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DU TINTEMENT MÉTALLIQUE

Panni les bruits anormaux de la respiration, il en est un qui appartient à a fois à la respiration, à la toux et à la voix, et que l'auscultation peut faire reconnaître dans chacun de ses trois actes; c'est celui que Laennec a fait connaître sous le nom de tintement métallique. C'est un bruit argentin, métalbque, éclatant, tout à fait semblable h celui que produirait, sur une coupe de métal ou de cristal, le choc léger d'une épingle ou la chute d'un petit grain de sable. Ce bruit peut on"rir divers degrés d'intensité; il peut être plus ou moins aigu, plus ou moins prolongé, plus ou moins retentissant.

Il s'entend surtout pendant l'inspiration, et il est besoin qu'elle soit profonde et un peu brusque. Le plus ordinairement, il est nécessaire que le malade tousse ou parle, et alors, pour le percevoir nettement et facilement, on doit avoir soin de faire parler lentement, en articulant chaque syllabe avec une certaine force; chaque son est suivi de la production du tintement métallique. D'autres fois encore, la toux est seule capable de le rendre appréciable. Dans certains cas, on ne peut entendre le phénomène tant que le sujet reste couché; 'I suflit alors de Ui faire mettre dçbout ou à son séant pour le faire apparaître. '

B. — l'ATUOL. GÉN.

1170 SÉMÉIOLOGIE.

Le tintement métallique est un phénomène assez inégal, intermittent dans beaucoup de circonstances, continu d'autres fois, et se laissant entendre dans toutes les positions du malade. Il peut présenter toutes les variétés imaginables de force, de durée ; superficiel ou lointain, circonscrit ou étendu ; le lieu où il se fait le plus généralement et le plus volontiers entendre est la partie moyenne postérieure ou latérale du thorax ; cependant, il n'est pas très-rare de le constater au sommet de la poitrine. M. Louis l'a vu quelquefois changer de e place et se faire entendre, au bout de quelques jours, dans un point plus élevé ' que celui où on l'avait noté d'abord. Il coïncide ordinairement avec une sonorité exagérée de la poitrine, et avec la respiration amphorique ; d'autres fois, , on le rencontre chez des sujets sur lesquels on constate le bruit de pot fêlé, la i respiration et le râle caverneux.

La cause physique du tintement métallique a occupé bien des observateurs depuis les premiers travaux de Laennec jusqu'à ce jour, et nous croyons ne pasi trop nous risquer en disant que, si les conditions dans lesquelles il se produit i sont bien connues, la théorie de sa production est loin d'être aussi avancée.

Pour que le tintement métallique puisse se produire, il faut qu'il existe une t large cavité contenant des gaz et des liquides, et qu'un mouvement soit imprimé aux fluides renfermés dans cette cavité. On rencontre ces conditions dans divers états pathologiques offrant des altérations pulmonaires analogues, . mais assez distinctes dans leurs formes pour que la même théorie ne soit pas s applicable à ces différents cas.

On trouve le tintement métallique : 1° dans l'hydropneumothorax simple, sans aucune communication de la cavité avec les bronches : ce cas est un de ceux dont l'explication est la plus obscure; 2° dans l'hydropneumothorax, . avec fistule pulmonaire, établissant une communication entre la plèvre et les > bronches ; 3" dans les cas d'existence d'une vaste excavation pulmonaire, con- tenant du liquide et des gaz, et communiquant largement avec les tuyaux bron- chiques.

D'après Laennec, le tintement métallique est un effet de la résonnance de ■ l'air agité k la surface du liquide épanché dans la plèvre, ou de la chute d'une r goutte d'eau détachée du sommet de la cavité pleurale sur la couche de liquide : amassé à la partie la plus déclive, lorsque le malade se met à son séant ou se lève debout. D'après Dance, au contraire, et pour M. Beau, le tintement métallique ne se produit que dans le cas de caverne communiquant avec la plèvre par une fistule pleurale, et, lorsque le malade respire, tousse ou parle, l'air i s'échappe à travers la fistule pulmonaire, en traversant le liquide épanché, pour se rendre à sa surface sous forme de bulles qui, en crevant, déternuneraienl . ainsi le bruit métallique; il est nécessaire, dans ce cas, que l'orifice de la fistule • pulmonaire, ou la communication bronchique avec la caverne remplie de pns ' très-liquide, soit située au-dessous de la surface du liquide. Dans le cas où la ' fistule pulmonaire existe au-dessus du liquide, on explique la production da tintement métallique par une bulle d'air déplaçant le mucus collé à l'orifice de la fistule. Enlin, d'autres observateurs ont pensé que le tintement n'est autre

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