DÉMOGRAPHIE ET STATISTIQUE
Mortalité pour 1,000 (W. Farr.).
Sexe masculin.
Angleterre et Galles 23,01
Londres 20,55
District de Manchester 35,38
District de Liverpool 40,97
Ensemble des grandes villes anglaises 29,48
Sexe féminin.
A Paris, où il y a peu d’enfants et de vieillards, la mortalilé est moindre que dans l’ensemble de nos villes, 25,4 p. 1,000.
5° Les sexes. — Ainsi qu’on le voit ci-dessus, la mortalité du sexe masculin est toujours supérieure à celle de l’autre. Elle l’est surtout de 20 à 25 ans, malgré les dangers de la parturition chez la femme.
6° L'aisance. — Rien n’est plus faux que le « pallida mors æquo pede... ». Villermé opposait déjà le 2e arrondissement de Paris (Bourse), avec 13 à 16 décès, au 19e (Buttes-Chaumont), 25 à 31 décès. De même, il avait calculé qu’à Mulhouse la vie probable était : chez les patrons, 28 ans ; chez les ouvriers, 10 ans et moins encore. Casper (Berlin), Bertillon, J. Kdrôsi, Fodor (Budapest), confirment ces résultats.
7° La profession. — En Angleterre, suivant Bertillon, et dans l’âge de 35 à 45 ans, sur 1,000 individus de chaque profession, il meurt :
Ministres ou magistrats G
Ouvriers et hauts lords 9 à 12
Mineurs 13
Médecins 13 à 14
Marchands de spiritueux 19
11 y a quelques raisons de soupçonner que les excès, particulièrement alcooliques, contribuent à rapprocher, à cet âge, la mortalité des lords et celle des ouvriers. Dans l’enfance et la vieillesse, les premiers ont infiniment moins de pertes.
En France et dans presque tous les pays, la profession militaire crée des chances de mort (non compris la bataille). Chez nous, le chiffre obituaire de l’armée est de 7 à 8 p. 1,000, presque égal à celui de toute la population de 18 à 30 ans, malgré la sélection attentive dont les soldats ont été l’objet et malgré les réformes qui, en allégeant l’armée, rejettent dans la population des éléments d’aggravation funéraire.
8° Les maladies causes de décès. — En Europe, les principales causes de décès sont: la phthisie pulmonaire, les inflammations des organes thoraciques, la diarrhée infantile, le croup et la diphlhérie , la variole, la rougeole, la scarlatine, la fièvre typhoïde. Il importe d’en tenir un compte spécial dans la statistique des décès. Bien que la plupart de ces maladies naissent des conditions habituelles de la vie en civilisation ou que, tout au moins, leur fréquence procède de ces condilions, ce sont aussi celles contre lesquelles l’hygiène moderne a le plus décidément organisé la lutte et où l’on juge le mieux de ses succès.
HYGIÈNE SOCIALE
[Hygiène
Comparaison de la mortalité et de la natalité.