‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 23 sur 268 · MINIMUM · texte numérisé non relu

MINIMUM

11 p. mille (septembre).

12 p. mille (septembre et janvier).

4 p. mille (mai).

7 p. mille (mars).

Dans une station à 45 mètres de la première, utilisée en 1874-1875, à des profondeurs de 6 et 10 pieds, on obtint les résultats exprimés dans la double courbe de la figure 1.

En Amérique, Nicliols, à Boston, regarde l’acide carbonique comme le plus sùr indice de la souillure du sol. Il a expérimenté en un terrain conquis sur l’eau, à l’aide de la projection de cailloux dans la vase. Comme la couche de remplissage variait d’épaisseur et, par conséquent aussi, la proximité de l’eau souterraine par rapport à la surface, on fut naturellement amené à recueillir l'air du sol aux profondeurs diverses de 2, 3 et demi, 6 et 10 pieds anglais.

En considérant que, sur une surface de 1000 centimètres carrés, il se dégage par jour 17.5 centimètres cubes de GO2 du sol, Fodor estime que

Fig. 1. — CO2 p. 1000 à 6 pieds et à 10 pieds de profondeur (d’après Lewis

et Cunningham).

la respiration de l’homme et des animaux, les foyers divers, ne sont rien auprès du sol au point de vue de la production de l’acide carbonique qui fait partie intégrante de l’atmosphère. L’eau souterraine, peut-être, pourrait en céder aussi au sol, par réduction des bicarbonates qu’elle peut contenir; mais Peltenkofer fait remarquer que la couche d’air du sol en contact avec la surface de la nappe souterraine renferme bien plus de GO2 que 1 eau ne saurait lui en fournir. Le sol poreux est donc la source de GO2 aussi bien pour l’eau que pour l’air qu’il renferme.

Variations des proportions d'acide carbonique dans le sol. — Il ressort suffisamment des données qui précèdent que CO2 est plus abondant à la profondeur, jusqu’à de certaines limites, que dans les couches rapprochées de la surface. C’est probablement une simple question de diffusion ; les couches superficielles sont plus énergiquement ventilées que les autres. Aussi Port, dans les observations faites aux stations officielles de Munich, a-t-il remarqué quelques rares exceptions à cette règle.

Arnould, Hygiène. 2e édit.

DU SOL

[Hygiène

Les proportions de GO2 varient d’un point à l’autre d’une même ville. Si l’acide carbonique est bien le baromètre de la souillure du sol, on comprend que la lièvre typhoïde, le choléra, dont les germes paraissent se plaire sur les sols putrides, se distribuent irrégulièrement dans les villes, se limitent à certains quartiers, voire môme à certains immeubles.

La richesse du sol en CO'2 est en raison inverse de sa perméabilité. A souillure égale, le sol argileux, par exemple, retient l’acide carbonique plus énergiquement que le sol léger. Le second est facilement ventilé et permet la diffusion des gaz ; le premier ne s’y prête pas. Par la môme raison, la pluie, qui ferme les pores du sol, y élève les chiffres de CO2.

Il est à peine besoin de constater que l’acide carbonique du sol est, au contraire, en raison directe du degré de souillure de la surface et des premières couches.

Dans ses dernières recherches (1886) sur l’acide carbonique du sol, Wollny a indiqué un certain nombre de circonstances qui influent sur les proportions de cet élément. En des terrains en pente, il y en a davantage sous les pentes de 20 degrés et tournées vers le sud, moins sous celles de

10 et même 30 degrés regardant le nord. C’est, évidemment, une question de chaleur et d’humidité, plus ou moins favorables aux microorganisrnes et aux oxydations. Pour les mêmes raisons de température et d’humidité,

11 y en a plus dans le sol de couleur sombre, qui s’échauffe davantage et évapore plus, que dans le sol de couleur claire. Si l’on élève un remblai, il y a plus d’acide carbonique sous la terre annoncelée que sous la rigole creusée au pied du remblai. La stratification du terrain a une sérieuse influence, si les strates opposent de la résistance au mouvement des gaz. Pendant la saison chaude, le sol revêtu de végétaux vivants a moins de CO2 que le sol nu et celui-ci moins encore que le sol couvert de plant es mortes. Il n’échappera point qu'il y a là, à la fois, une question de température, d’évaporation et d’aliment à la décomposition organique.

Quelques-uns des tableaux qui précèdent font voir que CO2 est plus abondant au sein du sol dans les mois les plus chauds. Fodor trouve tous ses maxima en juillet; les minima sont en janvier, pour la profondeur de 1 mètre ; en mars, pour les profondeurs de 2 et 4 mètres. Diverses influences peuvent intervenir ici, spécialement le régime des pluies de la contrée. Mais l’une de celles qui sont le moins contestables, c’est la température qui, assurément, favorise de plus d’une façon les phénomènes de décomposition organique, desquels résulte l’acide carbonique du sol. Nichols attribue à la température un si grand rôle qu’elle lui parait primer l’intensité des oxydations. Port remarque qu’à Munich, le chiffre le plus élevé de CO2 appartient, non aux mois d’été, mais à l’autom ne, et que l’époque du plus grand abaissement de sa production varie de janvier à juin. Nous ne sommes pas persuadé qu’il y ait ici une dérogation positive à la règle ; indépendamment de diverses conditions qui la modifient sans la détruire, nous verrons que la température au sein du sol retarde sur celle de l’air extérieur et qu’à une certaine profondeur les maxima tombent précisément en automne.

générale.] RAPPORTS DU SOL AVEC L’AIR. 3b

D'autre part, la température extérieure, de même que les oscillations barométriques et les vents, déterminent, dans les proportions de 1 acide carbonique de l’air du sol, des oscillations liées aux mouvements de cet air, que nous étudierons un peu plus loin. Disons, en un seul mot, que la courbe de CO2 est en sens inverse de celle des indications du baromètre.

Acide carbonique à la surface du sol. — Il nous a paru intéressant de reproduire à cette place quelques observations qui continuent rigoureusement les précédentes et, en nous donnant une idée de l’abondance de CO2 émergé du sol, révèlent un détail curieux sur les qualités de l’atmosphère en contact avec la croûte terrestre.

Nichols. recherchant les proportions de CO2 à la surface du sol, constata 6.4 p. 1,000 le 16 octobre, et 3.8 p. 1,000 le 10 novembre. Fodor, qui avait eu le premier l’idée de cette exploration, obtenait antérieurement les chiffres qui suivent :

CO2 à la surface du sol p. 1000 volumes d’air à zéro et sous 0m,7G0 de pression.

5 mai (jour)

5 mai (nuit)

6 mai (jour)

6 mai (nuit)

9 mai (jour)

9 mai (nuit)

11 mai (jour)

1 1 mai (nuit)

12 juin (juin) 0.643

12 juin (nuit) . • 1.110

14 juin (jour) 1.134

14 juin (nuit) 1 .003

29 juin (jour) 0.568

29 juin (nuit) 0.849

8 juillet (jour) 0.856

8 juillet (nuit) 0.670

12 juillet (jour) 0.574

12 juillet (nuit) 0.670

13 juillet (jour) 0.483

13 juillet (nuit) 0.912

14 juillet (jour) 0.701

14 juillet (nuit) 0.943

On reconnaît dans ces colonnes la constante production de CO2 dans le sol et son émanation considérable à tout instant, mais d’ordinaire plus la nuit que le jour, comme si l’air extérieur devait attendre jusqu’à la nuit le résultat chimique des réactions qui se sont accomplies à la faveur du calorique lentement introduit dans la terre pendant la durée du jour.

Ammoniaque dans l'air du sol. — Le gaz ammoniac provient de la décomposition des matières azotées. Il se forme volontiers dans les terrains riches en humus (la tourbe par exemple). Dans le gravier, les décompositions organiques donnent plutôt lieu à des nitrites et à des nitrates qu’à l’ammoniaque. Le dosage de cet élément est assez difücile. Néanmoins, Fodor l’a tenté et a pu üxer quelques faits. Dans 100 litres d’air à 0° sous 0m,760 de pression, il a trouvé :

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