loges monospermes ; fruit : baie ou drupe , sèche ou
charnue VERBÉNACÉES.
2o gynobasique; 2 carpelles offrant chacun 2 loges distinctes et monospermes, qui constituent autant d’akènes à la maturité Labiées.
GLOBULARIEES.
Arbrisseaux ou sous-arbrisseaux, ou herbes vivaces; feuilles alternes, simples, entières; inflorescence en capitule dense ; calice persistant à 5 divisions , rarement bilabié et à gorge ordinairement fermée par des poils; corolle unilabiée ou bilabiée, à préfloraison imbriquée et à 5 lobes ou segments ; 4 étamines exsertes, alternes aux divisions latérales e't antérieures de la corolle : la supérieure manque ; anthères devenant uniloculaires par la confluence des 2 loges primitives; ovaire 1-loculaire, 1 -ovulé, à style simple, terminal et à stigmate indivis ou subbilobé ; caryopse mucroné, inclus dans le calice; graine anatrope, à embryon droit, dans l’axe d’un périsperme charnu.
Cette famille ne renferme que le genre Globularia L. , dont une seule espèce, la Globulaire Turbith ( Glob . Alypum L.). a été employée comme purgative.
La Globulaire Turbith est un arbrisseau du midi de la France, haut de 6 à 10 décim., à feuilles glabres', ovées-lancéolées , aiguës, subpétioîées, entières ou 1-2-dentées au sommet; fleurs bleuâtres, en capitules terminaux involucrés et à réceptacle commun paléacé ; corolle 2-labiée , à lèvre supérieure presque nulle.
Les feuilles de cette plante , jadis réputée dangereuse , d’où son nom de frutex terribilis , sont un purgatif doux , que l’on peut substituer au Séné, selon M. Loiseleur-Deslongchamps, à la dose de 4-6 grammes; les feuilles ont une saveur âcre, très-amère; leur infusé aqueux est verdâtre et transparent.
Ach. Richard dit que la Globulaire commune [Glob. vulgaris L.) possède les mêmes propriétés , mais à un degré moindre; les feuilles de cette plante sont réputées détersives et vulnéraires.
SCROFULARINÉES.
Herbes , sous-arbrisseaux ou arbustes , à feuilles simples , alternes , parfois opposées ou verticillées , sans stipules ; fleurs hermaphrodites, irrégulières (fig. 691), à inflorescence définie, indé-
GAMOPÉTALES HYPOGYNES ANISOSTÉMONÉES.
finie ou mixte; calice gamosépale, persistant, à 4-5 divisions inégales ; corolle gamopétale , à pTéfloraison imbriquée ; tube souvent
bossu ou éperonné; limbe irrégulier, campanulé, rotacé ou bilabié : la lèvre supérieure à 2 lobes , l’inférieure à 3 ; 4 étamines didynames , la postérieure étant nulle ou rudimentaire , ou 2 étamines , les deux antérieures et la postérieure étant stériles ou nulles ; 2 carpelles (fig. 692) antéro-postérieurs , soudés en un ovaire généralement 2-loculaire et à placéntation axile ; ovules nombreux , anatropes ; style terminal ; stigmate bilobé ; fruit : rarement baie, plus souvent capsule à déhiscence tantôt poricide (fig. 693), tantôt loculicide, septicide ou septifrage ; graines à hile généralement basilaire ; embryon blanc ou violacé, droit ou un peu courbé, situé dans l’axe d’un périsperme charnu ou cartilagineux (fig. 694 . —
Fig. 691. — Fleur de V Antirrhinum majus.
Fig. 692. — Coupe transversale du fruit de V Antirrhinum majus.
Graine orthotrope de V Antirrhinum majus (*).
Fig. 693.—
briquée
Les Scrofularinées ont été divisées en 3 sous -familles : les Salpiglossidées : corolle à préfloraison plissée ou imbriquée , les deux lobes, postérieurs recouvrant les autres ; inflorescence initiale définie (g. Salpiglossis R. et P. , Browallia L. etc.) ; les àntirrhinées : corolle à préfloraison imbriquée, à 2 lèvres, la supérieure recouvrant l’inférieure ; inflorescenc indéfinie ou mixte (g. Antirrhinum Juss., Scrofularia Antir. l 5 Gratiola L., Verbascum L. etc.); les Rhinanthées : corolle à préfloraison unies deux lobes latéraux, l’un-d’eux recouvrant les autres ;
Fruit de l 'hinum.
(*) Cette graine est très-grossie , entière et coupée longitudinalement. — al) Albumen. — r’) Radicule. — V) Tigelle. — et) Cotylédons.
tg) Épisperme.
SCROFULARINÉES.
inflorescence indéfinie (g. Buddleia L. , Digitalis L., Veronica L., Euphrasici Tourn., Pedicularis L. etc.)
Dans les Salpiglossidées , le Browallia demissct L. est, dit-on, employé à Caraccas contre les maladies de la peau , et surtout contre la teigne.
Les Antirrhinées renferment quelques plantes utiles à connaître.
Bouillon-blanc ou Molène ( Verbascum Thapsus L. , fig. 695). Cette plante appartient au genre Verbascum L., et à la famille des Verbascées, qui se place entre les Solanées et les Scrofularinées. Les Verbascées se rapprochent des Scrofularinées par leur corolle irrégulière, à préfloraison imbriquée, et par leur embryon droit ; elles s’en éloignent par leur isostémonie , mais les étamines sont un peu dissemblables.
Nous les avons placées dans les Scrofularinées , à l’exemple de M. Duchartre, afin de ne pas multiplier les divisions.
Le Bouillon-blanc est une plante bisannuelle à racine pivotante et à tige haute de 1-2 mètres, droite , simple , rarement rameuse ; feuilles inférieures oblongues-elliptiques, crénelées, laineuses, disposées en rosace ; les caulinaires longuement décurrentes , sessiles, blanchâtres , laineuses, douces au toucher; fleurs axillaires, en cymes glomérulées, simulant un épi plus ou moins dense; calice gamosé-' pale, à 5 divisions profondes; corolle jaune, rotacée, irrégulière , caduque , à 5 lobes , les 2 supérieurs plus petits et recouvrants; 5 étamines, les 3 supérieures à filet garni de poils cunéiformes ; 2 carpelles antéro-postérieurs , soudés en un ovaire biloculaire à placentation axile ; ovules anatropes ; style simple , stigmate bilobé.
Les Fleurs du Bouillon blanc sont légèrement odorantes et réputées béchiques ; elles noircissent rapidement , si elles sont mal séchées ou exposées à l’humidité ; aussi doit-on les dessécher avec soin et les conserver en vases secs et clos.
Les feuilles de cette plante sont un peu amères et astringentes.
Muflier des jardins ( Antirrhinum majus L., voy. fig. 691, 692, 693, 694). Plante vivace, à tige haute de 4 à 6 décim. ; feuilles lancéolées, glabres ; fleurs en cymes axillaires, simulant un épi terminal ; calice à segments obtus ; corolle gibbeuse à la base, bilabiée et en forme de masque antique ou personnêe : 4 étamines didv-
Fig. 695. — Fleur du Verbascum Thapsus.
GAMOPÉTALES HYPOGYNES ANlSOSTÉMONÉES .
naines, incluses; capsule s’ouvrant au sommet par des pores : 2 antérieurs, i postérieur.
Le Muflier était jadis réputé astringent et vulnéraire. On attribuait les memes propriétés à la Lunaire commune ( Linctria vulgœris L.î.
Scrofulaire noueuse (Scrofularia noclosct L.). Plante à souche vivace, blanchâtre , offrant des nodosités nombreuses et irrégulières ; tige tétragonale non ailée; feuilles opposées, pétiolées, glabres , ovales-lancéolées , irrégulièrement dentées , et à base souvent échancrée en cœur ; fleurs en cymes axillaires rameuses , simulant une panicule terminale ; segments calicinaux obtus , entourés d’une étroite bordure membraneuse (Kirschleger) ; corolle olivâtre ou d’un pourpre noirâtre, irrégulière, à tube renflé et à limbe bilabié ; 4 étamines didynames, la cinquième ( postérieure) remplacée par un appendice élargi , situé en arrière de l’échancrure qui sépare les deux lobes de la lèvre supérieure ; capsule ovoïde, plus longue que le calice.
Cette plante est amère , fétide et nauséeuse ; on la croyait jadis tonique , sudorifique, vermifuge, résolutive. On la préconisait contre les scrofules, à cause des nodosités de sa racine , d’où son nom de Scrofulaire.
Une plante voisine, la Scrofulaire aquatique ( Scrof . aquatica L.) passait pour vulnéraire.
Gratiole ( Gratiola officinalis L. , fig. 696). Plante vivace, à rhizome traçant ; tige haute de 2 à 5 décim. , dressée , glabre ; feuilles sessiles , opposées , ovales ou lancéolées , denticulées vers le sommet , marquées de trois nervures à la face inférieure; fleurs solitaires à Fig. 696. - Gratiola officinalis. l’aisselle des feuilles, blanches, nuancées
SCROFULARINÉES.
de rose , de lilas et de jaune, à pédoncule muni de deux bractées lancéolées, plus grandes que le calice ; segments calicinaux linéaireslancéolés, aigus, un peu inégaux; corolle tubuleuse à 2 lèvres, la supérieure à 2 lobes peu distincts, l’inférieure à 3 lobes égaux, obtus , arrondis ; 4 étamines , les 2 antérieures réduites à leurs filets ; ovaire ovoïde ; style un peu oblique, cylindracé, épaissi au sommet ; stigmate bilamellé ; capsule à déhiscence septicide ; graines très-petites, oblongues et rugueuses.
La Gratiole a une saveur amère et nauséabonde ; on l’administre dans la médecine populaire comme purgative. C’est une plante très-énergique , qu’il ne faut employer qu’avec la plus grande prudence et dont la vente ne devrait pas être permise aux herboristes. Elle a occasionné parfois des empoisonnements, et l’on cite plusieurs cas de nymphomanie déterminés par des lavements avec une poignée de Gratiole fraîche. M. Marchand, de Fécamp, en a extrait une substance neutre, qu’il a nommée Gratiolin ou Gratioline , et à laquelle il attribue les propriétés de la plante. M. Walz y a trouvé la Gratioline } de la Gratiosoline , de la Gratiolacrine , une huile grasse, une résine brune, du tannin et de Y Acide antirrhinique.
Digitale pourprée ( Digitalis purpurea L. , fig. 697). Plante bisannuelle, haute de 5 à 15 décim. , généralement simple ; feuilles alternes : les inférieures ovales-lancéolées, atténuées en pétiole, pubescentes , grisâtres en dessous , crénelées , réunies en touffe à la base de la tige; les caulinaires oblongues , pointues , brièvement pétiolées ; les supérieures sessiles , ovales-acuminées , courtes ; fleurs pendantes , à pédoncule pubérulé, disposées en une grappe terminale , ordinairement unilatérale ; calice persistant, à sépales pubescents, ovales-lancéolés, acuminés , trinerviés (Kirschleger) , le postérieur plus court et plus étroit ; corolle tubuleuse , campaniforme , grande , rétrécie à la base, renflée en avant, glabre au dehors, purpurine , rarement rose ou blanche , à 5 Flg* 697‘ “ Fleur du Dl(Jl~
7 , . . , ,, , , , , talis purpurea.
lobes inégaux , ciliés ; 1 anterieur beaucoup plus grand, garni à sa face interne de taches noirâtres et de longs poils; étamines incluses, didynames, fertiles; capsule un peu plus longue que le calice, ovoïde, acuminée, bivalve; graines très-petites, anguleuses , brunes.
La Digitale pourprée habite les clairières et les taillis des montagnes granitiques de l’Europe. On en a employé toutes les parties :
GAMOPÉTALES HYPOGYNES ANISOSTÉMONÉES.
racines, feuilles, fleurs, semences; actuellement les feuilles sont seules usitées.
Les Feuilles de Digitale doivent être récoltées pendant la deuxième année, quelque temps avant la floraison ou dès l’apparition des premières fleurs. On les trie avec soin , et, après en avoir séparé, comme inutiles , le pétiole et la nervure médiane, on les fait sécher d’abord à l’ombre, puis à l’étuve; enfin, on les met à l’abri de la lumière dans des vases secs et bien clos.
Il faut employer exclusivement les feuilles de la Digitale non cultivée.
On les confond parfois avec celles de la Bourrache, de 1^ grande Consolide , du Bouillon blanc et surtout de la Conyze squarreuse. La distinction des trois premières est facile ; il n’en est pas de même pour la quatrième , la Conyze et la Digitale croissant au voisinage l’une de l’autre.
Les feuilles de la Digitale (fig. 698) sont aiguës , raides , crénelées ;
Fig. 698. - Feuilles du Digitalis purpurea. Fig. 699. Feuilles d Imita Conyza.
la face supérieure est verte , douce au toucher , parsemée de poils courts, et pourvue de nervures nombreuses, réticulées, enfoncées dans le parenchyme, qui est saillant; la face inférieure est blanchâtre , tomenteuse , et à nervures proéminentes , roses ou rouges ; le pétiole est coloré de pourpre à sa base, ailé par la décurrence du limbe , dont les bords sont plus ou moins infléchis, creusé supérieurement d’un sillon profond , auquel correspond , en dessous , une arête saillante de la nervure médiane.
Dans la Conyze (fig. 699), les feuilles sont obovales , spatulées,
SCROFULÀUINÉES,
obtuses, molles, rudes, à peine ondulées-sinuolées sur les bords, à nervures inférieures blanchâtres ou verdâtres; leur pétiole est plan et non canaliculé à la face supérieure; elles exhalent une odeur fétide, quand on les froisse.
Le principe actif de la Digitale est la Digitaline , que MM. Homolle et Quévenne ont découverte en 1844.
D’après MM. Homolle et Quévenne , les feuilles de Digitale contiennent : Digitaline , Digitalose , Digitalin , Digitalide , Acide digitalique , Acide antirrhinique , Acide digitaléique , Tannin , Amidon, Sucre , Pectine, Matière albuminoïde, Matière colorante rouge orangé cristallisable , Chlorophylle , Huile volatile.
La Digitaline est un corps neutre , non azoté , incolore , inodore, d’une amertume extrême, qui se développe lentement, en raison de sa faible solubilité dans l’eau, soluble dans l’alcool, presque insoluble dans l’éther, soluble dans les acides, et donnant alors, par une ébullition prolongée , une liqueur qui réduit les solutions cuproalcalines; selon M. Kosmann, elle se dédouble en Digitalrétine et en glucose. La formule de la Digitaline, donnée par M. Kosmann (CS4 H44 O30) , manque de contrôle. M. Walz indique G20 H18 O8.
La Digitaline forme , avec V acide chlorhydrique concentré , une solution trouble, d’un beau vert-pré. ou vert-ciguë intense (la chlorophylle et la matière colorante de la bile offrent la même propriété). L’acide sulfurique concentré la colore en brun , puis en cramoisi ; le soluté verdit par addition d’eau. Humectée d’acide sulfurique et exposée aux vapeurs de brome, elle se colore en violet.
Selon M. Hepp, la Digitaline obtenue de feuilles vieillies est soluble dans l’eau.
« La Digitaline est employée en médecine, dans le traitement des maladies du cœur. On ne l’administre qu’à très-petites doses, sous forme de globules , contenant un milligramme de digitaline et que l’on prescrit au nombre de 1 à 5. A la dose de 6 milligr. , elle peut déjà occasionner des accidents redoutables. Sur le derme dénudé ^ elle produit une irritation douloureuse qui peut aller jusqu’à l’ulcération.-A d’intérieur, son usage continu irrite l’estomac. Mais son caractère dominant est l’action spéciale et puissante qu’elle exerce sur le cœur, dont elle ralentit'les mouvements. La Digitaline est un poison musculaire. Il est à remarquer que les animaux supérieurs sont tués par le ralentissement et l’arrêt des mouvements du cœur, avant que le poison ait pu paralyser les autres muscles de l’économie ; mais chez les Grenouilles , on voit cette paralysie se déclarer après que le cœur a cessé de battre. » (Cl. Bernard.)
Selon M. Stadion, elle doit occuper le premier rang parmi les anaphrodisiaques .
Cauvet. 29 *
GAMOPÉTALES HYPOGYNES A N I S O STËMO N É ES .
Disséminée en particules très-ténues dans l’air, elle peut provoquer de violents éternuements. Un centigramme de Digitaline, injecté dans les veines , suffit pour donner la mort.
MM. Homolle et Quévenne ont trouvé que 4 milligr. de Digitaline correspondent à 40 centigr. de poudre de Digitale; d’après M. Stadion, l’énergie de cette substance serait seulement 30 fois plus grande que celle de la Digitale. Quoi qu’il en soit, l’extrême activité de, la Digitaline nous paraît devoir en faire réduire l’emploi. D’ailleurs les recherches de MM. Grandeau et Lefort ont montré que la Digitaline du commerce offre de grandes variations dans sa composition, ses propriétés physiques et chimiques, et probablement ses effets thérapeutiques. MM. Homolle et Quévenne la disent 100 fois plus active que la Digitale, tandis que M. Stadion réduit cet excès d’énergie à 30 fois. Ces faits s’expliquent naturellement par la difficulté d’obtenir une Digitaline toujours identique , et par l’impossibilité où l’on a été , jusqu’à ce jour, de lui donner une formule définitive. Il serait donc prudent de s’en abstenir, jusqu’à ce que les chimistes se soient mis d’accord sur sa nature et sur ses propriétés.
La poudre ou l’infusé de la Digitale semblent devoir suffire dans la plupart des cas, surtout si les feuilles sont renouvelées chaque année et soumises au triage, à la dessiccation etc. , dont nous avons parlé.
La Digitale a été, dans ces dernières années, l’objet d’études cliniques très-importantes ; nous regrettons que la nature de ce livre ne nous permette pas d’en rendre compte. Il nous suffira de dire que la Digitale diminue le nombre des pulsations du cœur, déprime la température , et agit dans les pyrexies inflammatoires , en s’attaquant à l 'élément fièvre (Hirtz) ; qu’elle jouit de propriétés diurétiques, d’ailleurs inconstantes; qu’enfm elle exerce sur les organes génitaux une action hypostliénisante des plus marquées.
Elle offre , comme caractère , que l’économie ne semble pas s’accoutumer à ce médicament ; son action persiste, s’accroît même, après qu’on en a suspendu l’administration : ce qu’il faut faire de temps en temps.
A dose un peu élevée, la Digitale produit des nausées, .des vomissements, des coliques, parfois de la diarrhée ; cet effet se produit lorsqu’on injecte la Digitaline dans les veines, ou même quand l’intoxication est effectuée par la voie hypodermique. L’intolérance pour la digitale se manifeste par les symptômes suivants: «Sentiment de défaillance épigastrique, vague disposition à vomir, prostration, vue obscurcie, sorte de tension sus-orbitaire, répugnance à prendre le médicament , surtout si celui-ci offre la saveur et l’odeur de la Digitale » (Bouchardat). Dès que les premiers accidents se produisent, il convient de suspendre l’usage du médicament.
SCROFULARINÊES. 507
La Digitale a été prescrite sous presque toutes les formes pharmaceutiques : poudre, infusion!, extrait aqueux et extrait alcoolique , teinture alcoolique , alcoolature, saccharure , sirop, teinture éthérée. La teinture éthérée est une préparation de valeur très-faible et d’ailleurs variable , selon l’étber employé. L’éther pur, qui dissout à peine la Digitaline , donne une teinture ne contenant guère que de la chlorophylle; l’éther, toujours alcoolisé, du commerce dissout une quantité de Digitaline en rapport avec la proportion d’alcool qu’il renferme, d’où résulte cette remarque curieuse que la teinture éthérée de Digitale la plus active est celle que l’on obtient avec le plus mauvais éther.
On emploie souvent , au Mexique , une espèce du genre Buddleia , en décoction et en cataplasmes sur les plaies atoniques, sur les ulcères à surface blafarde, à suppuration sanieuse et fétide. Cette plante avive les plaies , modifie leur surface et amène la cicatrisation. L’extrait de Buddleia, mêlé à P. E. d’extrait de Belladone, forme la base d’une pommade, dont les médecins du Mexique se louent contre les liémorrhoïdes.
Véronique officinale (Veronica officinalis L., fig. 700) . Plante
vivace , à tiges radican tes, couchées , ascendantes vers le sommet, velues; feuilles opposées, brièvement pétiolées, velues, ovaleselliptiques, dentées; fleurs en grappes spiciformes, axillaires , pédonculées ; calice pubescent à 4 lobes aigus , les deux postérieurs plus courts ; corolle lilas ou bleu clair ou blanchâtre , veinée de rose ou de pourpre , rotacée , à tube court ; limbe à 4 lobes , le postérieur plus grand; 2 étamines; ovaire comprimé, pubescent; capsule pubescente, incluse dans le calice, triangulaire-obcordée, à échancrure
508 GAMOPÉTALES HYPOGYNËS ANÎSOSTÉMONÉES.
large , mais peu profonde ; style persistant , velu ; graines presque planes à la face interne.
Cette plante a une. saveur amère et aromatique ; on en a employé les sommités , sous forme d’infusion , contre les catarrhes pulmonaires chroniques , l’ictère , la gravelle etc.
Beccabunga (Ver. Beccabunga L.). Cette plante croît dans les prairies humides , les fossés, les étangs; sa tige est rampante, ses feuilles p étiolées , ovales-arrondies , crénelées , unpjeu charnues, de saveur amère un peu piquante; fleurs bleues en épis axillaires; calice et corolle 4-mères; capsule presque globuleuse , à peine échancrée au sommet. Le Ver. Anagallis L. , qui lui ressemble , a des tiges émergées , dressées , très-rameuses , des feuilles sessiles , ovales lancéolées , aiguës, serretées , des capsules orbiculaires , comprimées.
Ces deux plantes ont à peu près les mêmes propriétés ; le Beccabunga est surtout réputé antiscorbutique et dépuratif; il entre dans le Suc d’ Herbes.
La Véronique des bois [Ver. Teucrium L.) peut être substituée à la Véronique officinale. La Véronique Petit- Chêne (Ver. Charnœdrys L.) et la Véronique à épi (Ver. spicata L.) paraissent avoir lés mêmes propriétés , mais à un degré moindre.
Euphraise (Euphrasia officinalis L.). Plante annuelle, à tige haute de 15 à 20 centim., rameuse, glabre ou pubescente; feuilles ovales , sessiles , à 3-7 dents acuminées ; fleurs purpurines , sessiles , solitaires; calice campanulé , 4-lobé ou 4-fide; corolle bilabiée, à 5 divisions; 4 étamines didynames, incluses, à anthères aristées; capsule ovale-oblongue , obtuse ; graines oblongues , striées.
L’Euphraise est amère et aromatique. On l’employait jadis à l’intérieur et surtout à l’extérieur , sous forme de collyre , contre les maladies des yeux, d’où son nom vulgaire de Casse-lunette.
La Pédiculaire ou Herbe aux Poux (Pedicularis palustris L.) et sa congénère, le Ped. sylvatica L. , sont réputées âcres et dangereuses. On les employait jadis comme vulnéraires , astringentes etc.,
Les semences du Blé des Vaches (Melampyrum arvense L.), qui croît dans les moissons, donnent, selon Tessier, au pain qui en renferme , une couleur rouge violet et une certaine amertume. D’après Dizé , On en reconnaît la présence , en pétrissant la farine avec du vinaigre étendu de de 2/3 d’eau et faisant cuire la pâte dans une cuillère : le pain se colore en violet , s’il contient de la farine de Mélampyre. Ces graines ne sont d’ailleurs pas nuisibles.
BIGN 0N1ACÉES et ACANTHACÉES.
Ces deux familles ont de grandes analogies avec les Scrofularinées. Les Acanthacées en diffèrent par la préfloraison tordue de la co-
BIGNONIACÉES ET ACANTHACÉES, 509
rolle, la courbure des ovules, les processus du placentaire qui les soutiennent, et par l’absence d’albumen ( Justicia Nees., Acanthus Tourn., Sericographis Nees.).
Les Bignoniacées s’en distinguent par leurs graines ailées exalbuminées et parleur ovaire ceint d’un anneau charnu ( Bignonia Juss., Tecoma Juss. , Jacavanda Juss., Catalpa Juss., Sesamumlj .).
Ces deux familles se rapprochent par leur ovaire biloculaire, leur capsule bivalve et leur embryon apérispermé; les Acanthacées s’éloij gnent des Bignoniacées , par leur corolle à préfloraison tordue , leurs ovules campylotropes , assis sur des rétinacles provenant du placentaire.
. A l’exemple d’Endlicher, nous avons joint les Sésamées aux Bignoniacées , dont elles ne diffèrent que par leurs graines non ailées.
Plusieurs Bignonia fournissent des produits médicinaux.
Les fleurs du Bign. œquinoctialis L. sont usitées; aux Antilles, contre les angines muqueuses , les affections du foie etc.
# Brera a employé , contre l’asthme , les fruits , l’écorce et les racines du Catalpa ( Catalpa syringifolia Sims., Bign. Catalpa L.). On les emploie de nos jours, en Allemagne, sous forme de décoction, à la dose de 45 grammes dans 250 grammes d’eau. On leur attribue une action analogue à celle du Stramonium.
L écorce du Bign. Copaxa Aubl. est émétique et purgative, selon Aublet , et Gomès dit que, au Brésil, où on l’appelle Caroba , son fruit est réputé antisyphilitique. Le Bign. Unguis Cati L. est regardé. comme alexipharmaque par les nègres des Antilles. Le bois du Bign. Leucoxylon L. est considéré comme l’antidote du Mancenillier etc.
Plusieurs espèces de Jacavanda ont des feuilles âcres et astringentes , et sont employées, au Brésil, comme prophylactiques contre I les maladies contagieuses des organes de l’absorption.
Sésame (Sesamum indicum DG., S. orientale L.). Plante herbacée , cultivée de toute antiquité dans les régions intertropicales de 1 Asie et de l’Afrique, et qui s’est propagée dans le nouveau continent. Son fruit est une capsule 4-loculaire, à semences blanches, ovoïdes, pointues, plan* convexes , un peu plus petites que celles du Lin ordinaire.. Elles contiennent de 48 à 53 °/0 d’une huile qui peut être employée, dans l’économie domestique, aux mêmes usages que 1 huile d olives. On a proposé de la substituer à cette dernière, dans les préparations officinales; elle est, en effet, moins sujette à rancir et à se figer, mais elle donne aux emplâtres une consistance trop molle. On en fabrique des savons.
L’huile de Sésame (10 grammes) étant mise en contact avec 10 grammes d un mélange à poids égal d’acide sulfurique et d’acide
510 GAMOPÉTALES HYPOGYNES ANISOSTÉMONÉES.
azotique , il se développe aussitôt une coloration vert-pré foncée ( Behreri)\ 10 à 15 gouttes d’huile traitées par une goutte d’acide sulfurique concentré , prennent une couleur rouge (Heydenreich ! ; si l’on mêle 50 grammes d’huile de Sésame à 10 centim. cubes d’acide sulfurique concentré, il se produit une élévation de température de 68°. A la température de -f- 15°, l’huile de Sésame a une densité de 923,5 et marque 56° à l’alcoomètre centésimal ; un hectolitre de cette huile pèse 92k,350.
Plusieurs Justicia prossèdent des propriétés médicinales ; tels sont : l’Adhadota ou Noyer des Indes ( Justicia Adhadota L.), arbre de Ceylan, dont les racines, les feuilles et les fleurs sont réputées antispasmodiques; le J. bicalyculata Vahl. est alexétère, selon Rheede ; le J. Ecbalium L. et le J. echioides L. sont diurétiques; le J. pectoralis Jacq. est réputé héchique , aux Antilles.
Mohitli ( Sericographis Mohitli Nees.). Cette plante, du Mexique, a été étudiée par MM. Thomas et Weber ; elle est employée, par les métis et par les Indiens , contre la dysenterie , sous forme de macération : la liqueur obtenue est d’un bleu violet. M. Thomas en a retiré un principe colorant, qu’il a nommé Mohitline. La mohitline est incolore ; elle se colore au contact de l’air et se décolore sous l’influence des corps avides d’oxygène. Le Mohitli est employé par les Indiens dans la teinture en bleu.
Les Acanthus mollis L. et Ac. spinosus L., qui ont un suc visqueux, sont réputés émollients et employés en lavements, cataplasmes et fomentations.
LABIÉES
Plantes herbacées ou sous-frutescentes, à tige ordinairement tétragonale ; feuilles opposées ou verticillées , simples, entières ou divisées, sans stipules; fleurs hermaphrodites , irrégulières , solitaires ou géminées, ou disposées en cymes axillaires, bipares, en général brièvement pédicellées, et formant ainsi une sorte de faux verticille plus ou moins dense, qui entoure la tige et qui a reçu le nom de Verticillastre ; selon que les mérithalles sont longs ou courts, ces verticillastres sont éloignés ou rapprochés; parfois ils simulent un épi ou un capitule ; ou bien les cymules axillaires sont portées sur des pédicelles plus ou moins longs, et leur ensemble figure une sorte de corymbe terminal. Calice gamosépale, tubuleux, persistant, à 5 divisions, tantôt presque régulier, tantôt irrégulier et bilabié en 3/2, à gorge nue ou garnie d’un anneau de poils connivents en cône, et à tube long ou court, offrant 5-10-20 côtes plus ou moins saillantes ; corolle gamopétale : tube droit, rarement tordu ; limbe 4-5-lobé , subrégulier ( Menthées ), ou bilabié en 2/3 , à
LABIÉES
préfloraison imbriquée cochléaire et à lèvre supérieure en casque ; parfois la corolle semble unilabiée ( Teucriées ), les lobes de la lèvre supérieure étant très-courts et séparés par une fente profonde ; 4 étamines didvnames , exsertes , rarement incluses , quelquefois réduites à 2, par avortement des deux étamines supérieures {S alviées ) ; anthères à 2 loges souvent confluentes par le sommet , quelquefois séparées par un connectif filiforme (Sauges). Ovaire libre formé de 2 carpelles, divisés chacun en 2 loges monospermes et portés sur un disque épais; ovules anatropes, dressés; style simple, gynobasique , surmonté par un stigmate bifide, fruit composé de 4 achaines distincts ou géminés ; embryon droit, rarement courbé , sans périsperme ou pourvu d’un périsperme charnu trèsmince.
Cette famille a quelques rapports avec les Scrofularinées, les Borraginées et les Acanthacées. La nature du fruit les distingue immédiatement de la première et de la troisième. La deuxième en diffère par sa corolle régulière et isostémone, et par ses feuilles alternes.
La famille des Verbénacées s’en rapproche davantage ; elle se caractérise par son ovaire à 2-4-8 loges cohérentes, 1-2-ovulées , par son style terminal , son fruit baccien ou drupacé , ses feuilles dépourvues de glandes oléifères.
Les Verbénacées sont actuellement peu usitées ; elles sont assez généralement amères et astringentes.
La Verveine officinale ( Verbena officinalis L.) actuellement inusitée, était regardée comme tonique. Les Druides et les magiciens l’employaient dans leurs cérémonies ou leurs sortilèges.
La Verveine citronelle (Lippia citriodora Kunth , Verb. tri phyllct L’Hérit.), que l’on cultive dans les jardins, a des feuilles odorantes, ternées ou quaternées , qui , étant séchées, servent en infusion théiforme ou pour aromatiser les crèmes. Les drupes des Lanterna annua et trifolia sont comestibles.
Le G-attilier ( Vitex agnus castus L.) fournit un fruit, que les Grecs appelaient ayvoç (chaste), parce qu’ils le croyaient anaphrodisiaque. Ce fruit a une saveur âcre et aromatique, et possède sans doute des propriétés inverses de celles qu’on lui attribuait.
Les Labiées constituent un groupe tellement naturel , que leur distinction est souvent assez difficile à établir. Afin d’éviter les redites , nous grouperons , sous forme de tableaux successifs , les caractères des genres les plus importants rapportés à leurs tribus , et aux divisions de ces tribus. Nous avons emprunté la majeure partie de ce travail à la Flore d’Alsace de M. le professeur Kirschleger.
512 GAMOPÉTALES HYPOGYNES ANISOSTÉMONÉES.
I presque régulière Menthées.
Corolle, . f , . f . . f 1 eu apparence unilabiée TeüCKIées.
( bilabiée, . , LAMIÉES.
Étamines,
Menthées.
( 4 ; nucules arrondis au sommet Mentha L.
I 2 ; nucules tronqués horizontalement au sommet Lycopus L.
Mentlia.
Menthe poivrée (M. piperita L., ascendante , glabre , ou à peine velue
oblongues ,
fig. 701). Tige rougeâtre, feuilles serretées, ovalespétiolées, glabres ou ciliées sur les nervures de la face inférieure ; fleurs purpurines , nombreuses , en cymules pédonculées, et formant des épis terminaux, obtuse assez lâches, interrompus à la base ; calice strié, glanduleux ; étamines incluses.
Menthe verte ou Menthe romaine (M. viridis L.). Tige droite, glabre; feuilles sessiles, lancéolées ; fleurs purpurines , formant des épis allongés ; étamines exsertes.
Menthe aquatique (M. aquatica L.). Tige à poils réfléchis ; feuilles pétiolées , ovées, glabres, serretées ; fleurs d’un pourpre pâle , très - rapprochées au sommet de la tige et simulant un capitule ; calice à dents aiguës assez longues ; étamines exsertes, à anthères pourpres.
Menthe sauvage ( M . sylves tris L.). Tige droite, rameuse, cotonneuse ; feuilles presque sessiles , ovales-oblongues , ou lancéolées, ptointues, serretées; fleurs rouge clair, disposées en un épi cylindrico-conique ; étamines ex-
Fig. 701. — Sommité de Menthe poivrée. gg^es
Menthe à feuilles rondes ou Menthastre (M. rotundifolia L.). Tige droite, raide, tomenteuse ; feuilles sessiles, ovales-ar-
LABIÉES
rondies , rugueuses, velues et verdâtres en dessus, blanchâtres-cotonneuses en dessous , crénelées-dentées ; fleurs blanches ou rosées, en épis denses, souvent interrompus à la base; étamines exsertes ; dents calicinales courtes.
Menthe crépue (M. crispa L.). Feuilles crépues-ondulées , cordées , sessiles , inégalement dentées ; fleurs roses , en épi allongé , non interrompu ; étamines incluses ; calice velu à dents presque aussi longues que la corolle.
Menthe baume ou Baume des jardins (M. gentilis L.). Plante traçante; tige rougeâtre, un peu velue, rameuse; feuilles pétiolées, ovales-aiguës , dentées; fleurs purpurines, non disposées en épi, c’est-à-dire en verticillastres distancés ; étamines incluses ; calice et pédicelles glabres.
Selon Bentham , cette plante et la Menthe cultivée sont des variétés de la Menthe des champs {M. arvensis L.).
Pouliot vulgaire ( M . Pulegium L.). Plante à stolons radicants ; tiges couchées ou ascendantes, rameuses à la base ; feuilles ovales? obtuses, pétiolées, à peine dentées; fleurs purpurines, en verticillastres distancés; calice subbilabié, à dents hispides, inégales, et à gorge fermée par un anneau de poils.
Le Pouliot a une saveur âcre et amère, une odeur pénétrante ; c’est un excitant nervin, inusité.
La plupart des Menthes ont été employées en médecine ; la Menthe poivrée est seule usitée aujourd’hui. On en prépare un hydrolat ou un alcoolat. Toutes ses parties, mais surtout les sommités et les feuilles, ont une odeur forte, pénétrante , une saveur d’abord chaude , puis fraîche. On l’emploie comme stimulante et stomachique.
Elle sert principalement à l’extraction de YEssence qu’elle contient. «La Menthe desséchée contient deux essences différentes, qui entrent en ébullition à deux degrés différents et qui n’ont pas la même pesanteur spécifique. L’huile de la pesanteur spécifique la plug élevée doit se former de celle dont la pesanteur spécifique est la plus basse , pendant le temps que la plante coupée reste à sécher sur le terrain; car, lorsque la plante n’a fait que commencer à sécher, elle ne produit qu’une seule huile, dont la pesanteur spécifique est 0,910. » (Piesse : Des odeurs , des parfums etc.)
L’essence de Menthe poivrée, étant soumise à une température voisine de 0°, fournit une sorte de camphre , que M. Oppenheim a appelé Menthol.
Le Menthol (G20 H20 O2) se présente sous forme de beaux prismes transparents, brillants, fusibles à 36°, 5, et bouillant à 208°. Il est peu soluble dans l’eau, très-soluble dans l’alcool, l’éther, les huiles grasses et volatiles. Chauffé avec de l’acide sulfurique, de l’acide
GAMOPÉTALES HYPOGYNES ANISOSTÉMONÉES.
phosphoî*ique anhydre ou avec du chlorure de zinc, il se transforme en un liquide mobile, doué d’une odeur agréable, le Menthène (G20 H18).
Quant à la partie huileuse, qui reste après dépôt du menthol, on n’en connaît pas la composition.
Le Marrube aquatique ( Lyc . europœus L.), que les Piémontais appellent Erba China , est, dit-on, astringent et fébrifuge.
Dans l’Amérique du Nord, on emploie l’infusion du Lyc. virginicus contre les hémorrhagies internes et contre l’hémoptysie.
Au voisinage des Menthes se place le Pogostemon Patchouly Pell., plante indienne , dont les feuilles ont une odeur très-forle et trèsdifficilement supportée par beaucoup de gens.
On ne s’en sert guère que pour préserver les vêtements de l’attaque des Teignes.
Teucriées.
/très-courte, bidentée, ou bilobée Ajuga L.
Lèvre supérieure. . . J profondément fendue, de telle sorte que ses lobes se j confondent avec ceux de la lèvre inférieure, qui \ semble 5-lobée Teucrium L
Ajuga.
Bugle rampante ( Aj . reptans L.). Plante stolonifère; tige .et feuilles glabres et peu velues ; feuilles inférieures disposées en rosette, oblongues, obovées, entières ou crénelées ; les supérieures sessiles, obovées-orbiculaires , entières; fleurs bleues, roses ou blanches , en cymules 6-14-flores.
La Bugle est inodore , amère et astringente ; on la croyait propre à cicatriser les plaies, d’où son nom de Consolide moyenne.
On vantait jadis, contre la goutte, Civette ou Chamæpitys [Aj. Chamæpitys Schreb., Teucrium Chamæpitys L.).
L’Ivette musquée (Aj. Iva Schreb., Teucr. Iva L.) était employée comme antispasmodique, tonique etapéritive; elle a une saveur amère et résineuse, et une odeur forte; comme musquée.
Teucrium.
Ce genre contient un certain nombre d’espèces médicinales :
Chamædrys ou Petit-Chène (T. Chamædrys L.). Plante vivace , à souche rampante ; tige couchée , à rameaux nombreux , pubescents, étalés, puis redressés; feuilles pétiolées, petites, ovales; crénelées , glabres et lisses en dessus , veinées et grisâtres en dessous; fleurs purpurines, en épi unilatéral et à bractées rougeâtres.
Cette plante est un peu âcre , aromatique et amère ;Nelle est réputée stomachique.
LABIÉES
Germandrée maritime, Marum [T. Marum L.). Plante petite, rameuse, blan'châtre, ligneuse, à rameaux florifères blancs ; feuilles brièvement pétiolées, entières, -ovales, blanches en dessous, fleurs presque solitaires et rapprochées en une sorte de grappe unilatérale; calice blanc; corolle pourprée, velue en dessus.
Le Marum a une odeur camphrée et une saveur âcre et amère; son huile volatile renferme beaucoup de camphre. Les chats se vautrent dessus et le détruisent , d’où son nom d 'Herbe aux Chats.
Germandrée d’eau ou Scordium (T. Scordium L.). Plante vivace , à souches rampantes ; tiges velues, rameuses ; feuilles sessiles, oblongues , dentées , molles ; fleurs rougeâtres , brièvement pédonculées, au nombre de 1-3 à l’aisselle des bractées foliacées.
Le Scordium dégage une odeur alliacée, quand on la froisse entre les doigts. Il est réputé antiseptique et stomachique; VElectuaire diascordium lui doit son nom.
Germandrée sauvage ou Scorodon e(T. Scorodonia L.). Plante
vivace, suffrutescente , à tiges hautes de 4 à 8 décim. ; feuilles pétiolées , cordiformes-allongées, rugueuses, finement crénelées; fleurs blanc jaunâtre , solitaires à l’aisselle des bractées et disposées en un épi unilatéral.
La Scorodone a une odeur alliacée plus faible que celle du Scordium ; sa vague ressemblance avec la Sauge lui a valu le nom de Sauge des bois.
Le Botrys ou Germandrée femelle ( T . Botrys L.), plante à feuilles très-découpées et à corolle rose pourpre , est peu aromatique et inusité.
On a donné le nom commun de Pouliot de montagne à plusieurs Teucrium , les uns à fleur* jaunes : T. aureurn , flavescens , les autres à fleurs blanches : T . Polium , montanum.
Lamiées.
3 anthériques séparées par un connectif plus ou large ; l’une des loges parfois stérile SALVIÉES.
ses Marrubiées.
!' arqués en dehors, puis convergents;
anthères conniventes MÉLISSÉES.
divergents ORIGANÉES.
I parallèles : les l plus longs NÉPÉTÉES.
\ postérieurs . . j plus courts # . StACHYDÉES.
SALVIÉES.
saillantes, à filets suhulés et à anthères rapprochées Rosmarinus L.
à filets courts ; anthères à loges écartées par un connectif filiforme, placé transversalement au sommet du filet ; l’une des loges stériles .... Salvia L.
Étamines. .
2 ; loges moins
/ indu
exseï
Etamines.
GAMOPÉTALES HYPOGYNES ANISOSTÉMONÉES.
Romarin ( Rosmcirinus officinalis L.). Arbrisseau très-rameux; feuilles sessiles, étroites, linéaires, coriaces, à marge révolutée ; vertes et luisantes en dessus, blanchâtres en dessous; fleurs bleu
pâle, en cymules pauciflores.
Le Romarin est stomachique , stimulant et emménagogue ; on en prépare un alcoolat ; il entre dans Y Eau de Cologne , et fait la base de Y Eau de la reine de Hongrie. Il renferme une essence camphrée, qui paraît être un mélange d’un hydrocarbure et d’une huile oxygénée.
Sauge officinale (Sal-
via officinalis L. , fig. 702).
Plante à rameaux tomenteux ; feuilles pétiolées , oblongues, rugueuses, épaisses, grisâtres, pubescentes, finement crénelées ; fleurs bleuâtres , en cymules peu garnies , formant un épi interrompu.
La Sauge officinale (du latin salvare ) est, depuis les temps historiques, célèbre pour ses propriétés stimulantes très - prononcées; elle a une saveur chaude, un peu amère et une odeur très-aromatique.
Elle fournit une eau distillée très-odorante.
L’Orvaîe , Sclarée ou Toute-bonne (S. Sclarea
Fig. 702. — Sommité de Sauge. ? dont les fleui S SOllt
bleu pâle, grandes, environnées de bractées roses ou blanches, et les feuilles très-grandes, est réputée antispasmodique , résolutive etc.
La Sauge des prés (S. pratensis L.) est' très- aromatique et peut remplacer la Sauge officinale.
jABIÉES.
On rapporte au S. hispanica Gært. , les semences de Chia, du Mexique, qui renferment un mucilage abondant.
Les Sauges sont, en définitive, généralement aromatiques, amères, toniques et excitantes.
MARRUBIÉES.
!10, étalées; tube corollin muni d’un anneau de poils ; nucules à sommet tronqué ; fleurs en faux verticilles très-denses Marrubium L.
5 , la postérieure plus large , plus longue , recouvrante ; tube corollin muni d’un anneau de poils; nucules à sommet oblong-arrondi ; cy- \ mules axillaires , ordinairement triflores .... Lavandula L.
Marrube blanc ( Marr . vulgare L.). Plante vivace, tomenteuse, à feuilles ovales, atténuées en pétiole, rugueuses, crénelées, les inférieures cordiformes arrondies ; fleurs blanches , disposées en verticillastres multiflores , distancés ; dents calicinales crochues.
Le Marrube blanc est aromatique , âcre et amer. Selon M. Thélu , il contient un principe fébrifuge, la Marrubine , et l’extrait alcoolique de cette plante pourrait être donné aux mêmes doses que le sulfate de quinine.
Lavandula.
Lavande officinale ( L . vera DC.). Plante suffrutescente ; feuilles entières, linéaires , à marge révolutée, grisâtres en dessous; fleurs bleues ou violacées, en épis courts, droits, maigres, à peine interrompus; bractées ovées-rhomboïdales , scarieuses sur les bords; corolle à limbe oblique et à lobes presque égaux.
La Lavande est originaire de la Perse, des Canaries, du midi de l’Europe ; elle possède une odeur suave , et elle a été employée de tout temps pour la toilette , d’où son nom (de lavare). Toutes ses parties renferment une huile essentielle ; mais cette dernière se trouve plus abondamment dans les fleurs.
L’Essence de Lavande est principalement formée d’un hydrocarbure (C20 H16) ; elle sert à préparer Y alcoolat de Lavande , que l’on peut obtenir aussi soit par mélange direct, soit par distillation de l’essence et de l’alcool rectifié ; cette dernière préparation est incolore, tandis que la première est jaunâtre et prend une teinte plus foncée en vieillissant. L’essence de Lavande se dissout dans 5 p. d’alcool, d’une pesanteur spécifique de 0,894; si la dissolution ne s’effectue pas complètement, on peut supposer qu’elle contient de l’essence de térébenthine.
Lavande Spic, Aspic ou Lavande mâle (L. Spica DC.). Plante plus grande que la précédente ; feuilles linéaires élargies , cunéiformes ou spatulées, pubescentes et grisâtres; fleurs bleues, en épis assez longs et à cymules 5-7-flores.
L’Aspic habite le midi de l’Europe et le nord de l’Afrique ; il
GAMOPÉTALES HYPOGYNES ANISOSTÉMONÉES.
contient une huile volatile très-abondaut.e, d’odeur moins agréable que celle de la Lavande vraie : on connaît , dans le commerce , cette
huile volatile sous le nom d'huile cT Aspic. Cette essence est jaunâtre, d’une odeur très-forte et d’une saveur âcre, aromatique; elle rougit la teinture de tournesol et renferme, en proportions variables, une matière cristalline ayant la composition du camphre des Laurinées. La partie liquide paraît être un mélange de deux substances , dont l’une possède la composition de l’essence de térébenthine.
L’essence de Lavande se distingue des autres huiles de Labiées, par la fulminatroîi violente qu’elle produit avec l’iode, et par l’odeur balsamique et piquante du résidu extractiforme. L’essence commerciale de qualité inférieure ne fulmine pas. Lorsqu’on imprègne d’essence de Lavande une petite boule de ouate , de la grosseur d’une noisette, et qu’on la suspend dans un flacon rempli de chlore sec, il apparaît d’abord des vapeurs blanches, puis l’essence s’enflamme et répand beaucoup de fumée. Il en est de même de l’essence de térébenthine (Bœttger, cité par Dorvault).
On employait jadis, sous les
üg. 703. - Sommité de Mélisse n0mS de Stœchas et de StCB-
chas arabique , les sommités du Lavandula Stœchas L. Ces sommités, à peu près inusitées, se composent d’épis denses, ovales ou oblongs, comme écailleux, violet pourpre et blanchâtre , d’une odeur forte et térébinthacée , d’une saveur chaude , âcre et amère. Elles forment la base du Sirop de Stœchas. Le Stœchas croît dans toute la zone méditerranéenne. /
LABIÉES
MÉLISSÉES.
/ aplati postérieurement , à gorge velue, mais l non fermée par un faisceau de poils ;
Tube calioinal J anthères à loges très-écartées Melissa L.
I cylindrique, 10-13-strié, à gorge fermée par \ un anneau de poils connivents en cône. . Calamintha Spenn.
Mélisse officinale, Citronnelle ( Melissa officinalis L., fig. 703), Plante vivace , rameuse , dressée ; feuilles pétiolées , ovales , cordiformes, rugueuses, un peu velues, crénelées, douées d’une odeur de citron très-prononcée , surtout quand la plante est sèche ; fleurs en cymules pédiculées , unilatérales' , par la torsion des pédicelles ; corolle d’abord jaune- soufre , puis jaune blanchâtre , une fois et ' demie plus longue que le calice.
La Mélisse croît spontanément dans le midi de la France ; on l’emploie comme «antispasmodique , sous forme d’infusion et d’hydrolat ; on en prépare un alcoolat simple et un alcoolat composé {Eau de Mélisse des Carmes).
On donne le nom deMélisse turque au Bracocephalum Moldavica L., et celui de Mélisse des Canaries au Br. canariense L. ; ces deux plantes, surtout la dernière, sont excitantes et antispasmodiques.
Calament des montagnes {Calamintha officinalis Mônch, Melissa Calamintha L.). Plante vivace à souche ligneuse ; tige rameuse, ascendante , velue ; feuilles brièvement pétiolées , largement ovales , dentées , mollement pubescentes ; cymules à pédoncule plus long que le pétiole de la bractée aissellante , et toutes dirigées du même côté ; fleurs purpurines.
Le Calament a une odeur agréable ; on l’emploie rarement comme stomachique et sudorifique ; on lui substitue d’ordinaire la Menthe sauvage.
ORIGANÉES.
peu divergents; cymules pauciflores , pédonculées, opposées ; calice ! en entonnoir, à dents sensiblement égales , et à gorge nue ; lèvre 1 inférieure de la corolle à lobe médian échancré, plus grand que I les latéraux Satureia L.
I solitaires à l’aisselle d’une large bractée, et formant Filets staminaux .f J des épis subtétragones ; calice à dents presque
l égales, et à gorge fermée par un anneau de I poils Origanum L.
len cymules pluriflores, situées à l’aisselle d’une ,. , | bractée peu développée , et simulant un épi ou un
1 capitule; calice bilabié, à gorge fermée par un
\ anneau de poils ; lèvre inférieure de la corolle à
I lobes presque égaux Thymus L.
■en cymules p auciflor es , en apparence unilatérales ; a calice obeonique, à dents presque égales et à | gorge nue; lèvre inférieure de la corolle à lobe 1 médian obcordé, 1-2 fois plus grand que les laté- \ raux , qui sont divariqués Hyssopus L.
GAMOPÉTALES HYPOGYNES ANISOSTÉMONÉES.
Sarriette ( Satureia hortensis L.). Plante annuelle , rameuse , dressée, roide ; feuilles linêaires-lancêolées , entières, ponctuées, ciliées; corolle lilas; odeur forte, aromatique, non désagréable. La Sarriette est excitante; selon M. Kirschleger, elle constitue l’un dos ingrédients aromatiques des boudins, en Alsace.
Origanum.
Origan vulgaire (Or. vulgare L.). Plante vivace, à tige dressée , souvent rougeâtre, rameuse en haut ; feuilles ovales, pétiolées, un peu velues en dessous; fleurs purpurines, parfois blanches , souvent polygames ou dioïques , en épis courts, rapprochés en corymbes ; bractées ovales, rouge violacé. L’Origan est très-aromatique, tonique et excitant.
Marjolaine (Or. Majorana L.). Plante annuelle originaire de l’Europe méridionale; tige rameuse, grêle, ligneuse, rougeâtre; feuilles elliptiques, entières, pétiolées, blanchâtres, âcres , amères, aromatiques , d’odeur pénétrante ; fleurs en épis courts , arrondis , à bractées serrées, blanchâtres; corolle blanche ou rose.
Autrefois, la Marjolaine était mise à digérer dans du beurre , et l’on obtenait ainsi un onguent cle Marjolaine.
La Marjolaine vivace (Or. majoranoides Willd.) , qui est ligneuse, a des feuilles cotonneuses, plus aromatiques que celles de la précédente. Ces deux plantes sont sternutatoires et très-excitantes.
Dictame de Crète (Or. Dictamnus L.). Cette plante n’est guère plus usitée ; elle entre dans le JDiascordium , la Thériaque et la confection de Safran comqjosée. Elle a des tiges rougeâtres, velues ; des feuilles petites, arrondies, cotonneuses, blanchâtres, d’une odeur forte et balsamique.
L’Origan de Tournefort (Or. Tournefortii Ait. [?]) est, selon Guibourt, aussi odorante et aussi active que la précédente.
Thymus.
Thym vulgaire (Th. vulgaris L.). Tiges ascendantes, ligneuses, rameuses; feuilles sessiles , très-petites, linéaires-lancéolées, blanchâtres, glanduleuses-ponctuées , à marge révolutée ; fleurs en verticill es rapprochés au sommet des rameaux; corolle blanche, à lèvre supérieure bilobée et réfléchie.
Le Thym est surtout recherché comme assaisonnement culinaire ; on en retire une huile volatile , souvent brunâtre , mais qui devient limpide par la rectification. Cette essence est formé de Thymène , qui est liquide, incolore et bout à 165°, et de Thymol , qui cristallise en prismes rhomboïdaux obliques : le Thymol fond à 44°, dis-
LABIÉES. 521
tille à 230° et possède l’odeur du Thym ; il est peu soluble dans l’eau , mais très-soluble dans l’alcool et dans l’éther.
Serpolet (Th. Serpyllum L.). Sous-arbrisseau, à tiges et rameaux diffus , étalés ; feuilles planes , entières, vertes sur les deux faces, plus grandes que celles du Thym corolles purpurines , roses ou blanches.
Cette plante , moins aromatique que le Thym , est surtout usitée comme assaisonnement.
Hysope (Hyssopus officinalis L.). Plante suffrutescente , haute de 30 à 40 centim. ; feuilles entières, linéaires-lancéolées ; fleurs bleues , presque sessiles, achaines ovoïdes-oblongs.
L’Hysope est originaire de l’Europe méridionale ; elle a une odeur assez agréable , aromatique et une saveur un peu âcre ; on l’emploie rarement, sous forme d’infusion, comme stimulant, bécliique, expectorant. Herberger y a signalé un principe neutre, YHijsopine.
NÉPÉTÉES.
S divergentes , de manière à ce que, les étamines étant rapprochées par paires, les 4 loges figurent une croix de Saint-André ; lèvre inférieure de la corolle à lobe médian orbiculaire , les latéraux ovales-oblongs Glechoma L.
(confluentes; lèvre inférieure de la corolle à lobe moyen flabelliforme , denticulé , 4 fois plus grand que les latéraux , qui sont ovales en cœur et en forme d’oreillettes Nepeta L.
Lierre terrestre (Glechoma hederacea L. , Nepeta Glechoma i Benth ). Plante vivace, à tiges couchées, stolonifères, radicantes ; rameaux floraux redressés, feuilles longuement pétiolées, réniformes ou cordiformes-arrondies, crénelées; fleurs purpurines ou bleuâtres, en cymes pauciflores , dirigées du même côté.
Le Lierre terrestre a une saveur amère et une odeur aromatique assez forte. On l’emploie comme béchique et vulnéraire ; aussi fait-il partie des Espèces pectorales et du Thé de Suisse.
Cataire, Herbe au^: Chats (Nepeta Cataria L.). Tige rameuse, velue, haute de 6 à 12 décim. ; feuilles pétiolées, ovalesaiguës , cordiformes à la base , dentées, rugueuses, pubescentes, grisâtres ; fleurs blanches, ponctuées de rouge , à cymules pédicellées 3-7-flores, rapprochées en épi au sommet de la plante.
La Cataire a une saveur âcre et amère et une odeur forte , qui attire les Chats , d’où son nom. Elle est réputée stomachique , carminative et emménagogue ; elle fait partie du Sirop d’ Armoise composé.
GAMOPÉTALES HYPOGYNES ANISOSTÉMONÉES.
STACHYDÉES.
largement campanule, membraneux - veineux , à limbe irrégulier bilabié : Mélittêes Melittis L.
deux lèvres conniventes , fermant l’entrée du tube :
Scutellariêes .
Lèvre supérieure du calice
plane, tronquée-dentée ; filets staminaux bifurqués au som- 1 met: l’une des divisions anthérifère , l’autre nue ; fleurs \ sessiles, disposées en faux verticilles. Brunella C. Bauli.
* entière, munie, sur le dos, d'un appendice lamellaire, ac- I crescent après la floraison, et donnant au calice l’air d’un f casque à visière rabattue; filets entiers ; fleurs ordinairement solitaires et unilatérales Scutellaria L.
pentagonal , à dents aiguës ou spinescentes, jamais conniventes:
Bétonicées.
Anthères à déhiscence .
transversale
/tronqué, corolle. . . .
'longitudinale; tube corollin . . J
corollin . .
Galeopsis L.
exserte, à lèvre supérieure en casque ; lèvre I inférieure . . .
incluse ; lèvre supérieure concave , érigée ; l’inférieure trifide, àlobemoyen plus grand, révoluté après l’anthèse. . . . Leonurus L.
toujours parallèles et jarétréci à la base i mais déjetées latéraleet garni d’un an- i ment; cymules pédicuneau de poils; I lées , dirigées du meme i étamines infé- 1 coté, par la torsion du rieures pédicelle . . . Ballota L.
déjetées latéralement vers l’extérieur, après la fécondation ; cymules scssiles ; fleurs rares ou nombreuses . Stachys L.
non rétréci à la base, et non pourvu d’un anneau de poils ; étamines non déjetées vers l’extérieur, après Panthèse. . . Betonica L.
a lobe médian très-grand :
I les lobes latéraux I courts, très-petits, subu- ' lés Lamium L.
là lobes presque égaux, I lancéolés , aigus: les latéraux un peu plus pe- \ tits . . Galeobdolon Dill,
Mélitte ou Mélisse des bois ( Melittis Melissojihylliim L.}. Cette belle plante , à fleurs très - grandes^ roses ou purpurines , toutes dirigées du même côté , a été préconisée jadis comme excitante, ennnénagogue et lithontriptique.
La Brunelle ( Brunella vulgaris Trag. , Prunella vulgaris L.) est réputée astringente. Son nom, suivant Bauhin, vient de l’allemand Braune , nom qu’on donne à certaine maladie de la gorge, dont cette plante est le remède, ou, selon M. Kirschleger, de Braun heil , nom allemand de la plante, et dont on a fait à tort Prunelle.
Scutellaire ou Toque (- Scutellaria galericulata L.). Plante à tiges dressées , à feuilles cordiformes-lancéolées , crénelées ; fleurs à corolle bleuâtre , à tube rétréci, courbé-géniculé , quatre fois plus longue que le calice , qui est glabre.
La Scutellaire a une odeur alliacée et une saveur amère ; on l’a crue fébrifuge, d’où son nom de Tertianaire ; on l’a employée
LABIÉES
comme vermifuge , stomachique ; enfin , elle est usitée , dans l’Inde, contre la dysurie et la blennorrhée.
Le Sc. lateriflora L. a été vanté contre la rage, aux Etats-Unis- Le Sc. indica L. est réputé fébrifuge en Chine et à Amboine.
La Galéopside ou Chanvre bâtard (Galeopsis ochroleucaL&m . , G. grandiflora Roth) est préconisé , en Allemagne, contre la phthisie, et entre , à ce titre, dans le Thé de Blankenheim.
Le Galeobdolon luteum Smith est, selon Lémery, astringent ? diurétique et fondant.
Ortie blanche ( Lamium album L.). Plante vivace , à tiges ascendantes , hautes de 3-5 décim. , presque glabres ; feuilles pétiolées , cordiformes, acuminées , dentées , hispides : les supérieures subsessiles ; fleurs assez grandes, blanches ; corolle velue, à tube muni d’un anneau de poils ; anthères velues; nucules trigones, à sommet tronqué et à angles rudes.
L’Ortie blanche ressemble à l’Ortie commune , avec laquelle elle croît généralement ; elle s’en distingue par sa tige carrée, ses feuilles non piquantes, ses fleurs blanches, labiées. Elle est inodore et réputée astringente ; ses fleurs sont employées contre la leucorrhée.
L’Agripaume ou Cardiaire ( Leonurus Cardiaca L.) est, selon Lepechin, usitée dans les environs d’Arsamas comme préservatif de la rage.
Ballote fétide ( Ballota vulgaris Link, B. nigra L.). Plante vivace, haute de 3 à 12 décim». , rameuse, pubescente , grisâtre, souvent nuancée de brun pourpre ; feuilles petiolées, ovales-cordiformes, crénelées, glabres ou velues; corolle velue, rougeâtre, rarement blanche.
La Ballotte noire ressemble assez au Marrube blanc ; elle s’en distingue par son odeur désagréable , la couleur foncée de ses feuilles et la teinte rosée de ses fleurs. On la croit antispasmodique et vermifuge.
La Ballote cotonneuse (B. lanata L. , Leonurus lanatus Spr.), plante aromatique de la Sibérie, est vantée, par les médecins russes et allemands, contre la goutte, le rhumatisme et l’hydropisie. M. Orcési y a trouvé du tannin , une matière résinoïde amère et aromatique, la Picroballotine , une substance céracée verte etc.
A Saint-Domingue, on emploie la Ballote odorante ( B . suaveolens L.), comme emménagogue, antihystérique, expectorante et vermifuge; on en fait des bains aromatiques.
L’Épiaire des marais ou Ortie rouge ( Stachys palustris L.) est réputée fébrifuge ; ses tubercules contiennent une abondante fécule et sont parfois utilisés dans l’alimentation , en temps de disette.
GAMOPÉTALES PÉRIGYNES PÉRISPERMÉES.
La Crapaudine (St. recta L.) passe pour excitante et vulnéraire.
L’Ortie puante ou Grande Épiaire des bois (St. sylvatica L.) est réputée emménagogue.
Bétoine (Betonica officinalis L.). Plante vivace, presque inodore, à tige dressée, haute de 2 à 6 décim. , velue ou hispide ; feuilles inférieures longuement pétiolées, ovales-oblongues, cordiformes à la base , rugueuses, velues, crénelées, les supérieures presque sessiles, à peine crénelées; fleurs purpurines en verticillastres , écartés en bas , très-rapprochés en haut en une sorte d’épi dense ; calice souvent hispide ; corolle velue , à tube courbé et à lèvres écartées, la supérieure courte, ordinairement réfléchie, entière ou crénelée.
Cette plante était fort estimée des anciens , qui l’employaient dans les maladies les plus opposées. On ne s’en sert guère que comme sternutatoire , et elle entre , à ce titre , dans la Poudre capitale de Saint- Ange. Sa racine est réputée éméto-cathartique.
DICOTYLEDONES GAMOPETALES PERIGYNES.
/alternes, sans stipula les; étamines non . \ soudées à la co-
régulière u CAMPANULACÉES.
feuilles
L jopposées, stipulées ;
l f étamines soudées
distinctes ; co- ’ \ à la corolle .... RUBIACÉES.
I îolle ...... ^ irréguliè- /non involucrées, so-
& 1 re ; feuil- l litaires ou gémi-
-r, r . » 1 i lesoppo- i nées; fruit: baie à
étamines ’ J I sées,sans J 2-5 loges CAPMFOI.IACÉES.
fP“lesi involucrées, réunies \fleurs • en capitale dense;
\ fruit : aciiaine. . . DIPSACÉES.
soudées par les filets et par les anthères ; corolle irrégulière LOBÉLIACÉES.
(libres ; feuilles opposées ; ovaire à 3 loges, dont
2 stériles ; fleurs irrégulières , distinctes, non ^ ^ .
capitulées VALÉRIANE ES.
Biatmuçft. . . • /S0UddeS par les anthères; feuilles alternes;
j ovaire uniloculaire ; fleurs régulières ou irréf gulières, généralement réunies en capitules l involucrés COMPOSÉES.
PERISPERMEES.
CAMPANÜLACÉES (fig. 704).
Plantes herbacées, annuelles, bisannuelles ou vivaces, rarement suffrutescentes , parfois volubiles , le plus souvent lactescentes ; feuilles simples, alternes, rarement opposées, sans stipules ; fleurs
CAMPANULACÉES.
Fig. 704. — Campanulci Rapunculus.
hermaphrodites, régulières, terminales, en grappe, épi, glomérule”, parfois en panicule , nues ou involucrées ; calice persistant , 5-partit, rarement 3-6-8-partit, à préfloraison valvaire; corolle marcescente, campanulée , infundibuliforme ou tubuleuse, insérée sur un anneau épigyne , à limbe plus ou moins divisé et à préfloraison valvaire ; étamines libres , rarement soudées à la corolle par leur base ; filets ordinairement dilatés à la base et connivents ou subcohérents ; anthères biloculaires , introrses, libres ou légèrement cohérentes en un tube , que traverse le style , pour se séparer et s'écarter après Panthèse ; ovaire infère ou semi-infère à 2-8 loges, plus souvent 3; ovules nombreux, anatropes ; placentation axile ; style simple, garni de poils collecteurs; stigmate indivis ou divisé en autant de lobes qu'il y a de loges à l’ovaire ; capsule à loges polyspermes, s’ouvrant à son sommet par de courtes fentes loculicides , ou par des pores , ou encore par des fentes transversales; embryon droit dans l’axe d’un périsperme charnu.
Les Campanulacées se rapprochent des Synanthérées par l’inflorescence de quelques-uns de leurs genres , la synanthérie de quelques autres, l’épigynie, l’isostémonie et la préfloraison de la corolle, les poils collecteurs et l’ovule anatrope ; elles s’en éloignent par la nervation de la corolle, la pluralité et l’horizontalité des .ovules, les poils collecteurs en séries (long itudinales) et non en anneau, le fruit capsulaire, et l’embryon albuminé (Decaisne et Le Maout).
Leur suc laiteux renferme un abondant mucilage, qui en neutralise les principes âcres, et rend alimentaires les jeunes racines de plusieurs d’entre elles (Raiponce).
En Sibérie, le Campanula glomerata L. est réputé propre à guérir la rage, selon Martius.
La Gantelée ou Gant de Notre-Dame (C. Trachelium L.) passe pour vulnéraire, astringente et antiphlogistique. Sa racine peut être mangée.
L Û B É L I A C É Ë S (fi g. 705).
Plantes herbacées, annuelles ou vivaces, parfois sous-frutescentes , rarement arborescentes , à suc généralement laiteux ;
526 GAMOPÉTALES PÉRIGYNES PËU1SPERMÉES.
feuilles alternes, simples, sans stipules; fleurs irrégulières, hermaphrodites, rarement dioïques, tantôt axillaires et solitaires, ou disposées en grappes, épis , corymbes , capitules terminaux ou axillaires ; calice irrégulier, à 5 divisions ; 5 pétales irréguliers, généralement soudés, 1-2-labiés, à préfloraison valvaire ; 5 étamines alternes , insérées avec la corolle sur une sorte de disque annulaire, épigyne ; filets distincts à la hase , cohérents au sommet ; anthères introrses, biloculaires , soudées en un tube généralement courbe; ovaire infère ou semi-infère, composé de 2 -3 carpelles , tantôt soudés par leurs côtés, et constituant soit 2-3 loges complètes , soit 2-3 loges incomplètes par insuffisance des cloisons; tantôt soudés par leurs bords, et formant alors un ovaire 1-loculaire ; ovules nombreux' anatropes, à placentation axile ou pariétale, selon que l’ovaire est pluriloculaire ou '1-loculaire; style simple ; stigmate échancré ou à 2 lobes ceints d’un anneau de poils ; fruit : baie ou capsule à déhiscence parfois transversale , plus souvent loculicide et longitudinale ou apicale. Embryon droit périspermé.
Les Lobéliacées diffèrent des Campanulacées , auxquelles on les réunit souvent, par leur corolle irrégulière, leurs étamines plus cohérentes , leur fruit souvent charnu. Par leur suc laiteux , leur corolle, leurs étamines synanthères, les poils collecteurs de leurs lobes stigmatiques , elles se rapprochent des Synanthérées-Chicoracées, mais s’en éloignent par leur ovaire polysperme et leurs graines périspermées.
Ces plantes contiennent un suc laiteux narcotique et d’une âcreté 4 telle qu’il corrode la peau et que , pris à l’intérieur, il détermine une inflammation mortelle. Aussi faut-il les employer avec les plus grandes précautions. On les cultive soit en serre , soit en pleine terre, à cause de la belle couleur de leur corolle.
Deux d’entre elles ont été employées en médecine, ce sont la Cardinale bleue ( Lobelia syphilitica L.) , que l’on a préconisée comme antisyphilitique, sous forme de décoction, et la Lobélie enflée, Indian Tobaco des Anglais ( Lobelia inflata L.), que l’on a vantée comme émétique, cathartique ou diapliorétique , selon les doses.
La Lobélie enflée renferme un alcaloïde (?), que Reinsch a
Fig. 705. — Lobelia cardinàlis.
RUBIACÉËS.
nommé Lobéline , un acide particulier, Y Acide Lobelique , découvert par Pereira, un principe odorant volatil , trouvé par Procter etc. Ses semences contiennent deux fois plus de lobéline que la plante entière, et, en outre, une huile fixe presque incolore, éminemment siccative.
La Lobéline a été étudiée par Reinsch , Procter et William Bastick. Elle se présente sous forme d’une huile visqueuse, un peu jaunâtre, fortement alcaline, plus légère que l’eau, volatile, mais facilement altérable par évaporation , soluble dans l’eau , l’alcool , l’éther; son odeur aromatique, analogue à celle de la plante, est exaltée par l’ammoniaque ; sa saveur est piquante et analogue à celle du Tabac. Les alcalis caustiques la décomposent. Elle forme des sels solubles et cristallisables avec les acides sulfurique , chlorhydrique, azotique; l’acétate de lobéline ne cristallise pas; le tannin la précipite.
Procter en ayant introduit 5 centigr. dans l’estomac d’un Chat, cet animal tomba aussitôt dans un état de prostration avec perte des mouvements , pendant une heure , et les pupilles furent fortement dilatées; 15 heures après, il n’était pas encore rétabli.
La Lobélie enflée parait diminuer la violence des accès de l’asthme ; on l’a recommandée contre le croup, la coqueluche, les affections du larynx et de la poitrine. Elle ne paraît guère employée qu’en Angleterre et en Amérique.
Bien que la racine et les capsules soient les parties les plus actives de cette plante, on n’expédie en Europe que les feuilles, dont la récolte est effectuée au mois d’août et qui arrivent sous forme de bottes rectangulaires.
La Cardinale bleue, que l’on a nommée aussi Mercure végétal , fut trouvée par Kalm, élève de Linné, dans les forêts marécageuses de l’Amérique du Nord. Les sauvages du Canada l’employaient, sous forme de décocté , contre toutes les maladies vénériennes , que cette plante guérissait aisément en quinze jours. La racine de la Lobélie syphilitique est encore usitée en Amérique ; les médecins français l’ont considérée comme un succédané de la Salsepareille; elle est maintenant inusitée. Les Lobelia cardinalis L., L. longiflora L., L. Tupa L. et L. urens L. sont vénéneuses.
RUBIACÉËS.
Arbres ou arbrisseaux, ou herbes à tige noueuse-articulée , souvent tétragone; feuilles opposées, simples, pourvues de stipules libr.es ou soudées soit entre elles , soit à la feuille voisine , parfois semblables aux feuilles et, simulant avec elles un verticille de 4 à
528 GAMOPÉTALES PÉRIGYNES PÉRISPERMÉES.
12 feuilles (fig. 706), dont 2 seulement (vraies feuilles) portent chacune un bourgeon à leur aisselle : quand ces deux bourgeons se développent sur plusieurs nœuds consécutifs, leur direction indique manifestement la disposition opposée-croisée des feuilles ; fleurs (fig. 707) très-rarement unisexuées, parfois
Fig. 706. — Galium Mollugo. Fig. 707. — Fleur de Rubia tinctorum, coupée
longitudinalement (*).
un peu irrégulières, généralement en cymes terminales ou axillaires et simulant alors une panicule plus ou moins vaste ; calice tubuleux ou profondément divisé, ou 2-6-fide, ou denté , parfois effacé; corolle rotacée, hypocratérimorphe ou infundibuliforme , offrant 4-6 divisions , généralement égales , à préfloraison valvaire , plus rarement tordue ou imbriquée ; 4-6 étamines alternes, soudées avec le tube ou avec la gorge de la corolle , à filets courts filiformes et à anthères introrses, rarement soudées en un tube; ovaire infère bi- pluri-loculaire , surmonté par un disque charnu; ovules solitaires ou nombreux , dressés ou pendants , ou fixés à
l’angle central par le milieu de leur face ventrale, anatropes ou semicampylotropes ; style simple ; stigmate à deux ou plusieurs lobes ; capsule , baie ou drupe ; périsperme charnu ou cartilagineux, ou presque
Fig. 08. - Graine campyiotrope du corné> Parfois ruminé, rarement peu Galium Mollugo , grossie: entière et abondant ou nul ; embryon droit ou coupée longitudinalement. courbe (fig. 708) situé à la base ou
dans Taxe du périsperme.
On divise assez généralement les Rubiacées en deux sous-familles : (*)
(*) d ) Disque. — ov’) Ovuler
RUBIACÉES. 529
Cofféacêes : ovules solitaires, rarement géminés; fruit à loges monospermes, rarement dispermes.
Cinchonëes : loges multiovulées dans le pistil, et polyspermes dans le fruit.
COFFÉACÊES.
Cette sous-famille a été divisée en huit tribus, dont voici les principales :
verticillées; fleurs étoilées; stigmate en tête; baie ou
capsule biloculaire Stellatées .
('sec, à 2-4 noyaux; stigmate bilamellé. . . Spermacocêes.
/biloculaire; semences coni i vexes par le dos, planes
[ k ! et pourvues d’un sillon
u L‘ * ‘ ’ i sur la face interne .... Psychotriêes .
[à 2-10 noyaux; semences
\ cylindriques Guettardées,
Stellatées.
Limbe cali- (^s-prononcé, à4G dents Sherardia L.
cinal. . . .{ rf [ infundibuliforme Aspenila L.
) presque effa- \ , y
( cé; corolle. < /ordinairement à 4 lobes;
(étoilée ) éiachaine didyme Galium L.
j ordinairement à 5 lobes;
( baie Rubia Tourn.
Aspérule odorante, Hépatique étoilée, Reine des bois
(. Asperula odorata L.). Plante et fleurs odorantes ; feuilles verticillées par 6 ou par 8 ; inflorescence en cymes trichotomes ; fleurs blanches ; fruits garnis de poils blancs crochus.
L’Aspérule odorante renferme une huile essentielle et de la coumarine.
Dans les pays rhénans, on prépare le Maitrank en faisant infuser la plante en fleurs dans du vin rouge bouillant.
L’Herbe à l’esquinancie {Asp. cynanchica L.) a été préconisée contre les maux de gorge ; sa racine rougeâtre peut, à la rigueur, remplacer la Garance ; elle renferme moins de matière colorante que Y Asperula tinctoria L.
Caille-lait jaune {Galium verum L.). Plante à tiges ascendantes, ou dressées, raides, cylindriques, lisses; feuilles linéaires, à bords révolutés, vertes et luisantes en dessus, grisâtres et pubérulées en dessous; verticillées par 6-12 ; fleurs jaunes , très-odorantes, en panicule terminale assez compacte; fruits lisses. Le Caille-lait n’a pas la propriété de cailler le lait, comme on l’avait supposé jadis ; on l’a préconisé dans l’épilepsie. Cette plante paraît être un peu astringente, antispasmodique, diaphorétique.
Le Caille-lait blanc {G. Molluyo L.), le Caille-lait des ma-
Feuilles . . .
GAMOPÉTALES PÉKIGYNES PÉKISPÉUMËES.
rais (G. palustre L) et le Caille-lait raide (G. rigidum Vill.) possèdent les memes propriétés , dit-on.
Le Gratteron (G. Aparine L.) a été employé comme diurétique et antigoutteux. Ses semences torréfiées sont regardées comme un succédané du Café.
Garance ( Rubia tinctorum L.). Plante à rhizome atraçant, rouge orange, à fibres radicantes , rougeâtres, charnues, très-longues. Tiges aériennes diffuses, longues de 8 à 15 décim., scabres aculéolées sur les bords ; feuilles verticillées par 4-6, lancéolées, à marge très-scabre ou rude (caduques en automne). Inflorescence terminant les tiges et les rameaux; corolle jaune à lobes pointus, à pointe infléchie ; stigmate conique ; fruit glabre, d’abord rougeâtre, puis noirâtre. » (Kirschleger.)
La Garance croît spontanément dans la région méditerranéenne ; on la cultive en * Alsace et dans certaines parties du Midi de la France.
La racine de Garance est longue , cylindrique , grosse comme une plume à écrire ; son épiderme est rougeâtre , son écorce rouge brun foncé, son méditullium rouge jaunâtre; elle a une saveur amère et styptique. On l’emploie contre le rachitisme ; les Arabes s’en servent pour faciliter l’accouchement, et contre la dysurie.
La racine de Garance est surtout utilisée dans les arts, à cause de la matière colorante qu’elle renferme, et qu’on a nommé Aliza rine. On y a trouvé encore de la Purpurine , du sucre fournissant de l’alcool par la fermentation, une huile volatile , que l’on n’a pu obtenir suffisamment pure, de la Xanthine (?) etc.
L’histoire des principes de la Garance est encore envelqppée d’obscurité. Selon MM. Scbunck et Rochleder, la partie colorante rouge ne préexiste pas dans cette racine ; elle y prend naissance par la métamorphose chimique d’une autre substance presque dépourvue de propriétés tinctoriales. Cette observation est en harmonie avec celle de M. Decaisne, qui a trouvé dans les cellules de la racine fraîche un liquide jaune , transparent, devenant rose au contact de l’air, après la rupture des cellules. Quand les racines vieillissent, la couleur jaune se fonce davantage et prend, au contact de l’air , une teinte rouge d’autant plus foncée que la racine est plus âgée ; c’est sans doute par suite d’une remarque de même nature que les teinturiers font subir à la Garance un commencement de fermentation pour lui faire acquérir toute sa vigueur tinctoriale.
L’Alizarine (G20 H° O6 -f- 2 H2 O2) paraît se rattacher aux composés naphtaliques ; elle a été découverte par Robiquet et Colin. D’après M. Schunck, elle résulte du dédoublement d’une matière amère et ineristallisable , le Ruhicm , qui , sous l’influence des acides^
RUBIACÉES. 531
des alcalis et des ferments, se transforme en une matière sucrée fermentescible et en alizarine ou autres matières colorantes.
M. Rocbleder prétend que le rubian est une substance impure , et que la Garance renferme un principe cristallisable , Y Acide Rubérythrique (G44 H24 O24) , capable de se dédoubler en matière sucrée et en alizarine.
((L’alizarine cristallise en prismes brillants, jaune foncé. A peine soluble dans l’eau froide, elle se dissout un peu mieux dans l’eau bouillante. Elle est très-soluble dans l’alcool, dans l’éther et dans le sulfure de carbone. Ses solutions sont jaunes. A 100° elle perd son eau de cristallisation. A une température plus élevée, elle fond et se prend par le refroidissement en une masse cristalline d’un rouge brun. Entre 215° ef225°, elle se sublime en longues aiguilles brillantes d’un jaune d’or, rouges par réflexion. Elle se dissout dans l’acide sulfurique concentré, avec une couleur rouge de sang. L’eau la précipite sans altération de cette solution. L’acide azotique étendu et bouillant la convertit en acide oxalique et en acide phtalique.
«L’alizarine forme des combinaisons avec les bases. Elle se dissout dans l’ammoniaque avec une couleur pourpre et dans les alcalis caustiques , en donnant une solution pourpre offrant des reflets bleus.
(( L’alizarine te’nt en rouge les étoffes mordancées avec de l’alumine , en violet celles qui sont mordancées avec de l’oxyde ferrique. » (Wurtz.)
La Purpurine (C18 H6 O6) se forme également par la décomposition des substances contenues dans la Garance ; elle paraît produite par une modification de l’alizarine. MM. Strecker et Wolff l’ont obtenue abondamment, en faisant fermenter, pendant quelques mois, de la Garance avec de la levure de bière : l’alizarine avait disparu.
«La purpurine se dissout aisément dans les solutions d’alun, dont on peut la précipiter par l’acide sulfurique étendu. Elle cristallise du sein de l’alcool faible en aiguilles orangées, qui renferment de l’eau de cristallisation (2 G18 H6 O6 -f- H2 O2). Elle se dépose de l’alcool concentré en aiguilles rouges anhydres.
Lorsqu’on la chauffe, elle fond d’abord, se sublime ensuite en aiguilles rouges. Elle est un peu plus soluble dans l’eau chaude que l’alizarine, et se dissout abondamment dans l’alcool et dans l’éther avec une couleur rouge. Avec l’acide sulfurique et l’acide azotique, elle se comporte comme l’alizarine. Une solution d’alun la dissout à l’ébullition avec une couleur rouge et ne la laisse point précipiter par le refroidissement, comme on le remarque pour l’alizarine. » (Wurtz.)
GAMOPÉTALES PÉRIGYNES PÉRISPERMÉES.
Les teintes fournies par la purpurine sont moins abondantes, moins belles et surtout moins fixes que celles données par l’alizarine.
La Xanthine ne semble pas être un produit bien défini ; suivant M. Schunck, ce serait un mélange de rubian et de Chlorogénine , substance qu’il est très-difficile de séparer du rubian , et qui donne une poudre verte par l'ébullition avec les acides chlorhydrique ou sulfurique.
Les racines des Rubia : angustifolia , longifolia , peregrina , lu c/c/a, Boccoyii , Olivieri , de l’Europe; celles du R. Munjista Roxb., de l’Inde; du R. Relbun Ghamisso et du R. chilensis Molina, du Chili; des R. guadalupensis et hypocarpia , des Antilles, peuvent être substituées plus ou moins à la racine de Garance. Il en est de même de celles des Gctlium verum et G. Mollugo et de Y Oldenlandia umbellata , connue dans l’Inde, sous le nom de Chaya-vair. Enfin, dans l’Inde et dans la Malaisie, on emploie les racines de la plupart des Morinda (< citri folia , tinctoria , bracteata , m-udia , cha chuta , umbellata etc.), dont l’une nous est parvenue sous le nom de Noona.
Spermacocées.
Cette tribq ne renferme guère que deux genres fournissant quelques produits utiles : Borreria Meyer, Richardsonia Kunth.
Poaya do campo ( Borreria [ Spermacoce Sl- Hil.] poaya DC.). Cette plante croît au Brésil , dans les pâturages delà province de Minas Geraes; sa racine a une saveur âcre et désagréable. C’est un succédané de l’Ipécacuanha; mais on ne l’emploie pas en Europe. Il en est de même du Poaya do praio ( Borr . \Sperm. Sl-HiL] fervuginea DC.), du Poaya de hasta comprida [Borr. cmetica Mart.) et du Borr. verticillata DC.
Richardsonie à feuilles rudes ou Poaya do campo ( Richardsonia [ Richardia L.] scabra Kunth). Cette plante croît dans les lieux sablonneux, aux environs de Rio-Jarîeiro. Tiges couchées , velues , hérissées ; feuilles ovales-lanci'olées, aiguës, rudes sur les bords, et pourvues de stipules laciniées ; fleurs petites , blanches , disposées en un capitule terminal, entouré de 3 ou 4 feuilles formant une sorte d’involucre.
La racine de la Richardsonie est connue sous les noms de Ipécacuanha ondulé, Ip. blanc, Ip. amylacé (fig. 709). Elle est à peu près une plume d’Oie, gris blanchâtre au dehors,
DF
Fig. 709.
Ipecacucinha ondulé.
grosse comme
rubiacées. 533
blanc mat et farineuse au dedans, fïexueuse et comme ondulée ; quand on fri casse , on aperçoit, sur la face de section, des points brillants, que l’on reconnaît, à la loupe , être formés de granules amylacés. Elle a une odeur de moisi , qui semble lui être particulière , et une saveur d’abord fade, puis un peu âcre. Pelletier y a trouvé 6 °/0 environ d’une matière vomitive, qu’il a appelée Emétine.
Cette sorte d’Ipécacuanha peut , à la rigueur, être substituée à la sorte officinale, que nous décrirons plus loin; il est bon seulement de se rappeler qu’elle renferme environ moitié moins d’émétine, et qu’elle est ainsi beaucoup moins active.
Psychotriées.
Ronabée vomitive ( Ronabea [ Psychotria Rich., Cephaelis Pers.] emetica A. Ricli.) Arbuste des forêts ombragées du Pérou et de la Colombie : souche presque horizontale, cylindrique, grosse comme le petit doigt, étranglée de loin en loin et à radicules grêles ; tige ligneuse, haute de 3 à 5 décim., simple, un peu pubescente ; feuilles lancéolées, aiguës, brièvement pétiolées, entières, glabres en dessus, pubescentes en dessous; stipules étroites, aiguës; fleurs en glomérules axillaires , brièvement pédonculés ; corolle infundibuliforme ; étamines incluses; nuculaine ovoïde, bleuâtre-, renfermant deux nucules plan-convexes.
La. racine de la Ronabée est connue sous les noms de Ipécacuanha strié ou Ip. noir (fig. 710).
Cette racine est épaisse de 2 à 7 et 9 millim. , longue de 3 à 11 centim., étranglée de distance en distance, de couleur brun foncé , et ridée ou striée longitudinalement; l’écorce aune cassure compacte, brune , noirâtre , cornée ; en vieillissant, elle se ramollit et se laisse pénétrer par l’ongle ; son odeur est presque nulle, sa saveur fade, légèrement âcre.
Le méditulliun est jaunâtre et pourvu de pores nombreux visibles à la loupe.
L’Ipécacuanha strié renferme environ 9 °/0 d’émétine ; on ne le trouve plus dans le commerce.
Céphélide Ipécacuanha ( Cephaelis Ipécacuanha Rich. Callicocca Ipécacuanha Brot. , Ipécacuanha, officinalis Arrud.). Arbuste rampant des forêts épaisses du Brésil. Souche rampante, souterraine , horizontale ; racines fibreuses et capillaires, ou charnues et marquées d’impressions annulaires rapprochées; tige redressée, haute d’environ 30 centim., sub-quadrangulaire et obscurément pubescenteàsa partie
Fig. 710.
Ipécacuanha strié.
534 GAMOPÉTALES PÉRIGYNES PÉRISPERMÉES.
supérieure; feuilles brièvement pétiolées , ovales-acuminées, entières, presque glabres ; stipules laciniées; fleurs petites-, blanches, disposées en une sorte de capitule entouré par un involucre de 4 folioles pubescentes ; corolle infundibuliforme , à divisions allongées , aiguës ; nuculaine ovoïde noirâtre , contenant 2 nucules blanchâtres.
La racine de cette plante fut d’abord signalée par Marcgraff et Pison, sous le nom cVIpècacuanha , comme une substance vomitive, qu’ils vantèrent contre beaucoup de maladies. Le vague de leur description et la mauvaise figure qu’ils donnèrent de la plante empêcha de déterminer son espèce botanique.
Sur les indications deMutis, Linné fils la rapporta au Psychotria emetica. Enfin le professeur Brotero la fit connaître et l’appela Ccillicocca Ipecacuanha , nom que Ach. Richard changea en celui de Cephaelis Ipecacuanha .
La racine de la Cépliélide est connue sous le nom d’ Ipecacuanha annelé , pour la distinguer des deux précédentes: Ip. strié , Ip. ondulé. On l’a aussi appelée Béconquille et racine d’or.
Ce remède fut d’abord tenu secret; il entra dans le domaine public, lorque Helvétius l’ayant employé avec succès sur la personne même du Dauphin, Louis XIV en fit l’acquisition.
Llpécacuanha annelé (fig. 711) se présente sous forme de racines allongées , grosses comme une plume d’Oie , irrégulièrement contournées simples ou rameuses , pourvues d’anneaux saillants , inégaux , rapprochés , séparés par des étranglements plus étroits. On en distingue deux variétés :
L’IPÉCACUANHA ANNELÉ GRIS NOIRATRE de Guibourt (Ipéoacuanha brun de Lémery, Ipécagu anh a gris ou annelé. de Mérat), formé d’un méditullium blanc jaunâtre et d’une écorce annelée, peu adhérente au méditullium , gris noirâtre au dehors , grise à l’intérieur, dure, cornée et demi-transparente ; sa saveur est âcre et aromatique , son odeur forte , irritante et nauséeuse. Pelletier a trouvé 16 °/0 d’émétine dans l’écorce , et 1,15 dans le méditullium.
Fig. 711. L’IpÉCACUANHA GRIS ROUGEATRE de GlÜbourt
I^cacuanha annelé. (IpÉCACUANHA GRIS ROUGE de Lémery et de
Mérat) diffère du précédent par son écorce ' moins foncée et rougeâtre , son odeur moins forte et sa saveur non aromatique; sa cassure est un peu plus transparente. Parfois ce-
RUBI ÂGÉES
pendant sa section est opaque, mate et farineuse, mais cette constitution ne fournit pas de caractère distinctif, car on peut l’observer sur des racines dont la section est opaque d’un côté et farineuse de l’autre, ou qui sont opaques à l’une des extrémités et farineuses à l’autre.
Pelletier a trouvé 14 °/0 d’émétine dans l’écorce de l’Ipécacuanha gris rougeâtre.
Guibourt décrit , sous le nom d’ÏPÉCACUANHA annelé majeur (Ipécacuanha gris blanc, de Mérat) , une sorte d’Ipécacuanha, que l’on considérait comme une simple variété des deux précédentes. Il est épais de 5 à 6 millim. , cylindrique, marqué d’anneaux moins saillants, ou même presque nuis ; son écorce est très-épaisse , dure, cornée, translucide, gris jaunâtre ou rougeâtre, son méditullium * très-petit et jaune. On ne connaît pas sa composition; son odeur est forte et irritante , sa saveur âcre.
L’Ipécacuanha , donné à faible dose , agit comme émétique et comme incisif; son effet purgatif est secondaire, et peu manifeste dans la plupart des cas. A haute dose , il agit comme contro-stimulant. On l’emploie sous forme de poudre, de décoction, de teinture, d’extrait aqueux, d’extrait alcoolique, de vin, de sirop etc.
Quelques praticiens l’emploient en pommade , comme rubéfiant et même caustique , à la manière de l’huile de Croton. Il est probable que cette racine contient, en effet, un principe âcre, autre que l’émétine, car les gens qui pulvérisent l’Ipéeacuanha ou en manient de grandes quantités sont souvent atteints de suffocations et d’ophthalmies intenses. Le principe gras, odorant, qu’on y trouve en rend l’administration difficile chez certaines personnes ; M. Malapert a proposé d’enlever ce principe , au préalable , en traitant la racine par l’éther, qui ne dissout pas l’émétine.
L’Émétine est blanche, pulvérulente, inaltérable à l’air, de saveur amère désagréable; elle est peu soluble dans l’eau froide, assez soluble dans l’eau bouillante , très - soluble dans l’alcool , insoluble dans l’éther, les huiles ; elle fond entre 45° et 50° ; l’acide gallique et l’infusion de noix de Galles forment, dans ses solutions, des précipités blancs, très - abondants. Ses sels sont toujours acides, solubles et prennent une apparence gommeuse par l’évaporation.
L’émétine pure, donnée à la dose de quelques centigrammes, produit des vomissements violents; 10 centigr. suffisent, d’après Magendie, pour tuer un Chien de forte taille. On ne l’emploie pas en médecine , à cause de son activité et de son prix élevé ; ou lui préfère Y Émétine brune ou médicinale , qui est moins chère et moins active.
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L’émétine brune est vomitive et produit des selles; elle agit comme l’Ipécacuanha et on l’emploie dans les memes cas.
L’Ipécacuanha du Brésil devient de plus en plus rare et l’on tend à lui substituer une racine couverte d’une poussière blanchâtre : cette nouvelle racine se trouve dans le commerce , sous le nom d’ipéca Carthagène. Plusieurs autres racines, improprement appelées Ipé cacuanha , servent en divers pays comme succédané de l’Ipéca cuanha vrai .
Nous avons déjà parlé (t. II, p. 115 et 166-167) de VEuphorbia Ipecacuanha et des divers Ionidium employés aux mêmes usages. On cite encore, comme usitées dans les mêmes circonstances, les racines du Gillenia trifoliata Mônch, Rosacée de l’Amérique septentrionale; de VAsclepias curassavica L., Asclépiadée des Antilles; du Cynanchum Ipecacuanha Rich. , de l’Ile-de-France, et" du Periploca mauritiana Poir. , de Bourbon, qui appartiennent à la famille des Apocynées.
Racine de Caïnca ou de Cahinca ou de Caïnça. Cette racine est attribuée par Guibourt au Chiococca anguifuga Mart. et par Ach. Richard au Ch. racernosa L. , Plum. La divergence qui existe entre ces auteurs très-compétents nous porte à transcrire ici la description que chacun d’eux donne de la racine de Caïnca.
« Elle est rameuse , d’jin brun rougeâtre , composée de branches cylindriques, longues de 60 ou 90 centim., de la grosseur d’une plume à écrire , ou beaucoup plus menue , offrant quelquefois des fibrilles radicales grêles et ramifiées; elle est obscurément striée longitudinalement, ce qui lui donne quelque ressemblance avec l’Ipécacuanha strié ou du Pérou ( Ronabea emetica Rich.), offrant de distance en distance des espèces de petits tubercules irréguliers, qui paraissent être les restes de l’ancien chevelu , et quelques fissures transversales, qui sont le résultat de la dessiccation. Ces racines se composent d’une partie externe et corticale très-mince , primitivement charnue , recouverte extérieurement d’un épiderme brun , adhérent, et qui lui-même est d’une couleur blanchâtre sale; audessous de cette partie charnue se trouve l’axe ligneux, qui forme presque toute la masse de la racine. Cette partie corticale, qui est comme résineuse , a une saveur assez désagréable, un peu âcre et légèrement astringente ; cette saveur disparaît entièrement dans la partie ligneuse, qui est tout à fait insipide. Au milieu des fragments dont nous venons de tracer la description , on trouve d’autres morceaux qui sont, les uns de véritables rameaux de la tige aérienne, les autres des rameaux étalés à terre , où ils se sont enracinés en poussant des radicelles de leurs nœuds. On les distingue facilement des vraies racines en ce qu’ils présentent à leur centre un canal mé-
RUBIACÉES.
dullaire. La saveur de leur partie corticale est bien moins prononcée que celle des racines , en sorte que nous ne doutons pas qu’ils soient moins actifs. » (Richard.)
«La racine de Caïnca est rameuse, composée de radicules cylindriques, longues de> 35 centim. et plus, et dont la grosseur varie depuis celle d’une plume jusqu’à celle- du doigt. Elle est formée d’une écorce brunâtre, peu épaisse, entourant un corps ligneux blanchâtre , qui forme à lui seul presque toute la masse de la racine , et dont la cassure paraît criblée de trous , lorsqu’on l’examine, à la loupe. L’écorce offre souvent, de distance en distance , des fissures transversales et se sépare assez facilement du bois. A cet égard, le Caïnca se rapproche de l’Ipécacuanha gris, et même quelques-unes de ses plus petites racines ont pu souvent se trouver mêlées à l’Ipécacuanha , auxquelles elles ressemblent beaucoup ; mais le caractère le plus frappant de la racine de Caïnca consiste dans des nervures très-apparentes, qui parcourent longitudinalement ses gros rameaux , et qui sont formés à l’intérieur d’un méditullium ligneux entouré de son écorce , confondue avec celle du rameau : de sorte que l’on dirait des radicules décurrentes qui se sont soudées par approche avec le tronc principal.
« En masse , la racine de Caïnca offre une odeur assez marquée , analogue à celle du Jalap. Quant à la saveur, l’écorce en a une très-amère et âcre , fort désagréable , auprès de laquelle le bois paraît insipide ; c’est donc dans l’écorce surtout que résident les propriétés de la racine. » (Guibourt.)
Pelletier et Caventou ont trouvé dans la racine de Caïnca une matière grasse, verte, d’odeur vireuse; une matière jaune extractive et amère , une matière colorée visqueuse ; un principe acide , cristallisé, blanc, inodore, âcre et amer, non azoté, peu soluble dans l’eau , soluble dans l’alcool , et qu’ils ont appelé Acide Caïn tique.
Selon MM. Ptochleder et Hlasiwetz , cet acide se dédouble en quinovine et glucose, sous l’influence des acides étendus. C’est donc là un principe qu’il faut ranger au voisinage des tannins , parmi les glucosides acides, et qui se distingue ainsi nettement des glucosides neutres et des glucosides alcalins.
L’acide Caïncique paraît être le principe actif du Caïnca.
La racine de Caïnca est très-employée , au Brésil , comme alexipharmaque ; elle passe pour diurétique , tonique , purgative et anthelmintique. On l’a beaucoup vantée dans le traitement de l’hydropisie essentielle.
Caféier ( Coffea arabica L., C. vulgaris Monch, fig. 712). Arbrisseau toujours vert, originaire de l’Abyssinie; il fut transporté dans
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l’Arabie , vers la fin du quinzième siècle , passa à Batavia vers la fin du dix-septième siècle, et ensuite aux Antilles, en 1720. Aujourd’hui, il est cultivé dans un grand nombre de pays. Voici ses
caractères : Tige pouvant atteindre de 5 à 7 mètres ; feuilles ovalesallongées, pétiolées, entières, glabres, un peu sinueuses; stipules lancéolées, caduques; fleurs blanches, d’odeur suave, presque sessiles, réunies en grand nombre à l’aisselle des feuilles supérieures; calice à 5 dents; corolle hypocratérimorplie à 5 lobes lancéolés; étamines saillantes; fruits rouges , bacciformes (fig. 713), oblongs,
Fig. 712. — Caféier.
RÜJB1ACEES.
gros comme une cerise , renfermant deux nucules accolés par leur face interne, qui est plane ; chaque nucule contient une graine cartilagineuse de même forme , enveloppée d’un tégument mince ,
crustacé et dont la face plane présente un sillon longitudinal.
Pour extraire les graines , on écrase les fruits et'On les fait macérer dans l’eau , puis on les débarrasse de la pulpe par frottement , et on les fait sécher :
le Café est alors vert.
Ou bien on laisse sécher les fruits , jusqu’à ce que l’enveloppe et la pulpe soient devenues friables, puis on les triture légèrement et l’on vanne : le Café est alors jaunâtre ou à peine verdâtre.
Aux environs de Moka , on laisse mûrir complètement les fruits , jusqu’à ce qu’ils tombent à terre et se dessèchent spontanément. M. Payen suppose que telle est peut-être la cause de la supériorité du Café de cette contrée.
Enfin on expédie de la Bolivie , sous le nom de Café en parche , du Café récolté avant la complète maturité, et dont on a enlevé seulement la pulpe, en laissant l’enveloppe de la graine; ainsi protégé contre les agents extérieurs , ce Café possède un arôme léger et très-délicat, mais il coûte plus cher.
Selon M. Payen, le Café présente la composition suivante : cellulose, 34 ; eau, 12 ; substances grasses, de 10 à 13 ; glucose, dextrine, acide végétal indéterminé, 15,5 ; légumine, caséine, etc., 10 ; chloroginate cle potasse et de caféine , de 3,5 à 5 ; organisme azoté, 3; caféine libre, 0,8 ; huile essentielle concrète insoluble, 0,001 ; essence aromatique, à odeur suave, soluble dans l’eau, 0,002; substances minérales, 6,697 = 100.
Le Café n’est guère employé qu’après avoir été torréfié ; il convient de le torréfier jusqu’à ce qu’iPprenne une teinte roux -marron : il perd alors 16 à 17 % de son poids, et son volume augmente d’environ 1/3. On le retire de la brûloire et on le vanne pour le refroidir : il dégage alors une huile volatile pyrogénée d’odeur de corne brûlée , due à la caramélisation d’une partie des matières azotées. On l’enferme, après refroidissement dans des vases bien clos.
Par la torréfaction, il se développe dans le Café un principe huileux, aromatique et volatil, dont on ne connaît pas l’origine. Selon Pfaff, il est produit par Y acide caféique ( chloro g iniq ue! de Payen), et selon Schrader, il est dû à la matière cornée de la semence. Quoi
*) a) Fruit entier. — b) Fruit coupé transversalement. — c ) Graine isolée.
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qu’il en soit , il ne faut pas employer une chaleur trop forte ou trop prolongée , qui fait évaporer une portion notable de l’arome , et augmente au contraire l’odeur empyreumatique.
L’infusion de Café est parfois employée en médecine ; voici , selon M. Payen, le moyen de la préparer : «Afin d’obtenir la plus grande partie de l’arome agréable , il faut effectuer rapidement la filtration de l’eau bouillante sur le Café récemment moulu, et dans la proportion de 100 à 120 grammes pour un litre d’eau. Par la filtration d’un seul litre d’eau bouillante sur 100 grammes de Café torréfié jusqu’à la couleur rousse, on peut dissoudre 25 grammes de substance dans l’infusion. Si la torréfaction était poussée jusqu’à la couleur marron, le Café ne céderait à l’eau que 19 grammes de matière soluble. Dans le deuxième cas, un litre d’infusion contient 4sr,53 de substance azotée , et dans le premier cas il en contient de ' 5 à 6 grammes. Les ustensiles ou appareils de table qui permettent de refouler par la vapeur l’eau bouillante au travers du Café et de hâter la filtration en opérant le vide aussitôt après , réalisent les conditions les plus favorables. Le principe de ces ustensiles, indiqué d’abord par M. Babinet, a été appliqué , puis perfectionné , sous diverses formes usuelles, par M. Pénaud. »
L’infusion de Café excite les facultés de l’intelligence ; un de ses effets les plus remarquables est de soutenir les forces pendant le travail ou les voyages, en permettant de réduire passagèrement la quantité des aliments. D’après les ingénieuses observations de Gasparin , le Café aurait la propriété de rendre plus stables les éléments de notre organisme , de sorte que, s’il ne nourrit pas par lui-même, il empêche de se dénourrir , ou amoindrit les déperditions.
« Le Café préparé avec 100 grammes pour un litre d’eau contient en moyenne 20 grammes de substances alimentaires dans un litre d’infusion ; il représente trois fois plus de substance solide , à volume égal , que le liquide obtenu par l’infusion de 20 grammes de thé dans un litre d’eau bouillante , et plus du double de matière organique azotée. On comprend donc que le Café à l’eau, dit Café noir , d’un usage si général en Italie et en Égypte, ait une action nutritive utile, surtout avec le concours des propriétés éminemment stimulantes de cette agréable boisson. » (Payen.)
Selon M. Lehmann, l’usage du Café augmente la quantité d’eau contenue dans les urines et diminue, au contraire, celle des parties j solides: urée, acide phosphorique, etc. On explique ainsi l’utilité du Café pour prévenir la désassimilation et éliminer l’eau de l’économie.
La Caféine paraît être le principe actif du Café ; nous avons étudié ses propriétés à l’article Thé (voy. t. II, p. 252-253).
RUBIACÉES.
L’infusion de Café est employée comme stimulant dans les empoisonnements par les narcotiques , et pour masquer la saveur de certains médicaments. On l’a préconisée contre la coqueluche. Quelques médecins ont prescrit, avec succès, le Café non torréfié contre la fièvre intermittente.
On connaît, dans le commerce, plusieurs sortes de Café. Les principales sont :
Le Café-Moka, qui est le plus estimé. Il vient de l’Arabie ; il est petit, jaunâtre et presque rond, ce qui est dû à la fréquence de l’avortement de l’une des deux semences ; celle qui reste prend alors la forme du fruit. Son odeur et sa saveur sont plus agréables que dans les sortes suivantes, surtout après la torréfaction.
Le Café Bourbon, produit par le Coffea arabica cultivé à Bourbon , est plus gros et moins arrondi que celui de Moka ; il ne doit pas être confondu avec une espèce particulière de Café, qui croît naturellement dans cette île , où on le nomme Café marron ; celui-ci est le Coffea mauritiana Lamk., dont la baie est oblongue et pointue par la base. La semence est également allongée en pointe et un peu recourbée en corne par une extrémité ; elle a une saveur amère et passe pour être un peu vomitive.
Le Café Martinique est en grains volumineux, allongés, d’une couleur verdâtre, recouverts d’une pellicule argentée (épisperme), qui s’en sépare par la torréfaction; le sillon longitudinal est trèsmarqué et ouvert. Odeur franche, saveur qui rappelle celle du Froment.
Le Café Haïti est très-irrégulier, rarement pelliculé , d'un vert clair ou blanchâtre, pourvu d’une odeur et d’une saveur moins agréables que le précédent.
Selon van den Corput , les feuilles du Caféier renferment de la Caféine et pourraient être employées comme succédané du Thé.
Guettardées.
Cette tribu renferme peu de plantes utiles , au point de vue médical.
L 'Erithalis fruticosa L., des Antilles, fournit un bois à odeur de Jasmin, et contenant une résine abondante qui le rend propre à servir de torche , d’où ses divers noms de Bois Jasmin et Bois chandelle . La résine, délayée dans un jaune d’œuf, a été employée dans la néphrite calculeuse.
Le fruit du Morinda citrifolia L. est employé dans l’Inde, cuit sous la cendre, comme anthelminthique , emménagogue etc.
La racine du M. Royoc L., arbrisseau de l’Inde, de la Chine et
CAUVET. Il 31
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de l’Amérique du Sud, sert à préparer un extrait purgatif, vermifuge, stomachique etc.
Le fruit du M. umbellata L. est réputé vermifuge ; ses feuilles sont prescrites en décoction, contre la dysenterie.
La racine et l’écorce de YAntirhea borbonica Gm. sont astringentes et employées pour arrêter les hémorrhagies.
ClttCMONEES.
Feuilles opposées; fruit
charnu . . .