phrygie donnait les mêmes leçons en prose, en faisant parler les animaux.

Vers le même temps, Yhistoire se détache de la poésie, et prend enfin une forme régulière et appropriée à son but. Les premières compositions en ce genre f un nt appelées logographies ; les Persiques de Demjs de Milet méritent d'être signalées comme le premier essai d'histoire contemporaine. Cadmus de Milet, Denys de Samos, surtout Hécatée de Milet, dont le voyage autour du monde est célèbre sous le nom de Périègese , hâtèrent les progrès de la science historique. Bientôt les travaux se multiplièrent; Charon de Lampsaque écrivit l'histoire de Perse et celle des Cretois ; Xantus, celle des Lydiens ; Hippias de Rhegium, celle de Sicile ; Hérodote allait paraître.

La géographie, Y astronomie et la physique ne restèrent pas en arrière de ce mouvement. Les voyages de Thaïes de Milet amenèrent de précieuses découvertes.

La philosophie dégagea la religion de cette multitude innombrable de mythes sous lesquels elle était étouffée. Thaïes fut le fondateur de Y école ionienne , que l'on peut regarder comme la première école de liberté philosophique. Anaximandre , son disciple, développa les mêmes doctrines. Sous Anaxim'ene, cette école décline. Pythagore , avec des idées plus élevées, fit servir la philosophie à l'amélioration morale des peuples. Xénophane chercha à donner aux connaissances humaines un fondement inébranlable , en partant de celle de Dieu et de ses principaux attributs, Parménide et Zenon, ses disciples et successeurs, marchèrent sur ses traces, l'un en ajoutant aux principes du maître, l'autre en le défendant ; les matériaux d'un nouvel édifice philosophique étaient livrés au génie de Socrate.

« Il est curieux , dit M. Cousin, d'assister à la naissance de la philo- » sophie religieuse; elle ne fait encore que bégayer sur ces redoutables » problèmes; mais c'est le devoir de l'ami de l'humanité de saluer avec » respect la première apparition du raisonnement. »

Lecture *. Esquisses littéraires de l'auteur.

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©e Siècle.

OTfTO, m LK ©MUE M LA (B1ÈCB.

SOMMAIRE

Grèce — 596. Epiménide. — 593- Solon à Athènes. — 561. Pisistrate à Athènes. — 510. Exil des Pisistratides. - 5G5. — Phalaris, tyran de Sicile.

Judée. — 587. Fin du royaume de Juda. Le prophète Daniel. — b36. Fia de la captivité. — 519. Esther et Assuérus.

Rome. — 578. Servius Tullius. — 509. Abolition de la royauté; consuls à Rome.

Egypte. — 570. Amasis; Psamménite. — 525. Conquête de l'Egypte, par Carabyse, roi de l'erse.

Perse. — 538. Cyrus prend Babylone. — 536. Fondation de l'empire de Perse; édit de Cyrus qui permet aux Juifs de retourner à Jérusalem. — 530. Cambyse.

Lydie. — 547. Conquête de la Lydie, par Cyrus.

Découvertes. — Cartes géographiques ; figure de la terre sur un globe, par Anaximandre. - 560. Le marbre employé à Athènes pour les statues. -^ 540. Monocorde, table de multiplication, mouvement de la terre, par Pythagore. — 550. Les postes, par Cyrus. — 522 Le chapiteau corinthien, par Callimaqtie. — 520. Cadrans solaiies, par Anaximène de Milet. — 506. Premières statues érigées à Rome, par Horatius Codés.

GRÈGE

Épiménf de. — Les Athéniens, désolés par la guerre et la peste, croyant avoir encouru la colère des dieux, firent venir le philosophe Epiménide de Crète, afin qu'il les réconciliât avec eux. Epiménide ordonna des expiations, changea la religion et quelques coutumes barbares. Ces sages mesures calmèrent pour un moment les factions; mais, après le départ du philosophe, elle se renouvelèrent avec plus de fureur. Athènes touchait à sa décadence quand Solon vint. à son secours.

.@@I©3â à Athènes. — Solon était d'origine royale et descendait de « odrus, cher au souvenir des Athéniens ; obligé par sa médiocre fortune d'embrasser le commerce, il voyagea dans diverses contrées, étudiant avec soin les mœurs, les usages et le caractère des peuples. De retour dans sa patrie,

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il substitua aux lois sanguinaires de Dracou (624), archonîe vertueux mais trop sévère, des édits, qui d'abord n écontentèrent les riches et les pauvres, mais qui, mieux appréciés par leurs résultats, lui méritèrent la confiance et l'estime de ses concitoyens. Le sage Solon profila de ces bonnes dispositions pour donner une constitution à la république. En voici les principaux articles :

i° Partage des citoyens en quatre tribus. Les gens aisés composaient les trois premières : ils avaient les charges ; et les pauvres composaient la quatrième : ils avaient droit d'opiner dans rassemblée publique, droit qui devint puissant.

2* Augmentation de V autorité et des privilèges de V Aréopage.

3° Fixation des membres dii sénat du Prytanée à quatre cents : les affaires étaient portées d'abord à ce tribunal et renvoyées e suite à V assemblée du peuple, qui décidait. C'est à cette occasion qu'Anacharsis, philosophe scythe, disait à Solon : « Je suis surpris que vous ne laissiez aux sages que la délibération, et que vous donniez aux fous la décision. »

4° Peine d'infamie prononcée contre les dissipateurs, les lâches et les ingrats envers leurs parents..

Le sénat du Prytanée fut augmenté par la suite de six cents membres, parce que la population d'Athènes s'était augmentée de six nouvelles tribus; mais cinq cents membres par an exerçaient seuls leur charge, et ne siégeaient jamais à la fois. Cinquante d'entre eux gouvernaient pendant cinq semaines, et de cette manière il était impossible de faire des actes arbitraires.

L'Aréopage, dont nc"2 avons parlé au 16e siècle, veillait à la stricte exécution des lois. Dix autres tribunaux étaient encore établis.* Le Palladium, le Delphinium, le Phréattys et le Héliœa instruisaient les affaires criminelles; les six autres s'occupaient de police. Chacun plaidait lui-même, sauf les femmes, les enfants et les esclaves ; un hydroscope désignait le temps pendant lequel on pouvait plaider. Les lois de Solon furent gravées sur des tables, et mises en vers, afin qu'elles se gravassent mieux dans la mémoire ; elles furent en vigueur pendant quatre cents ans.

Cependant Solon, après avoir obligé par serment les Athéniens à suivre sa constitution pendant cent ans, sans y rien changer, abdiqua les ionctions de législateur et s'é oigqa de sa patrie ; il alla en Egypte, en Lydie, fit admirer partout sa

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profonde sagesse, et revint à Athènes après dix ans d'absence. Pisistrate régnait alors en monarque absolu : tout élaif changé de face. So.on, ne pouv nt êire témoin de ces désordres, se relira à la cour de Philocyprus, roi de Chypre, ?i mourut dans cette île, en 558 ; il avait quatre-vingts ans.

Solon est l'un des plus grands hommes du 6e siècle. Comme général, il s'était distingué à Salamine; comme poète, il composa avec succès un poème sur la perte de Salamine ; comme législateur, son nom est immortel; comme homme, il s'attira et mérita l'estime et la considération des Athéniens. Sa devise était : En tout considérez La fin.

So'on ne fit aucune loi contre le sacrilège ni contre le parricide, « parce que, disait-il, le premier crime a été jusqu'ici inconnu à Athènes, et le second est si horrible, que je ne crois pas qu'on puisse le commettre ! »

PSsSstFîtfe à Athènes. — Pisistrate, descendant de Codrus et parent de Solon, s'était distingué à la prise de Salamine ; ii avait une politesse affable qui gagnait tous les coeurs, et il possédait cette facilité d'élocution si nécessaire dans un état où le peuple est le maître des délibérations. Solon s'opposa autant qif il le put à l'artifice de son éloquence. « Vous ne faites attention, disait-il aux Athéniens, qu'aux discours séducteurs de cet homme; vous vous endormez au son flatteur de ses paroles, et ne considérez pas le but où tendent ses actions. » Mais Pisistrate n'en réussit pas moins; son ambition le porta à s'emparer du gouvernement d'Athènes, et, par son adresse, il sut se rendre maître de la citadelle. Trois fois il fut coniraint de fuir, et trois fois il recouvra le pouvoir. Cependant il excita à Athènes le goût des lettres et des arts, il y fonda une belle bibliothèque, et él-'va de superbes édifices. Ses deux fils, Hipparque et Hippias, régnèrent après lui.

Exil des Pisf stratidcs. — Hipparque, fils aîné de Pisistrate, lui succède dans le gouvernement d'Athènes; protecteur des arts, il attire n sa cour Ânacréon, Simonide et plusieurs savants, qui inspirent aux Athéniens le goût de la vertu et des sciences. Hipparque lui-même fait ériger au milieu des chemins publics des statues de pierre, appelées Mercures, où étaient inscrites des sentences et des maximes pour l'instruction des voyageurs. Deux jeunes citoyens, Harmodius et Aristogiton, dont il avait outragé la sœur, le poi-

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gnardèrent. Cependant la douceur du règne d'Hipparque a fait dire au philosophe Platon que ce prince avait rappelé les beaux jours de Saturne.

Hippias échappa aux assassins de son frère ; mais, aigri par ce meurtre, il devint cruel et méfiant. Il se saisit d'Harmodius et d'Aristogiton, et les fit mettre à la torture pour connaître leurs complices. Une femme, nommée Lionne, supporta des tourments inouïs, et, commençant à se défier de ses forces, elle se coupa elle-même la langue, de peur que son secret ne lui échappât. Le peuple chassa Hippias de la ville, et rétablit la république. Hippias alors se réfugia auprès de Darius, roi de Perse. Après l'expulsion des Pisistratides (un an avant celle des Tarquins à Rome), on éleva des statues à Lionne, à Harmodius et à Aristogiton, comme les défenseurs de la liberté publique, honneur qui n'avait encore été accordé à personne.

Phalaris, tyran de Sicile. — Phalaris se distingua dans sa jeunesse par des succès dans les armes ; mais , chassé par les Levantins, il se réfugia chez les Gamariens. Timocrate, chef suprême de la république d'Agrigenle, avait répudié sa femme. Phalaris l'épousa et voulut la venger. A la tête d'une armée de Gamariens, il s'empare tfAgrigente, et se fait proclamer chef del'Eiat. Son règne ne fut qu'une suite de cruautés, et son nom est aussi tristement fameux que le devinrent dans la suite ceux de Néron et de Tibère. C'est lui qui fit forger ce taureau d'airain dans lequel on brûlait vive, mais à petit feu, la victime qu'on y enfermait; Pérille, artiste athénien, auteur de cette horrible invention, en fit le premier l'essai. Les Agrigentins, révoltés de tant d'infamies, firent périr Phalaris par le même supplice ; il avait régné seize ans. Le taureau d'Airain fut transporté à Carthage, par Amilcar Barcas , père d'Annibal ; mais, après la destruction de cette ville, les Romains le rendirent aux Agrigentins

JUDÉE

Fin du royaume de «Basda. — Nabuchodonosor assiège Jérusalem pour la quatrième l'ois, sous le règne du dernier roi, Sédécias ; la viile est pillée, incendiée, le roi chargé de fers avec toute la nation, et le royaume de Juda détruit. Sédécias, le souverain Pontife, et la plus grande partie du peupie, furent conduits captifs à Babylone ; les plus illustres

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de ces captifs sont Ezéehiël et Daniel; on compte parmi eux trois jeunes Hébreux : Ananie, Âzarias et Misraël, que Nabuchoclonosor condamna au feu pour avoir refusé d'adorer sa statue.

Lecture : La Lible. — Histoire universelle de Bossuet.

Fins d© la Captivité, et. goaivei^BeMaeist €le® €*r«nd«*Prètres9 sous la dioassIsiatioiB persane.

— La première année de son règne, 'Cyrus permit aux Juifs captifs à Babylone de retourner dans leur pays et leur donna même les moyens de relever Jérusalem et le Temple. Les Juifs quittèrent Babylone au nombre de 42.360 sous la conduite de Zorobabel, descendant des rois de Juda, et sous celte du. grand-prêtre Josué ; mais la portion la plus nombreuse et la plus riche demeura de l'autre coté de l'Euphrate, où elle continua à former un peuple redoutable. La nouvelle colonie eut des discussions avec les Samaritains, Juifs d'origine. La construction d'un temple qui leur était propre, et qu'ils bâtirent à Garizùn près de Siçhem, occasionna une rupture complète entre les deux peuples, et fut la source de la haine nationale qui subsista toujours entre eux. —De là, la défense que les Samaritains firent faire aux Juifs de rebâtir leur ville et leur temple, d'abord sous Gambyse (529), ensuite sous Smerdis (522). — La nouvelle colonie ne commença à avoir une constitution stable que sous Esdras et sous Néhémie, qui y amenèrent de nouveaux habitants, l'un en 478, l'autre en 445. Le pays était soumis aux satrapes de Syrie; mais, par le progrès de la décadence du royaume de Perse, les grands-prêtres devinrent insensiblement, les véritables chefs de la nation. Cependant les Juifs, dans le temps de la conquête d'Alexandre (332), paraissent avoir été fidèles aux Perses.

A®ms.éË?ms et Edifier. — ■ L'Écriture sainte parle cependant d'un massacre général qui devait avoir lieu sous un prince perse nommé Jssuérus, qui parait être le même que Xercès; après de grandes conquêtes, ce prince répudie la reine Vasthi, et choisit pour épouse Esther, nièce du juif ftïardochée. La fortune de la nièce fit celle de l'oncle, et le crédit de l'oncle fut la perte d'Aman. Ce premier ministre, favori d'Assuérus, était mécontent de Màrdochée; parce qu'un juif lui avait déplu, il voulait immoler toute cette partie de la nation qui était captive en Perse. Aman tomba dans les pièges qu'il avait tendus à son

ennemi, et fut conduit au gibet même qu'il lui avait préparé. Mardochée succéda à sa faveur et à ses dignités.

Lecture : La tragédie ù'Esther, par Racine. — Histoire sainte*

ROME

ei'ïhis Tiillius, sixième roi de Rome, succède à Tarquin l'Ancien (578), opère quelques changements dans le gouvernement, et institue le cens ou dénombrement. A la division du peuple par tribus et curies, fondée dans l'origine par Romulus, il substitue la division par classes et centuries, contribuant chacune, par égale portion, aux charges pécuniaires de l'état. Les comices, ou assemblées publiques par centuries, remplacèrent dès-lors les comices par tribus, qui donnaient la prépondérance à la multitude ; et celle-ci ne connut plus que des affaires d'un moindre intérêt. Ce que Tarquin l'Ancien avait fait en faveur du sénat, Servius Tullius le fit pour le peuple, dont il était issu, et qui l'avait proclamé roi malgré les sénateurs. La population s'étant élevée à cent vingt mille âmes, il institua un jury civil, composé de gens de toutes sortes de professions, même- d'affranchis, auxquels, par une disposition intempestive, il venait d'accorder le droit de cité sans craindre de choquer les sénateurs, qui regardaient le pouvoir de juger comme la plus belle de leurs attributions : aussi les plus jeunes de ce corps se liguèrent-ils contre ce monarque, qui mourut assassiné par son gendre, et victime de ses institutions populaires (534).

.4Àfe©Iïtie>ïfi de la royaiafé % cosassals à Rome. — Tarquin le Superbe, parvenu au trône par le parricide et sans l'aveu du sénat, se fit détester par sa tyrannie ; bientôt la fin tragique de Lucrèce souleva le peuple; Brutus, qui jusqu'alors avait contrefait l'insensé, lève le masque et excite à la révolte; Tarquin est exilé avec sa famille, et la royauté est abolie (509), après 243 ans de durée. Tarquin le Superbe n'était pas sans talents militaires ; il combattit avec succès contre les Sabins, soumit les Ardéales et enleva aux Volsques une de leurs principales cités, Suessa Pomelia; on lui doit plusieurs édifices publics, et notamment ce fameux Capitule, qui devait être un jour le temple de l'univers ; en un mot, on pourrait dire de Tarquin qu'il avait des vertus et des vices, et qu'à tout considérer c'était un roi.

Lecture : Grandeur et décadence des Romains, par Montesquieu.

Coii]>d'<Bi! sir la royauté à Rome, de 753 à 509.

Une des causes de la prospérité de Rome, c'est que ses rois furent tous de grands personnages, dit Montesquieu : la constitution politique de Romulus, quelque bien combinée qu'elle fût, ne lui aurait pas survécu sans les lois religieuses de Numa, qui en réprimèrent la rudesse et procurèrent une paix de quarante ans. Mais cet état d'inertie devait aussi avoir un terme : Albe, comme métropole, prétendait à la suprématie ; Rome la fit disparaître sous lullus Hostîlhis. Les principes re-

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ligieux de Numa reparurent avec Ancus Martius, qui ouvrit à Tarquin l'Ancien les portes de l'Étrurie. L'administration publique prit des règles fixes sous Servius Tullius : l'impôt direct, l'institution des jurés enmatière civile, l'égalité des rangs dans les contrats furent son ouvrage. ! Tarquin le Superbe regarda le trône comme un patrimoine : il méconnut l'autorité du sénat, celle du peuple, il abolit sans raison les règlements de son prédécesseur. Les Romains le chassèrent, et avec lui finit la royauté, qui avait, on le voit, rendu de grands services à la colonie naissante. « S'il y avait eu, dit Machavel, deux rois comme Tarquin le Superbe, la liberté n'eût jamais existé à Rome. »

Le peuple romain comptait alors près de 130,000 citoyens.

K,éi»MMiqïse romaine. 5@f3> a 2® asas av. J.-C— Deux magistrats sont élus sous le nom de consuls : ce sont Junius Brutus et Tarquin Collatin, mari de Lucrèce. Les deux fils de Brutus se laissent entraîner dans une conspiration en faveur de Tarquin, qui s'était retiré chez Porsenna, roi d'Étrurie. Le consul romain les condamne à mort, et les fait exécuter en sa présence. Porsenna cependant met le siège devant Rome : Horatius Goclès sauva la ville, et Mutius Scaîvola, par son dévouement héroïque, porta le roi à terminer la guerre avec les Sabins, les Etrusques et les Romains. Cependant des troubles agitent Rome. 'iJn dictateur est créé avec un pouvoir absolu (498) : c'est Titus Lartius. Le peuple, qui avait refusé de s'enrôler, se soumet : mais tout présage une nouvelle résistance.

Lecture : La tragédie de Brutus, par Voltaire. — Tite-Live. — Michelet.

EGYPTE

amasïs, roi d'Egypte, fut le successeur d'Apriès, qu'il avait précipité du trône (570). Dans le commencement de son règne, les peuples le méprisaient à cause de sa basse naissance ; mais il sut ménager les esprits et gagner les cœurs par son adresse et ses attentions. L'exemple du bassin d'or produisit surtout un grand effetsur les Égyptiens. L'Egypte fut heureuse sous son gouvernement; il suffit d'énumérer en peu de mots les droits qu'il eut à sa reconnaissance : 1° il obligea les particuliers dans chaque ville, à inscrire leurs noms chez le magistrat, et à désigner leur profession (Solon lui emprunta cette ordonnance) -, '2° il permit aux Grecs de s'établir dans le port de Naucrate, et leur accorda beaucoup de privilèges-;' 3° il éleva plusieurs temples, principalement à Sais, lieu de sa naissance ; k° il secoua le joug des Perses ; mais sa perfidie envers Cyrus, qui lui avait fait demander sa fille en mariage, et auquel il avait envoyé Nitétis, la plus jeune fille d'Apriès, attira ces peuples en Egypte, et fut la cause de la chute de l'antique monarchie de Menés.

I»saniménHe vaincu par Cambyse. — Psamménite, fils d'Amasis, lui succéda au même moment où Gambyse, par ambition plutôt que pour se venger de la perfidie d'Amasis, s'avançait à la tète d'une

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puissante armée, pour envahir l'Egypte, en 525. Psamménite essaya d'arrêter le roi de Perse près de la branche pélusiaque du Nil ; mais il fut complètement défait. Les restes de son armée s'enfuirent en désordre, et lui-même fut fait prisonnier. Cambyse souilla d'abord sa victoire par s a cruauté ; il abreuva d'outrages Psamménite, fit égorger son fils, traita ses filles en esclaves. Mais, contraint d'admirer la grandeur d'âDae du vaincu, il le traita avec bonté, le retint à sa cour, et chercha à lui faire oublier ses infortunes. Cependant dans la suite, accusé d'avoir soulevé les Egyptiens, le roi captif fut obligé de boire du sang de taureau et il en mourut.

Psamménite fut le 479e et le dernier des rois d'Egypte ; il appartenait à la dynastie des Saïtes, la 26e des races royales qui gouvernèrent ce pays depuis Menés (525).

Ces 26 dynasties avaient duré plus de 19 siècles.

Lecture • Rollin. — Champollion le jeune. — Histoire ancienne de Ségur.

Lire aussi les Esquisses historiques pour les détails sur les lois , le gouvernement, la religion, et le tableau de l'auteur sur V Egypte ancienne. — Esquisses littéraires : langue et littérature égyptiennes.

PERSE

Cyrus. — Astyage, roi des Mèdes, était fils de Cyaxare Ier, auquel il succéda; son règne fut pacifique; il donna sa fille Mandane en mariage à Cambyse, roi d'un petit pays qu'on appelait la Perse : de ce mariage naquit à Cyrus. Ce dernier prince agrandit considérablement les états de son grand-père, et ensuite ceux de son oncle Cyaxare II, dont il commandait l'armée ; il ne lui laissa que le vain titre de roi. Il vainquit Crésus, roi de Lydie, dans la plaine de Tijmbrée (547), soumit la Syrie et une partie de l'Arabie. Cyrus, après ses nouvelles conquêtes, tourna ses forces contre l'Assyrie, et assiégea Babylone, sous le règne de Balthasar ou Labynit (538). Il imagina de détourner le cours de l'Euphrate, qui traversait Babylone, et de faire entrer ses troupes par le lit de ce fleuve. Ce moyen -réussit; la ville fut prise, et le roi tué dans son palais avec tous ses officiers, auxquels il donnait un grand festin (538). Avec Balthazar finit le deuxième empire des Assyriens, après avoir duré 221 ans, depuis la mort de Sardanapale.

Deux ans après cette victoire, Cyaxare mourut (536) , et laissa Cyrus seul maître d'un vaste empire compris entre la mer Caspienne et la mer des Indes, le golfe Persique et la Méditerranée. Il réunit tous ces pays ous le nom de royaume des Perses, et en fut le premier roi ; il institua les postes, et divisa ses états en cent vingt provinces. L'historien Hérodote a écrit que ce conquérant fut vaincu et tué par Tomyris, reine des Massagètes (530).

CamSsyse succéda à son père Cyrus en 530. Cinq ans après, il s'empara en six mois de l'Egypte sur Psamménite, dont il fit périr le fils. Il forma le projet de soumettre Carthage, de conquérir l'Ethiopie, et de

s'emparer du temple de Jupiter-Ammon. Ces deux expéditions furent malheureuses. Les déserts et la famine détruisirent son armée, qui fut, dit-on , ensevelie sous une montagne de sable. Ces désastres aigrirent son caractère naturellement colère ; sans respect pour les croyances des Égyptiens, il tua de sa main le bœuf Apis, fit battre de verges les prêtres, fit assassiner son frère Smerdis, dont il était jaloux, tua d'un coup de pied à la fois sa sœur et sa femme. Il se disposait à retourner en Perse pour punir le mage Smerdis, qui avait usurpé son trône pendant son absence, lorsqu'il se blessa à la cuisse avec son sabre. Il mourut peu de temps après à Ecbatane, dans l'Assyrie, des suites de cette blessure, l'an 522 ; il ne laissa point d'enfant. Pendant son absence, le trône de Perse avait été occupé par un mage qui voulait passer pour le frère de Cambyse (522). Cet usurpateur se maintint huit mois, en cherchant à se concilier les peuples vaincus; mais sa fourberie fut découverte, et sept principaux seigneurs persans l'assassinèrent, ainsi que les Mages qui le soutenaient ; de là la magophonie, ou anniversaire du massacre des mages , l'une des plus grandes fêtes de la Perse. Après une délibération remarquable , ils placèrent sur le trône Darius, fils d'Hystaspes, de la race des Acheménides.

Lecture : Histoire ancienne deP.oliin et deSégur. — Esquisses littéraires. — Xénophon : Cyropèdie. — Hérodote.

Généalogie de la première dynastie des rois de Perse,

LES àCHEMÉNIDES OU 1NACH1DES.

ACHÉMENE.

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