‹ Nouveaux éléments d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 27 sur 74 · CORNÉES · texte numérisé non relu

CORNÉES

Cette famille , autrefois réunie aux Caprifoliacées, se rapproche des Ombellifères par ses fleurs polypétales , isostémones, épigynes, en ombelles ou capitules, ses ovules pendants ou anatropes; elle s’en distingue par son style simple , son fruit charnu , son embryon plus développé et ses feuilles généralement opposées. Elle ne diffère des Araliacées que par ses feuilles opposées et son fruit drupacé. Le genre Cornus L., qui en est le type, présente les caractères sui-

POLYPÉTALES PÉRIGYNES AXOSPERMÉES.

vants: calice petit, 4-denté; 4 pétales en étoile; 4 étamines; style simple, caduc; drupe à noyau l-2~loculaire, 1-2-sperme.

L’écorce des Cornouillers (Cornus L.) est amère et astringente. Carpentier a signalé dans celle du Cornus florida L. un principe qu’il a appelé Cornine, et proposé comme succédané de la Quinine. Les fruits du Cornouiller mâle (C. mascula L.), connus sous le nom de Cornoüilles, sont rougeâtres , ovoïdes, aigrelets et comestibles; on les dit astringents. Ceux du Savignon (C. sanguinea L.) fournissent, par expression, une huile propre à l’éclairage.

POLYPÉTALES PERIGYNES A PLACENTATION AXILE.

Ovaire supère où semiinfère à carpelles :

Ovaire infère; étamines

GRAINE APÉRISPERMEE.

follicules verticillés , polyspermes ; em-

j , , / . * , bryon liomotrope . CRASSULACÉÉS,

libres et distincts / sans stipu- ]

(rarement sou- I les ; fruit : \ drujpes ou follicules dés) et plus ou I j monospermes ; em-

moins invaginés 1 [ bryon amphitrope

dans l’axe ; J \ ou anti trope .... TÉRÉBINTHACÉES.

feuilles \ / gousse mono - poly-

sperme ; embryon amphitrope ou ho-

stipulées ; ] motrope LÉGUMINEUSES.

fruit . \ flrUpP ? oiûne ou fol-

! licule , mono - di - [ sperme ; embryon \ homotrope ROSACÉES.

soudés ; feuilles sans stipules ; fruit capsulaire , polysperme; étamines en nombre égal, double ou triple des pétales LYTHRARIÉES.

plusieurs ; fruit charnu {mèlonidè) à 5 loges indéfi \ disPermesi feuilles stipulées POMACÉES.

nies ; ] / ( balauste ) à deux étages de loges

styles : { [ superposées ; graines nombreu-

ses , pourvues d’un tégument succulent; feuilles ponctuées,

f / sans stipules GRANATÉES.

un; fruit \ y

sec ou charnu à 1 à 6 loges; graines à testa crustacé ou membraneux ; feuilles ponctuées, sans stipules MYRTACÉES.

stipulées ; embryon à cotylédons plans et à radicule très-longue ; fruit indéhiscent, devenant monosperme RHIZOPHORÉES.

définies ; fleurs en 1 / tordus ou ridés ; fruit

general diploste- J non g^pU. I drupacé uniloculaimonees; feuilles: \ ^es ; em- 1 re , devenant monobryon à 1 sperme; pollen radicule J ovoïde COMBRÉTACÉES.

feetTeo-' Plans; fruit :bale ou te et a co I capsule à 4 ou 5

tyledons F ioges polyspermes ;

\ pollen trigone . . . ŒNOTHÉRÉES.

CRASSULACÉES.

CRASSULACÉES (fig. 607).

Herbes ou sous-arbrisseaux, à tige charnue; feuilles alternes ou opposées, charnues, simples, entières, rarement penni-lobées, sans stipules; fleurs hermaphrodites, en général, régulières, ordinairement 5-mères, diplostémones, rarement isostémones, en cymes scorpioïdes ou en corymbe souvent dichotome, rarement en épi, parfois axillaires et solitaires. Galice persistant, à préfloraison imbriquée ; corolle à préfloraison imbriquée ou valvaire , rarement gamopétale, et alors portant les étamines; anthères introrses; carpelles oppositipétales verticillés, polyspermes, généralement distincts, offrant chacun à sa base externe une écaille hypogyne ; ovules anatropes ; styles distincts ; follicules libres, rarement capsule à déhiscence loculicide; embryon droit, apérispermé.

Les Grassulacées ont un suc aqueux contenant beaucoup d’albumine , des principes astringents et de l’acide malique libre ou combiné à la chaux.

Joubarbe des toits ( Sempervivum tectorum L.). Feuilles épaisses, obovales, ciliées, disposées en artichaut; tige florifère haute de 20 à 30 centimètres ; fleurs roses , en cyme terminale ; calice et corolle 6-12-mères; étamines en nombre double; 6-12 carpelles. Cette plante croît sur les vieux murs , les toits etc. ; on l’a employée comme diurétique et antiscorbutique.

Orpin ou Reprise ( Sedum Telephium L.). Tiges cylindriques; feuilles un peu charnues, ovales-oblongues, dentées; fleurs 5-mères, blanches ou purpurines, en cyme corymbiforme. Cette plante croît dans les bois, les vignes etc. On lui attribuait la propriété de hâter la cicatrisation des coupures , d’où son nom de Reprise.

Orpin âcre ou V ermiculaire brûlante ( Sedum acre L . , fig. 608) . Tiges nombreuses, hautes de 5 à 10 centim. ; feuilles ovales, charnues, subtriquètres, courtes, très-rapprochées ; fleurs jaunes, à pétales lancéolés, aigus. Plante des lieux arides et pierreux, à saveur âcre, presque caustique; on doit l’employer avec circonspection; son suc est émétique et purgatif.

La Petite Joubarbe ou Trique-madame ( Sedum album L.), dont les pétales sont blancs, les anthères brunes, et les fleurs dis-

(*) ^2) Sépales, — cl c2) Pétales, — e e) Étamines. — cj?) Carpelles,

Fig. 607. — Diagramme du Sedum rubens, d’après P. Duchartre (*).

POLYPÉTALES PÉRIGYNES AXOSPERMÉES.

posées en une cyme corymbiforme étalée, a,un suc un peu styptique et rafraîchissant.

( Ombilic à fleurs pendantes, Cotylet ou Nombril de Vénus

Cotylédon Umbilicus L., Umbilicus pendulinus DG). Le suc de cette

pendant longtemps et à doses progressivement augmentées ; il paraît avoir une faible action tonique sur le système nerveux.

Arbres ou arbustes à suc gommeux ou gommo-résineux , souvent vénéneux; feuilles alternes, rarement opposées, simples, ternées ou imparipinnées , sans stipules; fleurs hermaphrodites ou diclines par avortement, petites, régulières, axillaires ou terminales, en épi ou panicule : calice fide ou partit, à 3-5 divisions souvent persistantes ; 3-5 pétales (parfois 0: Pistacia) , à préfloraison ordinairement imbriquée , et insérés , avec les étamines , sur un disque annulaire pé •• rigyne; étamines en nombre égal ou double; ovaire 1-loculaire (. Anacardiées ), ou 2-5-loculaire (Spondiêes , Bnrséracées) , à loges 1 -spermes ou 2-spermes (Burséracées) ; style simple, terminal ou sublatéral; parfois plusieurs carpelles se soudent, puis avortent, sauf un seul, qui est alors surmonté de plusieurs styles; fruit rarement infère , libre ou entouré à sa base par le réceptacle (qui peut devenir piriforme et charnu : Anacardium) , drupacé , déhiscent ou indéhiscent, rarement nucamenteu x (Anacardium)-, graine dressée, ou horizontale, ou inverse; testa membraneux; hile ordinairement ventral; cotylédons plans-convexes , parfois plissés- tordus (beaucoup de Burséracêes) ; radicule courbe, supère ou infère.

plante fut vanté , en 1849, contre l’épilepsie, parM. Thos.

Salter et par M.

Bullar. M. Graves, de Dublin , en a obtenu de bons résultats également ; mais M. Ranking a publié trente observations, d’après lesquelles l’emploi du Cotylet n’a produit aucune améliora tion.

Fig. 608. — Sedum acre .

Ce médicament doit être continué

TÊRÉBINTHACÉES

TÉRÉBINTHACÉES.

MM. Decaisne et Le Maout divisent les Térébinthacées en deux tribus (Anacardiées ,- Spondiées ), et y ajoutent, comme tribu ou sous-famille, les Burséracées.

Anacardiées.

Ovaire uniloculaire. ( Pistacia L., Comocladia P. Browne, Schinus L., Rhus L., Mangifera L., Anacardium Roth, Semecarpus L. etc.)

Rhus L.

Fleurs souvent dioïques ou polygames ; calice à 5 divisions persistantes; 5 pétales ovales, étalés; 5 étamines à filets courts; ovaire 1-loculaire; 3 styles très-courts ou 3 stigmates sessiles. Drupe monosperme.

Sumac des corroyeurs (Rh. coriaria L.). Arbrisseau du midi de la France ; feuilles imparipennées, à 5-7 paires de folioles velues, elliptiques , dentées ; fleurs verdâtres , en grappes ; stigmate sessile ; drupe verdâtre, acide et astringente. Les feuilles servent dans la teinture et au tannage des cuirs.

Selon M. Schenk , la galle de Chine serait fournie par le Rh. semialata Murr., var. p Osbeckii DG. ( Rh , Javanica L.).

Les fleurs et les fruits du Sumac de Virginie ou Vinaigrier (j Rh. typhina L.) servent à aiguiser le vinaigre, dans FAmérique du Nord.

Fustet (Rh. Cotinus L.). Le bois de cet arbrisseau est employé dans la teinture; il renferme une matière colorante jaune , la Fustine (Preisser). Son écorce est astringente et aromatique; on l’emploie comme fébrifuge.

Le Sumac vernis (Rh. vernix L.) fournit un suc laiteux, noircissant à l’air et qui sert à composer le Vernis du Japon. La laque de Chine est préparée à l’aide du suc résineux, très-délétère, fourni par d’autres arbres de la même famille , indigènes de la Chine et de l’Inde. Le suc vénéneux du Poison Sumac ou Arbre à pipa (Rh. venenata DC.) de l’Amérique septentrionale sert aux mêmes usages. /

Les graines du Sumac bâtard (Rh. succedanea L.) fournissent une sorte de suif concret, dont on fabrique des chandelles, au Japon.

Le Rh. copallina L. de l’Amérique du Nord fournit une sorte de copal.

Le Rh. Metopium L. des Antilles est employé comme astringent; * il en découle une sorte de résine, nommée Doctor Gum , dont les usages ne sont pas bien connus.

Sumac vénéneux (Rh. toxicodendmn L., Toxicodendron pu -

POLYPÉTALES PÉRIGYNES AXOSPERMÉES.

bescens Mill., fig. 609) et Lierre du Canada ( Rh . radicans L., Toxicodendron vulgare Mill. J. Ces deux plantes paraissent avoir les mêmes propriétés, et on les regarde, assez généralement, comme deux variétés d’une même espèce ; elles diffèrent en ce que la première a des folioles incisées et pubescentes en dessous et des tiges dressées , tandis que la seconde a des tiges couchées, radicantes et des folioles presque entières, glabres.

Racines traçantes ; rameaux faibles, munis de suçoirs ; feuilles trifoliolées, à folioles ovales - acuminées , la médiane pétiolée, les latérales sessiles; grappes axillaires, dressées; fleurs dioïques; mâles: calice 5-partit, à lobes aigus, 5 pétales ovales-lancéolés , 5 étamines incluses à anthères introrses; femelles très-petites : ovaire Hg. 609. mus toxicodendron.

à style court, trifide ; drupe

petite, sèche, sillonnée blanc jaunâtre, à graine globuleuse, striée.

Selon Orfila , le Sumac vénéneux frais agit à la manière des poisons narcotico-âcres. Les feuilles contiennent un suc vénéneux, trèsâcre , noircissant à l’air. Il suffit , dit-on , de toucher ce végétal , pour que la main se couvre de pustules. Lorsqu’on s’expose à ses émanations, la peau se couvre rapidement de plaques rouges et même de boutons plus ou moins volumineux. Cette action irritante paraît due à un principe hydrocarboné , mal défini , signalé par van Mons, et qui disparaît par la dessiccation. L’extrait préparé avec le suc non dépuré des feuilles du Sumac a été préconisé contre les dartres invétérées et contre certaines paraplégies.

Pistacia L.

Fleurs dioïques , apétales ; calice à 3 , rarement 5 divisions linéaires, très-profondes; fleurs mâles à 5 étamines; fleurs femelles à ovaire uniloculaire , monosperme , à style court surmonté, de 3 stigmates épais; drupe sèche.

Pistachier franc ( Pist . ver a L.). Arbre qui croît de la Syrie à

TÉRÉBINTHACÉES.

la Perse et au Caboul, cultivé dans la zone méditerranéenne; tige haute de 5 à 10 mètres; feuilles imparipinnées , à 3-5 folioles ovales, obtuses, coriaces, glabres; fleurs mâles en grappes; fleurs femelles en épis généralement triflores. Drupe ovoïde, allongée, sèche , bivalve ; graine suspendue à l’extrémité d’un podosperme long et plan , qui naît du fond de la cavité.

Le fruit du Pistachier est connu sous le nom de Pistache. Il se compose d’un brou rougeâtre , assez mince , rugueux et un peu aromatique, recouvrant une coque blanche , bivalve, dans laquelle se trouve une amande verte , grasse , de saveur douce et agréable. Cette amande est entourée d’une pellicule rougeâtre ; elle est comestible, et servait jadis à la préparation de loochs verdâtres ; actuellement elle n’est guère employée que par les confiseurs.

Lentisque ( Pist . Lentiscus L.). Arbrisseau qui croît dans toute la zone méditerranéenne et surtout dans les îles de l’Archipel grec ; feuilles paripinnées, à 8-12 folioles ovales -lancéolées, obtuses, glabres; fleurs en panicules axillaires, souvent géminées; fruits brunâtres , pisiformes.

Le Lentisque est cultivé dans l’île de Chio; on en retire, par incision , une résine appelée Mastic.

Le Mastic se présente sous forme de larmes sphériques, ou aplaties et irrégulières , de couleur jaune pâle, comme farineuses au dehors, à cassure vitreuse, d’une transparence un peu opaline. Cette résine a une odeur agréable , une saveur aromatique ; elle se ramollit sous la dent et devient ductile.

« L’alcool à 90°, bouillant, en dissout les 9/10 de son poids et laisse une substance blanche, ductile, soluble dans l’éther et dans l’alcool absolu bouillant ; cette substance a été considérée comme un principe particulier et nommée Masticine. »

On falsifie souvent le Mastic avec la Sandaraque (voy. t. II, p. 78). Le Mastic sert, en Orient, comme masticatoire, d’où son nom; il est réputé tonique et astringent ; sa dissolution dans l’éther, ou mieux dans le collodion, constitue une sorte de ciment, dont on imbibe un peu de coton cardé, que l’on introduit ensuite dans les dents cariées; enfin on préconise cette résine contre l’incontinence d’urine.

Le fruit du Lentisque fournit une huile vert foncé , entièrement soluble dans l’éther, liquide au-dessus de 33°, mais , au-dessous de cette température, laissant déposer une matière cristalline. Cette huile sert dans l’alimentation et dans l’éclairage.

Le Pist. atlantica Desf., grand arbre de la Tunisie , fournit un suc résineux , qui découle spontanément du tronc. Ce suc est jaune pâle , et sert aux mêmes usages que le mastic , auquel il ressemble beaucoup.

Térébinthe (Pist. Terebinthus L.). Cet arbre croît aussi dans la zone méditerranéenne; feuilles pari pinnées , ovales-lancéolées, aiguës ; fleurs en panicules axillaires ; les mâles à périanthe couvert de poils roussâtres et à étamines purpurines.

Le Térébinthe fournit, par incision, un liquide oléo-résineux, que l’on récolte surtout à Ghio , et que , pour cette raison , Ton appelle Térébenthine de Ghio.

Gette térébenthine est très - consistante , presque solide, gris ou jaune verdâtre , plus ou moins nébuleuse ; elle a une odeur assez forte, un peu analogue à celle du Fenouil, une saveur douce, parfumée , rappelant celle du mastic ; elle se dissout dans l’éther, et laisse, avec l’alcool, une résine glutineuse.

Nous avons parlé des galles fournies par les Pistachiers (voy. t. I, p. 191).

Guao ( Comocladia dentata Willd.). Arbre des Antilles, dont les feuilles exhalent une odeur d’acide sulfhydrique , lorsqu’elles sont froissées, et dont l’ombre est dite vénéneuse : Jacquin a montré que ce fait est inexact. Le Com. ilicifolia Sw. teint la peau en noir, Le suc du Com. integrifolia L. est caustique, corrosif, dépilatoire; il désorganise la peau et la teint en noir.

Mollé ou Poivrier d’Amérique ( Schinus Molle L.). Arbrisseau à rameaux pendants, naturalisé en Espagne, et dont les feuilles , semblables à celles du Frêne, contiennent un suc laiteux, gluant, à odeur de Fenouil. Il fournit une résine purgative, odorante, blanche, opaque , employée aux mêmes usages que le mastic. Ses fruits sont purgatifs.

. Le Sch. Areira L. ( Buvaua dependens DG.) fournit, au Chili, des graines fermentescibles, donnant une boisson enivrante; l’eau distillée de ses feuilles fraîches est employée dans la toilette; son écorce est tonique et fébrifuge.

Le Melanorrhœa usitatata Wall. ( Stegmaria verniciflua Jacq.), produit, au Népaul, un suc noir et brillant, employé comme vernis.

Manguier ( Mangifera indica L. , Mang. domestica Gærtn.). Arbre des Indes orientales , propagé dans les Antilles , qui fournit une drupe (Mangue) un peu réniforme, à dimensions, couleur et saveur variables, généralement parfumée et sucrée-acidule. Son amande est astringente et contient beaucoup d’acide gallique , selon M. Avequin.

Au Gabon, on fabrique avec les amandes du Mangifera Gabonensis une substance désignée sous le nom de Dika ou de Pain de Dika. Le Dika est en forme de cône tronqué , pesant environ 3500 grammes, gris brun, avec des -points blancs, onctueux au toucher; son odeur et sa saveur rappellent celles du Cacao et des Amandes

TÉRÉBINTHACÉES . 335

grillées. Par expression à chaud , on en extrait environ 80 °/0 d’une sorte de graisse solide (Beurre de Dira), fusible à 30°.

Noix (T Acajou, Acajou à pomme (Cassuvium pomiferum Lamk., Anacardium occidentale L., fig. 610). Cet arbre, originaire d’Amérique , est répandu mainte nant dans toutes les régions tropicales. Feuilles simples, ovales, obtuses au sommet ; fleurs en panicules terminales; corolle plus longue que le calice , à 5 pétales linéaires, réfléchis au sommet ; 10 étamines, dont une exserte, fertile, les autres incluses et stériles; ovaire uniloculaire à style lâtéral ; fruit (Noix d’Acajou) réniforme , à péricarpe coriace creusé d’alvéoles remplies d’une huile visqueuse, noirâtre et caustique ; amande blanche , réniforme , huileuse , de saveur douce et agréable. La Noix d’Acajou est suspendue par sa hase , plus renflée , à l’extrémité supérieure d’un corps charnu piriforme, dû au développement du réceptacle. Ce corps, nommé Pomme d’Acajou , est sucré-acidule , un peu âcre.

L’Acajou à pommes fournit, par incision, une gomme (Gomme d’Acajou) , moins soluble dans l’eau que la gomme arabique , à laquelle on la substitue dans le pays. Cette gomme est en larmes stalactiformes, souvent très-longues, jaunes, transparentes, dures et à cassure vitreuse ; elle se dissout mal dans la bouche et s’attache aux dents.

Anacarde orientale ( Semecarpus Anacardium L. f., a angus -

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tifolium DG., Anacardium longifoliurn Lamk.). Arbre de l’Inde, à fruit cordiforme (Anacarde) , aplati , porté sur un réceptacle épaissi.

L’x\nacarde du commerce est noir, lisse, souvent encore attaché à son réceptacle, qui est plus petit, ridé et dur. Son péricarpe offre, comme la noix d’Acajou, des alvéoles contenant une huile noire et caustique ; l’amande est douce; on la mange fraîche après l’avoir fait griller, pour la débarrasser de son enveloppe. L’Anacarde a les mêmes propriétés que la noix d’Acajou.

Spondiées.

Ovaire 2-5-loculaire. ( Spondias L. etc.)

Cette tribu me fournit guère que quelques produits, dus au genre Spondias ; tels sont les fruits du Prunier d’Espagne (Sp. purparea Lam., Sp. Monbin L., Sp. Myrobalanus Jacq.), du Prunier d’Amérique (Sp. lutea Lam., Sp. Monbin Jacq., Sp. Myrobalanus L.), arbres qui croissent aux Antilles, et ceux de l’Arbre de Vénus (Sp. diilcis Lam.), cultivé dans les îles des Amis et de la Société; tous ces fruits sont comestibles.

Le Sp. Birrea de la Sénégambie donne un fruit dont les nègres font une liqueur fermentescible.

Burséracées.

Ovaire à loges 2-ovulées ; ovules à micropyle supère et à raphé ventral; cotylédons plissés-tordus , très-rarement plans-convexes.

(Boswellia Roxb., Balsamodendron Kunth. , Elaphrium Jacq. Icica Aubl., Bursera Jacq., Hedwigia Swartz etc.)

Le genre Amyris L. ne diffère des Burséracées que par son ovaire 1-loculaire et par ses feuilles généralement opposées; ce genre paraît devoir être mis à la suite des Burséracées.

Balsamodendron Kunth.

Baume de la Mecque, de Judée ou de Giléad. Cette substance est fournie par le Bals, gileadense Kunth. (Amyris Gileaden sis L., Am. Opobalsamum Forsk.), arbuste qui croît dans l’Arabie, auprès de la Mecque et de Médine. On l’obtient par incision du tronc ou par décoction des feuilles et des rameaux. Dans l’un et l’autre cas il se produit deux sortes de baumes : 1° une matière oléagineuse , limpide et suave ; 2° une autre plus épaisse , opaque , glutineuse et moins odorate ; cette dernière sorte paraît être la seule que l’on trouve dans le commerce , encore y est-elle générale-

TÉRÉBINTHACEES. 337

ment falsifiée, et même remplacée par du baume du Canada ou par de la térébenthine de Chio.

Selon Guibourt, le baume de la Mecque se sépare en deux couches : une supérieure , liquide, mobile et presque transparente; une inférieure, opaque, épaisse et glutineuse. Par l’agitation, ces deux couches se mélangent et fournissent une substance de couleur gris jaunâtre, d^odeur forte, sui generis , qui devient suave en s’affaiblissant à l’air. Une goutte de baume liquide projetée dans l’eau remonte à sa surface et s’y étend aussitôt complètement en une couche trèsmince et nébuleuse ; cette couche étant touchée avec un poinçon, s’y attache et s’enlève avec lui.

Ce baume ne pénètre pas le papier collé et ne le rend pas translucide ; après douze heures, il est devenu assez consistant, pour que, en pliant le papier en deux , les faces en contact adhèrent de telle sorte qu’on ne peut les séparer sans déchirure. Il ne se solidifie pas avec 1/8 de magnésie calcinée; enfin, il ne se dissout qu’incomplétement dans l’alcool à 90°, et le soluté est d’abord lactescent.

On trouve dans les droguiers, sous les noms de Carpobalsamum et de Xylobalsamum , les fruits et le bois du Baumier de la Mecque. Ces substances sont plus ou moins odorantes et d’ailleurs inusitées; toutefois les fruits entrent dans la thériaque.

Myrrhe. Cette gomme-résine est fournie par le Bals. Myrrha Nees , arbre de l’Abyssinie et de l’Arabie. Elle se présente sous forme de larmes pesantes , irrégulières , rougeâtres , fragiles , un peu efflorescentes , à cassure huileuse, brillante, demi-transparente; leur saveur est âcre, amère, aromatique, et leur odeur forte, assez agréable. Quelques gros morceaux de myrrhe offrent parfois des sortes de stries opaques et jaunâtres , en forme d’ongle : on leur a donné le nom de Myrrhe onguiculée.

La myrrhe est un tonique puissant, que l’on administre à la dose de 0,2 à 2 grammes par jour, associée aux préparations ferrugineuses, contre la chlorose et l’aménorrhée. Elle entre dans la thériaque, la confection d’Hyacinthe , le baume de Fioraventi , Y élixir de Garus etc. On en prépare un extrait , un vinaigre et surtout une teinture employée contre la carie dentaire et la gangrène.

Brandes y a trouvé : 2,6 d’huile volatile , 27,8 de résine , 63,7 de gomme etc. Suivant M. Hekmeyer , cette gomme serait de trois sortes : une ressemblant à la gomme adragante , une ana logue à la gomme arabique , la troisième précipitant par l’acétate de plomb.

On trouve parfois dans la myrrhe vraie, une sorte de myrrhe que M. Bonastre a fait connaître sous le nom de fausse myrrhe , en indiquant le moyen de les distinguer ; si l’on ajoute quelques gouttes

POLYPÉTALES PÉRIGYNES AXOSPERMÉES.

d’acide azotique dans une solution alcoolique de myrrhe vraie , il se forme un précipité rose, qui passe au rouge et à la lie de vin, tandis que, avec la fausse, il se produit un précipité jaunâtre. Cette gomme-résine est appelée , par Guibourt , Bdëllium de l’Inde.

Bdellium. On connaît, sous ce nom, deux sortes de résines différentes :

1° Le Bdellium d’Afrique, fourni par le Bals, africanum Arnott (. Heudelotia africana A. Rich.), arbre qui habite le centre de l’Afrique, depuis le Sénégal jusqu’en Abyssinie. Ce bdellium est en larmes arrondies, demi-transparentes, gris jaunâtre , verdâtre ou rougeâtre , devenant à la longue opaques et farineuses ; sa cassure est terne et cireuse; son odeur faible, particulière; sa saveur âcre et amère. Il contient de la gomme, de la résine, une huile volatile etc. Il entre dans l’emplâtre diachylon gommé.

2° Le Bdellium de l’Inde, dont nous avons déjà parlé, et que l’on attribue au Bals. Boxburghii ( Amyris gummifera Roxb.). Cette gomme-résine est en masses noirâtres , salies d’impuretés , et à cassure terne ou brillante , souvent couverte de gouttelettes d’un suc poisseux et brillant, qui exsude d’une masse gommo-résineuse terne. Son odeur est forte , sa saveur âcre et très-amère.

Résines de Gommart. Guibourt décrit, sous cette rubrique , un certain nombre de résines , qu’il rapporte à des arbres du genre Bursera et qui offrent , comme caractère commun , la propriété de brunir le papier soumis a leurs émanations. La mieux connue de ces résines est la Résine Chibou ou Caghibou , fournie par le Buts. gummifera Jacq. {Buts, acuminata Willd.), arbre de l’Amérique méridionale , où on l’appelle Gommart , Chibou , Gommier blanc. Cette résine est en masses assez volumineuses , souvent triangulaires, enveloppées dans des feuilles de Palmier ou de Maranta; elle est blanche, puis brunâtre, aromatique, amère.

Sucrier des Antilles ( [Itedwigia [Bursera Pers.] balsamifera Swartz). Cet arbre des Antilles fournit un suc rougeâtre , ayant la consistance du Copahu , dont il se rapproche par son odeur et sa saveur, et qui est réputé capable d’amener la cicatrisation des plaies.

Oliban ou Encens. On connaît, sous ce nom, deux résines de provenance différente : l’une vient de l’Inde , l’autre d’Afrique.

L’Encens de l’Inde est fourni par le Boswellia serrata Stackh. ( Bosw . thurifera Colebr.) et sans doute aussi par le Bosw. glabra Roxb. Il est sous forme de larmes jaunes , demi-opaques , arrondies, assez grosses , d’odeur et de saveur parfumées.

L’Encens d’Afrique est attribué au Plœsslea papyracea (. Amyris papyracea Del., Bosw. floribunda Royle, Plœsslea floribunda Endl., Bosw. papyrifera A. Rich.). Il est en larmes jaunes , oblongues ou

TÉRÉBINTHACÉES.

arrondies , généralement petites , peu fragiles , à cassure terne et cireuse, non transparentes , se ramollissant sous la dent; ces larmes sont mêlées d’autres plus grosses , rouges , nommées marrons , se ramollissant sous les doigts , offrant souvent des débris d’écorce et des cristaux de spath calcaire ; leur saveur est aromatique , plus forte dans les marrons que dans les larmes.

L’oliban est en partie soluble dans l’eau et dans l’alcool ; il fond difficilement à chaud , et brûle avec une flamme blanche. Selon Braconnot, il contient 56 de résine, 30 de gomme, une huile volatile , etc. Il entre dans la composition de la thériaque , du baume de Fioraventi, de divers emplâtres.

Résine Elémi. On distingue dans le commerce plusieurs sortes de résines de ce nom ; les deux sortes principales sont Yélémi du Brésil et Yélémi en pains .

Elémi du Brésil. Cette résine découle par incision de Ylcica Ici cariba DC. ( Amyris ambrosiaca L.) Elle est en masses plus ou moins volumineuses , molle , onctueuse , devenant sèche et cassante par le froid ou la vétusté , demi-transparente , blanc jaunâtre , mêlée de points verdâtres, ou formée de larmes blanches, jaunes ou jaune verdâtre. Son odeur est forte, agréable, analogue à celle du Fenouil ; sa saveur parfumée, d’abord douce, puis amère. L’alcool bouillant la dissout complètement, et le soluté laisse précipiter, en se refroidissant, une résine blanche , opaque, légère et cristallisée, nommée Elémine.

L’Elémi en pains est en masses triangulaires , aplaties , molles , opaques, verdâtres, pesant 500 à 1000 grammes, et enveloppées dans une feuille de Palmier: elles ont une odeur de Fenouil trèsprononcée, et une saveur amère. L’origine de cette résine est inconnue ; on l’attribue avec doute à Y Amyris elemifera L. (Am. Plu mieri DG. , Icica viridiflora Aubl.). #

M. Oberlin mentionne encore: la Résine Elémi en pains de l’Inde, fournie par Y Am. zeylanica Retz. (Bals, zeylanicum Kunth) ; la Résine Elémi du Mexique, due à YElaphrium elemiferum Royle ; la Résine Elémi du Bengale, produite par Y Am. Agallocha Roxb. (Bals. Boxburghii Arnott), qui est renfermée dans des tiges de Bambou.

Résine Tacamaque ou Tacamahaca. Guibourt et M. Bouchardat décrivent plusieurs sortes de résines de ce nom. Selon M. Dorvault , il en existe plusieurs sortes. La Tacamaque ordinaire «. est en masses irrégulières , jaunâtres ou verdâtres, demi- transparentes à l’intérieur, ondulées de zones blanchâtres , grisâtres et farineuses à l’extérieur, friables , d’une odeur térébinthacée , d’une saveur peu marquée d’abord, mais qui devient âcre ensuite » (Dorvault). On l’at-

POLYPÉTALES PÉRIGYNES AXOSPERMÉES.

tribue au Fagara octandra L. (Elaphrium tomentosum Jacq., Amyris tomentosa Spr.); elle se dissout complètement dans l’alcool.

Il existe aussi dans les droguiers , sous les noms de Tacamaque en COQUES, T. sublime, T. angélique etc., une résine envoyée de l’Amérique méridionale, et qui a une odeur très-suave analogue à celle de l’Angélique.

Résine Caraque. Selon la pharmacopée du Wurtemberg, d’après Guibourt, cette résine est tenace, ductile comme la poix, lorsqu’elle est récente', devenant dure et fragile en vieillissant. Elle est d’un vert noirâtre , d’une saveur amère et d’une odeur forte et agréable , principalement quand on la brûle. On l’apporte de la Nouvelle-Espagne, sous forme de morceaux cylindriques y enveloppés dans des feuilles de Roseau.

M. Oberlin en cite deux sortes : la Résine caragne des Antilles, fournie par le Buvsera acuminata Willd. , et la Résine Caragne d’Orinoco, fournie par YAmyris Cavanna II. R. ( Icica Cavanna Kunth).

On trouve parfois dans les droguiers, sous le nom de Résine Alouchi , une résine que l’on suppose fournie par Y Icica Avacouchini Aubl. (Amyvis hetevophylla Willd.).

Herbes , arbrisseaux ou arbres de toute grandeur; feuilles alternes, rarement simples (Cevcis), presque toujours composées-pennées , pourvues de stipules ; fleurs hermaphrodites, parfois diclines , le plus souvent 5-mères , en général irrégulières : calice à sépales plus ou moins soudés , parfois bilabié , à préfloraison imbriquée ou valvaire ; corolle généralement polypétale, parfois gamopétale, rarement nulle, ou réduite à un seul pétale, tantôt régulière et à pré-

pelle (fig. 611), sessile ou stipité, devenant parfois biloculaire par

(*) A) Pistil entier à peine grossi. La portion renflée (ovaire) est supportée par un prolongement de l’axe (podogyne) , et surmontée par un style recourbé, que termine un stigmate papilleux.

LÉGUMINEUSES

Fig. 611. — Lathyrus latifolius (*).

floraison valvaire , tantôt irrégulière et à préfloraison imbriquée ; 10 étamines ou beaucoup , périgynes ou hypogynes, généralement diadelphes, parfois monadelphes ou libres; anthères introrses et biloculaires ; pistil en général composé d’un seul car-

LÉGUMINEUSES

introfïexion de la nervure ventrale (fig. 612), ovules en nombre variable , campylotropes ou anatropes ; style et stigmate simples. Le fruit est parfois drupacé ; presque toujours c’est une gousse,

tantôt déhiscente et unilocu- /mmi

laire (fïg. 613), tantôt indéhiscente, et alors soit lomentacée (fig. 614), soit divisée par des

cloisons transversales en loges 111 11 Fig. Gi2. — Coupe trans-

monospermes superposées. Les wfcl® versale de l'ovaire de

. , f -, , l'Astraqalus Galeqifor-

graines sont generalement ape- l|| il ^ y y

rispermées et renferment un embryon tantôt droit ( Rectem bryées ), tantôt courbe ( Cur vembrtjée s) et à radicule com- x

missurale. mm» ^

Cette classe se compose de quatre familles : les Papilionacêes , les Cœsal -

piniées , les Swart- JWPP»

ziées et les Mimo - Æk M

sées ; voici les caractères distinctifs de ces familles et de

. ., ,, f. Fig. 014, — Gousse de

leurs tribUS , Cl a- 613. — Gousse de Haricot V Hippocrepis multisili près Ach. Richard : Flageolet entière . quosa.

(Gousse continue, étamines

libres 1. SOPHORÉES.

Gousse continue, étamines

! soudées.... 2.LOTÉES.

ces. J

[Gousse articulée, étamines

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