MOUSSE DE CORSE
ce pétiole, très contractées en l’état de sécheresse, s’épaississent beaucoup par imbibition et doublent de volume. La rigidité relative qu’elle conserve provient de ce que les cellules intérieures sont plus rapidement dilatables que celles de la périphérie.
Selon Gaultier de Claubry , la Laminaire digitée est l’une des Algues qui renferment le plus d’iode. Sa fronde desséchée se recouvre d’une efflorescence sucrée , que produisent aussi d’autres Fucacées : Lam.saccharinci, Lam x.,Lam. bulbosa , Fucus vesiculosus, F. siliquosus , etc. Cette matière sucrée, que l’on avait d’abord prise pour du sucre cristalli sable, puis pour de la mannite, paraît être analogue cà la Phycile , que Lamy a retirée du Protococcus vulgaris et qui est identique avec V Érythrite (C4H10O4). matière sucrée tirée des Lichens par Stenhouse.
La Phycite cristallise en prismes droits à base carrée, soin * blés dans l’eau et dans l’alcool absolu bouillant, fusibles à 120° et partiellement décomposables à 300% en dégageant une odeur de caramel. La solution de Phycite n’est pas fermentescible.
Mousse de Corse
La substance employée sous ce nom est un mélange confus de Sertulaires et d’ Algues d’espèces diverses, parmi lesquelles prédomine ordinairement le Giyartina Helminthocorton, Lamx- [Fucus Bel minthocorton, La Tourr. ; Sphaerococcus Hel minthocorton ,
Ag. ; Ceramium Helminthocorton, Roth.; Plocaria Helmin-
thoCOrtOU Flldl ) Fl°- 13l,— Gigartin % Helminthocorton.
Parmi les Algues les plus communes dans la Mousse de
ALGUES
Corse, se trouvent : le Grateloupia filicina, Ag.; le Gelidium corneum , Lamx. ; 1 ' Acrocarpus crinalis, Kütz.; le Corallina officinaiis, L., etc. Ces plantes constituent même, parfois, la majeure partie de la Mousse de Corse.
Le Gig. Helminthocorton (fig. 131) est une Algue du groupe de Choristosporées et de la famille des Sphaerococcoïdées. Elle se présente sous forme de touffes serrées, composées de filaments grêles, cylindriques, de consistance cornée, offrant de nombreuses divisions dichotom.es, fort entrecroisées. Ces filaments sont d'un gris rougeâtre sale au dehors, blancs en dedans, longs de 1 à 2 centimètres, épais de 1/4 à 1/3 de millimètre, finement striés en travers et pourvus de tubercules latéraux, sessiles, semi-sphériques, contenant des spores.
Prise en masse, la Mousse de Corse a l’odeur spéciale des plantes marines et une saveur salée désagréable.
On la prescrit comme anthelminthique, sous forme d’infusion, de poudre, de sirop, de gelée,
Bouvier y a trouvé : gélatine, 60,2 ; squelette végétal , 11 ; sulfate de chaux, 11,2; sel marin, 9,2 ; carbonate de chaux, 7,5; fer, magnésie, silice, phosphate de chaux, 1,7. Selon O. Debeaux, la gélatine signalée par Bouvier ne proviendrait pas de la Gigartine et serait due à la présence d’Algucs gélatineuses (Gelidium), dans la Mousse de Corse. Il est certain que certaines Algues contiennent plus de gélatine que d’autres, mais on ne saurait douter qu’il en existe dans la Gigartine. Toutefois, le Codex prescrit d’ajouter de la colle de Poisson, dans la Gelée de Mousse de Corse.
La Mousse de Corse du commerce contient beaucoup de saletés, des débris calcaires de diverse nature et, de plus, elle est toujours plus ou moins humide, ce qui tient à l’habitude qu’ont les marchands de la conserver à la cave ou dans des endroits frais. C’est là une pratique vicieuse, qui détermine la destruction d’une partie delà gélatine et donne à la masse son odeur désagréable. Les pharmaciens doivent la débarrasser soigneusement de toutes les matières étrangères et la préserver de l’humidité.