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CONGESTION DU FOIE

Les causes de la congestion hépatique sont très nombreuses.

La plus importante est sans contredit la gêne de la circulation cardio-pulmonaire. Les maladies de l’orifice mitral, par leur retentissement sur la petite circulation et le cœur droit, les lésions de l’orifice Iricuspide, par l’obstacle qu’elles opposent à la déplétion de la veine cave inférieure ou par le reflux du sang jusque dans les veines hépatiques, amènent forcément une stase dans le réseau de la

MALADIES DU FOIE

glande hépatique. Il en est de même des maladies chroniques (emphysème, sclérose, pleurésie chronique) ou aiguës du poumon (pneumonie, coqueluche, bronchite capillaire), autant par la diminution qu’elles apportent au champ de l’hématose que par le défaut d’aspiration thoracique qui en est la suite (Frerichs). C’est encore par le même mécanisme qu’agissent les tumeurs du médiastin, l’adénopathie bronchique, les anévrysmes de l’aorte (Watson), l’oblitération des veines hépatiques, etc.

Les congestions du foie, liées aux affections du tuhe digestif, sont également fréquentes. Le phénomène de la digestion s’accompagne toujours d’une hyperhémie notable de la glande hépatique. Les aliments trop abondants, les repas insuffisamment espacés, exagèrent cette congestion physiologique (Beau), et cette action est beaucoup plus marquée lorsque les ingesla possèdent par eux-mêmes des propriétés irritantes (alcool, poivre, moutarde, café, thé, etc.) ; elle atteint son maximum dans la saison chaude et dans les pays intertropicaux. La congestion qui dans le premier cas est à" origine passive, devient ici esbenliellement active.

La congestion du foie s’observe presque constamment dans la dysenterie, la fièvre intermittente (Pringle, Haspel), le typhus, la fièvre typhoïde, dans certaines dyscrasies ou diathèses, scorbut, purpura, leucocythémie, diabète, arthritisme (Galtier-Boissière, J. Simon), le rhumatisme, la syphilis à la période secondaire (J. Simon), dans les empoisonnements par le plomb, le phosphore, les toxiques hématiques, comme l’oxyde de carbone, l’acide phénique (Ferrand).

L’hyperhémie congestive du foie s’observe à la suite des contusions (Piorry, Frerichs), de la suppression des règles ou d’un flux hémorrhoïdaire, à l’époque de la ménopause (Portai, Hénoch).

Enfin, les nerfs peuvent jouer un rôle dans la congestion hépatique, ainsi qu’il résulte des expériences de Cl. Bernard (piqûre du quatrième ventricule, électrisation du bout central du pneumogastrique, etc.), et de celles de Frerichs (section du splanchnique et extirpation du ganglion cœliaque).

Anatomie pathologique. — La congestion dépendant d’une affection cardiaque a des caractères bien tranchés et bien connus. Augmenté de volume et de consistance, tout en conservant sa forme, gonflé d’un sang qui s’écoule en nappe sur les surfaces de section,

foie congestionné offre à la coupe un aspect marbré ou granité, avec une coloration rouge intense à la partie centrale des lobules et

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