‹ Nouveaux éléments de botanique et de physiologie végétale avec le tableau méthodique des familles naturellesChapitre 24 sur 259 · SECTION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SECTION PREMIÈRE

DIS ORCiARES DE LA FLOftAlSO.X.

Considérations générales sur la Fieur.

Non connaissons déjà les parties qui servent k fixer la plante au sol , à absorber dans le sein de la terre , on au milieu de l'atmosphère, les fluides aqueux et aériformes nécessaires à la nutrition et au développement du végétal; nous venonsd'étudier la série de fonctions partielles dont se compose la vie individuelle de la plante , en un mol , H nutrition : occupons-nous maintenant des organes, non moins essentiels,. dont l'action tend à renouveler et à perpétuer l'espèce, et qui concourent a la seconde grande fonction du v gétal, la reproduction ou génération.

Ici se présente une grande ressemblance entre

les végétaux et les animaux. Les uns elles autres, en effet , sont pourvus d'organe» particuliers , nommés organes sexuels , qui, par leur action réciproque , concourent 4 la fonction la plus importante de leur vie. L'analogie la pins parfaite existe entre eux dans cette grande fonction. C'est do l'action que l'organe mâle exerce sur l'organe femelle que résulte la fécondation , ou ce phénomène par lequel l'embryon , encore à l'état rndimenlaire, reçoit et conserve le principe animateur de la vie. Cependant remarquons ici les modifications que la nature a imprimées à ces deux grandes classes d'êtres organisés. La plupart des animanx apportent en naissant les organes qui doivent servir un jour à les reproduire; ces organes restent engour-

dis, jusqu'à l'époque do la puberté, variable suivant les diverses espèces , époque où la nature , dirigeant sur eux une nouvelle énergie, les rend capables de remplir les usages pour lesquels elle lesà créés. Les v> gétaux, au contraire .sont, à leur naissance , dépourvus d'organeN sexuels. La nature ne les y développe qu'au moment où ils doivent servir à la fécondation. Une autre grande dissemblance entre les animaux et les végétaux c'est que, danslespremiers, les organes sexuels peuvent servir plusieurs fois à la même fonction, naissent et meurent avec l'être qui les porte , tandis que dans les végétaux, dont le tissu est mou et délicat, ces organes n'ont qu'une existence passagère : ils paraissent pour accomplir le vœu de la nature, se rancnt.elso détruisent aussitôt qu'ils l'ont rempli. Mais cependant, tant que dure la vie du vég<ta), de nouveaux se développent , qui éprouvent les mêmes phénomènes et disparaissent également.

Admirons la prévoyance delanature dans la distribution des sexes parmi les êtres organisés. Les végétaux fixés invariablement au lieu qui les avus naître, privés de la faculté locomotive, portent le plus souvent sur le même individu les deux organes dont l'action mutuelle doit produit» la fécondation. Les animaux, au contraire, qui, doués de la volonté et de la facultédc se mouvoir, peuvent se diriger dans tous les sens, ont en général les sexes séparés sur deux individus distincts, l'un mâle, l'autre femelle. C'est pour celte raison que l'hermaphrodilisme est aussi commun chez les végétaux qu'il est rare parmi les animaux.

La Flech est essentiellement formée par les organes sexuels réunis sur un support commun, avec ou sans enveloppes extérieures destinées à les protéger.

L'organe sexuel mâle se nomme étamine; l'organe sexuel femelle porte le nom de pistil.

Réduite à son dernier degré de simplicité , la fleur peut n'être formée que par un seul organe sexuel, mâle ou femelle, c'est-à-dire par une èlamineou un pistil. Ainsi, dans lessaules, les fleurs mâles consistent simplement, et suivant les espèces , en une, deux ou trois étamines, attachées sur une petite icai Ile [V. pl. 111, fig. SI, b). Lesfleurs femelles sont formées par un pistil, également accompagné d'une < caille, sans autres orgauesacecssoîres(K pl. 111, fig. SI, a). Dansce cas, connue dans un grand nombre d'autres, la fleur est au*si simple que possible : elle prend alors le nom de fleur mâle ou de fleur femelle, suivant les organes qui la composent, et l'on dit d'une manière générale que les fleurs sont uni-sexuées.

La fleur hermaphrodite est celle, au contraire, qui présente réunis les deux organes sexuels , mâle et femelle.

Mais les fleurs que nous venons d'examiner ne

sont pas complètes. En effet , quoique l'essence de la fleur consiste dans les organes sexuels , pour être parfaite, il faut encore qu'elle présente d'autres organes qui, bien qu'accessoires, ne lui appartiennent pas moins , et servent à favoriser ses fonctions, et à proléger ses organes essentiels. Ces organes sont les en veloppcs florales ou lepcrianthe, c'est-à-dire le calice et corolle. La fleur complète sera donc celle qui présentera les deux organes sexuels entourés d une corolle et d'un calice.

Sous le point de vue t!e son organisation primitive, on peut dire que la fleur complète se compose de quatre vcrlicilles de feuilles diversement modifiées , Irès-rapprochés les uns des autres. Nous développerons plus tard celte idée quand nous aurons fait connaître les diverses parties constituantes de la fleur et leur position respective.

11 est important d'examiner ici dans quel ordre symétrique sont disposés entre eux les différeuls organes constituant une fleur complète.

En allant du centre à la circonférence, nous verrons le pistil, ou organe sexuel femelle, occuper toujours la partie centrale de la fleur. Il se compose de l'ovaire, du style el du stigmate. Plus en dehors, sont les organes sexuels mâles, ou les étamines , ordinairement eu nombre plus considérable que les pistils , et composées d'un filet et d'une anthère.

A l'extérieur des étamines se trouve la plus intérieure des deux enveloppes florales, ou la corolle : on l'appelle monopélale , quand elle est formée d une seule pièce ; polyptatle, quand elle est formée de plusieurs pièces nommées pétales; enfin la plus extérieure des deux enveloppes florales est le calice , qui est monosérale ou polysépale, suivant qu'il est composé d'une ou de plusieurs pièces nommées sépales. Tout ce qui est en dehors du calice n'appartient plus en propre à la fleur : telles sont les feuilles florales ou les bractées qui les accompagnent fort souvent , et qui doivent être considérées comme des parties accessoires.

Prenons dans la nature quelques exemples db fleurs, dans lesquelles nous chercherons à reconnaître et à dénommer les différentes parties que nous venons d'énumérer. La giroflée jaune [Cheiranthus Çheiri) va nous servir d'exemple.

Nous verrons le centre de la fleur occupé par un petil corps alougé , un peu comprimé d'avant en arriére, présentant, lorsqu'on le feud lougiludinalciueut dans ses deux tiers inférieurs , deux cavités dans lesquelles sont renfermés les ovules: ce corps est le pistil. Il se compose d'un ovaire ou partie inférieure, d'un style, prolongement filiforme du sommet de l'ovaire, terminé parunpelil corps visqueux, glandulaire et bilobë u c'est le stigmate. En dehors du pistil, nous trouvons six organes de mémo forme, de même structure, disposés circulaircmenl autour de l'organe femelle , composés chacun d'une partie inférieure filamen-

liforme , que surmonte une espèce de petit sac ovoïde, à deax loges remplies d'une poussière jaunâtre. A leur position et à leur structure , nous reconnaîtrons ces corps pour les i tu mines, ou organes sexuels miles. Leur partie inférieure filamentiforme est le (il ri: leur partie supérieure est l'anthère ; la poussière qu'ils renferment est le pollen. En examinant ce qui reste au dehors des organes sexuels, nous apercevons huit appendices membraneux, disposés par deux séries, quatre pins Intérieurs, et quatre occnpanl la partie externede la fleur. Les quatre intérieurs, plus grands, d'une couleur jaune, parfaitementsemulahlesenlreeui, constituent un seul et même organe : c'est la coro//« . qui, dans ce cas , est composée de quatre piècesdistincles ou de quatre pétales. Il nous sera très-facile maintenant de dénommer les quatre pièces verdâ- Ires, plus petites, situées en dehors de la corolle. En effet, nous savons déjà que la plus externe des deux enveloppes florales est le calice. Ici le calice est donc formé de quatre pièces ou sépales.

Telles sont la structure et la position respective de» différents organes qui constituent une fleur complète. Examinons maintenant quelques fleurs dans lesquelles tous les organes que nous venons d'énumérer ne se rencontrent pas. Dans la tulipe, par exemple, nous trouvons au centre de la fleur le pistil . composé d'un ovaire prismatique et à trois faces, dont le sommet est couronné par un corps glandulaire, qui est le stigmate : il n'y a point de style. En dehors, nous voyons six élamines, dont la structure n'a rien de remarquable. Voilà donc les deux organes sexuels; mais à leur extérieur, nous trouvons sis pièces, ou segments membraneux , parfaitement semblables entre eux , ne formant évidemment qu'un seul et même organe. Dans cette fleur il manque donc une des deux enveloppes florales ; mais quelle est celle qui manque ? Cette qoestion a beaucoup occupé les botanistes , qui tous ne sont pas encore d'accord à ce sujet. Les uns, en effet , avecLinnsus, veulent que, lorsqu'il n'existe qu'une sculecnvc loppe florale autour des organes sexuels, on la nomme corolle, quand elle offre des couleurs vives; calice, quand elle est verte. On voit combien cette distinction est fondée sur des caractères peu fixes. Les autres, au contraire, avec M. de Jussieu, conduits par les lois de l'analogie, la regardent comme un calice, quelles que soient sa couleur et sa consistance. Nous partageons cette opinion, et nous appellerons calice l'enveloppe florale unique qui se trouve autourdesorgancs sexuels. D'autres auteurs , voulant remédier à cette diversité d'opinions, et concilier en quelque sorte les deux partis, donnent le nom de périgone à l'enveloppe florale unique qui entoure les organes sexuels. La tulipe, que nous examinons, a donc un calice formé de six sépale*. ou on périgone composé de six pièces distinctes.

Enfin , comme nous l'avons vu précédemment , il est des fleurs dans lesquelles lesdeux enveloppes

florales manquent en même temps. On les a appelées fleurs nues, pour les distinguer de celles qui sont munies d'entcloppes florales.

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