TROISIÈME CLASSE
Minéraux dont le poids spécifique est inférieur h 1,8 , qui ont une odeur bitumineuse
lorsqu'ils sont fluides , et qui n'ont pas de saveur quand ils sont solides.
Résine. .
| Succin. || Charbon.
| Houille.
La première classe comprend les Métaux natifs et leurs alliages , les Métalloïdes natifs et leurs combinaisons avec les métaux (arséniures , séléniures) ; l’oxygène et ses combinaisons forment trois subdivisions dans la famille Oxygène: 1° oxygène ; 2° oxydes électro-positifs ou oxydes proprement dits , comprenant la plupart des oxydes métalliques ; 3° oxydes électro -négatifs jouant le rôle d’acides, comprenant les oxydes et acides de ce groupe, ainsi que leurs combinaisons avec les oxydes métalliques.
La deuxième classe comprend les Substances organiques peu changées (Tourbe, Lignite), les Résines fossiles (Succin), les Huiles fossiles (Naphte) , les Bitumes (Asphalte), les Houilles (Houille) , les Sels (Mellite).
Cette méthode, dans laquelle les minéraux sont classés d’après un principe exclusivement chimique , a confondu dans un même groupe les gaz et les minéraux solid*es , les pierres et les sels. Elle n’a pénétré en France qu’après la mort d’Haüy, par l’influence de M. Beudaut.
Méthode d’Haüy. Haüy s’est servi de la forme et de la structure régulière des minéraux, pour les spécifier; mais dans le grou-
MINÉRALOGIE
pement des espèces en genres, en ordres et en classes, il s’est basé sur les caractères chimiques. Il partage les minéraux en quatre classes.
La première se compose des acides libres (sulfurique, borique).
La seconde, qu’il désigne sous le nom de Substances métalliques hétéropsides , comprend les oxydes terreux et alcalins et leurs sels ; la silice et les silicates forment un appendice à cette deuxième classe, et se divisent en Silice libre (Quarz) et en Silicates. Ceux-ci se subdivisent en Silicates binaires (Grenats, Amphibole, Péridot, Talc etc.), en Silicates ternaires (hmeraude, Tourmaline, Amphigène, Feldspath etc.) et Silicates ternaires hydratés (Harmotome, Mésotype etc.).
La troisième classe comprend les minéraux métalliques proprement dits, qu’il nomme Substances métalliques autopsides.
Ceux-ci se divisent en trois ordres :
1° Métaux non oxydables immédiatement, si ce n’est à un feu très-violent, et réductibles immédiatement; il comprend les genres; Platine, Iridium , Or, Argent.
2° Métaux oxydables et réductibles immédiatement : Mercure.
3° Métaux oxydables, mais non réductibles immédiatement. Cet ordre se subdivise en : sensiblement ductiles à Vétat natifs Plomb, Cuivre, Fer, Étain etc.); non ductiles (Bismuth, Cobalt, Arsenic, Manganèse, Antimoine etc.).
La quatrième classe comprend les minéraux combustibles non métalliques (Soufre, Diamant, Anthracite, Mellite) et, comme appendice, les substances phytogènes (Bitume, Houille, Jayet, . Succin) .
Cette méthode n’a guère survécu à son auteur.
M. Beudant a adopté, en la modifiant beaucoup, celle de Berzelius. Sa méthode est moins rationnelle que cette dernière et ne saurait être recommandée.
La classification proposée en 1833 par M. Brongniart ne semble pas avoir eu les résultats que la haute position et le savoir de son auteur paraissaient lui assurer.
M. Dufrénoy et M. Delafosse ont, chacun de son côté, publié une classification nouvelle ; nous regrettons que l’espace nous manque pour analyser chacune d’elles en particulier.
Méthode de Werner. Les méthodes que nous venons de passer en revue sont essentiellement artificielles. Celle de Werner (1792- 1798), bien que plus ancienne, est beaucoup plus simple, plus vraie, plus naturelle, et c’est pourquoi nous l’avons séparée des précédentes. Il est regrettable qu’on ne l’ait pas adoptée et perfectionnée en France ; que la cristallographie d’abord (Haüy), la chimie
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ensuite (Berzelius et ses élèves) soient devenues successivement la base des classifications ultérieures.
Werner divisa les minéraux en quatre classes, pouvant être considérées comme basées à la fois sur les caractères extérieurs et sur les propriétés chimiques. Ces quatre classes sont : 1° les Terres et Pierres ; 2° les Sels ; 3° les Combustibles ; 4° les Métaux.
Les diverses sortes chimiques de pierres ou terres, de sels, de combustibles et de métaux forment autant de genres dans chaque classe.
La première classe comprend les genres : Diamant, Zirconien, Siliceux (Grenats, Rubis, Quarz etc.), Argileux (Feldspath, Micas, Traps etc.), Magnésien (Talcs etc.), Calcaire { Craie , Fluorine), Barytique (Withérite), Strontianien (Célestine).
La deuxième classe renferme les genres : Sulfate (Vitriol , Alun), Nitrate (Nitre), Muriate (Sel gemme), Carbonate (Alcali minéral).
A la troisième classe se rapportent les genres : Soufre (Soufre) , Bitume (Huile minérale, Succin), Graphite (Graphite).
Enfin la quatrième classe contient les métaux: Platine, Or, Mercure, Argent, Cuivre, Fer etc.
Werner n’a fait aucun usage du caractère fourni par la forme cristalline, bien que Romé de Lisle eût déjà publié sa définition de l’espèce minéralogique, et il est à regretter qu’il en ait. méconnu l’importance.
Méthode électrique ou wernérienne. M. Leymerie a essayé de rétablir la minéralogie dans le domaine de l’histoire naturelle et de combiner les principes de Werner à ceux de Haüy. R a réalisé cette alliance , dans une classification simple et naturelle autant que possible (voy. le tableau, p. 660-661 , destiné à montrer la membrure de cettte classification [ Cours de minéralogie , 1857 , 2e partie,
M. Leymerie a tout d’abord séparé les gaz, qui n’ont aucune importance en minéralogie et qui manquent d’ordinaire de l’attribut le plus fondamental , la forme.
La deuxième classe comprend les corps liquides et les corps solides solubles dans l’eau. Le nom d 'Halides, imposé à cette classe, exprime la propriété saline des uns, et indique le rôle important que jouent les acides et l’eau dans la composition des sels : c’est paurquoi M. Leymerie forme de ces derniers une section qu’il appelle Halogènes.
La troisième classe renferme les minéraux 'pierreux et terreux;