COMPOSITION AVEC LES CENDRES
Tourbe de Vulcaire, près d’Abbeville...
— de Long
— de Framont
— de Thésy
— de Camont
« Les tourbières les plus considérables de la France sont: 1° celles de la vallée de la Somme, entre Amiens et Abbeville ; 2° celles des environs de Beauvais ; 3° celles delà rivière d’Essonnes, entre Corbeil et Villeret; 4° celles des environs de Dieuze. La Hollande, la Westphalie, l'Aulriche, la Bavière, l’Écosse et la Russie sont très riches en tourbe. »
Desséchée à l’air, la tourbe conserve jusqu’à 30 p. 100 d’eau. Elle laisse 8 à 9 p. 100 de cendres (tourbes de la Somme), 15 (Nantes), 17 à 24 (Italie), 21 (Essonnes), 29 (comté de Mansfeld). On fait des tourbes comprimées et des briquettes, qui sont d’un meilleur usage que la tourbe naturelle.
La puissance calorifique delà tourbe est entre 3,000 (tourbe moyenne à 25 p. 100 d’eau) et 5,153 (tourbe sèche).
Le charbon de terre (lignites, houille, anthracite) est le reste des arbres amoncelés des forêts des âges géologiques anciens. On y reconnaît surtout des fougères et des conifères. Plusieurs milliers d’années avant l’Europe, les Chinois brûlaient le charbon de terre, très abondant dans leur pays et qu’ils exploitent encore, mais seulement à la surface des gisemenls, sans creuser de puits ni de galeries de mine. Le charbon de terre est aujourd’hui devenu la vie des deux mondes, et ce serait un cataclysme s’il venait à manquer subitement. Son rôle, quoique immense, dans le chauffage, est le moindre aspect de son utilisation. Les lignites, assez pou carbonisés, brûlent avec une fumée abondante, à laquelle sont mélangés non seulement l’oxyde de carbone et l’acide carbonique, mais encore l'acide sulfureux et
générale.] L’HABITATION, MILIEU THERMIQUE- 01 R
l’ammoniaque. La houille brille mieux, non sans une odeur de goudron ; fraîchement extraite, elle abandonne un peu d’hydrogène sulfuré et, dans la vapeur de charbon qu’elle dégage sous un foyer tirant mal, l'acide sulfureux accompagne l’acide carbonique et l’oxyde de carbone. L’anthracite, très dur, à cassure vitreuse, est un combustible très riche, mais exigeant un puissant tirage, sous peine d’avoir des vapeurs de charbon dans le local oii se fait la combustion; ses fragments ne se collent pas.
La puissance calorifique observée des ligniles varie de 6,311 à 7,924 (Scheurer- Kestner et Meunier); elle dépasse souvent la puissance calorifique calculée, que l'on a trouvée être entre 5,827 et 8,343.
On distingue les bouilles grasses maréchales, liack-Kohle (Allem.), qui éprouvent au feu une sorte de fusion pâteuse et donnent un coke boursouflé, léger (Saint- Étienne. Commentry, fine forge de Mous). Celle fusion pâteuse, qui intercepte le courant d’air, brûle les grilles et agglutine le coke produit, rend ces houilles impropres à l’usage des calorifères Genesteet Herscher, à l’hôpital militaire de Bourges ;
Les houilles grasses et dures, moins fusibles que les précédentes ;
Les houilles grasses à longue flamme ( flénu de Mons, cannel-coal du Lancashire), dont les fragments s’agglutinent seulement, sans fusion. Les Allemands appellent celle variété Sinterkohl;
Les houilles sèches à longue flamme, qui donnent un coke à peine fritté, presque sans adhérence des fragments ; elles brûlent avec une flamme longue, mais de peu de durée, et ne donnent pas une chaleur aussi intense que les précédentes. Elles conviennent bien pour les grilles. C’est le Sandkohl des Allemands ;
Les houilles sèches à courtes flammes, qui brûlent difficilement et avec un résidu pulvérulent.
Les divers charbons de terre renferment de 5 ou 6 p. 100 d’oxygène et d’hydrogène (anthracites) à 11 (houilles grasses) et même 16 (lignites) ; à peu près autant de l’un que de l’autre. Lespuissances calorifiques observées, toujours supérieures aux puissances calculées, varient de 6,183 — 7,687 (lignites) à 8,021 — 9,163 (houilles), d’après Scheurer-Keslner et Meunier. Les houilles grasses à courte flamme, ou charbons à coke, qui ont la puissance calorifique la plus élevée, atteignent, à 9,300 ou 9,600 (type du Creusot, du Gard, du Nord, Charleroi, Cardiff au pays de Galles).
Les bouilles, assez sèches au sortir de la mine, prennent de l’eau par l’exposition à l’air, mais en revanche perdent des gaz par suite de la combustion lente (Grundmann, Varrentrapp).
Les charbons provenant de la même mine se distinguent en gros, gailletlc et menu, d’après la grosseur des morceaux, et ces trois espèces se vendent à des prix ditlérenls. Les menus, qui étaient presque sans valeur, en ont repris touL à coup par la fabrication des agglomérés.
Combustibles préparés. — - Avec les combustibles naturels, on obtient des produits plus économiques ou plus faciles à employer.
La tannée, ou tan épuisé, est comprimée et moulée en mottes, qui sont achetées par les ménages pauvres. Elles brûlent lentement et donnent beaucoup de cendres. 1 héoriquement, la puissance calorifique de la tannée est de 2,075 calories ; mais si I on retranche les calories perdues pour l’évaporation de l’eau eL par la mauvaise combustion de la matière, il ne reste guère que 547 calories utiles. On utilise encore, de la meme façon que la tannée, la sciure de bois, les résidus de bois de teinture.
Le charbon de bois s’obtient en soumettant le bois, dans de certaines conditions, à une température qui dépasse 340°. Le résultat est une substance plus riche en carbone que le bois, cassante, friable, pesant de 200 à 250 kilogr. le mètre cube, douée d’une grande puissance d’absorption pour les gaz.
020 DES ABRIS ET DU VÊTEMENT. [Hygiène
Desséchés à 140° et ayant perdu o a 0 p. 100 de leur poids, les charbons ont présenté la composition suivante :