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PERCUSSION DES POUMONS A L'ÉTAT NORMAL

Il est des auteurs qui ont cru nécessaire de diviser la poitrine en un nombre considérable de régions, pour mieux apprécier les modifications de résonnance que produit la percussion dans chacune d'elles. A mon avis, ces divisions et subdivisions (on n'a pas distingué moins de quinze régions, dont douze sont doubles) sont complètement inutiles, et nous pensons qu'il est plus simple, prenant successivement le thorax en avant, en arrière et latéralement, de décrire brièvement les résultats de la percussion de la partie supérieure à la partie inférieure de chaque côté.

Résonnance normale des côtes et des parois de la poitrine. — La définition de la résonnance type de la poitrine est chose assez difficile. Cette résonnance consiste en un son clair, particuher, auquel M. Piorry a donné le nom de soh pulmonal, et que l'on ne pourra parvenir à reconnaître que par l'habitude, par une expérience souvent répétée, soit sur le cadavre, soit, ce qui est préférable, sur des individus sains.

On devra tout d'abord tenir compte des degrés divers d'épaisseur des parois thoraciques, qui modifient considérablement l'intensité de la résonnance, laquelle, on le comprend facilement, sera loin d'être la môme chez des enfants, chez des sujets maigres, ou des individus d'un embonpoint considérable.

A gauche, le son est clair, au-dessus, au niveau et au-dessous de la clavicule, jusqu'à la qualrièfne côte ; il devient obscur au niveau des mamelles et dans la région précordiale ; il redevient clair au niveau de la septième côte, et là se confond avec la résonnance tympaniquc que donne la grosse extrémité de l'estomac. A droite, la résonnance est forte depuis le haut du thorax jusqu'en bas, au niveau de la sixième ou de la septième côte ; à partir de ce point, il fait place à la matité de plus en plus complète que doime le foie.

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En avant, au milieu, dans la région slernale, on trouve un son clair supérieurement, qui va en s'obscurcissant de la troisième côte à l'appendice xiphoïde, h cause de la présence des gros vaisseaux et du cœur.

De chaque côté, dans la région de l'aisselle, sonorité pulmonaire bien claire, depuis le creux axillaire jusqu'à la sixième ou la septième côte, inférieurement.

En arrière, enQn, on constate une sonorité bien franche, depuis le haut jusqu'en bas, dans la région interscapulaire. Mais cette sonorité cesse tout à fait au niveau de la deuxième ou de la troisième fausse côte. En s'écartant un peu en dehors de cette région, de chaque côlé, on trouve dans la région sus-épineuse, une résonnance très-médiocre, qui s'explique très-bien par l'épaisseur des masses charnues qui recouvrent le thorax en ce point; cette résonnance est plus grande dans la région sous-épineuse, oii les muscles sont moins épais, et enfln, au-dessous de l'angle inférieur de l'omoplate, la résonnance pulmonale reparaît aussi claire et aussi franche qu'elle peut l'être dans tout autre point. A 8 ou 10 centimètres au-dessous de Tomoplate, la matité reparaît de nouveau; à droite en effet est le bord supérieur du foie, et à gauche le bord de la rate. On observe, en général, que la matité remonte plus haut à droite qu'à gauche, le foie refoulant assez souvent le diaphragme, même dans l'état le plus parfait de santé. Cette disposition est surtout prononcée chez les femmes, chez lesquelles l'usage du corset fait prendre au foie une configuration et une position tout à fait anomales, bien qu'elles soient compatibles avec l'état de santé. A gauche, au contraire, il peut arriver que la matité de la rate soit remplacée par un son plus ou moins tympanique, dépendant du rapprochement de l'estomac près de la paroi postérieure du tronc.

J'ai dit que chez les sujets maigres, secs, chez les enfants, la résonnance, envisagée au point de vue général, était plus forte, l'épaisseur des parois étant moins grande. Généralement aussi , plus la poitrine est large, plus la résonnance est forte, en raison de l'ampleur des organes respiratoires. Chez les rachitiques, chez les sujets dont la poitrine est bombée en avant, elle est ordinairement plus faible, et parce que^ en raison de la déformation de la poitrine, l'expansion pulmonaire ne peut se faire d'une manière bien complète, et parce que, souvent, les os n'ont pas conservé leur consistance normale ou se sont notablement épaissis.

Élasticité des parois thoraciqiws. — Il est enfin un dernier phénomène relatif à l'état normal, et que fait apprécier la percussion, je veux parler de Véluslicité tlioracique. Lorsque, dans l'état de santé, on pratique la percussion médiate sur le doigt, on perçoit une résistance élastique des parois du thorax. Cette résistance élastique est toujours notablement augmentée par la présence dans la cage tlioracique de fluides gazeux, par un emphysème pulmonaire, une bronchite accompagnée de râle sibilant, une vaste caverne vide. Au contraire, s'il y a dans la plèvre un épanchement de sang, de pus ou de sérosité, s'il y a des fausses membranes ou des adhérences, une induration du tissu pulmonaire, celte résistance élastique diminuera et pourra même disparaître complétenicnl. Ce signe ne doit, du reste, être considéré que comme accessoire, et

SIGNES FOURNIS PAR LA PliRCUSSION DES POUMONS. 1181

venir seulement en aide à l'observateur clans les cas où pourraient subsister quelques doutes.

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