Le fruit
LilaS commun. Syringa vulgaris. L.
Arbrisseau très-commun dans les jardins ; ses capsules sont d'une amertume extrême sans mélange d'aslringence. M. le professeur Cruveilhier les a employées avec beaucoup de succès comme succédanées du quinquina dans le traitement des fièvres intermittentes. On pourrait aussi les administrer en décoction dans le» cas qui réclament l'usage des toniques.
FrInb a fleurs. Fraxinus orntu. L.
Arbre qui croit dans l'Europe méridionale, et qui prospère surtout dans la Calabreel la Sicile. Partie» usitées: le suc concret qui s'amasse par la transsudation, sur ses rameaux, et que l'on connaît sous le nom de manne.
Caractères botaniques. Tronc de 25 à 30 pieds ; feuilles imparipinnées , composées de " ou 9 folioles j fleurs blanches en panicules rameuses à l'extrémité des jeunes branches ; cal. très-petit, à 4 div.; cor. à 4 div., linéaires; fr.: capsule étroite, alongée, terminée par une languette plane et obtuse.
Propriétés physiques. On distingue dans le commerce trois sortes de Mannes, savoir: la Manne en larmes, Manna lacrymata, ou Manne en canon, qui est en grains arrondis, solides, légers, d'une couleur blanche, d'une saveur sucrée et presque pas nauséabonde; la Manne en sorte, Manna communis, qui est en grumeaux formés de larme* réunies par un suc brunâtre d'une couleur jaunâtre, d'une saveur moins sucrée, fade et nauséeuse ; la Manne grasse, Manna inferior, qui est en masses molles, gluantes, d une couleur brune, d'une saveur plus désagréable , cl mêlée de beaucoup d'impuretés.
Propriétés chimiques. D'après Thénard , cette substance est composée d'un principe particulier qu'il a nommé Mannile, et qui y existe en proportions variables «le sucre cristallisable et d'une matière incristallisable, d'une saveur nauséeuse , à laquelle parait être due sa propriété purgative.
La Mannite est blanche , et cristallisée en houppes soyeuses, formées de petites aiguilles demi-transparentes;
d'une saveur sucrée, soluhle dans l'eau et dans l'alcool, surtout à chaud, et incapable de donner lieu à la fermentation vineuse ," cl par conséquent de fournir de l'alcool.
Préparations. On obtient la manne en faisant des incisions à l'écorce du frêne; le suc s'écoule et se dessèche à l'air.
Usages. La manne est un purgatif très-doux; il parait même que, quand elle est fraîchement recueillie, elle n'a pas d'action sur le canal intestinal, puisque daus les lieux où on la récolle, on l'emploie aux mêmes usages que le sucre. C'est par les altérations que le temps lui fait subir qu'elle acquiert la propriété laxalive. En effet, plus elle est vieille , plus ses effets sont marqués. La mannite, selon Vassal, ne produit aucun effet purgatif; aussi la manne en larmes, qui en contient une grande proportion, est -elle très-peu active, et luipréfère-t-on la manne en sorte. Cette substance est surtout employée dans les maladies inflammatoires, lorsqu'on a à redouter l'irritation que produirait un purgatif plus énergique. Elle a encore l'avantage de convenir aux enfants et aux constitutions faibles. Elle est trèa-employée , el souvent associée à d'autres substances purgatives.
Olivier d'Europe. Olea Europaa. L.
Arbre originaire de l'Orient et des contrées de l'Afrique septentrionale ; cultivé en grand dans le midi de l'Europe. Parties usitées : les feuilles , les fruits el surtout l'huile que renferment ces derniers.
Caractères botaniques. Arbre de vingt pieds et audelà; tronc inégal; feuilles opposées, lancéolées, étroites, aiguës ; fleurs petites, disposées en grappes ; fruits drupacés, ellipsoïdes, violacés.
Propriétés physiques. Les feuilles sont douées d'une saveur âpre el a m ère. Les fruits ont la chair dure ; mais ils perdent leur aprelé après avoir été confits dans la saumure et deviennent alors susceptibles de figurer sur nos tables comme condiment.
Propriétés chimiques. Toutes les parties de l'olivier cl principalement les feuilles contiennent abondamment du tannin uni à l'acide gallique.
Usages. En Provence on emploie ces feuilles contre les fièvres intermittentes, et c'est rarement sans quelque succès. Divers essais faits à l'hdpital de la Charité, à Paris , ont permis de constater leur action fébrifuge. On peut les administrer en poudre ou en décoction dans l'apyrexie.
L'huile d'olives , qui fait, dans le midi de la France , l'objet d'un commerce fort étendu, surtout en Provence, e*l visqueuse , douce au loucher , d'une couleur jauucverdâlre , solide à quelques degrés au-dessus de zéro , d'une saveur et d'une odeur agréables , et d'une pesanteur spécifique de 0,9153. Sa composition est la mémo que celle des autres huiles ; elle n'est pas siccative , et rancit moins facilement que l'huile d'amandes douces. Celle huile s'emploie journellement comme aliment. Elle jouit de propriétés émollienies et adoucissantes, et, à doses un peu élevées , elle agit comme laxalive. On l'emploie dans les affections inflammatoires des poumons
et du canal intestinal. Elle cit très-mile dam certains cas d'empoisonnement par de* substance» acres , et réussit assez bien comme anlbelmintique. On l'administre unie à l'eau au moyen du mucilage. Enfin elle entre dans la composition d'un grand nombre d'emplâtres et de liniments officinaux qui sont journellement employés.
SOIXARTK-OIflÈBE r a as illf..
* verbénacées. Ferosnoee*. Jugg.
Les Verbénacées sont de» arbrei ou de» arbrisseaux , rarement des plantes herbacées , à feuilles ordinairement opposées, quelquefois composées. Les fleurs sont disposées en épis ou en conmbes ; plus rarement elles sont axillaircs et solitaires. Leur calice est monosépale , persistant , tubuleux. La corolle inonopétale , tubuleuse. ordinairement irréguiiére. Les étamines sont didynames, quelquefois au nombre de deux seulement ; l'ovaire est à deux ou quatre loges, contenant un ou deux ovules dressés. Le style se termine par on stigmate simple ou bifide. Le fruit est une baie ou une drupe , contenant un noyau a deux ou quatre loges souvent mouospermes. La graine se compose, outre son tégument propre, d'un cndosperme mince et charnu qui recouvre un embryon droit.
Cette famille , composée des genres Verbena , Yitex , Clerodendrum , Zapania, etc., se dislingue des précédentes par son fruit charnu (excepté dans la Verbena), et par ses graines , ordinairement solitaires dans chaque loge.
PL. XXIV. Fig. 230. Fragment d'une tige , avec son épi, de-la Verveine changeante, Stachytarpheta mutaMUs.