EXE FÉMININ
LES DEUX SEIES
10 à 15 aaa.
80 ans et aa deU.
Couses des suicides cTaprès les documents administratifs. — Cette gmentalion régulière avec l'âge dans le nombre des suicides lègue au rang des erreurs les assertions des poètes et dû romansrs. La suicide par amour a plus frappé les gens du monde, parce i*il s'accomplit d'ordinaire dans des conditions asseï dramatiques, irfois il comporte deux suicides simultanés. Mais nous n'hésins pas à mettre en première ligne des causes du suicide Talcoouiie. C'est la raison la plus fréquente, et presque toujours chez ileooUquei le suicide s'accomplit sans mise en scène« sans phrases.
sans lettres exprimant les dernières volontés. Il semble parfois que c'est le résultat d'une détermination subite, nous ne dirons pas inconsciente, mais peu ou pas raisonnée. L'occasion fait en ce cas les frais de la résolution. Un cordonnier vient de dîner un peo copieusement avec ses amis, il revient seul, rencontre sur son cbemio le canal, s^y plonge, on l'en retire et il ne sait que répondre pour expliquer sa tentative. Un autre monte sur la colonne de la Bastille, se jette du haut de la colonne, tombe sur une toile tendue aux pieds de la colonne pour protéger les dorures qu'on répare, il rebonditi comme sur un tremplin, sur cette toile fortement fixée, se remet sur ses jambes, ramasse sa casquette, fuit, tombe entre lei mains des sergents de ville, ne sait rien ni de sa résolution, ni de ses projets. Pendant huit ans, il remplit à la Faculté les fonctions de garçon d*amphithéâtre sans abandonner ses habitudes alcooliques. Au moment de leur acte, ces individus n'étaient pas ivres, ils avaient à peine bu plus que d'ordinaire, mais ils étaient intoxiqués de longue date. Cette soudaineté non réfléchie appartient à cette catégorie de gens, et la fréquence de l'alcoolisme dans le sexe masculin comparé au sexe féminin explique pour une part rénorme écart que la statistique révèle dans les deux sexes.
Rien de plus instructif à cet égard que les cartes dressées par M. Lunier et qui ont été communiquées au congrès de 1878 (1). On peut, en les comparant, immédiatement reconnaître que les morts accidentelles, les suicides, la folie, les crimes eont à leur maximum dans les départements oîi la consommation da rtleool est la plus élevée, que la proportion tend à s'abaisser diDt lii pays vinicoles, là oîi le vin est la boisson habituelle.
Si nous prenons le compte général de radminiitratkMi da îi Justice pour 1877, nous trouvons résumés tous les renseigiiÉttiriîl fae peut fournir l'administration. * :
En 1877, il y a eu 5,922 suicides, les femmes n*ool Iboilif ^ le cinquième de ce nombre.
c< D'après les chiffres réels, il y a moins de snicidflt ^kfff Jes villes : 2,741 ou 47 p. 100, que dans les campagnes S^tST Ml. (S p. 100; mais il résulte de leur comparaison avec ceux de'hMnlation, qu'ils y sont au contraire, comme les crimes d'aUlèiir% tex fois plus nombreux. La proportion, qui n'est que de 18 H^oides pour 100,000 habitants dans les communes rurales, monta à Sdins les centres dont la population excède 2,000 Ames.
(1) Lunier, Congrès international pour Fétude des qwitiêHS reUlU^ei à toieoolisme. Paris, 1879. - Motet, ioco citato.
LKS &TTBINTB8 A LA SANTÉ ET A LA VIE PAR BLESSURES. >73 m Sur les 3,922 suicidés, il en est 652, plus du dixième, doot la profession n'a pu CItre découverte. Les 5,270 auLres appartenaient 3,313(43 p. 100) à l'agricullure ; 1,362(26 p. 100) à l'industrie; 867 (17 p. 100) aux proressions libérales ; 543 (10 p. 100) au COUmeree et 261 (S p. 100) à la domesticité. Sur 100,000 habitants de infime profession, se sont suicidés 30 personnes exerçant des professions libérâtes, 15 conamerQants et 13 ouvriers des diverses in-* diutrica, 12 agriculteurs et 12 domestiques.
« Les motifs probables de 5,590 suicides ont pu être mentionnés dsDS les enquêtes, qui ont attribué ces actes de désespoir dans 1 ,794 cas(32 p. 100) & des maladies cérébrales, dans 855 à des cba- ^BS domestiques, dans 837 à des souffrances physiques, dans 701 (13 p. 100)à l'ivrognerie, dans 688 (12 p. 100) à la misère, dans 351 i des formes diverses, dans 233 & des chagrins d'amour, à la 'aloutie ou à la débauche et dans 229 au désir de se soustraire à des poursuites judiciaires. »
L'm/Tuence de$ saisons bien qu'inexplicable n'en est pas moins i^lle. Le printemps et l'été fournissent les trois cinquièmes des suicides (6g. 50). Le maximum est eu mai, juin, juillet, précisément alors que la misère semblerait devoir faire moins sentir ses rigueurs. Ces variations sont les mêmes dans tous les pays.
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§ 2. — DIFFÉRENTS GENRES Dl SUICIDE (1).
Le tableau suivant montre les différences qui séparent les deux sexes dans le mode de suicide adopté. Les hommes et les femmes préfèrent la pendaison et la suspension, ces deux procédés fournissent plus des sept dixièmes des suicides, cependant la fréquence de la submersion (pour 1,000 suicides) est plus grande chez la femme. La femme ne choisit que très exceptionnellement une armeàfea , ou un instrument tranchant. Elle adopte plutôt Tasphjxie par le charbon, la chute d' un lieu élevé ou le poison. Dans ces trois catégories le nombre des suicides (pour 1000) chez les femmes est sapérieuràcelui fourni pour les hommes par la statistique.