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DU TOUCHER

Le toucher n'est qu'une espèce de palpation. Ce moyen d'exploration consiste dans l'introduction d'un ou de plusieurs doigts dans les parties profondes et cachées du corps humain, communiquant à l'extérieur par une ouverture naturelle, comme le pharynx, le vagin ou le rectum.

Le toucher guttural n'est pas d'une utilité bien immédiate; on ne l'emploie d'ailleurs que pour constater les modifications pathologiques qui ont pu survenir dans certaines affections de l'arrière-bouche, principalement dans l'œdème de la glotte, les tumeurs des vertèbres cervicales, les abcès rétro-pharyngiens, etc.; mais le loucher rectal, et surtout le toucher vaginal, sont des procédés d'investigation qu'il importe de bien connaître, car ils sont d'une application journalière.

Lorsqu'on veut pratiquer le toucher par le rectum, il faut placer le malade horizontalement, le corps tourné sur le côté, la jambe tenant au lit mahiieuue dans l'extension, tandis que l'autre est entièrement fléchie. Le doigt indicateur, préalablement enduit de cérat, d'huile ou de toute autre substance grasse, doit être introduit lentement dans l'anus; car, cette région étant très-fréquemment le siège de bourrelets hémorrhoïdaires ou de fissures, tout mouvement précipité déterminerait de vives douleurs, et, par suite, une contraction énergique du sphincter. Il arrive très-souvent que ce muscle forme obstacle à riniroduction du doigt, mais il suffit en général d'attendre quelques minutes pour obtenir un relâchement des fibres; on pénètre alors dans l'extrémité inférieure du gros intestin, et l'on parcourt tous les points de la surface rectale. Le but qu'on se propose en pratiquant le toucher par l'orifice anal est d'apprécier les changements morbides divers apportés dans la structure de l'organe, d'en constater la sensibilité, la tension, la chaleur, la consistance, les inégalités, et d essayer de reconnaître, par les différentes sensations qui viennent alîecter la pulpe du doigt, les rides, les ulcérations, les brides, les rétrécissements, les tumeurs, les dilatations artériellesou veineuses, les amas de matières, tous les corps étrangers enfin, qui modifient et obstruent cette portion du canal alimentaire. Parce uio e d'exploration, le médecin acquiert encore d'autres notions, selon le sexe du ma-

DU TOUGHEll. <%.■)

Jade. Ainsi il lui est possible de se rendre compte, chez l'homme, de l'état du bas-fond de la vessie et des uretères, de la présence de calculs en ces points ou te long de l'urèlhre, et des altérations de volume, de consistance et do forme de la prostate, causes si fréquentes de troubles et d'accidents du côté de la double fonction géniio-urinaire. Le toucher par le rectum peut être, chez la femme, d'une grande ressource ])our la constatation d'une grossesse extra-utérine, pour la détermination du volume et de la direction de la matrice, et pour le diagnostic d'un grand nombre d'étals pathologiques de cet organe. Enfin, si l'on vient à combiner le toucher rectal avec le toucher vaginal, en introduisant le pouce dans le vagin et l'indicateur dans le rectum, on s'éclaire facilement sur les lésions qui ont pu se développer dans le voisinage des ovaires et de la paroi recto-vaginale.

Le toucher vaginal exige préalablement, de la part de la personne qui va y être soumise, quelques précautions particulières, (elles que le rejet au dehors des matières solides ou liquides contenues dans l'intestin et la vessie, comme il réclame du côté de celui qui se met en mesure de le pratiquer, des conditions préliminaires d'une certaine importance. C'est ainsi que le médecin veillera à ce que son doigt indicateur di; l'une ou de l'autre main (c'est habituellement le seul dont on se ^erve pour cet examen) ne présente aucune q aspérité ni écorchure, sous peine de contracter un mal éminemment contaf . gieux, comme la syphihs; qu'il prendra le soin de porter un ongle très-court et dépourvu de rugosités, afin de ne produire ni douleur ni déchirure, et qu'il s'habituera enfin à faire usage indistinctement de l'indicateur de la main droite ou de la main gauche, s'efibrçant ainsi de faire disparaître, par l'habitude, le défaut d'adresse et d'habileté tactile qui semble être spécialement départi à la main gauche.

Le toucher vaginal est usuellement employé pour reconnaître l'état des parties intérieures des organes de la génération, les vices de conformation du bassin,

I - les changements survenus dans le segmçnt inférieur de l'utérus et des régions limitrophes, et la nature des tumeurs ou des corps contenus dans la matrice; il sert également pour surveiller les progrès du travail de la parturition. Pour obtenir de bons résultats du toucher, il faut que l'opérateur ait préalablement conseillé à la femme de débarrasser la vessie et l'inicstin des matières qu'ils i«'nferment ; cette précaution a bien son importance. L'exploration peut avoir l'eu, la malade étant debout ou couchée : debout, s'il s'agit surtout de constater une chute de la matrice ou un relâchement du vagin, et si des irou- "les des fonctions respiratoire et circulatoire s'opposent au décubitus horizontal;

■• couchée, s'il y a menace d'hémorrhagie, imminence de syncope, adynamic pro- •'onde, ou si l'utérus est dans un état très-marqué d'antt'version. En elTet, quand ' dernier cas existe, le fond de la matrice est pi-ojeté en avant, le col se trouve .-"norecten haut; il devient dès lors assez difficile de l'atteindre. Lorsqu'on '.iinene, par la position horizontale, l'utérus dans sa situation normale, la diffian doigt''*'"'"' <^"li^;'«'"ent et le nu.seau de tanche est rendu accessible

B- — PATHOL. GÉN.

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J.ois(rue la l'oininc que l'on a à examiner est au lil, il faut la faire coucher sur le dos veiller à ce qu'elle incline un peu le tronc sur 1q bassin et à ce (lu'ellç mainlienne les cuisses écartées et fléchies, de façon que le relâchement des muscles abdominaux soit le plus complet possible. Le médecm se place alors de préférence du côté droit du lit, aliu de pouvoir introduire dans le vagin 1 uidicaieur de la main droite, que nous savons être le plus exercé; mais, dans beau, coup de circonstances et alors qu'il est nécessaire d'explorer les parues latérales du conduit vulvaire, il faut successivement employer le doigt indicateur droit pour s'assurer de l'état de la paroi pelvienne droite, et le doigt indicateur gauche pour l'examen de la pelvienne gauche. Les femmes ne se laissent, en géuéral, loucher qu'avec la plus grande répugnance; aussi convient-il, pour moins i offenser leur pudeur, de très-peu les découvrir.

Si l'exploration doit se faire sur une femme qui garde la position verticale, il faut lui faire prendre un point d'appui contre un meuble ou contre la muraille, et lui faire modérément écarter les membres inférieurs. Le médecin, assis sur une chaise irès-basse ou ayant un genou en terre (le plus ordinairement celui i qui est opposé à la main qui pratique le toucher), se place en face de la malade «j et se met en mesure de commencer son investigation. , Dans l'une et l'autre de ces positions, les précautions à prendre sont les ^ mêmes • l'index est convenablement enduit, comme pour le toucher rectal, d'un corps gras ou mucilagineux, afin de rendre son introduction plus facile cl d'éviter les périls d'une inoculation putride ou virulente; il est étendu et apphnué par son bord radial sur la région périnéale, et de là il gagne lentement l orifice vulvaire, sans quitter le raphé ; il franchit la commissure inférieure et i^nètre dans le vagin en séparant les grandes lèvres et en suivant 1 axe de la vulve. .

Il existe une méthode, encore suivie par un certain nombre de praticicos ^ dont il faut proscrire l'usage : c'est celle qui consiste à introduire le doir d'avant en arrière. Or ce procédé expose à r«ttouchement du clitoris a é frottements du méat urinaire, et, comme il peut, dans un grand nombre d. circonstances, simuler une manœuvre impudique et blâmable, il faut tres-soi

gneusement l'éviter . , ., - ^i^nivn.

Quand le doigt est arrivé au bord du conduit vaginal. .1 a a cous aior e. semble des parties qui constituent l'appareil génital externe, puis exp o. > l'état des grandes lèvres, la longueur, la largeur les aspérités ou le poh olo tion de ten^pérature. le degré de fermeté, la séc erosse ou 1 ^«^ditedu n gj la conformation de l'arcade pubienne, le bas-fond de la vessie, le -cim^. 1^ de plénitude ou de vacuité de ces doux organes, les tumeui;s, les d gc"t a morbides, les produits accidentels qui ont pu se développer a la surface o i l'épaisseur des parois vaginales, enfin les vicieuses ^^"'f»' ""'^'^"^;!"^ .'"" ^J , senter le bassin. Prenant ensuite la direclioii de l'angle sacru-ver leb a c d s'élève vers le détroit supérieur et alleint le museau de tanche. Il doit tn o stater la forme, la longueur, la siluation, la fermeté, l'état de ses levm, de, d'ouverture de son orittce. le poids même de l'utérus entier en le ' ^

rement; sa hauteur, en plaçant l'organe entre le doigt qui repose sur le

nie LA MENSUllATION.

l'autre main appliquée sur le loud, ii travers les parois de l'abdomen; son développenient ou sa vacuité.

Lorsqu'on soupçonne l'existence d'une lumcur dans la cavité utérine, d'un polype nbreux, par exemple, c'est en saisissant ainsi le corps de la matrice que l'on se fait une idée exacte du volume de ces productions pathologique, relativement à l'organe qui les renferme. Il est de beaucoup préférable, dans ce cas, que la femme soit debout, car cette position niet davantage en lumière le poids et la mobilité de l'utérus; il en est absolument de même lorsqu'on est h la recliercho des signes certains d'une grossesse, et que l'on veut poser son diagnostic d'après la perception du balloitemcnt du fœtus. Enfin, comme il conviciiL toujours, lorsqu'on fait, en médecine, usage d'un moyen quelconque, (l'en tirer le meilleur pirti possible, le médecin devra placer tour à tour sa malade dans la position horizontale et verticale, examiner, le doigt i\ .sa sortie du vagin, afin de chercher si la couleur et l'odeur du mucus vaginal ne lui fourniraient pas quelques indications et s'il n'y aurait pas de sang ou de fétidité indiquant un cancer.

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