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ET MENSTRUELLE

Nous réunissons ici plusieurs fonctions, parce que, d'après ce dont nous avons traité jusqu'à présent, il ne nous reste à présenter, à leur égard, que de très-courtes considérations. La plupart des organes sécréteurs qui se trouvent mentionnés dans ce chapitre , rentrent en effet dans la sphère d'activité des autres organes dont nous avons étudié l'hygiène, parce que leurs modi6cations leur arrivent des excitants de ces autres organes. Cette vérité va ressortir de l'examen qui suit.

1° Perspiration pulmonaire* — Fournie par la membrane muqueuse respiratoire, la matière de la perspiration pulmonaire est à peu près semblable à celle de la transpiration cutanée. D'après les expériences de Lavoisier et Séguin, ces deux excrétions occasionnent, terme moyen, une perte de deux livres quinze onces en un jour , dont une livre quatorze onces pour la transpiration cutanée, et quinze onces pour la pulmonaire. Ces résultats varient suivant mille circonstances , telles que l'âge, le sexe, le tempérament, etc. ; par une température froide, la perspiration pulmonaire augmente pour suppléer à la perspiration cutanée, qui diminue sous l'influence de cette température ; et vice versé, par une température chaude, la perspiration pulmonaire diminue et celle de la peau augmente. C'est par le moyen des modificateurs de la peau , tels que les vêtements, les bains , etc., et des modificateurs du poumon, comme les habitations et les climats plus ou moins

chauds, etc., que nous pouvons agir sur cette sécrétion ; nous renvoyons donc au chapitre précédent , ainsi qu'à la deuxième section de ce volume.

2° Sécrétion de la graisse. — Préparée par le tissu adipeux , cette sécrétion remplit les vides des parties et modère la pression qu'elles éprouvent. L'accumulation de la graisse est favorisée par le repos, ou par l'exercice très-modéré des muscles , du cerveau et des organes génitaux , par les exercices passifs , le sommeil , l'indifférence à toute espèce de sensation , par la paresse , par une nourriture peu excitante , propre à ralentir les mouvements vitaux , et cependant riche en matériaux réparateurs, par l'habitation d'un climat humide et froid, de lieux peu élevés , où l'air n'est pas trop excitant, en un mot, par tout ce qui produit une espèce de relâchement dans l'activité des fonctions, comme le sommeil , les bains, etc., mais surtout par une disposition*particulière et primordiale du tissu adipeux. Nous renvoyons donc encore aux chapitres dans lesquels sont examinés tous les objets qui viennent d'être énuméris.

Nous ferons ici une observation. L'embonpoint qu'avait Napoléon semble contredire sur tous les points ce que nous venons d'avancer touchant les causes de l'accumulation de la graisse ; car tout le inonde sait que cet homme extraordinaire travaillait beaucoup, prenait beaucoup de café, éprouvait des sensations vives et profondes de toute nature, et dormait peu. D'un mot nous pouvons détruire cette exception : le pouls de Napoléon ne battait que quarante-cinq fois par minute. On conçoit maintenant que cette grande lenteur des mouvements organiques, pouvait, sans nuire à la conservation de la graisse, permettre de braver l'action de beaucoup d'excitants.

3° Exhalations synoviales. — Placées dans toutes les articulations mobiles , et même dans les coulisses et les gaines où se meuvent les tendons, les membranes synoviales ne sont, dans l'état naturel, frappées par le contact d'aucun agent. Les modificateurs hygiéniques qui paraissent les influencer sont particulièrement le mouvement et le repos ( voyez Appareil locomoteur, tome 1er ).

4° Les sécrétions arachnoïdo-crânienne et rackidienne , pleuriques, péricardiennes, péritonéales, vaginales, lamineuses, etc., reçoivent leurs modifications des organes qui les avoisinent, et dont nous avons examiné l'hygiène aux articles qui concernent les facultés intellectuelles et morales, les mouvements, la respiration, la circulation, les fonctions digestives, etc.

5° ExJurfation menstruelle. — Cettefonction s'établit de huit à douie ans dans les climats très-chauds , de douze à seize dans les climats tempérés, et de seize à vingt dans les pays très froids. Elle a pour

EXHALATIONS SYNOVIALES, MENSTRUELLES. 607

organe l'utérus. Elle est périodique, c'est-à-dire que l'exhalation sanguine qui se fait à la surface interne de cet organe se renouvelle tous les vingt à trente jours. L'écoulement dure de trois à huit jours. La menstruation est plus précoce chez les filles nerveuses , irritables , bien constituées , que chez celles qui sont lymphatiques , douées de peu de sensibilité et de cacochymes. Elle est plus précoce chez les filles dont les organes sexuels ont été excités que chez celles dont ces organes sont restés dans un oubli total. Une menstruation précoce amène la faiblesse et une vieillesse prématurée.

Parmi les signes précurseurs de l'établissement du flux menstruel, les uns annoncent une pléthore générale, les autres une congestion locale : les premiers sont des pesanteurs de téte , de l'embarras dans la respiration , des palpitations , des vertiges , une propension au sommeil ; les seconds sont des douleurs vagues et de l'engourdissement dans le bas-ventre, dans les lombes, dans les aines, dans les cuisses, une tension quelquefois douloureuse des seins , qui , à cette époque, se développent et durcissent. A tous ces signes précurseurs de l'établissement de la menstruation se joignent quelquefois ces ' phénomènes cérébraux qui annoncent la puberté , c'est-à-dire ces désirs vagues et obscurs, cette inquiétude, cet amour pour la solitude, ces goûts bizarres , ces soupirs , cette rêverie , cette tristesse , ces mouvements d'impatience, enfin tout ce qu'éprouve la jeune fille jusqu'à ce qu'elle ait de viné et rencontré l'objet de ses désirs.

Après la manifestation des phénomènes de congestion utérine, les organes sexuels sont d'abord humectés par une sérosité légèrement colorée, ensuite ils laissent couler un sang rouge et vermeil; la fonction est alors établie, et il survient dans tout l'organisme une détente générale. Une partie des signes précités reparaît à chaque époque menstruelle.

Quand la menstruation a de la peine à s'établir, les moyens à mettre en usage sont ceux qui dirigent sur les organes sexuels la pléthore qui existe dans l'économie. Ces moyens sont l'entretien de la chaleur des cuisses et du bassin, à l'aide de vêtements de laine, les frictions sur les cuisses, l'exposition des organes génitaux à la vapeur de l'eau chaude simple ou chargée de substances aromatiques, les fomentations excitantes sur le bas-ventre, le bain de siège chaud, un exercice corporel dont l'effet ne puisse détourner sur les muscles le fluide sanguin ; par exemple, l'équitation au petit pas: dans cet exercice, la secousse modérée du cheval et l'attitude disposent les fluides à se porter vers l'utérus.

Si l'inapparition des règles , à l'époque accoutumée , dépend de l'atonie, de la faiblesse de la constitution, il faut commencer par fortifier celle-ci à l'aide d'une bonne nourriture, des exercices, etc. Si,

comme cela n Heu bien plus souvent , cette inapparition dépend de l'excitation d'un organe éloigné de l'utérus , qui attire à lui tous les fluides, il convient d'abord de remédier à cette excitation.

Quand une fois la menstruation est bien établie , il faut , pendant les jours où l'écoulement existe, éviter tout ce qui peut le supprimer, comme l'action du froid , particulièrement aux extrémités , les impressions morales , et tout ce qui peut exciter un organe quelconque, car toute excitation, pour peu qu'elle soit forte, devient révulsive de celle dont l'utérus est le siège.

Les femmes d'une constitution frêle, qui ont des règles assez abondantes pour épuiser l'économie , devront éviter toutes les causes qui maintiennent de la chaleur ou attirent de l'excitation vers les organes de la génération. Elles devront substituer aux lits de plume et aux bergères, qui laissent plongé le bassin dans une espèce de bain de vapeurs , les lits et les sièges de crin , qui concentrent moins le calorique autour des parties sexuelles. Elles doivent surtout, entre les époques menstruelles , prendre assez d'exercice pour détourner , au profit des muscles , le sang qui se trouve surabondamment excrété. Pendant les jours que dure l'écoulement, au contraire, elles devront " ne faire que très-peu d'exercice , éviter la course , la promenade dans des voitures trop dures, l'équitation, et surtout les plaisirs du mariage.

Lorsque les règles ne sont pas suffisantes pour débarrasser 1 ecoooraie de l'excès de sang qui s'y trouve, on combat la pléthore par les moyens ordinaires , mais plus particulièrement en cherchant à augmenter l'évacuation menstruelle à l'aide des moyens que nous avons prescrits plus haut

La cessation définitive de l'écoulement menstruel est généralement en rapport avec l'époque de rétablissement de cette fonction. Si la menstruation s'établit de bonne heure , elle finit de bonne heure ; si elle s'établit tard, elle finit tard. Cependant on a aussi remarqué que le temps de la vie pendant lequel une femme reste réglée est d'autant moins considérable qu elle a été réglée plus jeune. La période menstruelle dure ordinairement trente ans dans nos climats, de sorte que c'est à peu près à quarante-cinq qu'elle cesse.

Les signes ordinaires de la cessation des règles sont la diminution progressive du sang évacué, etl'éloignement, de plus en plus marqué, des époques où l'évacuation a lieu. Chez quelques femmes, cependant, les règles, au lieu de disparaître graduellement, cessent tout à coup, et sont remplacées par des écoulements blancs, par des sueurs; d'autres fois, la cessation brusque de la menstruation détermine des congestions sur des organes importants : c'est sans doute ce cas , le plus défavorable de tous, qui a produit , dans le langage , cette dénomi-

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