CHAPITRE VIII
SIGNES FOURNIS PAR l'EXAMEN DES LÈVRES.
Coloration. — La couleur rosée des lèvres change souvent dans les maladies. — Ronges dans les maladies aiguës inflammatoires, elles sont pâles dans le frisson de la fièvre intermittente, dans l'anémie, dans la chlorose ; — livides dans les maladies adynamiques et dans les maladies du cœur, — noires dans l'asphyxie, dans le choléra, et à la suite de l'usage prolongé du nitrate d'argent.
Elles sont sèches et couvertes de pellicules épidermiques minces dans les affections chroniques des voies digestives et dans la fièvre hectique ; elles sont, au contraire, sèches, poisseuses et noirâtres, couvertes de pellicules épaisses, dans les maladies aiguës graves, compliquées d'adynamie, et particulièrement dans la fièvre typhoïde. Dans ce cas, elles offrent souvent des gerçures par lesquelles s'échappe une certaine quantité de sang. On y trouve souvent des fausses membranes dans la diphthérite.
Les lèvres tremblent momentanément dans la colère, dans le frisson et dans la courte période qui précède les vomissements ; leur tremblement continu indique la présence d'une névrose. Ordinairement rapprochées, elles pendent, surtout la lèvre inférieure, dans les maladies adynamiques, telles que le typhus, la fièvre typhoïde, etc. Elles sont flasques dans la paralysie ou l'hémiplégie feciale, de manière à produire une déviation dans le côté sain, entraîné en arrière par les muscles restés contractiles. Souvent aussi la partie paralysée des lèvres, très-mobile, est entraînée par la colonne d'air chassée dans l'expiration, et il en résulte un mouvement singulier qu'on exprime par une comparaison grossière en disant que le malade fume la pipe.
Quelquefois agitées d'un mouvement convulsif tout spécial dans la paraphrénésie, elles donnent lieu à ce qu'on appelle le rire surdonique, expliqué, soit par l'anastomose du nerf phrénique et du nerf facial avec le sous-clavier et le grand sympathique, soit plus justement par la sympathie qui existe entre les lèvres et le diaphragme.
VoLUMi;. — Le volume des lèvres, principalement celui de la lèvre supérieure, est souvent augmenté chez les scrofuleux, à cause des gerçures qu'on y trouve et par suite de l'inflammation chronique engendrée par l'écoulement continuel d'un flux nasal acre et irritant. Il augmente aussi, soit en haut, soit en bas, dans les maladies de l'enfance, à la suite de la stomatite ulcéreuse et des aphthes qui irritent le tissu cellulaire subjacent et favorisent si rapidement l'appariiion de la gangrène. On l'observe encore dans quelques maladies aiguës avec l'herpès critique et de bon augure développé à leur surface.
Les lèvres enfin présentent à leur surface des gerçures chez les scrofuleux et
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dans les muladics aiguës ; des plaques mutiucuses dans la syphilis constiiutioanelle ; de l'herpès coiiune signe d'une heureuse lerniinaison des maladies aiguCs, et à leur face intérieure des taches de muguet idiopalhique ou sytnptornatique. Celui qu'on observe chez l'adulte dans le cours des maladies chroniques a une gravité pronostique toute particulière. 11 indique la mort dans un temps assez rapproché.