Rosacées
(12. Fi 13. Si 14. Rj
DB BOTANIQUE. Ii3
DU SYSTÈME SEXUEL DE LINNjEUS.
Les bases principales du système sexuel de Llnuaeus reposent presque entièrement sur les différents caractères que l'on peut tirer des organes sexuels mâles, c'est-à-dire des étamines; de même que celui de Tournefort est fondé sur les formes diverses que peut offrir la corolle : ce système est partagé en vingt-quatre classes.
Linncus divise d abord tous les végétaux connus en deux grandes sections. Dans la première, il range tous ceux qui ont des organes sexuels, et par conséquent des fleurs apparentes : ce sont les phanérogames ou phénogames. La seconde section comprend les végétaux dans lesquels les organes sexnels sont cachés, ou plutôt qui en sont totalement dépourvus; on les nomme cryptogames. De là, deux premières grandes sections dans le règne végétal :
1° Les phanérogames.
2" Les cryptogames.
Mais, comme le nombre des végétaux de la première section est infiniment plus considérable que celui de la seconde, les phanérogames ont été divisés en vingt-trois classes ; les crypjogames au contraire ne forment que la vingt-quatrième et dernière classe de ce système.
Parmi les plantes phanérogames, les unes ont des fleurs hermaphrodites, c'est-à-dire pourvues des deux sexes réunis; les autres sont unisexuée-s.
Les vingt premières classes du sjslème sexuel renferment les végétaux à fleurs phanérogames hermaphrodites ou monoclines; dans les trois suivantes sont placées les plantes diclincs ou à fleurs
(monoclines.
diclines.
Les plantes monoclines ont les étamines libres et détachées du pistil ; ou bien ces étamines sont soudées avec lui.
io«r nn ^f f à étamines libres.
4° Monoclines i . . . . ...
( à étamines soudées au pistil.
Les étamines dégagées de toute espèce de soudure avec le pistil, peuvent être libres et distinctes les unes des autres ; elles peuvent être réunies et soudées entre elles.
8° Étamines non j libres et distinctes, soudées au pistil , ( réunies entre elles.
Les étamines libres et distinctes sont égale» ou inégales entre elles.
Celles qui sont libres et égales sont en déterminé ou indéterminé.
0° Étamines libres j nombre déterminé, et égales en j nombre indéterminé.
C'est par des considérations de celle nature que Linncus est parvenu à former les bases de son système. On voit d'après cela qu'il est fondé , 1° sur le nombre des étamines (les treize premières classes) ; 2° sur leur proportion respectivo (quatorzième et quinzième) ; 3° sur leur réunion par les filets (seizième , dix-septième et dix-huitième) ; 4° sur leur soudure par les anthères (dixneuvième) ; S° sur leur soudure avec le pistil (vingtième) ; 0° sur la séparation des sexes (vingtunième, vingt-deuxième, vingt-troisième) ; 7° enfin sur l'absence des organes sexuels (la vingt-quatrième et dernière).
Nous allons successivement étudier les caractères de ces différentes classes, qui, chacune, ont reçu des noms particuliers.
1° Étamines en nombre déterminé, et égales entre elles.
1" Classe. Moxandrie. Elle renferme toutes les plantes dont les fleurs hermaphrodites n'ont qu'une seuleélaminc ; l'Hippuris vulgarit, le Blitum, le Canna indica, etc.
2 e Classe. Diaxorib. Deux étamines : le jasmin, le lilas, les véroniques, la sauge, le romarin, etc.
8" Classe. Titi a ndhii". Trois étamines : la plupart des Graminées, les iris, etc.
4 e Classe. 1 1 1 1; a > mm:. Quatre étamines : la garance, le caille-lait, les aspérules, les scabicuscs, etc.
s° Classe. Pextaxdrie. Cinq étamines : les Borraginées , telle que la bourrache, la pulmonaire; les Solanées, telles que la doiicc-amèrc , la belladone, la pomme de terre, l'alkékengc, etc. -, les Rubiacées exotiques, telles que les Cinchona , les Psychotria, etc. ; les Ombellifèrcs, telles que le panais, la ciguë, l'opoponax ; la coriaudre, etc.
0 e Classe. Hexaxorie. Six étamines : telles sont la plupart des Liliacées, le lis, la tulipe, la jacinthe; beaucoup d'Asparaginccs, comme l'asperge, le muguet, etc.; le riz.
7° Classe. ÏIeptawdrie. Sept étamines. Cette classe est très-peu nombreuse : on y trouve le marronnier d'Inde, le Saururus, etc.
8" Classe. Octakdrie. Huit lamines : les Rumex , les Polygonum , les bruyères.
9" Classe. Enxeaxorie. Neuf étamines. A celte classe se rapportent les différentes espèces do lauriers , de rhubarbes ; le Butomus umbellatus , etc.
10 e Classe. Décaxdrie. Dix étamines. Nous trouvons ici presque toutes les Caryophv liées , telles que l'œillet, les Lychnis, les S«'fene,"la rue, le Phytolacca decandra , etc.
2° illumines en nombre non rigoureusement
11* Classe. Dodkcandme. De onze à vingt étamines. Exemple : ÏAtarum europœum , le réséda , l'aigremoine , lo Sempervivum factorum , etc.
12* Classe. Icosaxmuk. Plus de vingt étamines insérées sur le calice. Ici se rapportent toute» les vraies Rosacées; le prunier, l'amandier, le rosier , le fraisier , etc. ; les myrtes , les grenadiers , etc.
1 3 e Classe. Polyandrie. De vingt a cent étamines insérées sous l'ovaire. Dans cette classe sont réunies les Renonculacées , telles que les anémones , les clématites , les renoncules , les hellébores , etc. ; la plupart des Papavéracécs , telles que le coquelicot , le pavot , la chélidoine , etc. #
3° Proportion de» étamines entre elles.
14 e Classe. Didyxamie. Quatre étamines, dont deux constamment plus petites , et deux plus longues , toutes insérées sur une corolle monopétale irrégulière. Cette classe renferme les Labiées et les Personnées de Tourneforl : tels sont le th\m , la lavande , la bugle, la bétoine , les Antirrhinum , la digitale , la scrophulaire , le catalpa , etc.
1 5 e Classe. Tktradv> amil . Six étamines, dont deux constamment plus petites que les quatre autres : corolle polypétale; fruit, une silique ou une eilicule. Celle classe correspond parfaitement aux Crucifères de Tourneforl.
4° Soudure des étamines par les filets.
lC r Classe. Moxadelpimb. Étamines en nombre variable , réunies et soudées ensemble en un seul corps par leurs ûlcts. Exemple : la mauve , la guimauve , clc.
1 7 e Classe. DiADELPniE. Étamines en nombre variable, soudées par leurs ûlcts en deux corps distincts. Tels sont la fameterre, le polvgala ; et
la plupart des Légumineuses, comme l'acacia, le cytise, la réglisse, lemélilot, etc.
18 e Classe. Polyadelpiue. Étamines réunies par leurs filets en trois ou un plus grand nombre de faisceaux : par exemple, les Uypericum, l'oranger, les MeiaUuca, etc.
5° Soudure des étamines par les anthères.
10 e Classe. Sv m; i > i su . Cinq étamines réunies et soudées par les anthères ; fleurs ordinairement composées, rarement simples. Celte classe renferme les Flosculeuses, les Semi-flosculeuses et les Radiées de Tournefort ; elle contient aussi certaines plantes, telles que les Lobelia, les violettes, etc.
0° Soudure du pistil et des étamines.
20° Classe. Gyxamdrie. Étamines soudées en un seul corps avec le pistil : telles sont toutes les Orchidées, l'aristoloche, etc.
7 U Fleurs unisexuées.
21 e Classe. Moxofxie. Fleura mâles et fleurs femelles distinctes, mais réunies sur le mémo individu. Exemples : le chêne, le buis, le maïs, la sagittaire, le ricin, etc.
22 e Classe. Diokcie. Fleurs mâles et fleurs femelles existant sur deux individus séparés : la mercuriale, le dattier, le gui, les saules, le pistachier, etc.
23 e Classe. Polygamie. Fleurs hermaphrodites, fleurs mâles et fleurs femelles réunies sur un même individu ou sur des pieds différents: par exemple, le frêne, la pariétaire, la croisetle, le micoucoulicr, etc.
8° Fleurs invisibles.
24' Classe. Cbvptogamie. Plantes dont les fleurs sont invisibles ou très-peu distinctes. Cette classe renferme les Fougères, telles que le polypode, l'osmonde, etc. ; les Mousses , les Lichens, les Prèles, les Algues, les Champignons, etc., etc.
Nous venons d'exposer en peu de mots les caractères propres à chacune des vingt-quatre classes établies par Linnaeus dans le règne végétal. On voit que la marche de ce système est simple et facile à suivre. En effet, il semble au premier abord qu'il ne faille que savoir compter le nombre des étamines d'une fleur, pour connaître à quelle classe elle appartient. Mais cependant nous ferons remarquer que, dans plusieurs cas, cette détermination n'est point aussi aisée qu'on le suppose d'abord , et que fort souvent on reste dans le doute, surtout lorsque la plante présente quelque anomalie insolite.
Occupons-nous maintenant de faire connaître
les considérations d'après lesquelles ont été établis les ordres particuliers à chaque classe.
Dans les treize premières classes, dont les ca-ractères sont tirés du nombre des étamines, ceux des ordres ont été puisés dans lo nombre des styles ou des stigmates dictincts. Ainsi une plante de la Pentandrie, telle que le panais ou toute autre Oinbellirére qui aura deux styles ou deux stigmates distincts, sera du second ordre. Elle serait du troisième ordre, si elle en présentait trois, etc. Voyons les noms qui ont été donnés à ces différents ordres.
1 er Ordre. Monogynie, un seulstyle, ou stigmate sessile.
2 e Ordre. Digynie, deux styles.
3° Ordre. Trigynie, trois sh les.
4 e Ordre. Titragynie , quatre styles.
8* Ordre. Pantagynie, cinq styles.
G« Ordre. Hexagynie. tix styles.
7* Ordre. Ueptagynie, sept styles.
8" Ordre. Décagynie, dix stjles.
0« Ordre. Polygynie, un grand nombre de shles.
Remarquons qu'il y ades classes dans lesquelles on n'observe point cette série tout entière d'ordres. Dans la Monandrie, par exemple, on ne trouve que deux ordres : la Monogynie , comme dans ÏHippurit, et la Digynie, comme dans le BUtutti %
Dans la Tétrandrie , il y a trois ordres, savoir : la Monogynie, la Digynie et la Titragynie. Il y en a six dans la Pentandrie, etc., etc.
Dans la quatorzième classe , ou la Didynctuic, Linnasus a fondé les caractères des deux ordres qn'il y a établis d'après la structure de l'ovaire. En effet , le fruit est tantôt formé de quatre petits akènes situés au fond du calice, et qu'il regardait comme quatre graines nues ; tantôt, au contraire, o'est une capsule qui renferme un nombre plus on moins considérable de graines. Le premier de ces ordres porte le nom de (îymnospermie f graines nues) ; il contient toutes les véritables Labiées, telles que le Marrube , les Phlomis, les Nepeta, le Sculellaria, etc.
Le second ordre , que l'on appelle Angioipermie (graines enveloppées) , et qui a pour caractère d'avoir un fruit capsulairc, réunit toutes les Pcrsonnées de Tourncfort , telles que les Rhinanihus , les Linaires , les Melampyrym, les embauchée, etc.
La Tétradynamie, ou la quinzième classe, offre également deux ordres tires de la forme du fruit , qui est une siliquc ou une silicule. De là on distingue la Tétradynamie en siliculeuse , ou celle qui renferme les plantes dont le fruit est une silicule , telles que le pastel , le cochloaria , le thlaspi , etc. , et en eiliqueute , c'est-à-dire celle dans laquelle sont rangés les végétaux ayant une silique pour fruit, comme la giroflée , le clou , les cressons , etc.
Les seizième, dix-septième et dlx-hnitièmo classes, c'est-à-dire la Honadelphie, la Diadelphie et la Polyadclphie, ont été établies, d'après la réunion des filets slaminaux, en un, deux, ou un plus grand nombre de faisceaux distincts , abstraction faite du nombre des étamines qui les composent. Linna?us a dans ce cas employé les caractères tirés du grand nombre des étamiucs pour former les ordres de ces trois classes. Ainsi, on dit des plantes Monadelphcs , qu'elles sont triandres, télran dres, pentandres , decandres, polyandres, suivant qu'elles renferment trois, cinq, dix ou un grand nombre d'élamines soudées et réunies par leurs filets en un seul corps. Il en est de mémo dans la Diadelphie et la Polyadclphie, c'est-à-Jirc que le nom des ordres est le même que celui des premières classes du système.
La Syngénésic, ou la dix-neuvième classe du système sexuel , est une de celles qui renferment le plus grand nombre d'espèces. En effet lesSynanthérées forment à peu près la douzième partie de tous les végétaux connus. Il était donc très-important d'y multiplier les ordres, afin de faciliter la recherche des différentes espèces. C'est ce quo Lfanm» a tâché de faire en partageant cette classe en six ordres. Mais ici, comme le nombre presque constant des étamines est cinq, ce nombre n'a pu offrir assez de caractères pour devenir la base do ces divisions ; Linnaeus l'a prise dans la structure même de chacune des petites fleurs qui constituent les assemblages connus sous le nom de fleurs composées. En effet , par suite d'avortemrnts constants, on trouve avec les fleurs hermaphrodites des fleurs mâles et des fleurs femelles , souvent même des fleurs entièrement neutres. Linnseus , dont le génie poétique oe faisait remarquer dans tous les noms qu'il donnait aux différentes classes et aux différents ordres de sou système , voyait dans ces réunions et ces mélanges de fleurs uno sorte de polygamie. Aussi est-ce le nom qu'il a donné à chacun des six ordres de la Syngénésic, en leur ajoutant à chacun une épilhèle particulière. Voici leurs caractères :
1" Ordre. Polygamie égale. Toutes les fleurs sont hermaphrodites, et par conséquent toutes également fécondes, comme on le voit dans les chardons, les salsifis, etc.
2 e Ordre. Polygamie euperflue. Les fleurs du disque sont hermaphrodites; celles de la circonférence sont femelles ; mais les unes et les autres donnent de bonnes graines : par exemple, l'armoise, l'absinthe.
3« Ordre. Polygamie frustrante. Les fleurs du disque soul hermaphrodites et fécondes ; celles de la circonférence sont neutres ou femelles, mais stériles par l'imperfectiou de leur stigmate : elles sont donc tout-à-fait inutiles ; dans l'ordre précédent, elles étaient seulement superflues. Exemple : les centaurées, les Helianthue, etc.
4" Ordre. Polygamie ni-cessaire. Les fleurs du
dlsqne «ont hermaphrodites, mats stériles par un Tice de conformation du stigmate ; celles de la circonférence sont femelles, et fécondées par le pollen des premières : dans ce cas, elles sont donc nécessaires pour la conservation de l'espèce, commo dans le souci, etc.
5« Ordre. Polygamie tiparet. Toutes les fleurs «ont hermaphrodites, rapprochées les unes des autres, mais cependant contenues chacune dans un petit in volucre particulier, comme dans l'Echinopi.
0 e Ordre. Polygamie monogamie. Les fleurs sont toutes hermaphrodites; mais elles sont simples et isolées les unes des autres, comme dans la violette, les Lobelia. la balsamine, etc.
Ce dernier ordre, comme il est facile de le voir, n'a aucune affinité avec les précédents. Il n'a de commun avec eux que la réunion des étamines par les anthères.
Dans la Gynandrie, ou la vingtième classe du système sexuel, il y a quatre ordres qui sont tirés du nombre des étamines. Ainsi on dit : Gynandriemonandrie, comme dans YOrchis, l'Ophryn; Gynandrie-diandrie, comme dans le Cypripedium; Gynandric-hexandrie, comme dans l'aristoloche ; Gynandrie-pohandrie, lcs^rum.
La Monœcie et la Diœcie présentent en quelque sorte réunies toutes les modifications que nous avons remarquées dans les autres classes. Ainsi la Monœcie renferme des plantes monandres, triandres, décandres, polyandres, monadelphes et gynandres. Chacune de ces variétés sert à établir autant d'ordres distincts dans cette classe.
La Diœcie en renferme encore un plus grand nombre dont* les caractères, se rapportant à ceux de quelqu'une des classes précédemment établies, sont alors employés comme caractères d'ordres.
La vingt-troisième classe ou la Polygamie, qui contient les plantes à fleurs hermaphrodites et à fleurs unisexuées mélangées, soit sur le même individu, soit sur deux ou trois individus distincts, a été, pour cette raison, divisée en trois ordres : 1° la Monœcie, dans laquelle le même individu porte des fleurs monoclines et des fleurs dielines ; la Diane , dans laquelle on trouve sur un individu des fleurs hermaphrodites, et sur l'autre des fleurs unisexuées ; 3° enfin la Triœcie , dans laquelle l'espèce se compose de trois individus : un portant des fleurs bermaphodites , un second des fleurs mâles, et le troisième des fleurs femelles.
La Cryptogamie , qui forme la vingt-qualrièmo et dernière classe, est partagée en quatre ordres : 1° les Fougères ; 2° les Mousses ; 3° les Algues ; 4° les Champignons.
Après avoir fait connaître les bases du système sexuel, nous avons donné une esquisse des vingtquatre classes et des ordres nombreux qui s'y rapportent, tels qu'ils ont été établis par Linnaeus.
Lorsque l'on étudie co système , on est d'abord frappé de son extrême simplicité, et de la facilité avec laquelle on arrive avec lui à la connaissance du nom d'une plante. Les classes, en effet, sont, pour la plupart, nettement tranchées et définies, surtout dans celles où les étamines sont en nombre déterminé. Non-seulement co système contient toutes les plantes déjà connues , mais il peut encore comprendre toutes celles que l'on pourrait découvrir : aussi a-t-il été universellement adopté à l'époque où il a paru.
Mais il faut avouer cependant qu'il présente plus d'un inconvénient grave. En effet, il n'est pas toujours aisé de déterminer si une plante appartient positivement à certaine classe. Ainsi , par exemple, la rue (Ruta graveolen?) a presquo toutes ses fleurs munies de huit étamines ; uno seule au centre de chaque assemblage de fleurs en présente dix. L'élève, dans ce cas, éprouverait quelque embarras, et serait, tenté de placer cette plante dans la huitième classe du système , c'est-à-dire dans l'Oclandrie. Cependant Linnsus la range dans la Décandrie , parce qu'il regarde la fleur à dix étamines comme étant la plus parfaite.
La Dodécandrie n'est pas non plus caractérisée assez rigoureusement. On y place toutes les plantes qui ont de douze à vingt étamines. Mais l'aigremoine , que l'on y range , a souvent plus de vingt étamines.
Certaines Labiées ou Personnées qui appartiennent a la Didynamie ont leurs quatre étamines égales entre elles, et souvent l'irrégularité de la corolle est A peine sensible.
Les ordres de la Syngénésie sont très-souvent d'une difficulté rebutante pour pouvoir être reconnus avec certitude. D'ailleurs, le mélange des fleurs mâles, des fleurs femelles et des fleurs hermaphrodites en rejette plusieurs dans la Diœcie et la Polygamie.
Le sixième de ces ordres, la Polygamie-monogamie, rapproche des Composées des plantes qui n'ont aucune analogie avec elles, telles que les violettes, la Lobelia, les balsamines, etc.
La vingt-troisième classe , c'est-à-dire la Polygamie, est un mélange confus de plantes qui appartiennent presque toutes aux différentes autres classes.
Si maintenant nous examinons les plantes rassemblées dans chacune de ces classes , nous verrons que le plus souvent les affinités naturelles et reconnues depuis si long-temps ont été entièrement rompues. Ainsi une des familles les plus naturelles, les Graminées , se trouve dispersée dans la Monandrie, la Diandrie, la Triandric, l'Hcxandrie , la Monœcie, la Diœcie et la Polygamie. Les Labiées sont en partie dans la Diandrie , en partie dans la Didynamie. Il en est de même d'un grand nombre de familles tout aussi naturelles. Mais comme la classification établie par Linna'us est un système , c'est-à-dire un arrange-
mont méthodique, mais pnrcmcnt artificiel, desline seulement I faire arriver avec facilité au nom d'une plante que l'on désire connattre, on ne saurait lui faire un reproche fondé d'avoir ainsi éloigné les unes des autres les plantes qui avaient entre elles beaucoup de rapports et d'affinité. Ce n'est donc pas ce système qu'il faut étudier lorsque l'on désire connaître les rapports naturels des différents végétaux entre eux, tandis que parmi tous les systèmes artificiels il mérite sans contredit la préférence pour arriver aisément au nom d'une plante.
Désirant faire disparaître de cet ingénieux système une partie des inconvénients que nous avons signalés, et rendre son application plus facile dans certains points, mon père y avait fait quelques modifications importantes que nous allons faire connaître.
Les dix premières classes sont conservées sans aucun changement.
La 11 e classe est la Poltaîtdhîe, ainsi caractérisée : plus de dix étamines insérées sous le pistil simple ou multiple, c'est-à-dire dont l'insertion est hypogynique. Cette classe, qui remplace la Dodécandrie, correspond parfaitement à la Polyandrie de Linnaeus.
La 12 e classe est la C a i. v i a>p n i e , ainsi caractérisée : plus de dix étamines insérées sur le calice, l'ovaire étant libre ou pariétal ; insertion périgynique. Celte classe correspond en partie à la Dodécandrie, en partie i l'Icosandrie. On y trouve toutes les vraies Rosacées.
La 1 3« classe est I IItstér a n d rib. Elle a pour caractère d'avoir plus de dix étamines insérées sur l'ovaire tout-a-fait infère, par conséquent i insertion épigynique. Cette classe correspond à uno partie de l'Icosandrie. Elle renferme les myrtes, les Punica, Philadelphtii, Peydium, etc.
Ces trois classes ainsi caractérisées sont beaucoup plus précises , et conservent mieux en même temps les rapports naturels, que celles primitivement adoptées par Linnaeus, dont les caractères, pris dans le nombre des étamines, pouvaient, dans beaucoup de circonstances, induire l'élève en erreur.
La u a classe est la Didtkamib, dont les ordres désignés par Linnaeus sous les noms de Gyninospermie (graine* nue») et d'Angiospermie (grainei enveloppée*) donnaient une idée fausse (puisqu'il n'existe pas de graines nues), ils ont été remplacés par les suivants :
1° Tomogynie (ovaire fendu et partagé). Ovaire profondément partagé en lobes distincts; style naissant d'un enfoncement central de l'ovaire ;
fruit mûr, tétrakène. Cet ordre renferme toutes les Labiées.
2° ^omo^yrife (ovaire indivis). Fruit captulalre, polysperme. Dans cette classe sont les Antirrhloées, les Bignoniacées, etc.
10' classe. Sthakthéhie , remplaçant la Syngénésie, ainsi caractérisée : étamines réunies par les anthères seulement, de manière a former une espèce de petit tube ; ovaire monosperme.
D'après ce caractère , on voit que cette classe ne doit renfermer que les véritables plantes à fleurs dites composées, c'est-à-dire les Flosculcuses , les Scmi-flosculeuses et les Radiées de Tourne* fort.
Les ordres de la Syngénésie de Linmeus étant tirés de caractères trop minutieux, très-difficiles à reconnaître, et souvent variables dans le mémo genre, ont été changés en ceux qui suivent, trèsfaciles à distinguer :
1 er Ordre. Carduacèe* : capitule composé de fleurons indifféremment hermaphrodites, miles ou femelles; phorante garni de soies très-nombreuses; style offrant un léger renflement au-dessous du stigmate ; conneclif se continuant quelquefois au-dessus des anthères pour former un tube 4 cinq dents: tels sont les chardons, les centaurées, etc.
2 e Ordre. Corymbifèm : capitule flosculeux ou radié; phorante nu ou garni de paillettes dont chacune accompagne une fleur. (Dans l'ordre précédent, elles étaient plusieurs à la base de chaque fleur.) Exemple : le tussilage, les Gnaphalium, les Erigeron, etc.
3* Ordre. Chicoraeée$ : capitule composé de demi-fleurons. Exemple : la laitue, la chicorée, la scorsonère, etc.
20" Classe. Stuphtsandiiie. Celte classe est formée du sixième ordre de la Syngénésie de Linnaeus, la Polygamie-monogamie; elle a pour caractères : des étamines soudées ensemble par leurs anthères et par leurs filets, un ovaire polysperme, des fleurs simples : par exemple, les Lobéliacées, les Yiolettes.
La Gynandrie, la Monœcie et la Diœcie sont conservées sans changements.
24* Classe. Akomaloecie. Fleurs hermaphrodites ou fleurs unisexuées sur le même ou sur des individus différents. Cette classe correspond a la Polygamie de Linnaeus.
25 e Classe. Aoaxie. Végétaux dépourvus d'organes sexuels, et se reproduisant au moyen do petits corpuscules particuliers, analogues aux bulbilles de certaines plantes, et qu'on nomme sporulet.
Tels sont les changements que mon père a cru convenable de faire au système sexuel de Linnaeus, afin d'en faire disparaître, autant que possible, les points qni pouvaient présenter des difficultés dans son emploi.
CL* DU SYSTÈME DE LI!«5Al'S.
Nombre
ProportionJ [indéterminée.
Libres.
f Organes Wxuels PLANTES |»pparents.
Fleur» h i r • napbrodites.
Etamines' distinctes du pistil.
«Nombre et inser tion
Éltmines sondées a»cc le pistil
J par les filets . .
parles anthères.
Mo*axdrir.
DlANDRIg.
TRIAXDRiR.
TKTnAM>RIB.
Pbntamdrii.
I Fleurs [Organes sexuels cacbc»