SYMPTÔMES
Les symptômes d'invasion sont très-variés et très-différents, selon l'espèce de maladie infecto-contagieuse qui va se déclarer. Ceux du choléra, de la diphthérie, du typhus, de la peste, de la fièvre typhoïde, de la fièvre jaune, de la suette, de la méningo-encéphalite, etc., n'ont aucun rapport entre eux, et ne peuvent être présentés d'une manière générale. Il eu est de même des désordres anatomiques, A part une certaine forme d'altération du sang et une lésion ayant le plus ordinairement pour siège les muqueuses, toutes les altérations anatomiques diffèrent les unes des autres dans chaque maladie infecto-contagieuse. Certainement le sang et les humeurs sont modifiés dans ces maladies; mais comment le sont-ils relativement au principe contagieux? C'est ce qu'on ignore. Il est vrai que, dans le sang de toutes les pyrexies infecto-contagieuses, la fibrine est mollasse, peu coagulable, et tend à diminuer de quantité, que des vibrions ou des * bactéries peuvent s'y rencontrer, que les globules sont plus rouges; mais que sont ces mocUfications générales, eu égard à la présence d'un principe contagieux particulier? Évidemment rien.
La plupart des maladies infecto-contagieuses ont aussi pour effet de produire des altérations anatomiques sur les muqueuses, comme la fièvre typhoïde la diphthérie, le choléra, la grippe ; quelquefois sur la peau, comme dans la suette,
(1) Robin, Histoire naturelle des végétaux parasites qui croissent sur l'homme H !.. animaux vivants. ?a.ris, 1853. ■
(2) Bouchut, Traité des maladies des nouveau-nés, 5« édition. Paris 1867 n„ ; teigne, p. 789. ' ' • uo ta
B. — PATHOI,. CÉN.
226 PATHOLPGIE GÉNÉRfLE.
la peste, le scorbut, ou dans les viscères des congestions passives très-maï quées qui fonnent autant de coioplicm.ioi|s fort graves. Ce;* couges|.lons sanguines existent principalement au bord postérieur des pommons, (lans le foie et dans la rate. Quelle que soit la lésion matérielle des maladies infecto-contagieuses, elle n'est pas la chose primitive et ne paraît être qu'un elTel variable de la maladie elle-même, car cette lésion, souvent peu considérable, n'est pas constante; elle n'existe pas au début des accidents, elle peut manquer si la mort arrive très-rapidement, et on la retrouve di^is quel((ues autres maladies de nature différente. La psorentérie 4p pboléra n'existe pas loujom's, elle ne se montre qu'après un certain te|!ips de n)aladie, elle peut nianquer, et on la retrouve dans les entérites aiguës de l'enfance. Il y a des cas de variole sans éruption. L'altérqtion des plaques de Peyer, si ordinaire dans la fièvre typhoïde, peut excepiiouuellement faire défaqt et ^e retrouye çlans l'intestin de beaucoup d'enfants atteints de scarlatine ou d'entérite simple. L'éruption cutanée de la suette n'est qu'un effet des sueurs excessives, et on la produit à volonté chez une personne que l'on place dans son Ijt sous un amas de couvertures pour la faire transpirer longtemps et avec at|0(^dance. Il est epfin un certain nombre de maladies infecto-contagieuses dans lesquelles on ne connaît pas de lésion anatomique : ce sont la fièvre jaune, le typhus, le typhus fever d'Irlande, etc.
Les infecto-contagieuses névrosiques affectent l'intelligence, la sensibilité et le mouvement, et, dans quelques circonfitances, le mouvement, l'intelligence et la sensibilité à la fois, sur le même individu. La chorée contagieuse ne trouble d'abord que la motilité, et ce n'est que peu à peu qu'elle arrive à modifier les fonctions intellectuelles. La folie est limitée à l'intelligence, tandis que l'extase, l'hystérie, l'épilepsie, troublent à la fois l'intelligence, le sentiment et le mouvement.
Rien n'est difficile comme de remonter à l'origine de ces accidents, et le fait contagieux est le seul que nous puissions constater sous ce rapport. Ici, comme pour les autres maladies contagieuses, la prédisposition est indispensable à leur développement. Ce sont les sujets naturellement impressionnables, ou devenus tels par l'éducation, les lectures énervantes, ou l'état social d'un pays, qui sont atteints de ces maladies. Les personnes nerveuses, exaltées, ne peuvent assister, même de loin, au spectacle des désordres nerveux d'autnii sans un ébranlement profond, et l'on voit des fenmies prises de convulsions, loreque dans un vaste lieu de réunion il arrive autour d'elles et loin d'elles, sans qu'elles le sachent, une attaque convulsive sur une personne qui leur est étrangère. — C'est ainsi que se propagent l'hystérie, l'épilepsie en particulier, et c'est également de cette manière qu'on a vu la chorée sous forme épidémique et contagieuse. — L'entraînement d'un certain nombre d'intelligences vers l'excentricité, vers les manies de tout genre et vers la monomanie suicide, n'a pas d'autre origine. Ce sont des faits très- communs et sur lesquels je me suis arrêté suffisanunent dans le chapitre que j'ai consacré aux impressions névrosiques (1).
(1) Voyez Impressions névrosiques, p. 180.