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SIGNES FOURNIS PAR LA SUCCUSSION THORACIQUE

Au moment où fut découverte l'auscultation, quelques-uns de ces hommes qui prétendent toujours tout trouver dans les anciens auteurs prétendirent que l'auscultation était connue d'Hippoerate, et exhumèrent un passage oublié de •ses œuvres, dans lequel on vit en effet un phénomène important d'auscultation, insuffisant toutefois pour amoindrir la gloire de Laennec, puisqu'il resta démontré qu'Hippocrate n'en connaissait pas davantage. Ce phénomène le voici :

Si l'on applique l'oreille sur la poitrine d'un sujet atteint d'un épanchement liquide et gazeux dans la plèvre, et qu'en même temps une autre personne, saisissant le malade par les épaules, lui imprime de légères secousses, l'observateur entendra un bruit particulier semblable à une sorte de cliquetis produit par le choc d'un liquide, à celui par exemple que l'on détermine en agitant une carafe à demi remplie d'eau. La production de ce phénomène, décoré du nom de succussion liippocratiquc, peut encore avoir lieu lorsque l'on recommande au malade de s'agiter un peu brusquement et d'imprimer lui-même à son corps quelques secousses. Le bruit peut être assez fort pour être perçu par des per- "iines autres que celle qui a l'oreille sur le thorax du sujet, et souvent le malade en accuse une sensation distincte.

Il est bien entendu que le phénomène produit par la succussion thoracique vnric d'intensité, de timbre, suivant la quantité de liquide et de gaz contenue 'lans la poitrine et les proportions des lluides entre eux, cnlin suivant la force des secousses imprimées au tronc.

SÉMÉIOLOGIE.

Si l'on n'y portait pas une attention soutenue, il serait quelquefois possible « de confondre ce bruit avec celui qui se produit dans l'estomac de certains sujets, ^ lorsqu'il y existe à la fois et des gaz et des liquides. On sait que beaucoup dee personnes, des femmes surtout, sont très-sujettes à ces sortes de gargouillements s stomacaux ou intestinaux, qui augmentent notablement lorsque l'on agite un a peu vivement le tronc. Il suffira, pour reconnaître la différence du siège, d'appliquer successivement l'oreille, pendant la production du bruit, sur la région » de l'estomac et sur la poitrine.

La condition nécessaire à la production de la fluctuation thoracique est lai présence simultanée, dans la cavité de la plèvre, d'une assez grande quantité ^ de gaz et et liquide. Le bruit de fluctuation est déterminé par le choc du liquide contre les parois, et par la collision de ses molécules dans une atmosphère gazeuse.

A la rigueur, il se pourrait que le même bruit se produisît dans une vaste caverne pulmonaire à demi remplie de gaz et de liquides : mais ceci doit être 1 1 excessivement rare, probablement en raison et de la position profonde de ht] caverne, environnée de toutes parts de tissu pulmonaire, mou ei bien moins résistant que la cage thoracique, et du degré d'épaisseur du liquide, qui est toujours plus dense et plus visqueux que le liquide des épanchements pleuraux.

Le bruit de fluctuation produit par la succussion thoracique est donc, dans l'immense majorité des cas, toujours pourrait-on même affirmer, le signe d'un épanchement liquide et gazeux dans la plèvre, c'est-à-dire d'un hydropneumnthorax, et si, comme il arrive presque constamment, il coïncide avec une respiration amphorique, il ne peut rester aucun doute sur l'existence d'une perforation pulmonaire.

SECTION XIII

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