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DE LA PRESSION

On a trop souvent confondu la pression et la palpation; ce sont cependant deux choses tout à fait différentes. La pression ne doit servir absolument qu'à la constatation des changements divers qui surviennent dans la résistance et la sensibilité des parties malades, et nullement dans l'appréciation des modifications pathologiques subies par un organe. Supposons, par exemple, qu'une personne soit atteinte d'une ascite : la tension de l'abdomen sera chez elle en rapport avec la rapidité de l'épanchement et avec la quantité du liquide. Si l'ascite s'est produite très-promptement, le ventre sera rénitent et se laissera difficilement déprimer, tandis que si elle a mis beaucoup de temps à se manifester la réniteuce ne deviendra notable qu'à l'époque où le liquide sera très-abondant' et encore n'atiemdra-t-elle pas probablement le même degré que dans le cas précédent. En faisant reconnaître l'état de tension de l'abdomen, la pression sera donc dans ce cas un moyen d'exploration d'une certaine utilité.

En pressant avec deux ou trois doigts la région iliaque droite et quelquefois aussi la fosse iliaque gauche, l'hypogastre et les parties avoisinant l'ombilic Chez un malade afreclé de fièvre typhoïde, on peut découvrir un symptôme très' vanabhî à la vérité, dû à la présence de liquides môlés à des gaz dans un point du tube digestif en rapport avec les régions sus-mentionnées; nous voulons parler du cjargouiUement.

Quand un liquide, comme du pus, est épanché dans le tissu cellulaire

! sous-

(1) E. Bouchut, Du diagnostic des maladies du système nerveux mrl'onhihn, ou cerébroscopie. Paris. 1866, un vol. ia-S avec ligures et atlas '^'"''^-^oscope.

SÊMÉIOLOGIE.

culaiié la pression peut encore beaucoup aider au diagnostic, car elle est appelée à' faire connaître deux phénomènes bien dilïérents. Le premier résulte du déplacement subit du liquide contenu dans une cavité, et donne à la main du chirurgien la sensation d'un flot, c'est- à-dire d'un choc brus(iue que l'on a comparé à celui que pourrait produire la percussion exercée sur une vessie nleme d'eau ; le second, au contraire, résulte du déplacement lent du li(iuide accumulé dans un foyer et imprime aux doigts un mouvement de soulèvement graduel. Dans l'hydarthrose, lorsque la rotule est éloignée des condyles du fémur avec lesquelles elle est en contact ; dans la tympanite, où le ventre est si tendu; dans la péritonite chronique, où l'abdomen est dans un état de simple réniteiice, il est aussi facile de se rendre compte des changements de résisUnce que la pression révèle qu'il est aisé de constater combien le même moyen exaspère ou soulage la douleur, selon qu'il s'agit d'une inflammation ou d'une névralgie.

11 est certaines aflections, telles que l'érysipèle, la fièvre typhoïde inflammatoire l'érythème et la scarlatine, dans lesquelles la pression exercée avec un seul 'doigt eflace momentanément les rougeurs caractéristiques qui s'observent à la surface de la peau. Dans cette dernière éruption, d'après mes recherches, la nression faite d'une certaine manière, par chatouillement superficiel, peut aider au dia-nostic En frottant l'exanthème très-légèrement avec le bout de l'ongle ou avec un corps dur, la contracliUté des capillaires touchés chasse le sang, et il en résulte une raie blanche caractéristique. On peut même, avec un corps dur en écrivant un mot sur la cuisse d'un malade, le voir reparaître en traces blanches, et l'inscription reste apparente pendant près de cinq minutes (1). C est

la tache scarlatineuse.

La pression ne peut au contraire faire disparaître les taches de la pourpre de Werloflïmorôws WerloffU); on l'accuse même, probablement à tort, de rendre h rougeur plus vive. Trousseau a dit que la pression de la peau dans la méningite donnait lieu à une tache rouge dite mmingitique, mais cest une erreur et une affirmation de fantaisie, car ce frottement fait également une tache rouge sur la peau de toutes les maladies aiguës, et toute personne qui sort d'un bain chaud olîre le même phénomène. , . „„

La pression s'opère avec les deux mains, tantôt avec une seule, tantôt avec un ou plusieurs doigts.

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