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sont-elles très-communes clans cette circonstance. Il en est de même des hémorrliagies actives et de l'hémorrhagie cérébrale en particulier. —La nutrition est alors plus active, et le sang, plus riche en principes réparateurs, est favorablement disposé h l'inQammation en môrae temps que les organes qu'il parcourt. C'est alors qu'on observe surtout les maladies dites inflammatoires, a cause de leur élément principal, qui est Vesisudation plastique locale ou générale.
La sécheresse et la chaleur de l'atmosphère n'ont pas moins d'inconvénients. Elles agissem surtout sur les voies respiratoires en amenant l'évaporation des mucosités qui lubrifient les bronches, ce qui occasionne un sentiment pénible dans la poitrine et ce qui favorise aussi l'absorption de poussières minérales, vé-^étales ou animales, qui sans cela se fixeraient aux corps environnants. C'est là une cause peu connue des maladies de poitrine, et c'est aussi la raison de leur aggravation, quand ceux qui les portem ne vivem pas dans une atmosphère suffisamment saturée de vapeur d'eau.
La ctudeur atmosphérique impressionne à sa façon et d'une manière directe la vie et les fonctions des tissus et des organes ; elle dilate et relâche les solides en produisant l'expansion des liquides. Elle favorise la perspiration cutanée ; elle augmente la fréquence de la respiration, et l'exhalation gazeuse pulmonau-e n'est plus la même qu'en hiver. A la suite de son impression longtemps continuée la digestion est lente, la soif vive et le ventre resserré; il y a peu d'urines, sans doute à cause de la transpiration, qui est plus abondante, la circulation est plus active et les fonctions cérébrales sont lentes et embarrassées. L'mtelhgeuce est lourde et se laisse facilement vaincre par le besoin de sommeil.
L'impression prolongée de la chaleur dispose l'homme à la faiblesse par le relâchement du réseau capillaire cutané et par une notable accélération des battements du cœur, elle prédispose au développement des congestions cérébrales, aux inflammations de l'encéphale et de ses dépendances, aux maladies du foie et des voies digestives, aux fièvres locaUsées dans l'mtestm, a la dysenterie et aux affections de la peau. En raison aussi des transpirations abondantes en-endrées par cette impression et supprimées accidenteUement, on voit alors survenir des phlegmasies thoraciques et des voies aériennes, comme dans les circonstances où la température froide refoule le sang de la périphérie du corps
dans les parties profondes. . . „„.
^0 Y,nts - Produits dans l'atmosphère par la lutte de ses éléments, pai leurs combinaisons et par le déplacement de sa masse sous l'inQuence des courants électriques, ils impressionnent très-profondément l'homme. Causes individuelles de maladie, ils constituent également des causes précUsposantes générales, quand, par leur nature et leur durée, ils exercent une impression lente et soutenue sur la santé. Souillant du nord et du nord-est, ils agissent comme la température sèche et froide à laquelle ils correspondent; au contraire, partis du sud et du sud-ouest, ils coïncident avec la température chaude, et ils ont, comme elle, la même inlluence prédisposante morbifique.
Dans (luelques pays les vents ont quelque chose de spécial suivant la localilè où on les observe, et, en outre de leur action prédisposante générale, ils exercent
une action individuelle à laquelle personne ne saurait échapper. Qui n'a entendu parler du simoun, de ce vent du désert qui, sortant du Sahara, vient, étouffant, rapide, chargé d'une poussière sablonneuse et brûlante, se rouler sur le littoral algérien, desséchant tout sur son passage et couchant les animaux et l'homme morts sur le sol, s'ils n'ont pas eu la précaution de s'abriter et de s'enfermer pour en moins souffrir ? C'est le khamsin des Égyptiens, aussi appelé vent des cinquante jows, parce qu'il vient pendant les cinquante jours qui entourent l'équinoxe; ce vent est aussi redoutable qu'en Afrique, et il fait quelquefois périr les habitants de suffocation s'il dure trop longiemps. Tels sont encore le brûlant siroco, le froid mistral, dans la Méditerranée, enfin les vents qui passent sur la mer ou sur des marais non submergés, et qui portent à de grandes distances" là où ils vont se perdre, le germe de malaises dont on ignore souvent la nature et la cause.
2° Hygrométrie. — L'état hygrométrique de l'atmosphère, c'est-à-dire la sécheresse et l'humidité de l'air, impressionnent l'économie d'une manière assez dn-ecte pour qu'on leur attribue un rôle important dans l'action prédisposante générale morbifique. L'impression de l'air humide sur le corps n'est pas la même avec une température chaude ou froide; ainsi l'air humide et chaud est moins pesant que l'air humide et froid; il relâche les tissus et rend leur action languissante. Le corps est gonflé, couvert de sueur qui ne se vaporise pas. L'appétit est faible, et les digestions lentes, imparfaites. La soif est nulle à cause de l'absorption de la vapeur d'eau par les poumons. Le pouls est mou, faible, et au milieu dune mollesse générale, d'un engourdissement intellectuel assez pro- ^^l^^^^t'""'' ' dans le tissu cellulaire, et
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metuque de 1 atmosphère prennent les attributs extérieurs du tempérament lym phauque Leurs c an. sont molles, décolorées, et tout l'extérieur ann n e la débilite générale de leurs fonctions. Ils sont prédisposés aux phlegmasi d muqueuses et en particulier des voies digestives, au siorbut et ai^x f re i u
Ailleurs cette humidité chaude de l'atmosphère est favorable à certainn. n...
maximum d intensité. jfa'<j"Jtuic cic I air est à son
que
transportée par le vent sur les yeux, sur le visage et sur les extrémités, qu'elle irrite cruellement et qu'elle dispose à la congélation. L'impression prolongée de celle innuence prédispose à toutes les inOammations calarrhales, telles que otites, coryzas, bronchites, angines, diarrhées; aux phlegmasies pulmonaires, aux engorgements des glandes lymphatiques, aux hydropisies, etc.
30 Pression atmosphériqm et altitudes. - U pression de l'atmosphère sous laquelle nous vivons et qui paraît être la plus convenable à notre organisation est mesurée au baromètre par une colonne de mercure de 76 centimètres, mobi e et variable suivant la hauteur à laquelle on l'élève au-dessus du niveau de la mer Cette pression est équivalente dans sa masse au poids de la colonne baro- •métrique multiplié par la surface du corps, ce qui met l'homme sous un poids continuel approximatif de trente- trois mille six cents livres, ou 16 800 kilogrammes. Si nous supportons un pareil poids sans nous en douter et sans en avoir la conscience, que d'autres impressions organiques doivent nous échapper ! ' Dans ses variations accidenielles et dans ses modifications constantes, suivant les localités et les altitudes, la pression atmosphérique modifie la proportion relative des éléments de l'air, change l'état des forces et altère certains actes de l'économie, sans que les individus aient la conscience de ce qui se passe autour d'eux Les habitants du Thibet, dans la haute Asie, ne paraissent pas plus souffrir de la diminution de pression atmosphérique, à une hauteur de 3900 mètres au-dessus de la mer, que les ouvriers des mines ne s'aperçoivent de 1 accroissement de pression à une profondeur considérable dans les entrailles de la terre ; et il est évident que la circulation, l'hémaiose, et consécutivement l'absorption, l'exhalation et la nutrition, ne s'accomplissent pas de même dans un cas que dans l'autre. On en peut juger par ce qui arrive chez ceux qui passent d une pression barométrique moyenne a une pression moindre, en s élevant sur les montagnes, par exemple. Les fluides du corps tendent à se porter à la P'^"Pi»é'-'^: d'où un embarras de la circulation, des congestions vers la tête, de la d.tliculte de respirer, quelquefois des hémorrhagies pulmonaires, ou au moins un malaise général qui fait trouver le temps lourd, alors qu'il est au contraire reellemen Dlus léger (1). La diminution rapide et brusque de la pression barométrique est une cause prédisposante d'hémorrhagie cérébrale ou de déchirure des gros vaisseaux. Ainsi Duhamel a remarqué qu'au mois de décembre iUl, le baromet.e ayant baissé eu moins de deux jours d'un pouce quatre lignes, ce qui faisait une différence de près de quatorze cents livres dans le poids de l'atmosphère supporte par l'homme, il v eut beaucoup de morts subites. L'impression lente produite par l'action prolongée d'une diminution ou d'une augmentation de pression barométrique, est peu connue, bien que beaucoup de voyageurs aient écrit sur ce sujet. On sait seulement que l'homme peut vivre dans un air très-rare, car h Quito, situe à 2908 mètres au-dessus du niveau de la mer, le pays est habité et fertile, et ac même que dans la plupart des altitudes, la phthisie et la fièvre pernicieuse y sont
(l) Extrait des Lettres de Hun.boldl. Ann. du Muséum, i. H. - De Saumure, Voyage dans les Alpes,
inconnues. Au-dessus de Quito, à ^i900 mètres au contraire, il n'y a plus traces de végétation, et il est probable que l'homme n'y pourrait pas vivre.
Jusqu'ici on avait cru, d'après Gay-Lussac, qui, à 6636 mètres, déclarait avoir trouvé 0,21 d'oxygène comme à Paris, que l'influence de la pression atmosphérique sur la composition de l'air était nulle; mais Dalton avait soutenu le contraire : c'est ce dernier qui avait raison, car l'air varie selon qu'on s'élève plus ou moins au-dessus du niveau de la mer. Outre les modifications qui résultent du mélange avec des miasmes et des effluves, avec des corpuscules virulents volatils, avec des spores de végétaux infusoires et microscopiques, avec des débris d'infusoires animaux, transmettant quelques maladies contagieuses, etc., il présente des modifications de composition chimique, donnant lieu à des proportions très-din"érentes d'oxygène. Or cela est très-important au point de vue de la pathologie générale. Aussi l'oxygène varie dans des proportions considérables d'après des conditions spéciales dont M. Lombard a fait connaître la loi, et ces variations ne sauraient être sans importance sur la constitution et sur le développement des maladies. C'est à ce fait autant qu'à la diminution de pression atmosphérique qu'on doit attribuer la pauvreté de la végétation à certaines hauteurs, et peut-être aussi l'absence de la phthisie dans certaines locahtés d'une altitude très-grande.
Voici à cet égard des faits encore peu connus, publiés par M. Jourdanet (1), et dont M. Lombard (2) a rendu compte.
« Quelle est l'influence physiologique et pathologique des pays situés audessus de 2000 mètres? Telle est la question que se pose l'auteur et qu'il résout par l'étude des circonstances météorologiques et par leurs conséquences sur la végétation et sur le corps humain.
>' A la hauteur de 2000 mètres la densité, et par conséquent la composition chimique de l'atmosphère, sont très-notablement modifiées. Lorsque le baromètre se tient à 585-™ comme à Mexico, au lieu de 769--, le corps humain ne supporte plus que les trois quarts du poids auquel il est soumis au niveau des mers La dilatation de l'air qui en résulte diminue la quantité proportionnelle de l'oxygenc, à raison de 2 à 300 milligrammes par litre d'air respiré à l'altitude de Mexico comparée à celle des bords de la mer.
" En même temps que l'oxygène diminue, l'évaporation se fait plus facilement puisque 1 eau bout aux environs de Mexico à 93° au lieu de 100°. La difi-érencê entre ombre et le soleil est aussi beaucoup plus prononcée, et la clarté du ciel permettant uu rayonnement plus actif, le sol et les végélaux qui le couvrent si efroidissent pendant la nuit jusqu'à zéro et même au-dessous alors que la t m peraturedujours'élèveàl'ombrejusqu'àl2o ou 15ocnau soleil entre\ooet(^^^^ ..A.ns. donc le corps humain reçoit une nourriture moindre en oxvgène se e sèche plus facilement et se refroidit plus complètement et plus rap cSne su. les hauts plateaux que dans les pays voisins de la mer. De là résulte toute
(1) Jourdanet, le Mexique el l'Amérique tropicale. Paris, 1864.
(2) Lombard, Itewe suisse, Arckiv. des sciences physiques et naturelles, t. XXI, 1864.
,38 PATHOLOGIE GÉNÉRALli.
une pathologie spéciale aux altitudes que l'on peut caractériser de la manière suivante :
)) L'anémie avec tout son cortège de pâleur, d'anhélation, de palpitations, de névralgies, de vertiges et de gastralgies. En outre, les maladies produites par le refroidissement et les pneumonies en particulier, y sont très-fréquentes et se présentent avec un caractère qui se rencontre également dans la plupart des affections morbides; c'est-à-dire la tendance à se terminer brusquement par la stupeur et par les symptômes adynamiques. En d'autres termes, l'anoxémic ou insuffisante oxygénation du sang domine toute la pathologie des altitudes et doit être prise en très-sérieuse considération par ceux qui pratiquent sur le plateau du Mexique.
» Les autres maladies présentent quelques caractères spéciaux dignes d'être notés, en particulier l'immunité dont jouissent les habitants de ces régions quant à la fièvre jaune, qui ne dépasse jamais l'altitude de 800 à 850 mètres. Les fièvres intermittentes y sont aussi fort rares, malgré que les vastes lagunes de Mexico et les détritus végétaux semblent devoir y produire d'abondants effluves paludéens. Mais l'abaissement considérable de la température sous l'influence du rayonnement nocturne ne permet pas la décomposition des substances végétales et animales pendant la nuit, en même temps que l'ardeur des rayons solaires pendant le jour empêche la fermentation putride dans une atmosphère desséchée par l'altitude.
,. Les fièvres typhoïdes et le typhus se rencontrent fréquemment sur les hauteurs de l'Anahuac, non-seulement comme maladies spécifiques présentant à un haut degré prononcé les symptômes d'ataxie et de stupeur, mais aussi comme compUcation des autres atfections morbides. Car, ainsi que nous l'avons dit à l'occasion de la pneumonie, toutes les maladies ont une tendance marquée à se compliquer ou à se terminer par l'adynarnie. »
Ces pays jouissent d'une immunité complète à l'égard delà phthisie et d'après M. Jourdanet, cela dépend de ce qu'il appelle« \a diète respiratoire, c'est-à-dire dans la soustraction d'une certaine quantité de l'oxygène que respirent les habitants des hauteurs. Si l'on compare Mexico avec le niveau des mers, la diminution de l'oxygène équivaut à 0s%0069 par litre, et si l'on compte 16 inspirations par minute et un demi-litre par inspiration, on arrive à compter m litres inspirés par heure, et par conséquent 11,520 litres dans les vingt-quatre heures; d'où résulte une diminution de l^k grammes par jour dans l'oxygène qui traverse le poumon.
,, Rien d'étonnant, dès lors, que l'anémie soit le caractère le plus tranché de la pathologie des altitudes. Et si l'on applique ces faits à la phthisie pulmonan-e, on voit que la rareté de cette maladie coïncide avec la souslraclion d'une quantité notable de l'oxygène inhalé. Y a-t-il dans cette diminution du principe actif de l'hématose un moyen préventif ou ])rophylactiquc de cette maladie ? Le phénomène est-il purement local et dépend-il uniquement de la diminution de l'endosmose respiratoire et de l'exhalation de l'oxygène transformé en acide carbonique? Nous ne pouvons l'admettre d'une manière absolue. Il est évident.