Craine
Saclk blanc. Salu: alba. L.
Arbre indigène, très-commun dans les lieux humides. Parties usitées : l'écorce.
Caractères botaniques. Tronc de 25 à 30 pieds , rameux supérieurement ; feuilles alongées , lancéolées , couvertes en dessous de poil» blancs, soyeux; fleurs mâles, 2 élam.; fleurs femelles , ovaire infère ; fruit : capsule alongéc, fusiforme, contenant plu»ieurs graines aigreltées.
Propriétés physiques. L'écorce de saule desséchée e»t roulée , d'une épaisseur variable , mais en général assez mince, d'un brun fauve, inodore , et d'une saveur très-amère et un peu astringente.
Propriétés chimiques. D'après Pelletier et Caventou , celte substance contient une matière brunerougeâlre , soluble dans l'alcool et peu solublc dans l'eau, une matière grasse verte , une matière tannante qui ne précipite pas par l'émétique , et par conséquent différente de celle des quinquinas , de la gomme et du
ligneux. L'eau et l'alcool dissolvent ses principes actif*. Le Roux , pharmacien à Vilry-le-Français , a découvert dernièrement dans celte écorec un principe immédiat qu'il a nommé Salicine, et dont fiuchner et Rigatelli avaient déjà signalé l'existence.
Usages. L'écorce de saule jouit de propriétés toniques très-énergiques , auxquelles se joint un peu d'astringence. Son action sur l'économie est très-semblable à celle du quinquina ; seulement ses qualités fébrifuges sont beaucoup moins prononcées et beaucoup moins sûres, quoique cependant on l'ait administrée , et souvent avec succès , dans un grand nombre de fièvres intermittentes , surtout à l'époque où le quinquina était à un prix excessif. Son usage convient trèsbien dans les dyspepsies , les hémorrhagies chroniques , les flux muqueux rebelles , et , en un mot , dans toutes les affection» aloniqucs.
L'écorce des Salix fragilis , caprero , triandra, etc. , Jouit des mêmes propriétés , et peut être employée à la place de celle du Salix alba.
Salicine. Salicinum. Produit immédiat, qui existe principalement dans l'écorce du Saule hélice , Salix hélix, L. et dans celle des Salix incana, hastata, prov cox et monandra.
Propriétés physiques. Celte substance est sous forme de cristaux aiguillés, prismatiques, blancs et nacrés, inodores et d'une saveur très-amère.
Propriété» chimiques. Elle est composée, suivant J. Gay-Lussac et Pclouzc, de : carbone, 55,491 ; hydrogène, 8,184 , et oxigène, 36,325. Elle se dissout dans vingt fois son poids d'eau à 19*, et presque en toutes proportions dans l'eau bouillante ; elle est soluble dans l'alcool , mais complètement insoluble dans l'élber et les huiles essentielles. Elle fond à quelques degrés aflfdessus de 100", et par le refroidissement se prend en une masse cristalline; au-dessus de cette température , elle acquiert une couleur jaune citrine , et devient cassante comme une résine. Enfin elle ne parait pas être alcaline, car les acides, au lieudesecombiueravec elle, la décomposent , et l'acide sulfuriquc lui fait prendre une belle teinte rouge.
Préparations. On fait bouillir dans de l'eau, pendant une heure ou deux, l'écorce de saule concassée; on passe et on exprime à la presse ; on précipite ensuite la liqueur par le sous-acétate de plomb, jusqu'à ce qu'il no se forme plus de dépôt; on filtre alors et on soumet le liquide à l'éhullilion , en y ajoutant assez de carbonate de chaux pour saturer l'acide acétique. On laisse ensuilo refroidir, on décante, on lave le dépôt deux ou trois fois , on réunit les liqueurs , on filtre et l'on fait évaporer à consistance d'extrait. On soumet alors le produit , encore chaud , à la presse , entre des feuilles de papier josepb; on le traite ensuite par l'alcool à 34"; on filtre , et , par une évaporation convenablement conduite , on obtient les cristaux de salicine.
Usages. Il résulte d'expériences tentées à l'hôpital de la Charité , par Miqucl , à l'Hôlel-Dicu , par Husson et Bally, et par plusieurs autres praticiens, que la salicine jouit de propriétés analogues à celles de la quinino et
de la cinchuDiue , et qu'elle agit de la même manière dans les fièvres intermittentes.
Les Bourgeons n* peuplier fournis par le peuplier noir, Populus nigra , L., sont ohlongs, pointus, d'un vert-jaunâtre , et enduits d'une matière résineuse aromatique. Us sont employés pour préparer VOnguetU po-
Pariîtaire opficinalb. Parietaria offlcinaVs. L.
Plante indigène, vivacc, qui croît en abondance dans les vieux murs Parties usitées : toute la plante.
Caractères botaniques. Tige herbacée , dressée , cylindrique , velue , rougeâtre ; feuilles ovales, velues ; fleurs polygames, axillaires, très-petites; cal. lubuleux, persistant, à 4 div.; 4 étam. ; fruit : petit akcuc ovoïde, renfermé dans le calice.
Propriétés physiques. Cette plante est inodore, d'une -saveur herbacée cl un peu salée.
Propriétés chimiques Elle contient une grande quantité de nitrate de polasse et beaucoup de mucilage.
( >*.<.[. s . Elle jouit de propriétés diurétiques qu'elle doit au ni'.re qu'elle contient ; du reste, elle est émoi lienleet rafraîchissante. On l'emploie très-fréquemment dans les affections inflammatoires des voies urinaires.
HOITBLOM ORDINAIRE. UumulUS lupulltS.L.
Plante vjvacc, indigène, qui croit spontanément dans les haies, et que l'on cultive en grand dans plusieurs provinces du nord de la France, en Flandre, en Angleterre, etc. Parues usitées : les fruits cl les sommités.
Caractères botaniques. Tige herbacée , anguleuse , rude, grimpante ; feuilles opposées, assez semblables à celles de la vigne; fleurs diotques ; les mâles situées à l'aisselle des feuilles supérieure* , forment des grappes irrégulières ; les femelles constituent des espèces de cônes formés d'écaillés imbriquées, à la base desquelles se trouvent deux fleurs scssiles ; fruit : cônes membraneux, o>oides , alongés, 2 petits akènes à la base des écailles.
Propriétés physiques. Ces fruits, composés d'écaillés foliacées, persistantes, et couvertes de |te(i(s poils chargés d'une sorle de poussière nommée l.upuHne. ont une couleur jaune-verdâtre, une saveur amère et aromatique, et lorsqu'ils sont réunis en grande quantité, une odeur désagréable et vireuse , à peu près comme le chauvre.
Propriétés chimiques. Indépendamment de la lupuline, le houblon contient, suivant Payen et Chevallier, une huile volatile , une matière grasse, de la cire, de l'acétate d'ammoniaque, du malalc de chaux, du lannio, de l'acide gallique et des traces d'oimazôme. L'eau Iwuillanle, l'alcool et l'éther dissolvent les principes actifs de celte planle.
Usaces. Lehouhlon, en vertn de son «merlume ,
exerce une action ionique sur l'économie animale ; mais, en oulre, il parait jouir d'uue propriété narcotique qu'il doit principalement à l'odeur qu'il exhale, et qui n'est pas sensible lorsqu'on l'administre en infusion, en extrait ou en teinture. On l'emploie avec avantage comme fortifiant, pour remédier aux vices de la digestion dépendants de l'atonie des organes gastriques. On l'administre journellement dans les affections scrofuleoses, le carreau , le rachitisme , certaines maladies de la peau, etc. On l'a vanté comme fébrifuge, mais il ne réussit guère que dans les cas de fièvres intermittentes simples , qui, eu général, disparaissent spontanément après un petit nombre d'accès. Ses propriétés litbonlriptiques ne soul pas mieux constatées. Tout le monde sait qu'il entre dans la composition de la bière.
Dorstenia contraterva. Dorstenia contrayerva. L.
Planle vivace, qui croit au Pérou, au Mexique cl aux Antilles. Parties usitées : la racine.
Caractères botaniques. Feuilles toutes radicales , pétiolées , larges, un peu rudes au toucher ; fleurs monoïques, blanches, réunies et enfoncées dans un réceptacle plane ; fleurs mâles, 2 étam. ; fleurs femelles , ovaire uniloculaire ; fruit : petite capsule bivalve, supportée par un pédicule de 5 à 6 pouces de hauteur.
Propriétés physiques. Racine ovotde , noueuse , longue de deux pouces environ, de la grosseur du doigt, raboteuse, tortillée, terminée par une pointe recourbée et garnie de radicules asseï nombreuses et dures, d'un brun-rougeâtre à l'extérieur, blanchâtre à l'intérieur, d'une odeur aromatique et d'une saveur faible d'abord, puis chaude , amère et âcre.
Propriétés chimiques. Cette substance n'a pas été analysée ; on sait seulement que l'eau cl l'alcool s'emparent de ses principes médicamenteux.
Usages. Ou attribuait autrefois à cette planle la vertu de neutraliser les venins cl les miasmes délétères, et on l'administrait en conséquence dans les cas de morsures de serpents et autres animaux venimeux, dans la peste, les fièvres dites putrides, etc. Aujourd'hui on sait qu'elle jouit de propriétés stimulantes Irès-prononcées , et qu'elle porte aussi son action sur la peau dont elle augmente la sécrétion. On peut , en conséquence, l'employer dans tous les cas qui exigent l'usage des excitants, et surtout dans les atonies du canal digestif, la goutte, les diarrhées rebelles, cl dans les affections compliquées de symptômes adynamiques. Elle est très-peu usitée de nos jours, et peut-être à tort , car son aclion ne laisse pas que d'être assez énergique.
CENT CirfQOAIfTE-NElJTliBTE FAKf 1IXE»
mybicées. Myrieeœ. Rien. — Casuarinê*. Mis bel .
Si I on en excepte le genre Casuarina, qui, par son peu i , ressemble à une presle gigantesque F'/ m. tu m . les Mvricées sont des arbres ou 4e» arbrisseau* à feuilles alternes ou éparses, avec ou
DE BOTAMQUE.
sans stipules. Leurs Oeurs sont constamment unisexaées et le plus souvent dioïques. Les fleurs mâles, disposées en chatons, se composent d'une ou deplusieursétamines souvent réunies ensemble snr un androphore rameux et place à faisselle d'une bractée. Les fleurs femelles, également en chatons, sontsolitaires et sessiles à l'aisselle d'une bractée plus longuequ'elle». Chaque fleur se compose d'un ovaire lenticulaire, contenant un seul ovule dressé. Le style, très-court, est surmonté de deux longs stigmates subulés et glanduleux. En dehors de l'ovaire on trouve deux, trois ou un plus grand nombre d'écaillés hypogynes et persistantes, se soudant quelquefois avec le fruit. Celui-ci est une sorte de petite noix monosperme et indéhiscente, quelquefois membraneuse et ailée sur ses bords. La graine qu'il renferme est dressée ; son tégument recouvre immédiatement uu gros embryon, a\ant uue direction entièrement opposée à celle de la graine.
Formée de genres auparavant placés dans le groupe polymorphe des Amentacées , cette famille est voisine des Pétulinée»; mais elle en diffère par son ovaire uniloculaire et son embryon sans endosperme.
PL. XLV. Fig. 664. Portion d'un rameau de Cirier à dents aiguës , Myrica arguta.
665 Une fleur mâle accompagnée de sa bradée ; le tout grossi.