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SIGNES FOURNIS PAR LE MODE D'EXCRÉTION DE LA SUEUR

La sueur peut être générale ou partielle, et elle se montre dans l'état physio logique sous l'inauence de l'exercice, de la chaleur naturelle ou artificielle des boissons excitantes et des impressions morales. Quelques personnes ont habituellement, dans l'état physiologique, de la sueur à la tête et aux pieds C'est une idiosyncrasie dont on ne connaît point la cause, pas plus que celles des autres dispositions de ce genre, et ce sont choses à respecter, dans la crainte de produire des accidents morbides à la suite de leur répercussion, comme l'a démontré de nouveau le docteur Mondière (i).

Dans l'état pathologique, il y a également des sueurs générales et partielles au front, dans les mains et sur le ventre. La sueur, ordinairement liquide, aqueuse est quelquefois gluante, visqueuse, dans l'agonie et dans le choléra. Elle est chaude dans l'état fébrile ordinaire, froide chez les moribonds et les cholériques à la première période.

Habituellement incolore, elle tache le linge en jaune dans l'ictère, et dans quelques cas on a observé, dit-on, des sueurs rougeàtres, dites sueurs de sang par Voigtel, ou des sueurs bleues dont la cause n'a pu être expliquée.

Elle a une odeur aigrelette de petit-lait, probablement due à l'acide lactique et sudorigiie qu'elle renferme; mais rien n'est variable comme ce phénomène, suivant les maladies, et, chez le même individu, suivant les différentes régions du corps. D'après Simon, elle sentie moisi chez les personnes atteintes de gale, l'acide chez les rhumatisants et chez les goutteux, le fade dans la fièvre typhoïde et le scorbut, etc.

Sa quantité générale augmente dans les maladies aiguës à leur apogée, et, lorsque la marche en est régulière, dans la période sudorale des fièvres intermittentes, dans la fièvre pernicieuse diaphorétique, dans la suette miliaire, qui est un choléra de la peau, tout comme le choléra est une suette de l'intestin. Alors son abondance est extrême, et il arrive r uelquefois qu'elle traverse tous les matelas d'un lit, au point de couler sur le sol. iElle diminue, au contraire, dans certains cas de diabète, de polyurie et d'>.ydropisie , ce qui rend la peau sèche d'une façon incommode pour les malades.

La sueur, toujours acide, devient neutre quand, par son abondance, elle renferme une grande proportion d'eau; mais elle n'est jamais alcaline. Il faut prendre garde de se tromper à cet égard, et ne pas confondre l'alcalinité de la matière sébacée de la peau avec une prétendue alcalinité de la sueur, qui n'existe pas. Pour cela, on doit avoir la précaution de choisir une surface de la peau dépourvue de glandes sébacées, afin d'y appliquer le papier de tournesol.

(1) Mondière, Mémoire.

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La sueur devient plus acide, d'après Simon et Prout, dans le rhumatisme articulaire aigu et dans la goutte, par suite d'un accroissement de proportions de lactique et par la présence de l'acide acétique. Il en est de même, d'après Starck, dans les scrofules, dans le rachitisme et quelques affections cutanées.

Elle renferme plus d'ammoniaque dans la goutte, d'après Ânselmino, dans la fièvre typhoïde, dans le typhus fever et dans quelques maladies nerveuses.

La sueur renferme quelquefois de l'albumine. Cela est très-rare ; mais Anselmino et Starck disent l'avoir observé, l'un dans le rhumatisme articulaire aigu, et l'autre dans la fièvre typhoïde, dans la fièvre hectique et dans l'agonie.

On y a trOuVé du sang, ce qui constitue Vhématidrose. Voigtel dit avoir vu le bras d'un jeune homme couvert de sueur sanguine, après un violent exercice musculaire. Eggerdes eu a observé un exemple sur un enfant de trois semaines, et M. Gendrin en a publié huit autres personnels ou empruntés à des confrères et observés chez l'adulte. — Des sueurs analogues auraient été observées, dit-on, dans le scorbut, dans le typhus; mais cela est très-rare. Il est probable qu'on aura confondu des hémorrhagies de la peau ou pétéchies avec des sueurs de sang.

La bile, ou plutôt la matière colorante de ce liquide, existe dans la sueur des ictériques. Cela est incontestable. C'est un des signes de l'ictère.

Les sueurs renferment enfin un certain nombre de substances administrées dans un but thérapeutique, et, d'après Starck, on y a trouvé le sulfate de quinine, l'iode, l'iodure do potassium, le mercure, le soufre, l'ail, le safran, le cuivre, la rhubarbe, l'indigo, etc.

Comme on le voit, les altérations chimiques de la sueur ne fournissent pas beaucoup de signes importants au diagnostic ni au pronostic. C'est une partie de la science dans laquelle il y a encore tout à faire.

La séméiologie de la sueur repose tout entière sur sa quantité, sur son siège, sur sa température et sur sa fréquence.

Des sueurs abondantes excessives, fébriles et épidémiques, sont un signe de la suetle. — On les rencontre, à un degré moindre, vers la fin des maladies aiguës, telles que la pneumonie, le rhumatisme articulaire, la lièvre typhoïde, à la troisième période d'un accès de fièvre intermittente, etc. S'il y a en même temps une amélioration réelle dans l'état du malade, elles peuvent être considérées comme crilique. Dans ces cas, la sueur est toujours générale.

Leur abondance et leur permanence dans les maladies chroniques sont une cause de faiblesse et d'épuisement qui fait rapidement dépérir les malades. Ce sont les sueurs colliquatives. On les observe principalement dans la phthisie tuberculeuse pulmonaire. Alors elles reviennent la nuit ou dès que le malade ferme les yeux pour s'endormir. A ce titre, les .sueurs quotidiennes abondantes, nocturnes, longtemps prolongées, avec amaigrissement des malades, doivent faire craindre une mort prochaine.

Il y a des sueurs très-abondantes et intermittentes qui reviennent plusieurs jours de suite, tous les six mois, tous les ans, chez quelques individus d'ailleurs bien portants, et (|ui n'ont d'autre phénomène morbide que ce flux sudoral. C'est un état morbide dont la nature inconnue caractérise Véplndrosv.

SÉMÊIOLOGIi:,

La diminutiou et la disparition des sueurs, avec sécheresse de la peau est un des symptômes du diabète et de l'hydropisie. '

Des sueurs froides et visqueuses annoncent toujours un très-grand danger On les observe dans la période algide du choléra, dans la fièvre pernicieuse algido et dans 1 agonie. °

La sueur intermittente, régulière et périodique, caractérise la fièvre larvée paludéenne, la fièvre pernicieuse sudorale, ou la fièvre symptomatique rémittent; de la phthisie et des maladies cachectiques.

Outre leur action spoliative, débilitante, les sueurs ont une action particulère quelquefois irritante de la peau. Elles décollent l'épiderme qu'elles soulèvent dans tine très-petite étendue, de manière à former une vésicule à peine appréciable, du volume d'une très-petite tête d'épingle et remplie de liquide. Ce sont les sudamina incolores. Ils se rencontrent dans une foule de maladies de nature opposée, et leur préseiice n'a aucune importance séméiotique Au contraire, dans quelques cas, il se fait tine vésicule miliaire, opaline, entourée d une petite auréole inflammatoire formant une éruption sudorale. Ce sont des sudamina rouges. Ils résultent de l'irritation cutanée autour de l'orifice des glandes sudoripares, par l'acide sudorique, lë chlorure de sodium et les autres sels contenus dans la sueur. Cette éruption indique une sueur abondante déjà déterminée; elle s'observe même chez des individus bien portants qui transpirent beaucoup dans l'été; elle est très-commune chez les petits enfanis dans les grandes chaleurs, sur le côté du corps et du visage où ils ont dormi, et lorsqu'on la rencontre dans l'état morbide, elle n'a aucune importance pour 1^ diagnostic.

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