Une graine aigretlée, grossie
CENT yt' AR ANTE-.SEPTli.M l FAMILLE»
* bosackes. Rosaceœ. Jtiss.
Grande famille composée de végétaux herbacés, d'arbustes , et d'arbres atteignant de très-grandes dimensions. Leurs feuilles sont alternes, simples ou composées, accompagnées A leur base de deux stipules persistants , quelquefois soudées avec lo pétiole. Les fleurs offrent différents modes d'inflorescence ; elles se composent d'un calice monosépale, A quatre ou cinq divisions, quelquefois accompagné extérieurement d'une sorte d'involucre qui fait corps avec le calice, de manière que celui-ci parait A huit ou dix lobes. La corolle, qui manque rarement, est composée de quatre A cinq pétales régulièrement étalés. Les étamines sont généralement en grand nombre et distinctes. Le pistil présente plusieurs modifications : tantôt il est formé d'un ou de plusieurs carpelles, entièrement libres et distincts, placés dans un calice tubuleux ; tantôt ces carpelles adhèrent, par leur côté extérieur, avec le calice; tantôt ils sont soudés, non-seulement avec le calice, mais entre eux ; tantôt ils sont réunis en une sorte de capitule sur un réceptacle ou gynophore. Chacun de ces carpelles est uniloculaire, et contient un, deux ou un plus grand nombre d'ovules dont la position est très-variée. Le style est toujours plus ou moins latéral , et le stigmate simple. Le fruit est extrêmement polymorphe : tantôt c'est une véritable drupe ; tantôt une mélonidc ou pomme ; tantôt un ou plusieurs akènes, ou une ou plusieurs capsules déhiscentes, ou enfin une réunion de petites akènes, ou de petites drupes ; formant un capitule sur un gynophore qui devient charnu. Les graines ont leur
:joo
Cetle grande famille a été divisée en tribus, dont quelques-unes ont été considérées par quelques auteurs comme des familles distinctes.
l'« tribu. Chrtsobalapiébs ( R. Brown ) : ovaire unique , libre , contenant deux ovules dressés ; style filiforme , naissant presque de la base de l'ovaire ; fleurs plus ou moins irrégulières ; fruit djrupacé. Ex. : Chryâobalanoi , Parinarium . MoqutUa , etc.
2» tribu. Drupacées , DC. : ovaire unique , libre , contenant deux ovules collatéraux ; style filiforme terminal, fleurs régulières , fruit drupacé. Ex. : Prunus, Amygdalus , Cerasus, etc.
3 e tribu. Spiréackes ( Rien. ) : plusieurs ovaires libres ou légèrement soudés entre eux par leur coté interne , contenant deux ou quatre ovules collatéraux ; style terminal, capsules distinctes , uniloculaires , ou une seule capsule polyspcrme. Ex. : Spirœa, Kerria.
4' tribu. Fracariacéks ( Rien. ) : calice étalé, souvent muni d'un cal icule extérieur ; plusieurs carpelles monospermes , indéhiscents , réunis quelquefois sur un gynophore charnu; style plus ou moins latéral. Ex. : PutentiUa , Pragaria , Geum , Ruàu» , Drytu, Comarum , etc.
5« tribu. Sanguisordkbs ( J. ) : fleurs ordinairement polygames et quelquefois sans corolle ; un ou deux carpelles , quelquefois adhérents avec le calice , terminés par un style et un stigmate en forme de plume ou de pinceau. Ex. : Poferfwro, Cliffortia. Alchemilla, etc.
6° tribu. Roséks ( J. ) : calice tubuleux , urcéolé , contenant un nombre variable de carpelles monospermes , attachés à la paroi interne du calice , qui devient charnu et les recouvre. Ex. : Rosa.
7* tribu. Pomacéks ( Rich. ) : plusieurs carpelles uniloculaires , contenant chacun deux ovules ascendants, rarement un grand nombre attaché au coté interne , sondés entre eux et avec le calice , et formant un fruit charnu , connu sous le nom de mélonide ou de pomme. Ex. : Malus, Pyrus , Cratcryus, Sorbus , Cydonfa, etc.
PL. XLI. Fig. 6t0. Fragment d'une tige de Sanguisorbe moyenne, Sanguisorba média.
Cit. Une fleur isolée et grossie; a bractée ; b l'une des deux écailles calycinales ; c tube du calice.
Cl 2. Le fruit couronné du calice persistant -, a le même coupé verticalement et accompagné des deux écailles calycinales.
Cerisier laurier-cerise. Cerasus lauro-cerasus ,
Willd.
Arbrisseau originaire des bords de la mer Noire et naturalisé en France où on le cultifl» dans les jardins. Parties usitées : les feuilles.
Caractères hotapiiques. Tronc lisse, noirâtre, de 15 à 25 pieds de haut ; feuilles persistantes , toujours vertes, aloogées , entières cl luisantes; fleurs en épis axillaiics , blanches, ayant une forte odeur d'amandes a mères; fruit : drupes ovoïdes , noirâtres , semblables à la cerise qu'on nomme guigne.
Propriétés physiques. Les feuilles , les fleurs et les amandes du laurier-cerise ont une odeur très-forte d'acide prussique , et une saveur amère semblable à celle des amandes a mères.
Propriétés chimique*. Les feuilles de cet arbuste contiennent une assez grande quantité d'acide prussique et une huile essentielle presque concrète , blanche et très-tare. L'eau cl l'alcool s'emparent de leurs principes actifs.
Usages. La manière d'agir de celte substance est la même que celle de l'acide prussique : seulement elle est beaucoup moins énergique. L'eau distillée et l'huile essentielle sont très-employées par les médecins italiens, qui le» considèrent comme d'excellents conlro-sliinulanls. Fouquier a fait uu grand nombre d'expériences sur l'action de ce médicament. Il assure avoir donné l'eau distillée de laurier-cerise, jusqu'à l i onces et plus par jour , sans obtenir d'effets marqués, si ce n'est quelques vomissements et parfois de légers embarras gastriques. Cependant il existe un trop grand nombre d'exemples d'empoisonnements par celte substance, pour qu'on doive la regarder comme inerte. Du reste les expériences qu'a faites Joerg sur lui-même et sur plusieurs personnes à l'état de santé, ne laissent aujourd'hui aucun doute sur le mode d'action de celte substance , action semblable, quoique plus faible, a celle de l'acide prussique. On l'a conseillée dans les affections nerveuses, dans les cas d'engorgement des vi»cires abdominaux, (Uni les catarrhes pulmonaires chroniques , et en un mot, dans tous les cas où l'emploi de l'acide prussique est Indiqué.
Les fruits séchés au four ou au soleil, du Prunier domestique, Prunus domestica.L-, contiennent une pulpe sucrée et acidulé, qui jouit de propriétés émollientcs et tempérantes. On les administre souvent en décoction édulcorée avec du sucre ; cl leur pulpe préparée entre dans la composit ion de plusieurs préparations officinales. Les pruneaux faits avec la prune de Damas sont plus acides, et agissent comme laxatifs. Leur décoction sert à purger les enfants, et s'emploie comme excipient d'autres médicaments purgatifs.
Amandirr commun. Amygdatus communis , L. Var. : « Dulcis.L.
Arbre cultivé dans le midi de la France , l'Espagne et l'Orient. Parties usitées : l'amande des fruits et I huile qu'on en exprime.
Caractères botaniques. Tronc élevé, droit, rameux; feuilles lancéolées, d'un vert clair des deux cotés; fleurs blauches ou rosées, grandes, extra-axillaircs; cal. tubuleux, rougeâlre, caduc; 20 étam. ou plus ; fruit : drupe charnue, recouverte d'une pellicule tomenteuse, sèche , contenant un noyau rugueux, à 1 ou 2 graines.
Propriétés physiqirs. Les amandes douces sont ovoïdes , déprimées , formées de deux cotylédons blancs , oléagineux, recouverts d'une enveloppe brunâtre , sans odeur et d'une saveur douce et agréable.
Propriétés chimiques. Elles sont composées, suivant Boullay , de : huile fixe 54; albumine 24; sucre liquide 6, gomme 3; eau 3,50; ligneux 4, et acide acétique 0,5; l'enveloppe contient du tanuin. Triturées avec de l'eau,
les amandes donnent un mélange d'une couleur blanche, nommé Êmulsion ou Lait d'amandes, et qui a une analogie très-remarquable avec le lait des animaux. Ce liquide contient une grande quantité d'huile tenue en •uspension dans l'eau par le sucre, la gomme et l'albumine.
Usages. Le lait et les autres préparations d'amande sont très-souvent employés pour combattre les inflammations du canal alimentaire , et les affections fébriles en général*
Les Ama.ndrs astres, fruits de YAmygdahu commune, L., ont une saveur amère et une odeur qu elles doivent à une assex grande quantité d'acide prussique qu'elles contiennent. Elles agissent sur l'économie de la même manière que le laurier-cerise. Quelques praticiens allemands , entre autres Hufelamt , les ont employées sous forme d'émulsion et autrement, pour combattre les fièvres intermittentes. On prépare une Eau distillée d'amandes amères , qu'on emploie de la même manière et dans les mêmes cas que celle du laurier-cerise.
Les amandes du Pécher , Persica vulgaris, Mil.; de 1' Abricotier, Ârmeniaca vttlgaiis, Lam.; du Prunier , Prunus domestka, L. ; du Cerisier, Cerasus vulgaris, Mil.; du Merisier, Cerasus atrium, Moench , etc. , contiennent, comme les précédentes, de l'acide prussique , et jouisseul par conséquent des mêmes propriétés. Cependant elles ne sont pas employées en médecine. C'est avec les noyaux concassés du merisier qu'on prépare une liqueur alcoolique, très-estimée, nommée Kirsehenwasser (Kau de cerises).
Les fleurs du Pécher commun, Persica vulgaris ont une saveur un peu amère , et purgent doucement sans occasioncr de coliques. On les donne en infusion dans l'eau, et on en prépare un Sirop, qui est très-usité pour purger les enfants.
Acide prussique ou Htdroctansqds. Il existe naturellement dans plusieurs végétaux ; mais celui qu'on emploie en médecine est toujours le produit de l'art.
Propriétés physiques. Cet acide pur, qu'on nomme Acide prussique de Gay-Lussac , est liquide, transparent , incolore , d'une saveur d'abord fraîche, puis acre et caustique, d'une odeur extrêmement forte, semblable à celle des amandej amères , et d'une pesanteur spécifique de 0,70583 à 7".
Propriétés chimiques. 11 est formé, d'après Gay-Lussac, de: carbone 44,6'9; azote 51,66', et hydrogène 3,65; et se compose d'hydrogène et de cyanogène en volume» égaux. Il est très-volatil , entre eu ébullition a 2G°,5 , et se congèle en cristallisant, à — 15°. Lorsqu'on eu verse quelques gouttes sur du papier, une partie se réduit si promplemenl en vapeurs, que le froid ainsi produit suffit pour congeler l'autre. Abandonné à lui-même dans des vaisseaux bicu fermés, il se décompose très-rapidement , prend une teinte brun-rougeâlre plus ou moins foncée, et se transforme en partie en bydrocyanate d'ammoniaque cl en azoturc de carbone; la lumière solaire accélère extrêmement cette décomposition. Chauffé au rouge, il est décomposé; à l'air libre, il brûle avec flamme. Il est très-solublc daus l'eau et dans l'alcool j mais comme il est beaucoup plus léger que ces li-
quides , il s'en sépare facilement et vient se rassembler à la surface. Il ne rougit que faiblement le tournesol, et peut se combiner avec quelques bases salifiables pour former des bydrocyanates.
Préparations. On obtient l'acide hydrocyanique anhydre, ou de Gay-Lussac, en traitant, dans un appareil convenable , le bi-cyanure de mercure par les 2/3 de son poids d'acide hydrochlorique ou par l'acide hydrosuif urique. Mais comme cet acide pur n'est pas employé en médecine , on a proposé divers procédés pour l'obtenir mélangé avec une quantité d'eau déterminée. Mous ne parlerons pas de celui de Scheele , parce qu'il esta juste litre abandonné , à cause de l'inconstance de ses résultats Le procédé de Vauquelin, tel qu'il est indiqué dans le Codex, donne une dissolution aqueuse, qui contient 17 grains d'acide prussique anhydre par once,c'està-dire 1/35 en poids. Celui de Robiquet , aussi décrit dans le Codex, fournit un mélange d'eau et d'acide par parties égales. Enfin le procédé de Magendie , qui est le plus sûr de tous, et qui parait aujourd'hui généralement adopté , consiste à mélanger l'acide anhydre de Gay- Lussac avec de l'eau , dans la proportion de 1 du premier sur 6 de la seconde en volume, ou de 8,5 en poids. C'est ce mélange que Magendie nomme Acide prussique médicinal ; mais comme il se décompose avec une grande facilité, le même praticien a proposé récemment de remplacer l'eau distillée par la même proportion d'alcool, et a nommé ce mélange, bien moins altérable, Acide prussique médicinal alcoolisé.
Usaces. L'acide hydrocyanique pur est le poison le plus violent que l'on connaisse , même à des doses extrêmement faibles. Quelques atomes appliqués sur l'œil font tomber mort le chien le plus vigoureux, comme s'il était frappé de la foudre. Étendu d'eau, et a petites doses , il agit d'abord en irritant légèrement l'estomac , et par suite de cette action locale , il augmente la fréquence du pouls; mais ces effets stimulants ne sont que momentanés; car bientôt , sous l'influence de ce médicament , on voit la sensibilité et la contractilité musculaire diminuer d'une manière remarquable. La prostration des forces peul même devenir extrême ; mais elle n'est accompagnée ni de sueurs, ni de somnolence, comme il arrive quand on fait usage de l'opium. On peut doue considérer l'acide prussique comme un calmant très-énergique. C'est Magendie qui, en France, a le premier appelé l'attention des médecins sur cet agent thérapeutique. On l'emploie avec succès pour combattre les toux nerveuses et convulsives, les accès d'asthme, la coqueluche, les palpitations spasmodiques, quelques névralgies, etc. En Angleterre, on l'administre avec avantage , soit à l'intérieur, soit en lotions sur les parties malades, dans plusieurs affections cutanées chroniques, douloureuses , ou accompagnées de beaucoup de démangeaisons. On l'a également vanté contre la phtbisie pulmonaire ; mais dans les cas de ce genre , il ne parait être réellement utile que pour calmer la toux qui tourmente les malades. Comme ce médicament , entre des mains imprudentes , serait extrêmement dangereux , il faut apporter a son administration l'attention la plus scrupuleuse. Il est nécessaire, à cause des degrés différents de concentration de l'acide prussique obtenu par les divers procédés que nous avons indiqués , il est nécessaire , disons- nous, de désigner clairement dans la formule celui dont on entend se servir, et de recomman-
dcr aux malade» ou aux personnes qui les entourent, d'agiter le mélange chaque foi* qu'on veut en administrer une dose , pour éviter l'accumulation de l'acide à la surface , ce qui pourrait donner lieu à de graves accidents. Enfin il faut prescrire au pharmacien d'envelopper d'un papier noir ou bleu la fiole destinée a contenir le mélange.
Spirkk vi MvitiE , Spircsa ulmarla . L. , et la Spibée pllipbndule , S. flUpendula , L. , qu'on employait jadis contre les fleurs blanches , sont aujourd'hui inusitées. Il
en est de même de l'écorce du M ; a grappes, Ce-
rasiu padus, L. , arbre indigène, qui croit dans les forêts.
Tanonou droit*. Tormentilla erecta. L.
Plante vivace, indigèoe , qui croit dans les prés cl les bois , principalement dans les Alpes et les Pyrénées. Parties usitées : la racine.
Caractères botaniques. Tige herbacée, étalée, stolonifère; feuilles pinnées, à 3 ou 5 folioles; fleurs jaunes, petites, axillaires, solitaires; cal. à 8. div.; cor. a 4 pét.; fruits arrondis, nus, fixés à un réceptacle sec.
Propriétés physiques. Racine irrégulière, noueuse, épaisse , tuberculeuse , d'une couleur brune en dehors, rougcalrccn dedans , d'une odeur légèrement aromatique, d'une saveur très-astringente cl un peu amère.
Propriétés chimiques. Elle contient une très-grande proportion de tannin qui se dissout dans l'eau bouillante et dans l'alcool.
Usages. Cette substance est très-astringente, cl s'emploie à peu près dans les mêmes cas que le cachou; mais elle esl aujourd'hui peu usitée.
La POTENTILLK ANSEROE OU ARGENTINE , PotClMlla
anserina, L., et la Potbntillb quinte-feuille, P. reptatis , contiennent beaucoup de lauuiu, et jouissent absolument des mêmes propriété» que la précédente.
Fraisier commun. Fragaria vesca, L.
Plante vivace, indigène, très-commune dans les bois. Parties usitées : la racine.
Caractères botaniques. Tige» herbacées , slolonilèrcs, velues ; feuilles radicales, trifoliolées ; fleurs blanches, à l'extrémité des rameaux ; cal. à 10 div. ; étam. insérées à la base des div. du cal.; fruits : akènes petits, durs, portés sur un réceptacle charnu.
Propriétés physiques. Racine cylindrique,rameuse, brunâtre, inodorc,el d'une saveur amère et astringente.
Propriétés chimiques. La décoction de cette racine esl d'une couleur rouge ; elle contient du tannin el de l'acide galliquc.
Usages. Elle esl faiblement astringente, el s'emploie dans les hémorrhagies , la dyssenlcric el le» écoule-
ments gonorrhéique». On lui a aussi attribué des propriétés diurétiques, mais elles ne sont guère prononcées.
Bénoitk officinale. Geum urbanttm. L.
Plante vivace , indigène , qui croit dans les bois et «es lieux couverts. Parties usitées : la racine.
Caractères botaniques. Tiges herbacées , dressées , velues ; feuilles radicales composées de 9 folioles profondément dentées , les caulinaires presque se»»iles . composées de 3 folioles , accompagnées de 2 stipules ; fleurs petites , jaunes , terminales ; cal. étalé, à 5 div. profondes; 30 élam. ; fruits : akènes surmontés d'une pointe formant un crochet à leur extrémité.
Propriétés physiques. Racine de la grosseur d'une plume à écrire , d'où partent un grand nombre de fibriles, brunes au dehors, rouges piles intérieurement, d'une odeur approchant de celle du gérofle lorsqu'elle est fraîche; d'une saveur astringente, aromatique et un peu amère.
Propriétés chimiques. Suivant Tromsdorff, elle contient: tannin 410; résine 40; huile volatile 0,39 ; adraganline 92; matière gommeusc 158, el ligneux 300; l'eau et l'alcool en dissolvent le» partie» actives.
Usages. La bénoite jouit de propriétés astringentes et toniques, qui la font employer avec assez de succès dan» les diarrhées chroniques , la dernière période de la dyssenterie , les catarrhes chroniques , le» hémorrhagies utérines passives , el les fièvres intcrmillenles.
Aigremoinr officinale. Agrltnonia eupatoria. L.
Plante indigène , vivace , commune au bord de» chemins. Parties usitées : toute la plante.
Caractères botaniques. Tige herbacée , dressée , hérissée de poils ; feuilles pinnées , folioles lancéolées , accompagnées de stipules foliacées; fleurs jaunes, en épi terminal, 2 pistils; ovaire arrondi , monosperme; fruit* : 2 akènes.
Propriétés physiques. Son odeur est agréable et légèrement aromatique , lorsque la plante esl fraîche ; sa saveur , amère et astringente.
Propriétés chimiques. Elle parait contenir une huile essentielle. Le sulfate de fer noircit son infusion aqueuse. L'eau et l'alcool en dissolvent les principes actifs.
Usages. C'est un astringent peu énergique , que l'on conseille dans les engorgements du foie et de la rate , dans les hémorrhagies passives, dan» les flux muqueux chroniques, el qu'on emploie , en gargarisme , dans les inflammations et ulcérations des amygdales.
L'ALCHEMILLB VCLGALRE, Alchtmilla VUlQOTiS , L.,
plante vivace , indigène , très-voisine de la précédente, qui jouit de propriétés semblables, et s'emploie quelquefois aux mêmes usages.
Les fruilsdu Coignassier, Pyrus cydonia,l. , qui ont la forme de très-grosses poires, sont jaunes, cotonneux, et d une odeur particulière très-prononcée. Leur pulpe ,
surtout avant leur maturité, e»l âpre et astringente , et sert à ta préparation du Sfrop de coing*, qu'on emploie habituellement pour édulcorer les boissons astringente!)
Les feuilles de la Ronce commune, Rubus frutfcosus, L. arbrisseau épineux, très-commun dans les baies, sont un peu astringentes et s'emploient, en décoction, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, et surtout en gargarisme, dans les angines chroniques. Les A.procumoenj cturtiOJiw.qui croissent dans l'Amérique du nord , sont vantés par le docteur Chapman , comme d'excellents astringents, trèsefficaces dans la dernière périoile de la dy ssenterie et le< diarrhées atoniques des vieillards.
Rosb rougi ou DR Provins. Rosa Gallica. L.
Arbrisseau qui croit dans le midi de la France. Parties usitées : les pétales des fleurs non épanouies.
Caractères botaniques. Tiges dressées , rameuses , garnies de nombreux aiguillons rougeâlrcs ; feuilles alternes , péliolées , composées de 3 ou 7 folioles ovales , scssiles ; fleurs d'un beau rouge cramoisi; cal. urcéolé , persistaul, globuleux ; fruits : alênes renfermés dans le tube du calice.
Propriétés physiques. Folioles d'un rouge foncé, d'une odeur faible mais agréable, et d'une saveur amère cl styptique.
Propriétés chimiqors. Suivant Cartier, elles contiennent : du tannin , de l'acide gallique, une matière colorante , une huile essentielle , une matière grasse , de l'albumine , des sels solubles à base de potasse, des sels insolubles à base de chaux , de la silice et de l'oxide de fer. L'eau , l'alcool et le vinaigre s'emparent des principes actifs.
Usages. La rose rouge est astringente et tonique ; on l'employé avec avantage dans les hémorrhagics passives, les écoulements muqueux , les diarrhée* colliquatives , et autres cas de ce genre.
On s'en sert encore sous forme de lotions et de gargarisme», pour remédier au relâchement des gencives, aux ulcérations aphteuses de la bouche , chez les sujets scorbutiques , et enfin pour corriger la fétidité de l'haleine.
Les fruits mûrs du Rosier sadvage oo Églantier. Rota canina , L , nommés Cynorrhodons, ont une saveur acide et astringente , et paraissent contenir de l'acide citrique libre. On s'en sert pour préparer la Conserve de cynorrhodons. P. Conf. rosœ caninœ. L., que l'on administre quelquefois, comme léger astringent, dans les diarrhées chroniques.
Les pétales de la Rosr pale, Rota centtfolia , L. , cultivée dans tous les jardins et recherchée à cause de la beauté et de l'odeur de ses fleurs, qui sont connues Ac tout le monde , jouissent d'une saveur douceâtre, acidulé et un peu amère. Elles sont douées de quelque vertu laxative. On prépare un Sirop de roses pâles , qu'on emploie fréquemment pour purger les enfants. Elles entrent encore dans la composition de l'Onguent rotai, dont on se sert pour appliquer sur les excoriations des lèvres et du mamelon. Enfin, et c'est leur usage le plus ordinaire , elles servent à préparer l'Eau
distillée de roses , avec laquelle on aromatise certaine» potions , ou qui forme le véhicule d'autres médicaments.
CENT QUARANTF. -II n IT 1 TME F A M I L L 1 .
homalinées. Homalineas. R. Brown.
Les Ifomalinécs sont des arbustes ou des arbrisseaux , tous originaires des contrées chaudes du globe. Leurs feuilles sont alternes, péliolées. simples, muniesde stipules raduques. Leurs ûcurs sont hermaphrodites, disposées en épis, en grappes ou en panicules. Leur calice est monosépale , ayant son tube court, conique, adhérent avec l'ovaire; son limbe, divisé en dix à trente lobes, dont les plus extérieurs sont plus grands cl valvaires, et les intérieurs plus petits , et en forme de pétales. La corolle manque. A la face interne, et le plus souvent vers la base des sépales intérieurs, sontsitués des appendices glanduleux cl scssiles. Le nombre desétamines varie, il est quelquefois égal à celui des lobes extérieurs du calice, et les élamiues leur sont opposées; d'autres fois les étamines sont plus nombreuses et réunies par faisceaux. L'ovaire est généralement semi-infère, A une seule loge , contenant un grand nombre d'ovules attachés à trois ou cinq Irophospermes pariétaux. Les styles, en même nombre que les Irophospermes, se terminent chacun par un stigmate simple. Le fruit est tantôt sec, tantôt charnu. Les graines ont leur embryon placé dans un endosperme charnu.
Famille encore peu connue, établie par R.Brown.dans son Mémoire sur les plantes du Congo, et adoptée par De Candolle ( Prodr. syst. , 2, p. 53 ), qui y place les genres suivants : HomaHum , Napimoga , Pineda , Blacktcellia , Astranthus, fiisa, JUyrianlheia , Àsteropeia et Aristotelia. Par la structure de son fruit , cetlo famille se rapproche des Flacourtianées et des Samydées , et par son insertion elle vient se placer près des Rosacées.
PL. XLI. Fig. 613. Portion d'une tige fleurie d'Aco-
mas | grappes , UomaUutn m